25 avril 2008
Lettre de motivation
Monsieur X,
Je prends la liberté de mettre un X après « Monsieur », parce que je n’ai pas eu envie de faire ce que tout chercher d’emploi est pourtant bien forcé de faire pour y mettre les formes ; c'est-à-dire éplucher le site Internet ou les éventuelles brochures de votre boîte pour trouver votre putain de nom.
Je me fous de savoir comment vous vous appelez, et d’ailleurs, vous êtes même peut être bien une dame et non un monsieur.
Normalement, vous avez déjà parcouru d’un œil hagard mon CV en buvant votre premier café du matin. Personnellement, je le prends long, noir et sans sucre, et ça ne me réveille jamais. Vous savez donc, monsieur, madame, chose, que je suis presque diplômée d’une haute école de commerce. Presque parce qu’il me reste simplement à finir mon stage de fin d’études que j’effectue dans un magazine prescripteur en matière culturelle en France, ce qui me donne l’opportunité d’accroître parfois mon score au jeu de « Qui a la plus grosse cervelle ? » sur un site communautaire. Je tiens d’ailleurs à vous dire que je suis extrêmement agacée de me faire battre constamment par une grosse molasse qui tient le haut du podium et qui se trouve dans mes amis sur ce site parce que j’ai été assez charitable pour accepter sa requête. Ca m’apprendra à faire dans le social.
Maintenant que j’ai fait un point rapide sur mon parcours scolaire, j’en arrive à évoquer mes motivations :
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Cher monsieur X, il faut encore que je vous dise que tout bien réfléchi, j’aurais encore mieux fait de m’inscrire en option audit et consulting plutôt qu’en management des entreprises culturelles. Quitte à sécher les cours, autant sécher ceux qui auraient pu m’offrir la possibilité d’amasser un paquet de poignon en sortant de cette école de merde où je n’ai rien appris excepté le fait que mon foie n’avait pas une résistance illimitée.
Je n’ai plus envie de travailler dans le milieu culturel, car, comme tous les autres milieux, y compris le vôtre, le milieu culturel m’emmerde.
J’en ai marre de ce ramassis de bobos qui n’ont aucune organisation mais qui ont un ego démesuré. Je reste persuadée que j’en aurais tout autant ras le bol de travailler avec un ramassis de gens friqués qui ont un semblant d’organisation mais absolument aucune existence en dehors de celle qui leur est imposée par leur structure professionnelle.
Dans l’idéal, je voudrais que vous ne m’engagiez pas mais que vous me versiez un salaire, disons de 3.000€ net par mois. Je ne vous demanderais même pas de tickets resto, ni même de carte orange. De toutes façons, le métro ça m’emmerde et je trouve les clochards dégueulasses.
Je n’ai pas envie de travailler. Je voudrais avoir une idée, une idée que personne n’a eu avant moi et qui me permettrait de me faire implanter des couilles en or. Je me suis jurée que si j’avais un jour assez de poignon pour le faire, je le ferais.
Je voudrais écrire une histoire à laquelle personne n’aurait jamais pensé, je voudrais avoir une voix superbe, rauque mais sensuelle, éraillée mais puissante, et pas ces relents d’accent franc-comtois entrecoupés de quintes de toux à cause de ces cigarettes trop nombreuses que je fume.
Je voudrais devenir rock star, et je voudrais devenir accro à la drogue.
Je voudrais être grisée tout le temps, avoir un maximum de sensations, et exploiter les réflexions qui en découleraient dans mon art.
Je voudrais passer des messages si puissants que les gens n’auraient pas d’autre choix que d’y réfléchir. Je voudrais être le coup de pied donné dans la fourmilière.
Je voudrais avoir le talent de Boris Vian, et surtout je voudrais que tout me tombe tout cuit dans le bec parce que je n’ai plus envie de travailler pour y arriver.
J’ai déjà fait 5 années d’études post bac pour n’arriver nulle part, alors je suis un peu dépitée maintenant.
Je voudrais des groupies, je voudrais me faire baiser, encore et encore, et par tous les trous, et que ça m’amène higher, je voudrais être plus forte que Dieu et plus mauvaise que le Diable, et par-dessous tout, je voudrais ne pas être moi.
Je veux arrêter de m’engoncer dans une carapace faite d’auto complaisance, je voudrais arrêter de regarder des séries télé minables en recouvrant mon âme d’une bonne dose de glucose, je voudrais soigner le trou que j’ai en plein milieu de l’esprit, mais je ne sais pas avec quoi le remplir pour enfin être heureuse.
Vous ne m’aiderez pas, Monsieur X, mais je n’avais pas d’autre choix.
Je suis le personnage sur le tableau d’Edward Munch, je suis Le Cri.
Je suis figée et ma détresse déforme mes traits mais je n’arrive pas à déchirer la toile et à l’exprimer.
Je bouillonne mais mon front reste désespérément froid.
Vous ne m’aiderez pas à aller mieux, vous ne me donnerez aucune raison de vivre, et non plus aucune raison de mourir.
En revanche, vous pouvez éventuellement me donner de l’argent.
Pour ce qu’elles valent, vous avez mes salutations. Je n’aurai pas la prétention d’ajouter qu’elles sont distinguées.
18 avril 2008
The Big Come Back ?
AAAAAAAAaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!
(A comprendre par un hurlement d'excitation étant situé quelque part entre le paroxysme et l'apogée, le sommet et le top : bref, c'est génial !).
Mon année 2007 a été complètement pourrie, mais s'il y a bien une chose sur laquelle je ne peux pas revenir, c'est qu'elle a été riche en concerts.
Malheureusement, on a continué dans la lignée "pourrie", parce que les 3 shows de Marilyn Manson auxquels j'ai assistés n'ont été classables que du pitoyable au médiocre.
Le dernier album a confirmé la tendance ; une sorte d'emo-goth vaguement rock, avec des sons délavés, sans aucun dynamisme et aucune âme.
La déception fut grande et pour moi c'était une évidence : Marilyn Manson était mort.
A priori, et j'insiste sur ce terme, ça pourrait être sous estimer le bonhomme, qui, pour la dernière partie de sa tournée aux states, a pris un virage des plus inattendus.
Réconciliation avec Twiggy qui... Réintègre le groupe à la place de Tim Sköld et reprend sa basse officielle, tandis que Rob Holiday assure la guitare, changement de nom de la tournée qui s'intitule "Everyone will suffer now", et... Changement radical de playlist !
Pour une tournée promo du nouvel album (que nous appellerons désormais entre nous l'Erreur), on avait légitimement droit à un enchaînement de ces titres mélo-sirupeux-dégueulasses, avec un Antichrist Superstar sous représenté, et les chansons les plus connues et plébiscitées du nouveau public goth d'une quinzaine d'années à l'honneur.
Et voilà ce qui s'ensuivit :
1) Crucifiction in Space
2) Disposable Teens
3) Irresponsible Hate Anthem
4) Great Big White World
5) mOBSCENE
6) If I Was Your Vampire
7) Heart Shaped Glasses
8 ) Sweet Dreams
9) Lunchbox
10) Rock n Roll Nigger
11) Tourniquet
12) Little Horn
13) Putting Holes in Happiness
14) The Dope Show
15) Rock is Dead
16A) Coma White
16B) transition in to chorus from COMA BLACK
17) The Reflecting God
18 ) The Beautiful People
19) AntiChrist Superstar
Première chose : 19 titres !!!
Complètement inouï pour Manson, surtout si l'on prend en compte les setlists rétrécies de ces derniers concerts...
Ensuite... Coma white, Coma black, Rock'n'roll Nigger, quasiment que des titres issus de la trilogie Antichrist / Mechanical / Holy Wood, dont beaucoup qu'on n'avait pas eu l'occasion d'entendre en live.
Evidemment une partie de moi enrage parce qu'il a fallu qu'il se remette dans le droit chemin une fois passées les dates françaises, mais une autre partie se demande avec enthousiasme et ferveur dans quelle mesure le renouveau Manson ne serait pas possible...
Manque plus qu'il nous largue la greluche, là, et nous voilà repartis avec force et hurlements !
Quand même ; merci Twiggy pour l'inspiration, y a pas à dire, c'est quelque chose !
14 avril 2008
Action
Parfois, je pense que le monde se divise en deux camps ; ceux qui sont naturellement attirés par les conneries et ceux qui n’y sont pas.
Alors après, oui, bien sûr, il y a encore toute une
myriade de subdivisions possibles, dans chacun des deux camps.
Prenons ceux qui sont attirés par les conneries : il
y a ceux qui ont une bonne résistance à la connerie et ceux qui y succombent –
si tu préfères, ceux qui sont curieux et qui font des conneries
juste-pour-voir, et ceux qui ne réfléchissent pas et qui ne mesurent pas l’étendue
de la connerie.
C’est après avoir décidé qu’une connerie était vraiment
très très conne et qu’il ne fallait vraiment vraiment pas la faire qu’on
atteint une satisfaction maximale lorsque l’on finit par y succomber.
Si on ne s’en rend pas compte, la connerie devient
banale, et alors c’est l’escalade. La rareté de la chose n’existe plus, et on
se laisse avoir par la connerie.
Ceux qui n’aiment pas les conneries, il y en a deux camps
aussi ; les raisonnables par nature, et les froussards.
Les pires de tous, évidemment, ce sont les froussards.
Ils envient la connerie, la connerie les fascine, ils
aimeraient bien, mais, non, ils ont vraiment trop la trouille. Alors ils sont
aigris, et jalousent les téméraires tout en se faisant croire à eux-mêmes qu’ils
les détestent.
Les raisonnables par nature sont les plus chanceux ;
ce n’est pas difficile de résister à la tentation lorsque l’on n’est pas tenté.
Moi j’en ai marre de toutes ces théories de merde dans absolument tous les domaines, ces doctrines, ces idées, ces opinions, qu’est-ce que ça peut me fatiguer…
J’ai envie de bouger pour ne plus réfléchir, de faire des conneries, oui, tiens, sans arrêt même, et tant pis si ça veut dire que les rapports avec les gens sombrent dans la superficialité, de toutes façons tout le monde est superficiel, sauf quelques uns, et même ceux à qui on donne un laisser passer pour notre univers à nous, ils ne comprennent rien parce qu’ils restent cantonnés dans le leur.
J’ai plus envie d’écrire des histoires, j’ai envie de les vivre.
C’est malheureux quand même, l’inactivité.
Pas tout à fait, il y en a des pires que moi, il y en a qui sont passifs, passif c’est pire qu’être inactif, mais moi j’en ai marre de cet espèce de déchirement constant entre ce que j’ai envie de faire et ce que j’ai peur de faire.
J’ai peur des gens et de ce qu’ils vont dire et de ce qu’ils vont penser, et je ne comprends pas pourquoi je suis aussi timorée alors que dans ma tête il est évident que c’est la réaction la plus nulle au monde.
Je dois fumer au moins deux cigarettes avant d’appeler
Machin, et une fois que j’ai raccroché, je me demande pourquoi j’ai pu avoir
une quelconque appréhension, qu’est-ce que ça peut faire après tout c’est qu’un
coup de fil, et, oh, je me suis faite avoir tellement de fois tout ça à cause
de ça, parce que je ne suis pas sûre de moi, tellement et maintenant que j’ai
compris, maintenant que j’ai tordu le cou au Fantôme de l’Amour d’Enfance,
maintenant que j’ai fait le tour complet, que j’ai déchiré toutes les images et
regardé la réalité en face, maintenant que je me suis rendue compte que la
réalité était moche, moche et tellement creuse en comparaison de l’image que j’avais
fabriqué… Maintenant je crois que ça va mieux, je crois que je vais enfin
pouvoir agir, et être un peu plus sûre, et pouvoir faire juste ce que j’ai
envie de faire, pas parce que je pense que c’est mieux que rester toute seule,
mais parce que j’ai envie et c’est tout, sans explications.
J’ai tellement cherché à expliquer pourquoi que je dois
me forcer pour agir de manière déraisonnée. J'ai fait tellement d'introspection que j'ai fini par inventer des histoires pour justifier la personnalité des autres, par redorer des blasons, par creuser, fouiller, lentement, minutieusement, pour en extraire quelque chose, pour trouver une raison de croire encore en la nature humaine.
Si j'avais ouvert les yeux et regardé au dehors au lieu de me cantonner à l'intérieur, j'aurais compris plus tôt qu'il n'y avait rien à sauver.
Puisqu'il n'y a rien à sauver, maintenant je suis apaisée.
L'heure est venue... De faire des conneries.
13 avril 2008
Little Wonder
On s'emmerde souvent le Dimanche soir, on devrait tuer des gens, ça nous défoulerait.
Ceci n'est pas une accroche, ceci est une anticipation.
Parce que, tout autour de moi, je vois les choses s'effriter de plus en plus et s'éloigner de plus en plus rapidement d'une norme qui était toujours valable du temps de nos parents, mais qui ne veut plus rien dire aujourd'hui.
Dans mon entourage personnel, il y a des gens étranges. J'ai rencontré quelqu'un qui participait à des tournantes à l'âge avancé de 10 ans, j'ai connu quelqu'un qui était étrangement attiré par les fillettes de 13/14 ans, je connais des gens qui ont baisé au moins la planète entière, je connais des manipulateurs, je connais des manipulés, je connais des martyrs, je connais des bourreaux, j'en ai vu de toutes les sortes, et moi même, si une dizaine d'années auparavant on m'avait raconté ce que j'allais finir par faire et par vivre, j'aurais sans doute été horrifiée face à cette prédiction que j'aurais à coup sûr jugée mensongère.
Il n'y a plus aucune limite au grand n'importe quoi.
Le grand n'importe quoi est devenu un art de vivre.
Les filles esseulées envoient une cinquantaine de messages par heure sur le portable des garçons à qui elles tiennent encore un peu ; ça gueule dans tous les sens, ça ne supporte pas la séparation, ça tente de s'immiscer dans la vie privée des gens, par tous les moyens et surtout par le téléphone.
Ca baise dans tous les sens, ça essaie tout et n'importe quoi parce qu'il n'y a plus de tabous, et plus d'envies non plus, mais tant qu'on essaie, ça doit bien vouloir dire qu'on existe.
On ne se demande plus si ce que l'on fait est bien normal ou bien légitime, tant on est convaincu d'avoir raison et que notre égocentrisme nous pousse à faire tourner le monde autour de nous.
C'est peut être bête, mais avant il y avait des choses qui se faisaient et d'autres qui ne se faisaient pas ; on n'appelait pas les gens 50 fois par heure et peu importe l'heure, on ne se demandait pas si les personnes avec qui on couchait étaient des coups d'un soir ou des plans cul ou si on sortait avec, et on n'avait pas besoin de se montrer cruel avec quelqu'un pour le quelqu'un comprenne que la relation qui nous liait à lui était bel et bien terminée.
Non seulement on ne crée plus rien, mais en plus on régresse.
On s'emmerde souvent le dimanche soir, on devrait tuer des gens, ça nous défoulerait.
08 avril 2008
Le monde est ptêtre con, mais y a pire que lui !
Je suis un être absolument abject et ignoble, et totalement incapable d'éprouver une once de sentiment pour qui que ce soit.
Là, tout de suite, en ce moment, alors que je tape frénétiquement sur le clavier de mon ordinateur, fine énervée en plus parce que je ne réussis pas à niquer tous mes potes au jeu de "Qui a la plus grosse cervelle ?" sur Facebook, c'est particulièrement vrai.
Ma bipolarité m'amène à être bouillonnante en plein coeur de l'hiver (et qu'on ne me dise pas que nous sommes en Avril, parce qu'il ne neige pas en Avril !).
Je n'avance pas, et je n'arrive pas à grand chose, et ce ne sont pas mes dix lettres de motivation qui m'ont prouvé le contraire, ok.
N'empêche qu'il m'est tout de même impossible de me vautrer dans la léthargie, dans les questions existentielles peuplées de pourquoi ?, assaisonnées par des comment? et encore plus pimentées par des c'est pas possible!.
Plus que jamais, je déteste les gens qui n'avancent pas.
Les gens qui n'avancent pas et qui critiquent en plus ; et y a qu'à, et faut qu'on, et c'est tellement simple, tellement simple et tellement facile qu'ils préfèrent ne rien faire, ne rien foutre, inertes, inaptes, mais il y a leur langue qui tourne cent fois plus vite que leur cerveau, leur cerveau qui s'atrophie petit à petit, et ils n'avancent pas, ils restent là à jacter tous seuls parce que personne ne les écoute, excepté les personnes qui ont encore moins de convictions et de respect pour elles mêmes.
Evidemment, ça ne fait pas grand monde.
Rebelles de merde.
La politique c'est des pourris, alors y'a qu'à pas voter. Non mais t'as vu comment les gens sont cons, ils réfléchissent jamais par eux mêmes, ils font qu'être d'accord avec tout, alors que franchement, au lieu d'être con, y a qu'à con-tester, j'veux dire, moi je conteste tout le temps, et de toutes façons je suis jamais d'accord avec rien, c'est bien la preuve que je suis pas con, parce que les cons, eux, ils sont toujours d'accord avec tout. Si j'ai fait des études ? Ben alors là non, les études c'est pour les cons, les cons qui réussissent pas à penser par eux mêmes, du coup on leur apprend des trucs qu'il faut penser. Y a pas besoin d'études pour être intelligent. On peut pas diagonaliser des matrices sans faire d'études ? Vas-y qu'ess-j'en ai à foutre de diagonaliser des matrices, moi j'mate des films, ça m'ouvre l'esprit bien plus que tes conneries de maths, toutes façons moi les maths je vois pas l'intérêt et j'ai jamais rien compris. Preuve que je suis pas la moitié d'un con.
Regarde moi ces cons qui se font plein de thunes tous les mois, qui sont dirigeants, qui sont ministres, qui gouvernent le monde... Alors que moi qui suis pas con, j'taffe à l'usine. Bien la preuve que c'est complètement absurde ce système de cons. Putain, le monde à l'envers, merde quoi, faut croire que le monde est vraiment complètement con.
Rebelles de merde.
J'en ai ma claque de ces gens qui ne sont jamais capables de sortir de leur égoïsme, de leur nombrilisme, qui sont prêts à accuser le collectif jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien, mais même pas dans le but qui serait encore légitime de sauver l'individuel. Non. Pour sauver leur individualité à eux.
C'est facile d'être l'icône de son monde intérieur, c'est le cas pour tout le monde. C'est même facile de s'imposer en espèce d'icône face à des gens qui sont soit de trop bonne composition pour se révolter, soit à la recherche d'un gourou monté de toute pièce.
Merde quoi !
Et quand on est tellement aigri, et borné, et frustré, quand on a passé trop d'années à s'aveugler soi même pour se persuader qu'on est le meilleur, qu'est-ce qu'il nous reste ?
C'est tout trouvé : des prétentions artistiques.
"Je ne peux pas trouver ma place dans le monde et on ne me comprend pas parce que je suis un artiste."
Mais mon cul aussi c'est un putain d'artiste, nom de Dieu !
Que les gens soient heureux est quelque chose qui m'indiffère.
Que les gens qui ont du potentiel se gâchent est quelque chose qui me peine.
Que les ratés qui ne devraient normalement penser qu'à la pendaison réussissent à se mentir suffisamment à eux mêmes pour être heureux ou au moins insouciants , ça, ça me les brise.
Et si ça me les brise autant, c'est parce qu'il m'arrive moi même de mettre du temps, trop de temps, à déceler le manque flagrant d'intelligence et de potentiel des individus.
Malgré les apparences, ma candeur me joue encore des tours !
L'arnaque du moment
Une fois n'est pas coutume : on s'fout d'not'gueule !
Sans détours, voilà l'illustration concrète du foutage de gueule :

Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas de Raël ni même d'un de ses frangins, mais de celui qui va représenter la France à l'Eurovision : Sébastien Tellier.
Bon, depuis les Fatal Picards qui n'ont fait que confirmer une tendance depuis longtemps apparue, on sait bien que l'Eurovision n'est ni plus ni moins qu'un ramassis de branques qui fredonnent des trucs pseudo artys mais surtout pas intéressants, ni nouveaux, ni originaux, ni... Rien.
Mais là chapeau, dans le registre foutage de gueule poussé à son paroxysme, Tellier leur fout à tous une sacrée branlée.
Articles élogieux, assez bonne gueule et un look à mi chemin entre le ridicule et le top fashion (mais n'est-ce pas la même chose ?), tout est mis en oeuvre pour qu'on entende au moins parler du phénomène Tellier et que tout cela nous mette la puce à l'oreille.
La première moitié du chemin est faite ; reste à découvrir ce que fait le bonhomme, et là, hop hop hop, téléchargement.
Tellier, dans nos oreilles, ça n'a rien avoir avec Tellier dans nos yeux.
C'est une voix faiblarde pour un look puissant, un ton monocorde, mais parfois trop aigu quand même, c'est une constante attente du déchaînement, on attend que ça gueule, ou que ça se termine, au bout du compte on n'en sait plus rien, mais tout ce qu'on sait, c'est que l'attente est longue.
Tellier, ce sont aussi des paroles, aussi incompréhensibles que celles d'Etienne Daho, mais cela n'est pas seulement dû à la voix du bonhomme, car c'est aussi, a priori, un effet de style, pseudo conceptuel, pseudo con-tout-court.
"C'est... Aaaahhh" fredonne Tellier dans "Roche" ; "C'est ARGHHH" lui réponds-je en écho, quelque peu exténuée par ces nouvelles vagues bobo-esques qui ressemblent à s'y méprendre aux anciennes mais avec encore moins d'innovation...
Je ne sais pas si le rock est vraiment mort, mais pour ce qui est de la variétoche, son fantôme n'effraie en tous cas plus personne...
Asleep
C’est l’hiver qui s’éternise, et l’apathie avec, et le manque de motivation avec, et tout, tout s’éternise et c’est juste chiant, c’est juste terriblement chiant, et j’ai pas envie de, et ça m’intéresse pas, et tout ce qui est nouveau et qui est fun et qui me donne encore le thrill ne me le donne pas suffisamment longtemps, pas assez pour que j’ai envie de. A nouveau.
Je m’ennuie.
J’essaie de me fixer des buts, je les atteins sans trop de mal alors ça ne m’intéresse guère.
J’ai un moteur surpuissant qui tourne en sous régime, et rester sur ses acquis, au bout d’un moment, ça fait juste chier.
Je rédige des lettres de motivation. Et j’ai la motivation d’un poulpe, d’un poulpe endormi en fait, le genre de poulpe qui bouge péniblement des tentacules, mais pas assez pour se déplacer suffisamment.
J’ai tout fait pour que le terrain soit neutre et que la vue soit grande, mais j’ai pas encore suffisamment d’impulsion pour aller de l’avant.
Peut être que ce n’est qu’une question de temps.
J’aimerais bien, parfois, que quelque chose puisse m’atteindre encore, mais je crois que là où j’en suis, je suis simplement condamnée à me foutre éternellement de tout.
Rien ne me touche, rien ne m’affecte.
Ah, si, j’ai 2 kilos à perdre.
17 mars 2008
Gagne ta vie pour la perdre (ducon !)
Quand j'étais au collège, je me souviens avoir voulu, presque avec frénésie, habiter à Paris.
Cette vélléité s'est renforcée quelques années plus tard, quand, passé les 18 premières années de ma vie, j'ai enfin pu aller à un concert de Marilyn Manson... A Paris.
Ca ne faisait pas un pli : c'était incroyable, cette ville des concerts, et il fallait absolument que j'habite là bas.
J'habite à Paris depuis 2 mois et des poussières.
Je n'en ai plus rien à foutre de Marilyn Manson, et de toutes façons je n'ai plus le temps d'aller à des concerts.
Quelle fatigue !
Nom de Dieu, quelle fatigue...
Je n'avais pas connu ça depuis des lustres.
Je me disais aussi que le fait d'avoir l'esprit occupé allait être ô combien bénéfique pour ma caboche de torturée, mais je me rends compte non sans amertume que j'ai l'esprit occupé à des choses, qui, somme toute, sont bien loin de ce que devraient être mes préoccupations.
C'est limite si je ne préfère pas le spleen à cette espèce de léthargie dans laquelle on tend trop à se complaire.
Et au moins, le spleen il était à moi. La léthargie... C'est la croix de Monsieur tout le Monde.
Métro-boulot-dodo, évidemment, c'était pas qu'un slogan qui sonnait plus ou moins bien, c'est aussi une réalité passablement moche, et moi je suis en plein dedans.
J'ai plus le temps, nom de Dieu !
J'ai plus le temps pour cogiter, d'accord, mais j'ai l'impression de ne plus non plus avoir de temps pour être moi même, c'est à dire autre chose qu'un échantillon d'âme sur pattes, qui déambule lamentablement au milieu de ses congénères.
Quand je sors du travail, je rentre chez moi.
Je rentre chez moi et je suis fatiguée.
Je suis fatiguée, et je ne veux voir personne, je ne veux parler à personne, je veux juste m'engourdir, plonger encore un peu plus dans la léthargie, une léthargie faite de glucides, de lipides, et de séries télé.
Alors j'engraisse, et je perds de ma force, de ma fougue, et ça n'a même pas d'importance.
Je deviens comme tout le monde, et puis voilà.
C'était censé être le but ultime, c'est plus facile d'être serein quand on ne se pose plus de questions métaphysiques.
Quand même, ça fait chier.
C'est parti pour 40 ans, 40 de boulot, 40 ans de vie de merde, 40 ans à se pourrir les yeux derrière un écran, 40 ans de migraine, 40 ans de course après la thune, parce que quand on n'a plus le temps et plus la personnalité, il ne reste plus que ça ; la thune.
Alors la solution c'est de s'embourgeoiser, de faire du nouvel I Phone, ou de la nouvelle robe Bidule, ou du nouveau stimulateur d'aube Machin, ou du nouveau blender Truc une putain de nécessité, genre le graal, le truc trop mérité, la chose qui justifie qu'on passe ses journées à arrêter d'exister.
Et puis sans marmots, on aura encore plus de thunes. De toutes façons moi les marmots j'en ai jamais voulu, et quand bien même j'en voudrais, ben j'ai pas le temps.
Quand j'étais au collège, je voulais être à Paris, maintenant que je suis à Paris, je voudrais retourner au collège.
Et merde !
13 février 2008
Les hiboux ne sont pas ce que l'on croit.
En guise de préambule... Je n'ai pas arrêté de fumer, et, pire que ça, je n'ai jamais autant apprécié mes clopes que depuis que j'ai lu (n'ayons pas peur des mots), ce bouquin de merde.
Le préambule étant fini, passons aux choses sérieuses, avec Dale Cooper.
Aisément classable parmi les inconditionnelles de Lynch, non pas parce que je lui voue une admiration sans limites (il suffit de repenser à la tour de la méditation transcendentale pour m'en convaincre), mais parce que je considère qu'il n'y a vraiment pas grand chose à jeter dans son oeuvre, je dois tout de même avouer avoir vu Twin Peaks, le film, avant la série, faute de possibilité d'acquisition ou même de téléchargement.
TF1 Vidéo, puissent-ils être maudits (pour avoir coupé un bout d'épisode de la saison 2 et avoir vendu 1 coffret sur 10 défectueux en raison du packaging douteux, sans parler du prix exorbitant des 3 coffrets) ou bénis (puisque j'ai tout de même fini par voir l'intégralité de la série) m'a permi de remédier à cela.
Maintenant que j'ai terminé ce long périple dans cette bourgade pas si paisible, voici mes commentaires.
Saison 1.
Le décor est très rapidement planté ; la reine du lycée et même de la petite ville, alias Laura Palmer, a été retrouvée morte, assassinée, et enveloppée dans du plastique.
Dale Cooper, agent du FBI quelque peu hors normes, débarque à Twin Peaks pour mener l'enquête en compagnie du shérif Truman, escorté du gauche adjoint Andy et du fort peu loquace mais néanmoins efficace Hawk.
Une ribambelle de personnages aussi pittoresques qu'absurdes apparaît alors progressivement, de la femme à la bûche aux allures mystiques à Ben Horne, crapule sans scrupules et passionné de nouvelles découvertes culinaires.
De Donuts alléchants en parts de tartes aux myrtilles, le spectateur a d'ailleurs vite fait de virer boulimique tant la bouffe est un élément omniprésent dans la série, équivalent même en importance au mystère qui plane autour de la mort de Laura.
De personnages inquiétants aux êtres les plus sympathiquement niais, de scènes hilarantes et absurdes aux moments les plus glauques, nous sommes tout simplement submergés par l'univers de la série que nous ne tardons pas à préférer à notre quotidien, si fade en comparaison.
Et peu importe le look ringard et la gomina abusive, Dale Cooper est tellement... Cooperesque que nous en tombons presque amoureuses. Enfin moi. Enfin il s'agit davantage d'une étrange fascination que de pulsions bestiales, mais tout de même !
La logique trouve tout de même sa place, malgré tout, et nous passons à la deuxième saison qui va encore plus nous bouleverser.
Saison 2 - Partie 1.
TF1 vidéo, association de malfaiteurs, a eu tôt fait de comprendre qu'il était tout à fait possible de tirer un grand bénéfice de l'addiction des spectateurs aux péripéties de Dale Cooper. Au lieu de proposer un coffret réunissant l'intégralité de la série, qui ne dépasse pas les 25 épisodes, la choix a été de scinder tout cela en trois parties, à prix égaux, soit 39,90€ par coffret.
Quand Varrin aime, Varrin ne compte pas, surtout quand il s'agit de cadeaux de Noël qu'on lui fait, ainsi a-t-elle pu profiter pleinement de la sortie tant attendue de sa petite série fétiche.
Le mystère autour de la mort de Laura Palmer s'épaissit de plus en plus, et jamais l'on n'a vu une morte être aussi présente. De nouveaux personnages apparaissent, des sous intrigues se multiplient dans tous les coins, et on comprend alors véritablement que les habitants de Twin Peaks sont, pour la plupart, des gens fort peu scrupuleux qui n'hésitent pas à se poignarder dans le dos allègrement. Mais avec le sourire, et en mangeant de la tarte aux myrtilles !
Nous apprenons enfin qui a tué Laura Palmer, ou, plus exactement, quelle forme humaine se révélait être la demeure temporaire de l'horrible Bob, entité maléfique sévissant dans un monde intermédiaire dont le point d'accès se situerait dans la forêt.
La pseudo rationnalité laisse la place à la magie, et même si cela se révèle quelque peu déroutant, après tout, il s'agit tout de même d'une oeuvre Lynchienne, et nous n'y comprenions déjà pas grand chose au départ, donc pas trop de surprises.
Coffret tout aussi excellent que le précédent, avec une préférence personnelle pour l'épisode 14, grandiose, où le spectateur se retrouve totalement empathique et partage pleinement la tension des protagonistes.
Et même pour quelqu'un qui savait qui était vraiment Bob, la chute valait le détour.
Saison 2, coffret 2.
Maintenant que nous savons qui a tué Laura Palmer, nous nous demandons légitimement si nous allons encore trouver un intérêt à la série.
Dès les premiers épisodes successifs à la révélation, la réponse paraît évidente : évidemment que oui.
La multitude d'intrigues secondaires qui avaient, pour certaines, déjà tendance à passer au premier plan, revêt une importance un peu plus capitale, et nous voilà replongés dans l'univers de Lynch, qui, au passage, s'octroie une petite visite en incarnant le chef de Dale Cooper : le sourdingue Gordon Cole.
Est-ce un mauvais choix de la part des scénaristes ou simplement une question d'affect, je l'ignore, mais il se trouve que l'affaire principale de la première moitié de ce coffret tourne autour de personnages qui ne m'inspirent que peu d'affection : Catherine Martel, son frère mort-ou-pas Andrew, et un dénommé Eckhardt, qui semble être le Diable personnifié.
Au niveau de la personnification du Diable, personnellement, j'avais une petite préférence pour Bob, qui, malheureusement, passe un peu à la trappe et revient de temps en temps enquiquiner le monde en faisant l'effet d'un cheveu sur une part de tarte aux myrtilles.
Dommage.
L'arrivée de nouveaux guests est parfois sympathique, avec l'excellente prestation de David Duchovny en travesti agent du FBI, mais tombe aussi parfois à plat, et malheureusement, ce sont les moins bons qui tirent la couverture à eux.
Une nouvelle intrigue se développe, concernant directement Dale Cooper.
Son ancien co-équipier Windom Earle, devenu apparemment givré, est sur ses traces, plus hargneux que jamais car il a longtemps ruminé le fait que Dale lui a piqué sa femme, qui est d'ailleurs morte.
Une partie d'échecs commence entre les deux protagonistes, mais de manière quelque peu sporadique.
Un coup par ci, et voilà une nouvelle intrigue à propos d'une-telle, un coup par là, et voilà Billy Zane qui débarque en guest pour le plaisir de nos yeux, encore un coup par ici, et c'est Heather Graham qui arrive, un p'tit coup par là, et Cooper tombe amoureux de la nouvelle venue, et... Ca commence à bien faire.
Nous comprenons bien rapidement qu'Earle est sur le point de choisir la reine de son jeu, ce qui coïncide avec l'arrivée d'Heather (Annie), dont Coop' tombe amoureux.
Le problème, c'est que Coop' ne doit pas tomber amoureux, parce que Coop' doit rester Coop', c'est à dire un être génial, absurde, mais asexué.
Et puis ce n'est pas juste qu'une nouvelle arrivée aie tout d'un coup tous les privilèges : l'amour de Coop', une place au RR, qui lui permet sans doute de s'empiffrer de tartes aux myrtilles en louce-dé, et, en plus de ça, l'élection au titre de Miss Twin Peaks.
Et brusquement, tout s'étiole, et on est moins dedans.
Pour le final, on n'y est carrément plus, et l'ultim queue de poisson nous laisse hésiter entre la consternation et l'hilarité ; parce que trop c'est trop.
Evidemment la multitude d'intrigues secondaires reste en plan ; avec certaines qui sont expédiées sans que l'on comprenne comment ni pourquoi et d'autres dont on ne nous parle tout simplement plus.
En résumé ; une série exceptionnelle, avec des acteurs impressionnants (mention spéciale à Kyle McLachlan, évidemment, mais aussi à Ray Wise, Miguel Ferrer... Tous, en fait), mais malheureusement un final bien décevant, qui tombe complètement à plat et qui contraste tristement avec les alléchants rebondissements auxquels nous étions habitués.
Je recommande quand même Twin Peaks, qui reste un grand classique et une source d'inspiration intarissable pour les séries actuelles, qui n'en égaleront toutefois jamais l'ambiance, mais je reste sur une petite pointe de déception que je vais m'efforcer de faire disparaître en regardant à nouveau le long métrage.
Et puisse le feu marcher avec moi !
31 janvier 2008
La méthode simple pour en finir avec la cigarette
S'il y a bien quelque chose que j'ai toujours détesté, ce sont les guides de vie.
Ces espèces de non livres qui donnent pourtant à beaucoup l'impression d'en être, ces manuels qui te disent comment maigrir, comment grossir, comment élever tes gosses, voire même comment t'en débarasser, comment ranger ton appartement, comment choper un mec, comment faire jouir le mec, comment garder le mec, comment annoncer au mec que t'es en cloque, comment larguer le mec... ARGH!!!
Non vraiment je ne m'y fais pas.
Versions écrites de "Super Nanny", de "M6-range-ton-appart-à-ta-place-feignasse", petites choses douloureuses qui vont à l'encontre même du principe de littérature mais que les ménagère s'empressent d'empiler dans leur caddie pour se donner bonne conscience, moi je dis non.
J'ai une conscience aiguë du monde maboule qui tourne autour de moi et de ses problèmes, mais là je rejette tout en bloc. Trop c'est trop. Touchez pas aux bouquins, merde !
Mais voilà que Manon m'a parlé de ça :
Chose odieuse, qui, d'après ma comparse tout aussi dubitative que moi, s'était pourtant révélée efficace auprès de quelques unes de ses camarades de classe.
Après quelques recherches, nous eûmes l'occasion de lire des commentaires plutôt élogieux sur la dite méthode :
http://www.amazon.fr/M%C3%A9thode-simple-pour-finir-cigarette/dp/2266143042
Pleine de contradiction, et me disant non sans ironie que le prix de la propagande revenait à celui d'un paquet de cancérettes, je décidai donc d'investir.
Prise d'une soudaine sensation d'étouffement une fois arrivée dans le rayon "Guides de vie" du Virgin, je n'avais plus qu'une seule idée en tête : reposer l'horreur et sortir m'en griller une.
Prenant mes couilles à deux mains, je finis par investir dans d'autres (vrais) livres, histoire de planquer l'Horreur au milieu de joyeuses histoires et une fois rentrée chez moi, je rangeai le tout dans ma bibliothèque sans plus trop y penser.
Avant hier, ayant relu pour la énième fois "Ca" de Stephen King, et me sentant comme à chaque fois nostalgique au possible à l'idée de quitter l'enfance et de faire, chaque jour, un peu plus de pas hors de la candeur et de l'imaginaire, je décidai d'entamer la lecture de l'Horreur pour me remettre de mes émotions à tendances lacrymales.
Première impression :
"(...) le fumeur fumerait une vieille corde pourrie s'il n'avait plus que ça en sa possession", et là tu penses à toi, obligée de fumer des Camel que tu détestes parce qu'elles sont moins chères que ta marque adorée que tu ne peux plus te payer, et tu hoches la tête en riant et en te disant "han oui c'est vrai, quelle droguée, hinhinhin !".
Une dizaine de pages plus loin : "(...) le fumeur fumerait une vieille corde pourrie s'il n'avait plus que ça en sa possession", et là tu as une impression de déjà lu.
Quinze pages plus tard : "(...) le fumeur blabla corde pourrie blabla", et là tu roules des yeux en t'allumant une clope.
Bien vite, entre les redites, les passages écrits en gras pour bien que tu comprennes, et le ton moralisateur du brave Allan Carr, ton ennui se teinte d'une once d'énervement ("Il va la fermer sa gueule, et balancer la formule magique, oui ou merde ??").
Ceci dit, l'Allan, il a quand même un petit sens de l'auto dérision qui fait que tu en redemandes quand même : "(...) Le fumeur fume souvent lorsqu'il s'ennuie. Vous êtes sans doute en train de vous en allumer une (...)". Bon, un bien brave gars après tout. Et pas con. Le hic, c'est que toute toxo que je sois, je ne suis malheureusement pas conne non plus.
Ce que tente de faire Allan, à grands renforts de comparaisons et de métaphores souvent pertinentes, accordons le lui, ce n'est pas de faire du fait d'arrêter de fumer quelque chose d'insurmontable, comme des tas de gens ont tendance à le penser, mais plutôt de transformer la vision du fumeur pour qu'il y voie là une libération, et qu'il en vienne même à attendre avec impatience le jour qu'il s'est fixé pour arrêter.
Plutôt bien pensé, mais si l'on ajoute à ça les longs passages qui nous font comprendre avec justesse à quel point nous sommes sous l'emprise de la drogue, essentiellement psychologiquement, on ne peut pas s'empêcher d'y voir là une contradiction. ("Mec, tu viens de me faire écarquiller les yeux d'horreur en me racontant comment mon propre esprit était sous l'emprise de la nicotine, et maintenant tu me dis que c'est facile ??")
Et puis merde on s'en doutait.
Je ne suis pas stoïcienne au point d'arriver en un clin d'oeil à faire coïncider ma vision des choses avec la triste réalité. C'est comme pour les régimes, c'est facile de se dire que c'est plus sain et que tu ressembleras moins à un goret, n'empêche que t'as quand même envie d'aller de la taper, ta tarte aux myrtilles.
Ceci étant dit, depuis que j'ai commencé ce chef d'oeuvre de la littérature, mes nuits commencent à être peuplées de clopes. Je me demande même s'il n'y en a pas une géante qui me suit dans la rue, telle mon ombre, un rictus diabolique sur le visage.
Evidemment j'en allume une du coup.
Je n'ai plus qu'à espérer que les derniers chapitres d'Allan Carr agissent sur moi comme la Révélation Finale parce qu'en attendant, faute de thunes, je me verrai contrainte de ne plus acheter de paquet et donc de vivre sur mes réserves jusqu'à dimanche inclus.
Plus simplement : lundi j'arrête.
Dieu aie pitié de mon âme.




