Alex in Wonderland

Cinéma, musique, littérature, satyre, ironie cosmique, sushis, sens de la vie et surtout (auto) dérision !

30 octobre 2009

Farewell, suckers

The person you are trying to reach is not available.

 

susan_delgado

 

I am off the hook.

Posté par Cryptorchid à 15:27 - Self centered

28 octobre 2009

So let us entertain you

Le snobisme intellectuel me gonfle.
Ca ne date pas d’hier, mais plus le temps passe et moins ça s’arrange

 

seillier

 

Intuitivement, j’ai comme l’impression que c’est une attitude typiquement française.
On m’objectera que j’ai pas assez voyagé, et que je ne suis certainement pas restée suffisamment longtemps dans d’autres pays pour me permettre de tirer de pareilles conclusions, mais… Exception culturelle. Rien qu’avec ça, on a compris la moitié du problème.

Faut rester dans les schémas classiques, vous comprenez.
Tout ce qui dépasse, on coupe.

Et si on a le malheur de faire preuve d’un tant soit peu d’originalité, on rejoint les rangs des hérétiques, balancés dans la fosse aux critiques, stigmates et pouces vers le bas.

Les critiques, d’ailleurs, ils ont bien compris l’importance de valoriser la langue de la Patrie. Ca fait belle lurette qu’ils n’écrivent plus pour faire découvrir, pour donner envie, pour partager ; ils écrivent pour écrire.
Avec au moins un mot compliqué par phrase, sans quoi ça n’a pas l’air très sérieux.

Pire, et là je crois qu’on touche le fond du problème – ça risquerait d’avoir l’air accessible.
Et ça, c’est hors de question.

Pensez donc ; quand on s’est tapé l’intégrale de Spinoza, à en avoir des insomnies et à en frôler la catatonie, on a rudement mal au cul quand on voit un jour dans les rayons d’une Fnac (ou pire, d’un centre culturel Leclerc), un bouquin illustré et intitulé « Spinoza en s’amusant ».

En s’amusant, putain.
Les salauds.

Quand on s’amuse, on est un con et puis c’est tout.
C’est ça, le snobisme intellectuel.
Si ça n’est pas austère, si ça n’est pas difficile, ça n’est pas sérieux.

Faut en chier pour se rentrer les concepts dans le crâne, sinon hé ben c’est qu’on les a pas tout bien compris.

Ca fait bien trop peur de penser qu’en s’amusant, le Français moyen pourrait bien réussir à en savoir autant que nous, l’Elite, nous en savons.

 

C’est quand même pas autre chose que de la merde, un raisonnement pareil.

On sort ses mots du dimanche et on se gonfle l’ego à coups de phrases de douze lignes.

C’est chiant ? Parfait – c’est bien la preuve que c’est intelligent.

 

Je regrette pas de m’être farcie tous les classiques que j’ai pu pendant mes années d’étudiante, parce que, contrairement à ceux qui vilipendent gratuitement la culture populaire, et souvent sans la connaître, j’ai l’esprit suffisamment ouvert pour préférer enrichir ma culture générale plutôt que me cantonner à mes petites opinions.

Dans le lot, il y avait un bon paquet de perles d’ailleurs, mais aussi des choses chiantes, chiantes comme la pluie, que j’ai peut-être découvertes trop tôt pour pouvoir les apprécier ou qui ne me plairont peut être jamais.

Pour qu’un livre soit valable, selon l’Elite, il doit être compliqué.
Il ne faut pas donner toutes les clefs au lecteur, vous voyez, sinon il risquerait de comprendre du premier coup et – blasphème – de se divertir.

Je comprends le côté challenge intellectuel, le petit effort cérébral qu’on fait avec plaisir pour rentrer, littéralement, dans un texte, et je trouve ça intéressant moi aussi… Du moment qu’on est pas obligé de se farcir huit fois de suite un putain de passage pour comprendre qui parle, et à qui, et ce que ça veut dire exactement que ce terme, et sur quoi porte l’opposition, parce qu’il y a un « mais » dans la phrase, donc sûrement une opposition, le problème c’est qu’on comprend pas tellement… On a dû rater quelque chose… Faudrait relire la page d’avant, en fait, pour être bien sûr… Et ainsi de suite.

Sincèrement, je suis perplexe.
Qu’on se tape un orgasme après avoir diagonalisé une matrice 9*9 et avoir gribouillé 4 pages d’équations, vous voyez, je comprends déjà mieux.

Parce que c’est quelque chose de plus terre-à-terre, et qu’au bout du compte vous avez une solution et une seule, qui n’est absolument la vôtre.

Socrate, au lieu d’emmerder le monde avec ses interrogations à la mords moi le nœud et la vérité et la beauté avec, il aurait mieux fait de faire des maths – niveau vérité générale, c’est encore ce qu’on fait de mieux.

Mais dans la littérature, il n’y a pas de solution.
Il y a une interprétation et, dans le meilleur des cas, une réappropriation d’un raisonnement qu’on a compris et qu’on incorpore à sa propre manière de penser.

Il n’y a pas de dogme, de mode de réflexion imposé, on n’a pas à jouer aux ascètes en tournant les pages si on n’en a pas envie.

Et moi j’ai pas envie.

Moi je lis un peu comme je fais mes courses, vous voyez – je veux des trucs colorés et ludiques. J’aime pas tellement la soupe, mais si y a des pâtes en formes de lettres de l’alphabet dedans, ça passera mieux.

Et si, à la lecture de la phrase qui précède, vous êtes tentés de me donner des coups de fouet dans le champ des commentaires, dites-vous bien que ça fait précisément partie de mon jeu.

 

Un Vrai Ecrivain qui fait de la Vraie Littérature, pour moi, c’est un type qui sait créer un univers, y entraîner avec lui un lectorat le plus large possible – parce que, oui, ce qui fonctionne pour un gamin d’une dizaine d’années peut aussi fonctionner pour un érudit de soixante-dix balais – et qui, derrière une prose divertissante et accessible, dissimule des vérités suffisamment percutantes pour nous pousser à la réflexion et jusque dans nos retranchements.

Et aussi, le Vrai Ecrivain, je crois qu’il en est un que parce qu’il n’en a pas conscience.

Non content de ne rien avoir ni vouloir vous prouver, le Vrai Ecrivain, il se permet d’articuler son processus de création autour d’une notion qui vous la coupe.

Le divertissement.

Parce que créer une réalité parallèle sous l’impulsion de son imagination, pour moi c’est simplement la meilleure définition du divertissement.

Gardez votre Art, il est beaucoup trop prétentieux.

 

 

Posté par Cryptorchid à 12:28 - Le monde est con

27 octobre 2009

Test

Il parait que je peux bloguer depuis le LG. Moi, ce que j'en dis, c'est que j'ai jamais vu une salle aussi vide. Sommeil.

Posté par Cryptorchid à 19:22

I better better better not tell

Anyone with half a soul
Will hear this
And then
Never leave me 

 

marilyn_manson15

Posté par Cryptorchid à 11:48 - Self centered

24 octobre 2009

(O)detta

J'ai pas tué Bernadette, j'ai menti.
Elle bouge encore.
Ondulations lascives, évidemment.
Quand même, quelle salope.
Redis-le encore une fois, pour voir ? Salope.
Voilà. Effectivement. Le doute n'est pas permis.
Bernadette elle est exactement tout ce que vous pensez qu'elle est, sauf qu'elle est encore bien pire.
Je la pensais à l'agonie, elle ne se montrait plus que sporadiquement, motivée par le mélange habituel d'amertume et de provocation.
C'est que je ne veux pas être blanchie, vous comprenez, c'est pour ça qu'elle existe.
Je ne veux pas me racheter à vos yeux, je ne veux pas être disculpée, votre absolution vous pouvez vous la foutre au cul, d'abord vous êtes qui, vous, pour vous porter garants de la miséricorde - ce genre de choses.
Elle grommelle un moment, Bernadette, ma drôle de réaction à ce que je ne trouve pas juste.
Elle grommelle et puis elle se monte la tête et t'épingle et elle découd avec l'aiguille.
Si tu penses que tu ne m'aimes pas il vaut mieux que tu te prépares à me détester, parce que c'est son travail et qu'elle le fait très bien.
Elle sème la pagaille, t'exacerbe la colère, prend un malin plaisir à allumer - dans tous les sens du terme.
Elle reste un peu, après l'explosion, parce qu'elle trouve ça esthétique les paysages en cendres et puis elle s'endort à nouveau jusqu'à une prochaine fois, mais jamais sans m'avoir murmuré que si elle fait tout ça, c'est dans mon intérêt.
Bernadette c'est un drôle de prénom pour un agent du chaos, c'est bien pour ça que je l'ai appelée comme ça, mais c'est possible que ce soit elle qui m'aie soufflé l'idée.
Ou alors la vieille. L'acariâtre toutefois sage qui arbitre en s'esclaffant, planquée derrière sa tasse de thé.
A la réflexion, c'est probablement la vieille - je crois que d'entre toutes c'est encore elle qui a le goût de l'absurde le plus prononcé.
Oui, encore plus que moi.
Elle s'appelle Flying Donuts, la vieille et il est trop tard pour changer.
Il m'arrive de penser, parfois, qu'il faudrait que je me débarrasse de Bernadette.
Je ne suis pas aveugle au point de ne pas voir qu'elle incarne ma faiblesse.
Bernadette facilite les adieux, efface les deux points de trop pour que la suspension devienne déclaration, elle est imperturbable, impavide, et surtout elle t'emmerde.
Je crois qu'elle me déteste autant qu'elle m'aime et je le lui rends bien mais je ne sais pas laquelle des deux a le plus besoin de l'autre. Je crois que la vieille ne sait pas non plus, et les autres baissent la tête comme les collégiens fouillent négligemment dans leurs trousses en priant pour que le regard du prof ne s'attarde pas sur eux.
Ce serait trop facile et bien trop réducteur de la voir seulement comme une manifestation de ma colère.
Elle débarque sans prévenir en claquant des talons, sourcil levé, regard sarcastique et démarche assurée, dès qu'elle ressent ma peur, qu'elle flaire bien avant que j'aie eu moi-même le temps d'en prendre conscience.
Elle est aveugle, Bernadette, parce qu'elle vit dans le noir.
Elle ne voit personne, elle ne fonctionne qu'à l'instinct.
Vous n'avez pas de visages, pas de corps, pas d'âmes, vous n'êtes que des signaux, sonneries tonitruantes et vibrations danger.
Elle arrive, je m'éclipse, je n'ai pas vraiment le choix.
Je mens, on l'a toujours, et c'est elle que je choisis.
L'ennemie, la seule, la vraie, celle qui est libérée des rets de l'amitié ou des beaux sentiments.
La seule qui dise vraiment, toujours, la vérité.
L'assassine.
Mon homme en noir qui éliminera tous mes ennemis sur sa route parce qu'elle se le réserve pour elle le privilège du crime, le mien évidemment.
Elle tire sans se soucier de savoir si elle a raison ou tort.
Les scrupules, s'il y en a, elle me laisse les gérer. Elle agit là où j'hésite, elle prend les décisions qu'il faudra bien que je tienne sans quoi le brouhaha dans ma tête devient intolérable.
Elle est la version sublimée que rien ne peut atteindre, le genre de monstre que j'ai rêvé de devenir pour de vrai, avant de me rendre compte, les prières exaucées, qu'elle naissait en même temps que je m'humanisais.
La fille qui faisait son show sur les podiums de l'Aposia.
Celle qui alimente le feu avec les bidons d'huile.
Celle qui diabolise les gens et qui défait les liens, mais aussi celle qui détruit des choses pour que je me construise moi ; celle à qui je peux pas reprocher de viser mal, parfois, parce que c'est moi qui lui ait dit, un soir de grande faiblesse, qu'il fallait tirer dans le tas.
Je crois que Bernadette, elle ne mourra jamais.
Parce que je ne veux pas.
Même la rigolote elle arriverait pas à booster autant celle qui se balade en permanence dans les abîmes.
Et puis la vieille l'aime bien, je crois même que c'est elle qu'elle préfère.
La vieille qui en profite pour ajouter qu'elle espère que vous aimez toujours autant Boney M.
Bande de cons.

Posté par Cryptorchid à 20:15 - Self centered

20 octobre 2009

Major Alex to Ground Control

Cette petite musique en fond sonore, je sais pas vous mais moi je m'en lasse pas.
Non, vraiment.
Mais je triche.
Je suis à l'intérieur du Dogan, moi, l'interface privée, vous comprenez.
Je n'entends pas.
Je vous laisse deux petites secondes, je vais activer la chanson sur Deezer.
Ah, parfait. A armes égales, la Terre. On s'entend bien maintenant. Enfin on entend bien Boney M.
J'ai rien à vous dire, sinon que tout fout le camp / a foutu le camp, je sais pas.
C'est pas possible d'être sérieuse en écoutant Boney M, vous en conviendrez.
Au début j'en avais pas l'intention.
J'ai pensé : "Lis donc un peu La Tour".
Et puis, forcément, je suis tombée sur le passage le plus honteux et le plus injuste et le plus dégueulasse des 7 tomes, même que Stevvie, dans un coin de mon coeur, je lui en voudrai pour toujours à cause de ça.
Je ne spoile pas, parce que je pense à toi, et puis que les autres, de toute façon, s'ils sont assez cons pour lire mes conneries et trouver ça intéressant, ça ne les dérangera pas outre mesure. ("Tiens, la gamine reparle de La Tour, ça faisait bien cinq minutes, ça nous manquait" "Décidément elle est un peu obsédée, la gamine" "Quel niveau... Stephen King en long en large et en travers, mais alors le reste, elle connaît pas !")
C'est pas faux, la Terre, mais pas entièrement juste non plus.
D'ailleurs, demain j'ai décidé d'aller rendre hommage aux classiques.
Oui mes braves gens.
Je vais aller voir Thirst, et même que c'est une adaptation libre de Thérèse Raquin, figurez-vous.
Avec des vampires.
Ah ces niakoués, ils nous auront vraiment tout fait.
Boney M s'est tu, c'est presque dommage, je sais pas si je vais pas le remettre encore une fois, ce soir j'aime pas tellement le bruit que font les touches qui s'enfoncent.
C'est beaucoup trop rapide.
Je fais une newsletter, la Terre, je sais pas vraiment si c'est pour toi - certainement que non.
Peut être qu'en me grisant au son des touches que je tape (et à Boney M), j'arriverai à savoir exactement où j'en suis, je supporte pas de rester calme, je tiens pas en place. Alors quand je pense que le chaos m'apaise je me demande où est ma force motrice. Je sais pas. J'en ai rien à foutre. En fait.
Je vais me brosser les dents, je reviens.
("C'est vraiment de pire en pire ce blog, du n'importe quoi").
Ouais je sais, vous vous en foutez. Que j'aille me brosser les dents.
En même temps, moi, vos vidéos de merde où vous étalez votre néant à grand renfort de platitudes, je m'en fous aussi. Vous n'êtes pas obligés de lire et je ne suis pas obligée de regarder.
J'espère d'ailleurs, pour vous, que vous ne lisez plus. Personnellement je n'aurais pas tenu aussi longtemps.
On est quitte => je vais me brosser les dents.
Ca y est.
C'est débile, ce que je fais.
Je m'accroche à l'écran pour ne pas dériver.
Bon, pas tout à fait, puisque l'écran c'est l'instrument.
Alors je sais pas, si c'est un moyen tordu d'essayer indirectement de maintenir un contact ou si c'est l'effet miroir et que je m'accroche à moi même en me racontant sur l'écran.
J'en sais rien, je m'en fous d'ailleurs pas mal, j'ai pas tellement envie de théoriser ce soir.
Je voulais quoi faire ? Je voulais savoir où j'en étais.
A quel moment de la glissade.
Naïvement, je me représente 2009 comme un toboggan géant, en fait, avec moi au dessus tout au début de l'année et puis hop, descente. Ces derniers temps, la descente a été un peu plus rapide que d'ordinaire.
Bon, c'est complètement con.
Le moment où j'ai vraiment été au dessus du toboggan, la Terre, c'était le 19 Mai 1985.
19.
Le Ka.
Le Ka j'en avais un morceau dans ma boîte à lettres, en rentrant.
Ca m'a fait plaisir.
Et puis j'ai vu que j'avais ma taxe d'habitation aussi.
J'ai pensé : "Le Ka" et puis j'ai roulé des yeux - normalement j'aurais dû rire.
Je suis divertissante quand même.
Moi je m'amuse beaucoup par moments.
J'ai l'impression qu'il y a la version de moi ka-mai, celle qui fait des conneries, mais consciemment, en sachant qu'on l'observe, et le "on" en question, c'est la version de moi sous l'eau qui finirait par se noyer si y avait pas la rigolote pour lui jeter des bouées de sauvetage quand ça devient critique.
Là, je suis quand même en train de raconter que je me brosse les dents sur un blog, le tout en écoutant Boney M, je sais pas, doit y avoir quelque chose à en déduire.
Oh, je fais un remake de Macbeth bientôt !
Meeting des trois sorcières.
Quoi, la Terre ? Syndrome de Stockholm ?
Oui, merci, j'suis au courant. Ca n'y change rien.
Je pars le 4 novembre, je reviendrai le 8, je crois, je sais pas en combien de morceaux.
Je m'en fous, parce que tout va bien - je remettrai quand même pas Boney M, faut pas pousser.
Quitte à descendre, faut faire ça bien, je me dis.
Ce qui est censé expliquer pourquoi Macbeth, aucun rapport avec Boney M, faut suivre un peu.
De toute façon, ça fera un entraînement pour Noël.
Arrrgggghhhhhh.
Oui, carrément.
Sérieusement, si j'arrive à pas me pendre avec une guirlande cette année...
Je pense que tout va me revenir en pleine gueule, à Noël.
Tout.
Le cimetière gelé, j'imagine, je visualise, je vois là, je vois même très bien, je vois plus les touches, plus l'écran, plus rien. Juste le cimetière gelé. Le gel comtois, la Terre - si tu connais pas, moi je peux rien pour toi. C'est pas ça qui va faire le plus froid.
Ca va me revenir en pleine gueule, peut être même un peu avant, je pense que la réunion Macbeth elle risque de faire un peu mal aussi parce qu'il faudra aller au cim... je veux pas y aller, tu comprends, je ne veux pas je vais m'en vouloir, mais à un point...
Sincèrement.
La Terre.
Quel genre de monstre est-ce qu'on est quand les vivants en arrivent à nous manquer plus que les morts ?
Quel genre de personne est-ce que je suis ?
C'est abominable.
Pourtant je crois que même si c'est le plus horrible de tout, la mort c'est une des seules choses que je comprends vraiment.
Parce qu'il n'y a pas de retour en arrière possible, la Terre.
Et je sais ça, je comprends ça, et je peux pas entretenir ce genre de culte de la disparition, je suis incapable de faire ça. Même si je voulais.
Je crois que quand on accepte que les choses nous dépassent, quand on se plie à l'irréversibilité, parce qu'il n'y a radicalement rien d'autre, ce n'est pas que la mort de quelqu'un, c'est aussi la mort des espoirs et des possibles. Parfois ça me revient en tête et je suis terrorisée. Je n'ai pas de peine, je n'ai pas de sensation de manque, je suis juste terrorisée. Mais je ne cherche pas à comprendre, c'est comme ça.
Je suis incapable de lâcher prise pour quoi que ce soit, mais quand c'est vraiment grave, affreux, atroce, sans retour, je comprends instantanément.
Ground Control to Major Tom.
Je peux plus écouter cette chanson sans avoir les joues pleines de larmes.
Pourtant elle est pas vraiment représentative de lui, c'est ce sentiment de solitude immense, je me dis que peut être, quand on s'en va, c'est ça qui se passe - et en même temps c'est apaisant, ça fait pas peur.
La chanson est comme ça aussi.
C'est pour ça qu'elle est tellement, tellement triste.
Bon là je l'écoute pas et j'ai une tête de panda quand même, la Terre.
Au point où j'en suis, je me dis que je devrais peut être l'écouter - et puis enchaîner en regardant Gran Torino, tiens.
Mais non.
Sûrement pas.
Ca serait pas juste de faire un transfert de douleur, ça serait un affreux manque de respect, même si je trouve que je suis déjà et définitivement une personne affreuse parce que c'est pas concevable que je soie aussi triste maintenant alors que je devrais n'être triste que pour Major Tom, et relativiser tout le reste au point que tout le reste deviendrait ridicule.
Je n'arrive pas à faire ça.
Je m'en veux beaucoup.
J'espère que ça va aller.
Un jour, bientôt.
Je vais voir Placebo en concert bientôt, et puis MARC LAVOINE, et puis Morrissey, et puis Rammstein et puis Marilyn Drunk Manson.
Morrissey c'est quatre jours après Macbeth.
C'est bien moi qui parlais de pendaison tout à l'heure, hein, la Terre ?
Mais Morrissey c'est seulement quand on lit ses paroles qu'on a envie de se pendre.
En l'écoutant ça passe, et en le voyant sur scène on rigole.
Le mec qui chante (très bien mais quand même) : "Bouhouhou personne ne m'aime, je suis éternellement tout seul, complètement taré et complètement damné" à longueur de rimes en faisant de la GRS avec le fil de son micro, forcément, ben tu rigoles.
Morrissey je peux pas en écouter beaucoup à la suite, parce qu'au bout d'un moment j'ai juste envie de lui dire : "Mais ta gueule, le damné".
Je comprends ce qu'il dit (sans déc), mais il parle vraiment que de ça, le pauvre homme.
Et c'est gonflant au bout d'un moment.
J'ai lu que c'était pas sûr du tout que les Dresden Dolls repartent en tournée en 2010.
C'est dommage.
J'ai vu deux fois Amanda et c'était fabuleux.
Si je pouvais échanger, je voudrais être elle.
Il y avait le Danger Ensemble avec elle sur scène, une troupe de comédiens australiens et c'était vraiment très cabaret, très ce que tu imagines quand tu écoutes un de ses albums.
Mais j'aurais bien aimé voir Brian à la batterie aussi.
Qu'est-ce qu'il y a comme Brian dans ces chanteurs, c'est ahurissant.
En tous cas les Dresden Dolls, j'aime. Leur album éponyme est le meilleur, même s'il y a des perles dans tous leurs albums.
Je trouve que plus les années sont merdiques, plus je vois de bons concerts.
C'est une compensation - Grand merci, Dieu, enculé.
Quelque part, je me dis que ça laisse une lueur d'espoir pour les années à suivre si la réciproque est vraie à terme : comme c'est fini pour les concerts de Nine Inch Nails et qu'ils comptaient quand même largement parmis les meilleurs, il va bien falloir qu'il m'arrive des trucs chouettes pour compenser ça.
En fait, maintenant que j'y pense, c'est encore Manson le plus réglo.
Il sait.
Il regarde le Morue Show (bon, en version courte, je pense que ma vie est bien trop absurde pour être vraiment réelle - tous les trucs qui arrivent, c'est pas possible. Y a du montage dans l'air. Et je pense que c'est comme pour le Truman Show, ma vie est diffusée sur une chaîne spéciale à laquelle je n'ai forcément pas accès, et vous, les gens que je connais, vous êtes tous payés par la production pour jouer un rôle bien défini. J'ai eu cette idée il y a longtemps, avant de voir le Truman Show figurez-vous, et ça m'a fait un sacré choc, d'ailleurs, de voir ce film. Avec Manon, on avait développé la stratégie de la production, et on s'était dit qu'elle aussi elle était filmée et passait avec moi en split screen sur la chaîne. Parce que, souvent, il nous arrive un peu les mêmes choses au même moment, vous voyez, les mêmes emmerdements je veux dire, les gros, les plus pénibles, ceux dont on finit forcément par rire), bref Manson regarde le Morue Show, donc.
Et il doit savoir pour cette théorie des concerts.
Donc il fait exprès de foirer tous ses concerts pour que je soie super déçue et qu'en compensation, un truc cool m'arrive.
C'est d'ailleurs inconsciemment du donnant/donnant, parce que le truc le plus cool qui soit arrivé cette année, c'est le fait que j'ai écrit le truc à propos des bestioles.
Ca c'était vraiment chouette.
Finalement c'est quand même lui le plus fort.
Brian Warner.
Et planter ses concerts exprès pour que j'aille mieux, c'est quand même super mignon de sa part.
Je suis quelque part au fond du gouffre du néant, là. En fait.
J'ai rallumé une cigarette, avant d'avoir entièrement fumé celle qui se consumait dans le cendrier, évidemment (aux chiottes les économies, avec la taxe d'habitation c'est au pain sec et à l'eau jusqu'à l'été 2010 de toute façon).
J'écris absolument n'importe quoi, tout ce qui me passe par la tête, pour reculer le plus possible le moment où j'irai me coucher et où j'arriverai pas à m'endormir.
Pire, le moment où j'irai me coucher avec La Tour et où je tournerai les pages avec seulement un dixième du cerveau dans l'histoire et le reste qui partira divaguer je sais où.
J'aime pas ça, putain.
Je manque de respect à tout le monde, décidément, et à Roland aussi.
Comment, la Terre ? Les personnages de fiction on s'en fout ?
Ah mais non, pas du tout.
Tu sais où ils sont les personnages de fiction, la Terre ?
Ils sont là, avec moi, et ce sont les seuls qui restent.
Il y a mes deux amies aussi. Je veux pas être injuste en plus d'être irrespectueuse.
Les personnages de fiction je les aime nettement plus que les vrais gens.
Et l'imagination peut tuer, les gens qui pensent le contraire sont des imbéciles.
Elle peut guérir aussi je crois.
Je sais.
Ca a déjà fonctionné.
Dans l'idéal, en fait, il faudrait que j'ai une illumination de génie, genre tout de suite, ou demain au plus tard, et que je trouve une idée pour écrire quelque chose.
Ca aiderait beaucoup.
Malheureusement, c'est pas sur commande et plus je me force, moins ça fonctionne.
J'espère que Molko et Marc et Morrissey et Rammstein foireront leurs concerts ; là peut être qu'en contrepartie j'aurai mon idée.
Non je n'ai pas fait mention de Manson puisqu'il est évident qu'il le ratera pour les raisons susmentionnées.
Brave type.
J'aimerais bien avoir une idée.
Il n'y a pas de sortie de secours dans le fond du gouffre du néant.
Alors il faudra bien que j'en imagine une.
Elle va pas se dessiner toute seule et je n'espère plus que tu la dessines à ma place.
Enfin j'espère.
Que je n'espère plus.
Je ferais mieux d'aller me coucher.

 

Il y a une petite dizaine de pages, Roland a pensé : "C'est ainsi que périra le monde, me semble-t-il, victime non pas de la haine mais de l'amour. Car depuis toujours, l'amour est la plus destructrice de toutes les armes". Ca résonne un petit peu, là.
Et puis un peu plus tard, un autre a dit : "Parfois je me dis qu'on s'en porterait tous mieux si les gens bien intentionnés pouvaient tous aller crever dans leur coin".
Je crois que je ferais pas long feu, moi non plus.
J'en ai ras le bol, la Terre.
Passe une bonne nuit.

 

Posté par Cryptorchid à 23:23 - Self centered

Foutez moi le camp.

Posté par Cryptorchid à 17:26 - Le monde est con

18 octobre 2009

Private Wink

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Posté par Cryptorchid à 23:00 - Self centered

17 octobre 2009

Observation

La première chose qu'il se dit, c'est qu'il ne manque vraiment pas à grand monde, décidément.
Entre une qui se cramponne à son téléphone pour empêcher la nuit de tomber, l'autre qui hurle, pleine de haine, à la face de la troisième qu'elle a probablement la grippe A ("La Grippe A, t'enteeeends c'que j'te diiiiis ??? Et arrête de me couper la paroleeeee !!") et la troisième qui rêvasse à longueur de temps pour mieux nier sa réalité, lui, il pense qu'il est pas plus mal là où il est en définitive.
Là où il les observe et où il se fout un peu de leurs gueules, aussi.
Il lui arrive peut être de se demander dans quelle mesure ça n'a pas toujours été le cas, mais ça ne le perturbe pas plus que ça.
C'est qu'il a toujours fait preuve d'un pragmatisme déroutant parce qu'inné.
Entouré par les trois sorcières, il aurait sombré toujours un peu plus profond dans la folie s'il avait été un tant soit peu porté sur l'introspection.

Autour de la première sorcière, il entend les échos des blablas - ceux qu'il a souvent entendus et qui l'ont toujours horripilé.
D'ailleurs ce sont toujours les mêmes, rien de nouveau sous le soleil : qui est mort et qui est resté, qui est malade et qui gagne bien sa vie, qui a grossi et qui a maigri.
Comme came c'était pas aussi efficace que l'astine, ce qui explique qu'il ne s'y soit jamais attaché.
Il écoutait tout ça d'une oreille très distraite, s'estimant probablement heureux d'être resté, de bien avoir gagné sa vie et de n'avoir jamais ni grossi ni maigri.
Les gens qui ne s'inventent pas d'histoires n'en font pas non plus, vous savez, et il n'y avait guère d'écho pour prolonger le son de ses pas à lui sur le sentier.
C'était très bien comme ça - "right where it belongs" pense la troisième sorcière, mais il ne sait pas au juste ce dont il s'agit même s'il pense que ça a certainement un rapport, de près ou de loin, avec le Bonhomme qui l'indiffère presque autant que l'écho.
Ca n'a pas changé et ça ne changera pas.
Ca ne changera pas non plus quand la première sorcière ne sera plus là pour mêler à celui des autres le son de sa voix à elle. Il se demande peut-être si elle le retrouvera alors, et peut être aussi qu'il le redoute.
Elle risquerait de vouloir regarder les deux autres avec lui et sa vision se retrouverait un peu conditionnée par son blabla. Il a comme l'impression que ce serait moins drôle.

La deuxième sorcière, dans la maison de poussière, caresse le chat noir et se prépare de drôles de potions dans sa casserole magique.
Crème opéra, ça s'appelle, mais lui il voit bien que ça n'est que de la poudre de perlimpinpin, des sortilèges qui ne marchent pas sur le long terme, et ça le fait à chaque fois soupirer d'un air las.
Il se dit qu'elle se prend elle même au piège du maléfice, la deuxième sorcière, parce que ça a l'air de lui donner des visions. Malade imaginaire de l'affliction factice, elle se pense héroïne d'un mélodrame qui s'éternise. Elle se dépeint victime de tous les maux du monde et lorsqu'elle se heurte à un manque d'intérêt, la douleur se fait rage et elle élève la voix. Elle hurle, elle vocifère, elle postillonne, elle crache, il est hors de question qu'elle finisse en note de bas de page : elle est l'héroïne et elle veut qu'on la lise - vous avez plutôt intérêt à comprendre. Rien ne peut la calmer sinon un changement, de style ou de registre. Elle abandonne alors, momentanément, le costume de l'éplorée pour arborer, fièrement, celui de la courtisée.
Au centre de l'attention, fardée et opéra-crémée, la vipère se transforme d'abord en couleuvre qui, dès lors qu'on l'avale, se fait serpent revenchard et ensorcelle celui qui voulait la charmer.
Finalement, c'en est peut être bien une vraie, de sorcière, malgré ses rites bidon.
Lui ne la comprend pas mais il ne peut pas s'empêcher de la regarder.
Les phénomènes de foire ont toujours fait cet effet à tout le monde, de toute façon.
Destitué de toute responsabilité, c'est ainsi qu'il l'observe, en visiteur du zoo qui regarde, au travers des barreaux de la cage, la lionne devenue folle, rugissante et spasmophile.
Il pense que c'est un beau bordel et reprend une gorgée d'un breuvage imaginaire.

La troisième sorcière ne fait pas dans la crème opéra, mais c'est peut être bien le tabac qui lui donne des visions.
Parce qu'elle aussi, elle voit des choses - c'est à croire qu'elles ont ça dans le sang, mais alors il faudrait qu'il en soit responsable et c'est hors de question.
Elle voit des choses, qu'elle croit, que les autres ne voient pas, elle veut viser plus loin, plus haut et puis plus fort et se complait dans une vivacité d'esprit purement hypothétique qui l'amène à penser qu'il est raisonnable qu'elle soit cynique et condescendante vis-à-vis de l'individu moyen, dont elle se foutrait pas mal et à qui elle ne craindrait pas tant de ressembler si seulement elle ne savait pas, au plus profond d'elle même, qu'elle ne vaut certainement pas mieux.
Pénible, elle a souvent recours au romantisme quand le reste s'effondre. En cela elle présente quelques similitudes avec la précédente - mais il ne faudrait surtout pas que ça lui vienne un jour à l'esprit.
Elle passe alors de longs moments à écouter de la musique (de merde) en se disant que les paroles sont en parfaite adéquation avec son état d'esprit - elle s'imagine sans doute que cela l'éloigne d'autant plus de l'individu moyen qui, dans son coin, mais ça elle ne le sait pas, se fait exactement les mêmes réflexions qu'elle.
Elle s'aveugle tellement en extrapolant qu'elle ne se rend même plus compte, au bout d'un moment, qu'elle est, elle aussi, à côté de la plaque. Chauffante.*
Mais qu'importe, elle est amusante. Et puis elle apprend. Une partie d'elle sera probablement à jamais immergée dans les histoires qui n'existent pas, au point qu'elle se diluera en elles et deviendra liquide, mais il y a du roc aussi, dans sa nature et c'est à lui qu'elle le doit. Une solidité qui lui fait prendre conscience, brutalement mais irrémédiablement, que les raccourcis qu'elle croyait prendre sont en fait des détours. Un peu bornée, mais c'est peut être aussi de lui qu'elle tient ça, elle a du mal à s'empêcher de reprendre les mêmes routes au prochain croisement similaire, mais elle s'enfonce à chaque fois dans les sables mouvants avec un peu plus de réticence. Un jour, elle ne s'enfoncera peut être plus - pas encore cette fois, visiblement.
Elle vit sa vie, au fond, comme elle a bricolé le joint du lavabo la semaine passée (il a hésité entre l'hilarité et la consternation en assistant au spectacle) : avec une cartouche de mastic mais pas de pistolet, aucun sens pratique mais de la théorie transformée en créativité et surtout en perdant énormément de temps.
Au final, c'est étanche quand même, et c'est peut être ça qui importe le plus.
Elle est le genre de personnes qui commencerait à réparer une carcasse de voitures en mettant de nouveaux essuie-glaces sur un pare brise étoilé. L'avantage, c'est que ça fait rire celui qui observe et pour le moment c'est plus qu'il n'en faut en ce qui le concerne.
La vision de l'Homme Orange, en revanche, ne l'amuse pas beaucoup.
Il lui aurait bien volontiers cassé la gueule et ça le fait grommeler de rage.


Quelles conneries
, il pense, en revoyant sous ses paupières s'agiter les trois silhouettes, chacune dans son impasse, en parallèle aux autres.
S'il pouvait leur écrire, il n'écrirait rien et s'il pouvait parler, il ne leur dirait rien.
Il se contenterait de les fixer de ses yeux noirs, plus ou moins glacés et il leur renverrait leur propre reflet.
Elles n'y verraient, bien sûr, rien d'autre que ce qu'elles voudraient voir.
Alors que la première s'en irait cancaner, que la seconde arriverait, en retard, à un nouveau rendez-vous et que la dernière tenterait d'intellectualiser son silence, lui s'en irait casser la gueule à l'Homme Orange.
Ce qui, en soi, est une très grande preuve d'amour.

* (Copyright : ALC)

Posté par Cryptorchid à 23:43 - Resistance

12 octobre 2009

Cher Diogène,

Réjouis-toi, mon vieux con !
Et prend donc un carré de chocolat Milka pour faire honneur à ta neutre patrie.
A partir de demain matin à une heure indécente tellement c'est tôt, et ce jusqu'à samedi en fin de soirée, non seulement je ne serai pas là, mais en plus je vais enchaîner des journées qui commenceront à 6h du matin pour se terminer à 2h le matin suivant.
Autant te dire que je n'aurai absolument pas le temps de faire le ménage dans les commentaires, et donc le moment est venu pour toi de te faire plaisir !
Tu as devant toi cinq journées entières, et cinq nuits, pour nous parler de ton ban du blog des Editions Léo Scheer (qu'on n'en a rien à foutre), du blog de Wrath (qu'on n'en a rien à foutre), du déclin de notre société post-moderne (qu'on n'en a rien à foutre), de Sollers (qu'on n'en a rien à foutre), et tu peux même, si le coeur t'en dit, nous gratifier de tes prophéties (qu'on n'en a rien à foutre), nous jeter des sorts (qu'on n'en a rien à foutre) et aller jusqu'à nous maudire pour 92 générations (dont on n'a rien à foutre).
Je me ferai évidemment un plaisir de cocher toutes tes conneries sans même les lire pour les supprimer aussi sec une fois que je serai rentrée, mais en attendant c'est carte blanche !
Fais nous rêver, Diogène !

Et puis sinon à dimanche, si tant est que mon dos, mes neurones et mon mental survivent au marathon qui commence demain. Argh.

Posté par Cryptorchid à 21:02 - Le monde est con



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