25 avril 2008
Lettre de motivation
Monsieur X,
Je prends la liberté de mettre un X après « Monsieur », parce que je n’ai pas eu envie de faire ce que tout chercher d’emploi est pourtant bien forcé de faire pour y mettre les formes ; c'est-à-dire éplucher le site Internet ou les éventuelles brochures de votre boîte pour trouver votre putain de nom.
Je me fous de savoir comment vous vous appelez, et d’ailleurs, vous êtes même peut être bien une dame et non un monsieur.
Normalement, vous avez déjà parcouru d’un œil hagard mon CV en buvant votre premier café du matin. Personnellement, je le prends long, noir et sans sucre, et ça ne me réveille jamais. Vous savez donc, monsieur, madame, chose, que je suis presque diplômée d’une haute école de commerce. Presque parce qu’il me reste simplement à finir mon stage de fin d’études que j’effectue dans un magazine prescripteur en matière culturelle en France, ce qui me donne l’opportunité d’accroître parfois mon score au jeu de « Qui a la plus grosse cervelle ? » sur un site communautaire. Je tiens d’ailleurs à vous dire que je suis extrêmement agacée de me faire battre constamment par une grosse molasse qui tient le haut du podium et qui se trouve dans mes amis sur ce site parce que j’ai été assez charitable pour accepter sa requête. Ca m’apprendra à faire dans le social.
Maintenant que j’ai fait un point rapide sur mon parcours scolaire, j’en arrive à évoquer mes motivations :
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Cher monsieur X, il faut encore que je vous dise que tout bien réfléchi, j’aurais encore mieux fait de m’inscrire en option audit et consulting plutôt qu’en management des entreprises culturelles. Quitte à sécher les cours, autant sécher ceux qui auraient pu m’offrir la possibilité d’amasser un paquet de poignon en sortant de cette école de merde où je n’ai rien appris excepté le fait que mon foie n’avait pas une résistance illimitée.
Je n’ai plus envie de travailler dans le milieu culturel, car, comme tous les autres milieux, y compris le vôtre, le milieu culturel m’emmerde.
J’en ai marre de ce ramassis de bobos qui n’ont aucune organisation mais qui ont un ego démesuré. Je reste persuadée que j’en aurais tout autant ras le bol de travailler avec un ramassis de gens friqués qui ont un semblant d’organisation mais absolument aucune existence en dehors de celle qui leur est imposée par leur structure professionnelle.
Dans l’idéal, je voudrais que vous ne m’engagiez pas mais que vous me versiez un salaire, disons de 3.000€ net par mois. Je ne vous demanderais même pas de tickets resto, ni même de carte orange. De toutes façons, le métro ça m’emmerde et je trouve les clochards dégueulasses.
Je n’ai pas envie de travailler. Je voudrais avoir une idée, une idée que personne n’a eu avant moi et qui me permettrait de me faire implanter des couilles en or. Je me suis jurée que si j’avais un jour assez de poignon pour le faire, je le ferais.
Je voudrais écrire une histoire à laquelle personne n’aurait jamais pensé, je voudrais avoir une voix superbe, rauque mais sensuelle, éraillée mais puissante, et pas ces relents d’accent franc-comtois entrecoupés de quintes de toux à cause de ces cigarettes trop nombreuses que je fume.
Je voudrais devenir rock star, et je voudrais devenir accro à la drogue.
Je voudrais être grisée tout le temps, avoir un maximum de sensations, et exploiter les réflexions qui en découleraient dans mon art.
Je voudrais passer des messages si puissants que les gens n’auraient pas d’autre choix que d’y réfléchir. Je voudrais être le coup de pied donné dans la fourmilière.
Je voudrais avoir le talent de Boris Vian, et surtout je voudrais que tout me tombe tout cuit dans le bec parce que je n’ai plus envie de travailler pour y arriver.
J’ai déjà fait 5 années d’études post bac pour n’arriver nulle part, alors je suis un peu dépitée maintenant.
Je voudrais des groupies, je voudrais me faire baiser, encore et encore, et par tous les trous, et que ça m’amène higher, je voudrais être plus forte que Dieu et plus mauvaise que le Diable, et par-dessous tout, je voudrais ne pas être moi.
Je veux arrêter de m’engoncer dans une carapace faite d’auto complaisance, je voudrais arrêter de regarder des séries télé minables en recouvrant mon âme d’une bonne dose de glucose, je voudrais soigner le trou que j’ai en plein milieu de l’esprit, mais je ne sais pas avec quoi le remplir pour enfin être heureuse.
Vous ne m’aiderez pas, Monsieur X, mais je n’avais pas d’autre choix.
Je suis le personnage sur le tableau d’Edward Munch, je suis Le Cri.
Je suis figée et ma détresse déforme mes traits mais je n’arrive pas à déchirer la toile et à l’exprimer.
Je bouillonne mais mon front reste désespérément froid.
Vous ne m’aiderez pas à aller mieux, vous ne me donnerez aucune raison de vivre, et non plus aucune raison de mourir.
En revanche, vous pouvez éventuellement me donner de l’argent.
Pour ce qu’elles valent, vous avez mes salutations. Je n’aurai pas la prétention d’ajouter qu’elles sont distinguées.
18 avril 2008
The Big Come Back ?
AAAAAAAAaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!
(A comprendre par un hurlement d'excitation étant situé quelque part entre le paroxysme et l'apogée, le sommet et le top : bref, c'est génial !).
Mon année 2007 a été complètement pourrie, mais s'il y a bien une chose sur laquelle je ne peux pas revenir, c'est qu'elle a été riche en concerts.
Malheureusement, on a continué dans la lignée "pourrie", parce que les 3 shows de Marilyn Manson auxquels j'ai assistés n'ont été classables que du pitoyable au médiocre.
Le dernier album a confirmé la tendance ; une sorte d'emo-goth vaguement rock, avec des sons délavés, sans aucun dynamisme et aucune âme.
La déception fut grande et pour moi c'était une évidence : Marilyn Manson était mort.
A priori, et j'insiste sur ce terme, ça pourrait être sous estimer le bonhomme, qui, pour la dernière partie de sa tournée aux states, a pris un virage des plus inattendus.
Réconciliation avec Twiggy qui... Réintègre le groupe à la place de Tim Sköld et reprend sa basse officielle, tandis que Rob Holiday assure la guitare, changement de nom de la tournée qui s'intitule "Everyone will suffer now", et... Changement radical de playlist !
Pour une tournée promo du nouvel album (que nous appellerons désormais entre nous l'Erreur), on avait légitimement droit à un enchaînement de ces titres mélo-sirupeux-dégueulasses, avec un Antichrist Superstar sous représenté, et les chansons les plus connues et plébiscitées du nouveau public goth d'une quinzaine d'années à l'honneur.
Et voilà ce qui s'ensuivit :
1) Crucifiction in Space
2) Disposable Teens
3) Irresponsible Hate Anthem
4) Great Big White World
5) mOBSCENE
6) If I Was Your Vampire
7) Heart Shaped Glasses
8 ) Sweet Dreams
9) Lunchbox
10) Rock n Roll Nigger
11) Tourniquet
12) Little Horn
13) Putting Holes in Happiness
14) The Dope Show
15) Rock is Dead
16A) Coma White
16B) transition in to chorus from COMA BLACK
17) The Reflecting God
18 ) The Beautiful People
19) AntiChrist Superstar
Première chose : 19 titres !!!
Complètement inouï pour Manson, surtout si l'on prend en compte les setlists rétrécies de ces derniers concerts...
Ensuite... Coma white, Coma black, Rock'n'roll Nigger, quasiment que des titres issus de la trilogie Antichrist / Mechanical / Holy Wood, dont beaucoup qu'on n'avait pas eu l'occasion d'entendre en live.
Evidemment une partie de moi enrage parce qu'il a fallu qu'il se remette dans le droit chemin une fois passées les dates françaises, mais une autre partie se demande avec enthousiasme et ferveur dans quelle mesure le renouveau Manson ne serait pas possible...
Manque plus qu'il nous largue la greluche, là, et nous voilà repartis avec force et hurlements !
Quand même ; merci Twiggy pour l'inspiration, y a pas à dire, c'est quelque chose !
14 avril 2008
Action
Parfois, je pense que le monde se divise en deux camps ; ceux qui sont naturellement attirés par les conneries et ceux qui n’y sont pas.
Alors après, oui, bien sûr, il y a encore toute une
myriade de subdivisions possibles, dans chacun des deux camps.
Prenons ceux qui sont attirés par les conneries : il
y a ceux qui ont une bonne résistance à la connerie et ceux qui y succombent –
si tu préfères, ceux qui sont curieux et qui font des conneries
juste-pour-voir, et ceux qui ne réfléchissent pas et qui ne mesurent pas l’étendue
de la connerie.
C’est après avoir décidé qu’une connerie était vraiment
très très conne et qu’il ne fallait vraiment vraiment pas la faire qu’on
atteint une satisfaction maximale lorsque l’on finit par y succomber.
Si on ne s’en rend pas compte, la connerie devient
banale, et alors c’est l’escalade. La rareté de la chose n’existe plus, et on
se laisse avoir par la connerie.
Ceux qui n’aiment pas les conneries, il y en a deux camps
aussi ; les raisonnables par nature, et les froussards.
Les pires de tous, évidemment, ce sont les froussards.
Ils envient la connerie, la connerie les fascine, ils
aimeraient bien, mais, non, ils ont vraiment trop la trouille. Alors ils sont
aigris, et jalousent les téméraires tout en se faisant croire à eux-mêmes qu’ils
les détestent.
Les raisonnables par nature sont les plus chanceux ;
ce n’est pas difficile de résister à la tentation lorsque l’on n’est pas tenté.
Moi j’en ai marre de toutes ces théories de merde dans absolument tous les domaines, ces doctrines, ces idées, ces opinions, qu’est-ce que ça peut me fatiguer…
J’ai envie de bouger pour ne plus réfléchir, de faire des conneries, oui, tiens, sans arrêt même, et tant pis si ça veut dire que les rapports avec les gens sombrent dans la superficialité, de toutes façons tout le monde est superficiel, sauf quelques uns, et même ceux à qui on donne un laisser passer pour notre univers à nous, ils ne comprennent rien parce qu’ils restent cantonnés dans le leur.
J’ai plus envie d’écrire des histoires, j’ai envie de les vivre.
C’est malheureux quand même, l’inactivité.
Pas tout à fait, il y en a des pires que moi, il y en a qui sont passifs, passif c’est pire qu’être inactif, mais moi j’en ai marre de cet espèce de déchirement constant entre ce que j’ai envie de faire et ce que j’ai peur de faire.
J’ai peur des gens et de ce qu’ils vont dire et de ce qu’ils vont penser, et je ne comprends pas pourquoi je suis aussi timorée alors que dans ma tête il est évident que c’est la réaction la plus nulle au monde.
Je dois fumer au moins deux cigarettes avant d’appeler
Machin, et une fois que j’ai raccroché, je me demande pourquoi j’ai pu avoir
une quelconque appréhension, qu’est-ce que ça peut faire après tout c’est qu’un
coup de fil, et, oh, je me suis faite avoir tellement de fois tout ça à cause
de ça, parce que je ne suis pas sûre de moi, tellement et maintenant que j’ai
compris, maintenant que j’ai tordu le cou au Fantôme de l’Amour d’Enfance,
maintenant que j’ai fait le tour complet, que j’ai déchiré toutes les images et
regardé la réalité en face, maintenant que je me suis rendue compte que la
réalité était moche, moche et tellement creuse en comparaison de l’image que j’avais
fabriqué… Maintenant je crois que ça va mieux, je crois que je vais enfin
pouvoir agir, et être un peu plus sûre, et pouvoir faire juste ce que j’ai
envie de faire, pas parce que je pense que c’est mieux que rester toute seule,
mais parce que j’ai envie et c’est tout, sans explications.
J’ai tellement cherché à expliquer pourquoi que je dois
me forcer pour agir de manière déraisonnée. J'ai fait tellement d'introspection que j'ai fini par inventer des histoires pour justifier la personnalité des autres, par redorer des blasons, par creuser, fouiller, lentement, minutieusement, pour en extraire quelque chose, pour trouver une raison de croire encore en la nature humaine.
Si j'avais ouvert les yeux et regardé au dehors au lieu de me cantonner à l'intérieur, j'aurais compris plus tôt qu'il n'y avait rien à sauver.
Puisqu'il n'y a rien à sauver, maintenant je suis apaisée.
L'heure est venue... De faire des conneries.
13 avril 2008
Little Wonder
On s'emmerde souvent le Dimanche soir, on devrait tuer des gens, ça nous défoulerait.
Ceci n'est pas une accroche, ceci est une anticipation.
Parce que, tout autour de moi, je vois les choses s'effriter de plus en plus et s'éloigner de plus en plus rapidement d'une norme qui était toujours valable du temps de nos parents, mais qui ne veut plus rien dire aujourd'hui.
Dans mon entourage personnel, il y a des gens étranges. J'ai rencontré quelqu'un qui participait à des tournantes à l'âge avancé de 10 ans, j'ai connu quelqu'un qui était étrangement attiré par les fillettes de 13/14 ans, je connais des gens qui ont baisé au moins la planète entière, je connais des manipulateurs, je connais des manipulés, je connais des martyrs, je connais des bourreaux, j'en ai vu de toutes les sortes, et moi même, si une dizaine d'années auparavant on m'avait raconté ce que j'allais finir par faire et par vivre, j'aurais sans doute été horrifiée face à cette prédiction que j'aurais à coup sûr jugée mensongère.
Il n'y a plus aucune limite au grand n'importe quoi.
Le grand n'importe quoi est devenu un art de vivre.
Les filles esseulées envoient une cinquantaine de messages par heure sur le portable des garçons à qui elles tiennent encore un peu ; ça gueule dans tous les sens, ça ne supporte pas la séparation, ça tente de s'immiscer dans la vie privée des gens, par tous les moyens et surtout par le téléphone.
Ca baise dans tous les sens, ça essaie tout et n'importe quoi parce qu'il n'y a plus de tabous, et plus d'envies non plus, mais tant qu'on essaie, ça doit bien vouloir dire qu'on existe.
On ne se demande plus si ce que l'on fait est bien normal ou bien légitime, tant on est convaincu d'avoir raison et que notre égocentrisme nous pousse à faire tourner le monde autour de nous.
C'est peut être bête, mais avant il y avait des choses qui se faisaient et d'autres qui ne se faisaient pas ; on n'appelait pas les gens 50 fois par heure et peu importe l'heure, on ne se demandait pas si les personnes avec qui on couchait étaient des coups d'un soir ou des plans cul ou si on sortait avec, et on n'avait pas besoin de se montrer cruel avec quelqu'un pour le quelqu'un comprenne que la relation qui nous liait à lui était bel et bien terminée.
Non seulement on ne crée plus rien, mais en plus on régresse.
On s'emmerde souvent le dimanche soir, on devrait tuer des gens, ça nous défoulerait.
08 avril 2008
Le monde est ptêtre con, mais y a pire que lui !
Je suis un être absolument abject et ignoble, et totalement incapable d'éprouver une once de sentiment pour qui que ce soit.
Là, tout de suite, en ce moment, alors que je tape frénétiquement sur le clavier de mon ordinateur, fine énervée en plus parce que je ne réussis pas à niquer tous mes potes au jeu de "Qui a la plus grosse cervelle ?" sur Facebook, c'est particulièrement vrai.
Ma bipolarité m'amène à être bouillonnante en plein coeur de l'hiver (et qu'on ne me dise pas que nous sommes en Avril, parce qu'il ne neige pas en Avril !).
Je n'avance pas, et je n'arrive pas à grand chose, et ce ne sont pas mes dix lettres de motivation qui m'ont prouvé le contraire, ok.
N'empêche qu'il m'est tout de même impossible de me vautrer dans la léthargie, dans les questions existentielles peuplées de pourquoi ?, assaisonnées par des comment? et encore plus pimentées par des c'est pas possible!.
Plus que jamais, je déteste les gens qui n'avancent pas.
Les gens qui n'avancent pas et qui critiquent en plus ; et y a qu'à, et faut qu'on, et c'est tellement simple, tellement simple et tellement facile qu'ils préfèrent ne rien faire, ne rien foutre, inertes, inaptes, mais il y a leur langue qui tourne cent fois plus vite que leur cerveau, leur cerveau qui s'atrophie petit à petit, et ils n'avancent pas, ils restent là à jacter tous seuls parce que personne ne les écoute, excepté les personnes qui ont encore moins de convictions et de respect pour elles mêmes.
Evidemment, ça ne fait pas grand monde.
Rebelles de merde.
La politique c'est des pourris, alors y'a qu'à pas voter. Non mais t'as vu comment les gens sont cons, ils réfléchissent jamais par eux mêmes, ils font qu'être d'accord avec tout, alors que franchement, au lieu d'être con, y a qu'à con-tester, j'veux dire, moi je conteste tout le temps, et de toutes façons je suis jamais d'accord avec rien, c'est bien la preuve que je suis pas con, parce que les cons, eux, ils sont toujours d'accord avec tout. Si j'ai fait des études ? Ben alors là non, les études c'est pour les cons, les cons qui réussissent pas à penser par eux mêmes, du coup on leur apprend des trucs qu'il faut penser. Y a pas besoin d'études pour être intelligent. On peut pas diagonaliser des matrices sans faire d'études ? Vas-y qu'ess-j'en ai à foutre de diagonaliser des matrices, moi j'mate des films, ça m'ouvre l'esprit bien plus que tes conneries de maths, toutes façons moi les maths je vois pas l'intérêt et j'ai jamais rien compris. Preuve que je suis pas la moitié d'un con.
Regarde moi ces cons qui se font plein de thunes tous les mois, qui sont dirigeants, qui sont ministres, qui gouvernent le monde... Alors que moi qui suis pas con, j'taffe à l'usine. Bien la preuve que c'est complètement absurde ce système de cons. Putain, le monde à l'envers, merde quoi, faut croire que le monde est vraiment complètement con.
Rebelles de merde.
J'en ai ma claque de ces gens qui ne sont jamais capables de sortir de leur égoïsme, de leur nombrilisme, qui sont prêts à accuser le collectif jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien, mais même pas dans le but qui serait encore légitime de sauver l'individuel. Non. Pour sauver leur individualité à eux.
C'est facile d'être l'icône de son monde intérieur, c'est le cas pour tout le monde. C'est même facile de s'imposer en espèce d'icône face à des gens qui sont soit de trop bonne composition pour se révolter, soit à la recherche d'un gourou monté de toute pièce.
Merde quoi !
Et quand on est tellement aigri, et borné, et frustré, quand on a passé trop d'années à s'aveugler soi même pour se persuader qu'on est le meilleur, qu'est-ce qu'il nous reste ?
C'est tout trouvé : des prétentions artistiques.
"Je ne peux pas trouver ma place dans le monde et on ne me comprend pas parce que je suis un artiste."
Mais mon cul aussi c'est un putain d'artiste, nom de Dieu !
Que les gens soient heureux est quelque chose qui m'indiffère.
Que les gens qui ont du potentiel se gâchent est quelque chose qui me peine.
Que les ratés qui ne devraient normalement penser qu'à la pendaison réussissent à se mentir suffisamment à eux mêmes pour être heureux ou au moins insouciants , ça, ça me les brise.
Et si ça me les brise autant, c'est parce qu'il m'arrive moi même de mettre du temps, trop de temps, à déceler le manque flagrant d'intelligence et de potentiel des individus.
Malgré les apparences, ma candeur me joue encore des tours !
L'arnaque du moment
Une fois n'est pas coutume : on s'fout d'not'gueule !
Sans détours, voilà l'illustration concrète du foutage de gueule :

Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas de Raël ni même d'un de ses frangins, mais de celui qui va représenter la France à l'Eurovision : Sébastien Tellier.
Bon, depuis les Fatal Picards qui n'ont fait que confirmer une tendance depuis longtemps apparue, on sait bien que l'Eurovision n'est ni plus ni moins qu'un ramassis de branques qui fredonnent des trucs pseudo artys mais surtout pas intéressants, ni nouveaux, ni originaux, ni... Rien.
Mais là chapeau, dans le registre foutage de gueule poussé à son paroxysme, Tellier leur fout à tous une sacrée branlée.
Articles élogieux, assez bonne gueule et un look à mi chemin entre le ridicule et le top fashion (mais n'est-ce pas la même chose ?), tout est mis en oeuvre pour qu'on entende au moins parler du phénomène Tellier et que tout cela nous mette la puce à l'oreille.
La première moitié du chemin est faite ; reste à découvrir ce que fait le bonhomme, et là, hop hop hop, téléchargement.
Tellier, dans nos oreilles, ça n'a rien avoir avec Tellier dans nos yeux.
C'est une voix faiblarde pour un look puissant, un ton monocorde, mais parfois trop aigu quand même, c'est une constante attente du déchaînement, on attend que ça gueule, ou que ça se termine, au bout du compte on n'en sait plus rien, mais tout ce qu'on sait, c'est que l'attente est longue.
Tellier, ce sont aussi des paroles, aussi incompréhensibles que celles d'Etienne Daho, mais cela n'est pas seulement dû à la voix du bonhomme, car c'est aussi, a priori, un effet de style, pseudo conceptuel, pseudo con-tout-court.
"C'est... Aaaahhh" fredonne Tellier dans "Roche" ; "C'est ARGHHH" lui réponds-je en écho, quelque peu exténuée par ces nouvelles vagues bobo-esques qui ressemblent à s'y méprendre aux anciennes mais avec encore moins d'innovation...
Je ne sais pas si le rock est vraiment mort, mais pour ce qui est de la variétoche, son fantôme n'effraie en tous cas plus personne...
Asleep
C’est l’hiver qui s’éternise, et l’apathie avec, et le manque de motivation avec, et tout, tout s’éternise et c’est juste chiant, c’est juste terriblement chiant, et j’ai pas envie de, et ça m’intéresse pas, et tout ce qui est nouveau et qui est fun et qui me donne encore le thrill ne me le donne pas suffisamment longtemps, pas assez pour que j’ai envie de. A nouveau.
Je m’ennuie.
J’essaie de me fixer des buts, je les atteins sans trop de mal alors ça ne m’intéresse guère.
J’ai un moteur surpuissant qui tourne en sous régime, et rester sur ses acquis, au bout d’un moment, ça fait juste chier.
Je rédige des lettres de motivation. Et j’ai la motivation d’un poulpe, d’un poulpe endormi en fait, le genre de poulpe qui bouge péniblement des tentacules, mais pas assez pour se déplacer suffisamment.
J’ai tout fait pour que le terrain soit neutre et que la vue soit grande, mais j’ai pas encore suffisamment d’impulsion pour aller de l’avant.
Peut être que ce n’est qu’une question de temps.
J’aimerais bien, parfois, que quelque chose puisse m’atteindre encore, mais je crois que là où j’en suis, je suis simplement condamnée à me foutre éternellement de tout.
Rien ne me touche, rien ne m’affecte.
Ah, si, j’ai 2 kilos à perdre.
