Alex in Wonderland

Cinéma, musique, littérature, satyre, ironie cosmique, sushis, sens de la vie et surtout (auto) dérision !

05 août 2009

Films, en vrac

What a great summer.
Les journées traînent en longueur, les soirées les prolongent, et tous les matins, quand le réveil sonne, je me lève dans le but que la nuit tombe, pour pouvoir enfin légitimement rêvasser.
L'Official Robin Finck Appreciation Thread alimente mes rêveries à un point que c'en est indécent ; over-obsessionnel, complètement compulsif, vous voyez le genre.

Mais c'est compréhensible. Qui n'a pas vu ce type sur scène n'a pas vraiment vécu.

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Moi j'ai vécu deux fois.

 

Entre deux soft baked cookies dark chocolate et avec des morceaux de brownies dedans, pour oublier que j'existe, il m'arrive d'insérer un DVD dans la Xbox. Ce qui m'amène ici. Pas que ce soit follement intéressant, d'ailleurs, mais si je ne me force pas à poster à un rythme au moins hebdomadaire, je vais rouiller. Encore plus. Alors, voilà :

1. Flashdance

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Autant je risque d'évoquer pas mal de films dispensables, aussi bien dans ce billet que dans ceux qui suivront, autant celui-ci ne l'est pas.
Qu'on me dise que Dirty Dancing 2 est dispensable, d'accord, je m'empresserai d'acquiescer, et idem pour Sexy Dance, même s'il n'est pas si mal que ça et surtout beaucoup mieux que Sexy Dance 2, qui se situe à peu près au même niveau qu'un Dancing Girls. Pour rigoler, y a toujours Show Girls, aussi, dans un style moins volontairement nunuche mais qui sonne encore plus faux.
En tous cas, Flashdance, c'est un must have, au même titre que Dirty. Hé oui.
Et celui qui roule des yeux en lisant ça n'a qu'à se taper l'intégrale de Bela Tarr ou de Marguerite Duras. Et puis on en reparlera.

 

2. Boogie Nights

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Ca n'est pas tellement dispensable non plus.
Depuis There will be blood, Paul Thomas Anderson a largement acquis ses lettres de noblesse, mais ce serait dommage de ne pas se plonger dans ses deux précédents longs métrages. L'univers de Boogie Nights, début des 80s oblige, semble bien plus coloré, disco et punchy que celui de Magnolia ou celui des magnats du pétrole... Mais on y retrouve immanquablement ce spleen typiquement Andersonnien qui nous scotche littéralement le cul sur le canapé (ou le lit, si vous aussi vous vivez dans un clapier) et nous nous retrouvons happés à l'intérieur de l'écran.
Et puis le héros a une bite géante, aussi, et d'ailleurs à la fin, il nous la montre.

 


3. Roselyne et les lions

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C'est pas 37°2 Le Matin, mais c'est quand même Beineix.
Et Beineix, c'est LE meilleur réalisateur français.
Et comme à chaque fois, il réussit à nous emmener avec lui, cette fois-ci en direction d'une féerie qui nous laissera longtemps rêveurs. Beineix, c'est pas dispensable, pas du tout.

 

4. Monster

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C'est pas vraiment la peine d'en faire un résumé, je crois que tout le monde a entendu parler de ce film au moment de sa sortie et en aura retenu au moins une chose : "Waow mais hé, Charlize Theron c'est trop une ouf, comment qu'elle s'est enlaidie !".
Alors ça va, Dugland ; parce que la Eileen du film ; elle est quand même bien plus proche physiquement de la française moyenne que la Charlize Theron des publicités, alors y faudrait voir à pas trop en rajouter.
Après, elle joue juste à la perfection. Et le film est d'ailleurs tellement bien qu'il aurait mérité que j'y consacre davantage que quelques lignes.
Pas de vision excessivement manichéenne dans le personnage de la tueuse, ça c'est quelque chose que j'ai énormément apprécié. D'accord, on se rend compte des circonstances, du contexte, du désespoir de l'héroïne pour qui, forcément, on commence à ressentir de l'empathie... Mais on ne perd pas de vue non plus qu'elle est pas toute là, toute nette, et comme on ne nous oblige pas à étudier le lien de cause à effet, alors tout va bien. On assiste à l'action avec de plus en plus d'acuité à mesure que l'étau se resserre. Et c'est tout ce qu'on demande.

 

5. Darling

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Je m'en méfiais comme de la peste, de ce film, et pourtant, Marina Foïs, je l'aime bien.
Maintenant que je l'ai vu, je n'irai pas le ranger dans mes indispensables, mais il n'empêche qu'il est plutôt efficace et bien ficelé dans son genre. Maintenir l'équilibre entre le tragique et le comique, c'est pas toujours facile, et là, avec des oscillations aussi bien d'un côté que de l'autre, on s'en tire plutôt pas mal.
Et elle est bien, Marina Foïs.

 

Quand la grenouille bleue aura sauté sur le nénuphar - ceci est un code - je pourrai peut être enfin voir Girlfriend Expérience, avec Sasha Grey.
Et puis je plaquerai tout pour me lancer dans le porno.

 

 

Posté par Cryptorchid à 14:57 - Ciné [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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23 juillet 2009

Movies

C'est parti pour un mini-bilan des trois derniers films que j'ai vu dans les salles climatisées.

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Le stimulus déclenché chez moi par cette affiche me rappelle mon mémoire de fin d'études qui portait, en gros, sur l'impact des trailers dans la consommation cinématographique. Moi je dis que, parfois, peu importe le trailer : le simple nom d'un acteur suffit à déclencher un réflexe pavlovien chez le spectateur potentiel. Enfin la spectatrice. Enfin moi. ASHTON, quoi.
Nous avons donc les hypothèses suivantes :
"Ashton = Hey mec elle est où ma caisse" ou "Ashton = comédie romantique très con".
Je sais, il y a l'Effet Papillon qui fait tache dans ma démonstration mais qui redore le blason d'Ashton.
Mais L'Effet Pap ne compte pas, c'est une parenthèse, une exception et la règle, moi, je voulais la confirmer en allant voir Toy Boy parce qu'il me fallait ma dose estivale de comédie romantique très con.
Hé ben loupé.
En guise d'ahuri gravement cool à qui on enlèverait bien volontiers les sapes et qui réveille la lycéenne en nous, j'ai vu une espèce de Bel-Ami new age, mais qui s'en prend plein la gueule dès qu'on a le malheur d'entre-apercevoir un personnage un peu plus humain.
Alors d'accord, y a des scènes de cul un peu toutes les minutes et jamais j'avais vu autant d'Ashton dans un seul et même film, mais... Un drame, c'était un drame, et ça n'avait rien de romantique et encore moins de drôle !
Les vrais spectateurs de cinéma diront probablement que c'est pas plus mal pour Ashton qu'il aie l'air un peu moins neuneu que d'habitude, mais moi ça m'a complètement chamboulée, ce film.
Cassé, Pavlov.
J'en ai encore mal à la tête rien que d'y penser.

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Bon.
Y a comme qui dirait un truc qui me chiffonne à propos de ce film, mais j'arrive pas à mettre précisément le doigt dessus.
J'aime bien Kate Winslet, et je l'aime bien surtout pour son côté pas-fille, pas mignonne, pas facile. Le truc c'est que j'ai peur qu'à la longue, ce soit justement cet atout qui finisse par la desservir et qu'elle se retrouve cantonnée au domaine du drame - le drame étant un terrain propice à la prolifération de bonnes femmes à forte masculinité.
Pour le coup, dans The Reader, elle s'en sort encore très bien, et ça fera une pierre de plus à son édifice mais... mais j'sais pas. Je suis pas rentrée dans l'histoire comme j''y suis rentrée dans The Hours. Subjectivement, je crois que le coup de la nana de 35 ans qui déniaise un prépubère, ça doit me chiffonner, vraiment. Objectivement, il y a un déséquilibre entre les deux personnages qui rend celui du narrateur un peu pénible et chouineur par moments. D'un autre côté, le fait qu'il n'agisse pas est très pertinent dans le sens où il n'y a pas d'implication morale, pas de basculement manichéen, pas de positionnement, et que c'est une des choses qui favorise l'implication du spectateur. Supprimer la scène finale du narrateur avec sa fille et achever le film avec la scène du narrateur et de la rescapée aurait également été une bien bonne idée.
Je dis pas qu'il est pas bien ce film... Mais c'est juste que je m'attendais à mieux, que j'ai pas été captivée comme j'aurais voulu.
Pour la peine, j'ai quand même été acheter le livre.

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Après le choc Ashton, ma cervelle de midinette a bien failli imposer dans ma boîte crânienne : Johnny Depp a pris un (petit-mais-quand-même) coup de vieux et Christian Bale a chopé un gros cul !!
Ca peut paraître anodin, mais ce sont particulièrement les deux informations les plus intéressantes qui soient liées à ce film, de près ou de loin.
Pendant les scènes d'action on s'emmerde un peu, puis beaucoup, puis à la folie, et en dehors des scènes d'actions, on se rend compte qu'on a sauté la case "passion" pour arriver directement au "pas du tout".
Parce qu'il n'y a rien du tout, autrement.
On m'objectera qu'il y a le duo Depp / Cotillard, mais moi je suis désolée, je marche pas.
"Hé, poupée, prends ton manteau et viens avec moi, plus jamais tu feras la réceptionniste ; on s'est vu qu'une seule fois et même pas on a baisé, mais j'peux te le garantir : j'vais t'faire vivre une vie de rêve moi, ouais !"
Mon cul, oui.
Mon cul qui, malgré les bons soins de Starbucks, n'est donc pas aussi gros que celui de Christian Bale.
Faut dire qu'on a le temps de s'y attarder, sur son cul, parce que c'est pas vraiment sa présence, son jeu d'acteur ou ses répliques géniales qui transcendent le public. Depp est un poil moins effacé - c'est tout de même l'ennemi public numéro un - mais c'est guère mieux puisqu'il nous joue la carte de la drôlerie beauf qui fait pas rire grand monde.
Merci, aussi, Michael Mann, pour vraiment penser qu'on est trop con pour percevoir la subtilité d'une thématique et pour tes louables efforts de nous la faire rentrer dans le crâne ) grands coups de marteau.
On aura donc compris : ce sont les médias qui dirigent le monde.
Moi j'espère qu'ils te feront une critique aussi pourrie que celle-là puisque c'est comme ça.

C'est tout. Pour le moment.
Next :
Bronson (peut-être si je trouve l'envie avant qu'il ne soit plus à l'affiche)
Brüno (peut-être si j'arrive à dépasser mon préjugé qui veut que ce soit un film de merde et qui est probablement très proche de la réalité)
Midnight Meat Train
Et puis, aveu : le nouveau Tarantino ne me dit rien qui vaille, en fait.


Posté par Cryptorchid à 12:42 - Ciné [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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05 juillet 2009

Dans les salles obscures

Petite rétrospective des quatre derniers longs métrages que j'ai été voir au cinéma, et notamment parce qu'ils présentent tous un point commun d'une importance capitale : là où les critiques, des spectateurs comme de la presse, ont été dithyrambiques, Alexandra Varrin a trouvé ça "pas trop mal mais pas terrible", ce qui lui donne légitimement le droit et l'occasion de l'ouvrir.


1 : Les Beaux Gosses - les affres de l'adolescence, ou l'apprentissage de roulage de pelles entre deux branlettes et trois boutons percés.

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Si la presse française a été si élogieuse, je pense que c'est parce que dans un pays où la notion de comédie implique du potache, du bien lourd et du pas très finaud, ce film fait quand même figure d'exception.
En d'autres termes, ça nous change des Ch'tis et c'est pas plus mal.
Pour autant, ne vous attendez pas à vous rouler par terre sur la moquette de l'UGC, le ventre secoué par des spasmes abdominaux.
Bien sûr, c'est drôle, on sourit souvent, et, parfois, on est presque même à deux doigts de rire.
Je suis mauvaise langue, j'imagine, mais notons quand même quelques longueurs dont on aurait aisément pu se passer, et une fin en guise de boucle qui nous ramène tout droit au début du film.
Alors, oui, je sais, l'adolescence, c'est un peu ça aussi : on tourne en rond.
Et Marie Antoinette s'ennuyait ferme, c'est bien pour ça que le film de Coppola est chiant.
Je sais pas vous mais moi, ça m'a toujours semblé un peu facile comme principe, voire même à la limite du foutage de gueule.


2 : Coraline - et les shadoks pompaient...

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Oh, tiens, regarde, ça a l'air cool, on dirait du Tim Burton !
Ouais normal, c'est fait par un mec qui a bossé avec lui.
Bon allez, chut, ça commence... Tiens, le chat, il est maigrichon et il est noir au lieu d'être rose et mauve, mais il fait quand même super penser au Cheshire Cat dans Alice, non ?
Grave, même le tunnel dans lequel la gamine passe pour aller chez les deuxièmes parents, ça te fait pas penser au puits dans lequel elle tombe, la gamine Alice ?
...
Vu, revu, déjà vu, tellement pas de surprises qu'on arrive même pas à rentrer dans le film.
Ce ne sont pas les lunettes 3D qui piquent les yeux qui y changeront quoi que ce soit, celles-ci ayant seulement l'inconvénient de nous faire voire encore plus gros quelles ficelles ont été tirées pour enchanter le spectateur. Spectateur lambda qui en ressortira globalement enthousiaste, d'ailleurs.
Dommage, je ne suis pas un spectateur lambda.


3 : The Hangover / Very Bad Trip
- Hey, mec, elle est où ma cervelle ?

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On m'a dit récemment à propos de ce film que c'était une sorte d'American Pie pour trentenaires, avec seulement des gags un peu moins lourds que pour la version teenage.
J'applaudis la formule et me contente donc de la répéter ici, parce que je ne trouve guère plus pertinent pour décrire mon appréciation générale du film.
Dans le genre "J'ai tout oublié de ma soirée d'hier, je vais m'amuser à remonter le fil des événements pour comprendre ce qu'il s'est passé et me dépatouiller de la situation oppressante dans laquelle je me retrouve englué", je recommande donc, once more, "Dude where's my car ?", qu'à peu près personne sur Terre n'a aimé sauf moi, parce que ça, messieurs dames, c'est un film qui va jusqu'au bout du délire et qui a au moins l'avantage de surprendre, qu'on aime ou qu'on n'aime pas !

4 : Whatever works - ... doesn't mean it's particularly interesting.

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Faut s'y résoudre : Woody et moi on est fâché.
Il n'y a pas eu de déception, pas de trahison, pas de coup de poignard dans le dos, d'effusion, rien de tout ça. C'est juste qu'il n'y a jamais eu d'accroche entre lui et moi. Parce que, quoi que les autres en pensent, je ne peux pas m'empêcher d'être horripilée quand je le vois apparaître dans un écran. Parce que son humour de Juif new-yorkais à la con ne me fait absolument pas rire, parce que je le trouve prétentieux au possible, parce que les cruchasses blondes dont il s'entoure dans ses derniers films m'agacent.
Le seul Woody Allen que j'ai aimé c'est Match Point. Et on notera qu'il a eu la bonne idée de ne pas figurer dans le casting. J'ai l'air d'être cohérente puisque les fans de Woody sont globalement d'accord pour dire qu'on ne reconnaît pas la patte du "Maître" dans ce film.
Bref, Whatever... ça m'a fait chier. Copieusement.




Pour terminer sur une note un peu moins ronchon, je mentionnerai un film qui commence à dater un peu (2004) mais que je n'ai découvert que ces derniers jours : May.

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Entre deux hommages bien vus aux productions de Llyod Kaufmann, Lucky McKee parvient à nous entraîner dans un univers où s'entremêlent le pastiche, l'humour et l'étrangeté quelque peu dérangeante.
C'est globalement bien ficelé, Angela Bettis y est particulièrement convaincante et ça vaut nettement plus le détour que les 3 productions précédemment citées !

A aller voir bientôt - et en essayant de m'y tenir :
- L'Age de Glace 3 (encore que ce soit pas une obligation, loin de là)
- Toy Boy (parce que je veux ma nouvelle Ashtonade, parce qu'il m'arrive à moi aussi d'avoir des besoins irrépressibles de faire la fille et que cela se produit précisément à chaque fois qu'il est question d'Ashton Kutcher)
- The Reader
- Midnight Meat Train
Et puis bien sûr Inglorious Basterds.
Rien qu'avec ça, et le tout disséminé sur deux mois, je rentabilise largement ma carte UGC.
I guess that's cool.

Posté par Cryptorchid à 13:05 - Ciné [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Alice in wonderland

Tim Burton qui réalise une adaptation d'Alice au Pays des Merveilles, en voilà une surprise !
On y retrouvera bien évidemment Johnny Depp (alias le Chapelier Fou) et Helena Bonham Carter (alias la Reine de Coeur), comme ingrédients incontournables d'une recette vue, déjà vue, resucée à l'infini et jusqu'à la nausée.
Les premières images s'étant déjà échappées de la pellicule, je ne résiste pas à la tentation de les mettre en ligne ici, juste pour le plaisir de railler :



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Je ne sais pas si c'est que je grandis, dans ma tête, et que je me transforme en une personne encore plus cynique, et, disons-le franchement, plus chiante qu'à l'accoutumée, ou si, vraiment, Timmy se fout de la gueule du monde, mais en ce qui me concerne, l'univers Burton, je commence vraiment à saturer.
Contrairement à plein de gens, j'avais bien aimé l'adaptation de Charlie et la Chocolaterie, mais je suis globalement d'accord pour dire que depuis Big Fish, c'est la dégringolade, la repompe, l'auto-repompe, et qu'Helena Bonham Carter, ça commence à bien faire.
Espérons quand même qu'il n'y aura pas de chansons horripilantes à la "I feeeeeeeel youuuu Johaaaannaaaaa" dans ce nouveau long métrage, mais au vu des images, que je persiste à trouver très moches, j'ai comme dans l'idée que tout cela n'augure rien de bon.
Les effets 3D me laissent, en plus, dubitative.
Nous verrons bien.

Posté par Cryptorchid à 12:42 - Ciné [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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07 mai 2009

Hedwig and the angry inch

En guise d'introduction, je salue bien bas Oblivion9.

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Hedwig and the angry inch, c'est l'histoire d'Hansel, jeune garçon qui vit du mauvais côté du mur de Berlin, dont il s'évade en immersion dans un monde imaginaire, mélange rock et philosophie.
You, Kant, always get what you wan't, that's what the colored girls say.
Hansel, bien sûr, fait quelques pas hors des sentiers battus, et, dans le wild side, se sent à l'aise.
Un soldat noir américain, Luther, tombe sous son charme et est bien décidé à le faire sortir de son enfer berlinois.
Seulement, pour pouvoir se marier et convoler, Hansel doit subir une opération, abandonnant définitivement sa concrète part masculine. Hansel devient alors Hedwig, comme se prénomme sa mère, et ne parvient pas, ni physiquement, ni psychologiquement, à choisir son côté de la rive.
Opération ratée, Hedwig asexué(e), a, en guise d'entrejambe, une plaie balafrée, chair inutile d'un pouce de long à laquelle il est forcé de s'accommoder.
Le tragique ayant bien souvent tendance à se répandre, un an après leur mariage, Luther annonce à Hedwig qu'il le quitte pour un autre homme. Sur l'écran de son téléviseur, Hedwig assiste, désespéré, à la chute du mur de Berlin.
Faisant contre mauvaise fortune preuve de motivation, Hedwig crée son groupe de rock, et fait la connaissance de Tommy, jeune chrétien qui n'appelle qu'à être déniaisé.
Hedwig joue les initiatrices, davantage dans le domaine musical que dans le domaine sexuel car Tommy, bouleversé effrayé, décampe après contact organes génitaux mutilés.
La Chrétienté étant une notion somme toute relative, Tommy se servira de toutes les chansons écrites par Hedwig pour lancer sa carrière qui deviendra vite celle d'une rock star internationale.
Sur ses traces, enchaînant les bars restos miteux là où Tommy cumule les salles les plus prestigieuses, Hedwig part en tournée, elle aussi, et, sur la route, se remémore l'histoire, la sienne, et la leur.

La mise en scène du film est à l'image de son protagoniste : sincère, et efficace dans l'émotion, qui, sous des aspects faussement scintillants, se révèle être teintée d'une profonde tristesse.
Avec la rage du désespoir, Hedwig crie son mal être dans ses chansons, ne se souciant guère d'un public qui le lui rend bien, c'est de Tommy dont elle rêve, encore, éternellement, partagée entre destruction et désir de réconciliation.
Née d'une dualité, incapable de choisir, de se positionner, l'âme d'Hedwig, qui veut croire, qui veut espérer, encore, malgré les drames traversés, persiste dans une chimère platonicienne qui mystifie l'androgynie : l'être humain, séparé par les Dieux de sa moitié originelle, va la rechercher, tout au long de sa vie, pour, enfin, pleinement s'épanouir.
S'il lui manque quelque chose, à Hedwig, elle sait que c'est cet autre qui pourra le lui donner.

La quête identitaire est sous jacente derrière les illusions qui se perdent.
Le Salut n'est pas, Hedwig comprend enfin, une main tendue, de l'extérieur.
C'est d'elle même qu'il provient.
Mais alors, c'est renoncer, à tous les rêves, à tous les mythes, à la candeur, à la croyance, à tout ce qui l'avait mise, jusqu'alors, en mouvement.
Nu, dans la pénombre, dos à la caméra, face à la rue, c'est Hansel qui s'avance, seul à savoir, en son âme et conscience, si la maturité, voie de résignation, est vraiment préférable à la folie de la passion.

Posté par Cryptorchid à 12:56 - Ciné [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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02 mai 2009

Eden Lake

Des promesses, des promesses...

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... Qui peinent à être tenues.

Narciso Ibáñez Serrador avait ouvert la voie à James Watkins, il y a plus de 30 ans de cela avec ses Révoltés de l'an 2000.
Après La Dernière Maison sur la Gauche, récemment réadapté, voilà malheureusement un autre argument en faveur du simpliste mais néanmoins réaliste précepte : c'était-mieux-avant.

Fiancés, Steve et Jenny décident de partir en weekend en amoureux, loin d'une civilisation où, comme l'annonce mine de rien la radio dans leur 4*4, la violence se banalise et devient monnaie courante chez les jeunes, qui manquent désormais cruellement de repères et tendent à troquer les sacs de billes contre les canifs.
La trame du film est déjà esquissée, et ses faiblesses ne tarderont pas non plus à être dévoilées.
Alors que les tourtereaux font une halte pendant leur périple, ils s'offusquent tous deux de voir une mère de famille flaquer une bonne giffle à l'un de ses capricieux bambins.
L'affiche nous promettait de la provocation, c'est justement dans le côté réactionnaire, brutal et sans compromis que nous l'attendions.
Là où les Révoltés de l'an 2000 provoquaient un vrai cas de conscience, et se refusaient à toute interprétation manichéenne en usant d'une radicalité justifiée par la violence, Eden Lake se refuse à aller jusqu'au bout de ses promesses et peine à convaincre tant il est peu incisif.

Nos deux amoureux arrivent donc au bord d'un lac, paysage idyllique, et romantisme exacerbé qui se verra perturbé par l'arrivée d'une bande de préadolescents pour le moins tapageurs, qui s'imposeront bien vite comme des psychopathes en herbe.
Ils sont joueurs, ces jeunes.
Pour s'amuser, ils volent le 4*4 de Steve, qui, alors qu'il est en position de réclamer son bien, sent bien vite pointer en lui un sentiment d'infériorité, exacerbé par l'angoisse de sa nunuche de fiancée.
Lorsqu'il tuera, par accident, le chien du leader du groupe, ce dernier aura bien moins d'hésitation et de scrupules à lui faire passer un sanglant quart d'heure.
La mort du chien, étincelle qui fait flamber la poudrière, unique événement causant un semblant de réaction humaine chez les enfants, par ailleurs bourreaux radicaux dépourvus de toute sensibilité.
Alors que Steve se fait découper en lamelles par les mignonnets, Nunuche fonce à travers les bois pour rechercher des secours.
La traque se met naturellement en place, et c'est reparti pour un tour de piste où on tire bien lourdement sur toutes les ficelles habituelles.
A peine ralentie à cause d'un pied perforé, Nunuche vivra l'humiliation, la terreur, devra s'immerger sous des excréments pour éviter d'être repérée, et, pendant un court instant, nous nous surprenons à envisager une fin jubilatoire, un retournement idéal de situation, où, poussée au bout de ses limites, Nunuche se transformerait en sauvageonne et dézinguerait, un par un, ces affreux gamins.
Peine perdue !
La belle, en rage, en poignarde tout de même un, puis sanglote, le corps de l'enfant dans les bras, la tête renversée vers le ciel comme pour crier au repentir.
Conne.
Le film perd de l'intérêt, crescendo jusqu'à la fin, décevante mais malheureusement prévisible.
Jenny trouve en effet refuge dans la maison des parents du leader, qui, au fait de ce qu'il s'est passé, en finiront définitivement avec Nunuche et achèveront de diluer la force potentielle du message de base.
Après Ils, plus décevant encore, ce nouveau long métrage où les psychopathes sont en culotte courte, est bien loin d'être convaincant, aucune descendance ne semblant être possible pour le magistral film de Narciso Ibáñez Serrador.
Tout de même, un jeu plus que convaincant de la part des gamins, qui imposent assez facilement leur côté terrifiant et qui servent suffisamment bien le film pour le faire se positionner quelques crans au dessus de la tentative ratée de Xavier Palud.

Reste que pour un film réellement angoissant et dont le message risque fortement de vous déranger, vous qui pardonneriez tout à vos chères têtes blondes, c'est vraiment celui-ci qu'il ne faut pas manquer.

Posté par Cryptorchid à 20:22 - Ciné [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01 mai 2009

La Dernière Maison sur la Gauche

Héhé.

En 1972, un certain Wes Craven réalise son premier long métrage, avec un budget avoisinant les 90.000 $ et qui, aussi dérisoire soit-il, lui vaudra de devenir un maître de l'horreur avant son heure.
En 2009, un dénommé Iliadis réalise le remake de ce film devenu culte, nous offrant ainsi une pierre de plus à ajouter à l'édifice pourtant déjà colossal de daubes horrifiques pour teenagers en mal de sensations.


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Concentrons nous sur notre chère époque contemporaine.
Aidé par Francis, son frère, et Sadie, sa petite amie, un dénommé Krug, visiblement perturbé, se soustrait au joug des forces de l'ordre et entend bien continuer à vaquer paisiblement à ses perverses petites occupation de bon tordu qui se respecte.
Les chiens faisant malheureusement parfois des chats, Justin, son fils, a le patrimoine génital un peu moins détraqué que l'on pourrait croire.
Aussi, lorsque ce dernier rencontre Paige et Mari à la supérette du coin, c'est en tout bien tout honneur qu'il leur propose de passer au Motel où la fine équipe a provisoirement élu domicile, histoire de faire tourner le joint de l'amitié.
La drogue, saymal, et Krug, il ne plaisante pas avec ces choses là.
Aussi décide-t-il de sévèrement sanctionner les deux intruses : Paige sera poignardée avec désinvolture, tandis que Mari sera violée puis abattue d'une balle dans le dos alors qu'elle tentait de s'enfuir à la nage.


Je raille, par habitude plus que par réelle conviction, car jusque là, le remake n'était pas si mauvais.
Que les puristes s'interrogent sur le bien fondé d'une focalisation sur la famille de Mari et la mention d'un frère aîné récemment disparu, admettons, mais cette nouveauté trouve une justification plutôt pertinente.
On augmente d'un petit cran le niveau du pathos, et on provoque un peu plus d'empathie de la part du spectateur. Tout n'est jamais qu'une question de dosage, et le mélange semblait plutôt prometteur dans la première demi heure.
On peut regretter, bien sûr, que les méchants soient très proprets, voire carrément beau gosse pour ce qui est de l'ami Krug, mais c'est bien connu : la blancheur d'un sourire se doit de contraster avec la noirceur d'une âme. M'enfin.

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Avant

      

   lasthousefirst
Après 

Passons directement aux choses sérieuses avec ce merveilleux moment où y a tout qui part en vrille.
Nous en étions donc restés à Mari, dans le dos de laquelle Krug venait de vider son chargeur.
Bien.
Nos 4 malfaiteurs se retrouvent donc au beau milieu des bois, leur voiture accidentée, et, en plus, surpris par un orage. Ils frapperont donc à la première porte qui se trouvera sur leur route, à savoir celle de la dernière maison sur la gauche, à savoir celle... de la maison de campagne des parents de Mari.
Ces derniers, qui n'attendent le retour de leur fille que le lendemain matin, joueront parfaitement leur rôle d'hôtes bienfaisants et hébergeront la joyeuse bande de tordus.
Justin, passablement traumatisé, le sera d'autant plus lorsque, face à une photo de famille, il déduira l'identité de ce brave couple de l'upper class américaine.
Dérouté, il en lâchera même le pendentif de Mari qu'il avait gardé en souvenir de la jeune fille.
Cette dernière, telle Lazare, en profitera alors pour revenir du royaume des morts, émergent du lac prenant des allures de Styx.
Les 4 bourreaux étant ensommeillés, papa, qui, bonne aubaine, se trouve aussi être médecin, bénéficiera de quelques minutes de quiétude pour cautériser la plaie de sa fille et se rendre compte que la demoiselle aura subi un viol au passage.
Maman, exemplaire femme au foyer, ne tardera pas à mettre la main sur le pendentif et fera aussitôt le lien avec les invités surprise.
La mission des parents, et ils l'accepteront, sera donc de veiller à ce que l'état de fifille demeure stationnaire, et de faire en sorte que les lascars ne les empêchent pas de la conduire par bateau jusqu'à l'hôpital le plus proche. Oui, parce qu'à cause de l'orage, vous pensez bien que toutes les lignes de téléphone ont été coupées.
A partir de là, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres, et on ajoute aussi les lucarnes et les meurtrières au passage.
Après un jeu de séduction aussi crédible qu'une prestation cinématographique de Ben Affleck, maman tailladera le torse de Francis, qui sera par la suite noyé dans l'évier, poignardé avec un tisionner, et dépossédé d'un bras passé au broyeur.
L'enchaînement se poursuivra jusqu'à l'avant dernière scène, sublime, où vogueront sur le lac les parents, leur fille rescapée et Justin, qui fait ainsi symboliquement office de fils aîné retrouvé.
Une pure merveille, des rebondissements originaux, une crédibilité poussée à son paroxysme, on s'en étranglerait presque de rire.
C'est encore peu dire en pensant à la scène finale, dans laquelle la tête de Krug est passée au micro ondes avant d'exploser.
Bien sûr, les mauvaises langues objecteront qu'un micro ondes ne peut pas fonctionner avec une porte ouverte, mais c'est rien que des médisants, d'abord, et puis au début du film, la maman avait innocemment précisé que ledit four était en panne, ensuite.


Un chef d'oeuvre, moi, je vous dis.


...


L'original a drôlement vieilli, tout de même, depuis le début des 70's, et c'est vrai qu'il méritait amplement un coup de jeune.
D'ailleurs, jusqu'au moment où Mari revient brutalement à la vie, le remake semblait être relativement prometteur.
Le problème, avec l'enchaînement de grotesque, c'est qu'on passe bien évidemment à côté de ce qui faisait l'originalité du premier, et qui a fait en sorte que ce long métrage marque son époque.
Mari n'ayant pas eu le mauvais goût de survivre, c'est le désir de vengeance des parents qui agissait comme force motrice et inversait le rapport de force entre les protagonistes, faisant des bourreaux les néo-martyrs.
Ajoutons à cela quelques scènes efficaces, comme un jeu de séduction plutôt réaliste de maman, qui, ayant entrepris de fellationner Francis (Weasel à l'époque) terminait sa gâterie en lui mordant violemment la teub.
Quelques scènes faisant office de running gags tragi-comiques misant sur l'acte manqué à répétition venaient rythmer le tout, sans oublier une B.O plutôt judicieuse - dont une piste aux paroles révélant carrément la chute du long métrage.
Evidemment, même à l'époque, on n'était pas non plus au niveau d'un Funny Games, que je ne saurais que trop conseiller aux personnes qui seraient, même vaguement, intéressées par la trame.
En cas de surcroît de motivation, elles peuvent toujours se rabattre sur la réédition par Wild Side de l'original de Wes Craven.
Pour ce qui est du remake, armez vous simplement de toute votre bonne volonté, de quelques amis aussi motivés et cyniques que vous, et peut être aurez vous l'occasion de vous lancer dans un concours de railleries qui reste la seule piste à explorer si vous misez sur le divertissement.
Notons tout de même au passage une prestation plutôt convaincante de Sara Paxton (Mari) et une très bonne qualité de l'esthétique.

Sinon ça reste une sacrée merde, faudrait voir à pas se leurrer !

Posté par Cryptorchid à 03:08 - Ciné [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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30 mars 2009

Martyrs

Le foutage de gueule made in France.

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Images d'archives.
Une fillette d'une dizaine d'années, attachée sur une chaise de torture, séquestrée par des bourreaux inconnus, qui la battent et la sous alimentent.
Chance, la fillette réussit à s'échapper. Elle s'appelle Lucie et elle est internée dans un centre spécialisé en gamins douteux, où elle se lie peu à peu d'amitié avec Anna, une autre petite fille, la seule qui parvient à la faire sortir de son mutisme.

Quinze ans plus tard.
Une famille française, deux parents et deux enfants, tout ce qu'il y a de plus banal et rassurant, converse gaiment autour du petit déjeuner.
On sonne à la porte.
Le père de famille va ouvrir, se retrouve face à une Lucie post adolescente et armée d'un fusil à pompe.
Bang, bang.
Et quatre de moins.
Vengeance.

Encore un film au début fracassant qui va s'étioler au fur et à mesure et verser dans l'invraisemblable le plus total.
C'est ce qu'on est tenté de penser, dynamisé par le premier quart d'heure du film, et on est encore loin du compte...

J'ai beau ne pas être une franche adepte de la catégorisation, j'apprécie quand même qu'on ne me foute pas sous le nez un patchwork de tout et n'importe quoi.
Ce qui m'énerve particulièrement, c'est l'intrusion d'éléments fantastiques qui n'ont pas leur place dans une intrigue à la base réaliste.
Au moment où notre douce Lucie se retrouve en proie à une morte, qui lui laboure le dos à grands coups de couteaux, mes yeux ont commencé à rouler dans leurs orbites et c'est avec exaspération que j'ai tiré sur ma cigarette.
On comprend bien, que la morte n'existe pas, et que la gamine a écopé d'un bon petit potentiel à la schizophrénie, mais quand bien même, ça n'explique pas comment elle fait pour se taillader le dos elle même, chose qui reste loin d'être pratique, voire même faisable.
Fort heureusement, nous en aurons bientôt fini avec Lucie et sa morte, les deux disparaissant à jamais lorsque la première se tranche la gorge.

Deuxième ficelle à être tirée : le comportement incohérent.
Là où toute personne un tant soit peu normale se serait dépêchée d'appeler les flics, une ambulance, quelqu'un, notre brave Anna se plaît tellement dans la baraque pleine de sang qu'elle décide d'y passer la nuit, voire même le petit matin.
On pourrait se dire qu'elle a eu raison lorsqu'elle découvre mystérieusement un passage secret lui permettant d'accéder à une salle de tortures high tech... Mais en fait non.
Dans la salle des tortures, Anna trouve une autre demoiselle, grande, rachitique, pleine d'escarres, tuméfiée, en un mot comme en cent : dégueulasse.
Anna libère les poignets et les chevilles de la créature, attachée avec des chaînes et des menottes d'acier, lui fait prendre un bain (Une ambulance ? Non, toujours pas ? Les flics ? Non ?... Ok...) et entreprend de dévisser le masque de fer dont les attaches sont solidement plantées dans le crâne de la fille.
Flot superflu d'hémoglobine, cris et stupeur, et tout ça pour rien, puisqu'en sortant du bain, notre chose ambulante se munira d'un grand couteau de cuisine et tentera de se couper le bras.

Troisième ficelle : le facteur exogène.
Trois personnes lookées à la Matrix font soudain irruption dans le salon, dézinguent la créature, entreprennent un grand nettoyage en commençant par l'évacuation des cadavres et se saisissent d'Anna pour l'emprisonner, à son tour, dans la salle des tortures.
Au bout d'un moment arrive une vieille, croisement entre une médium new age et une vieille lesbienne un peu flippante, on ne sait pas de quoi, au juste, mais on comprend que c'est elle la chef.
Voilà qu'elle explique alors le comment du pourquoi des tortures.
On étouffe un bâillement et on se concentre.

Quatrième ficelle : les illuminés fanatiques.
Il s'agit en réalité... d'une secte... qui tente de créer un martyr, c'est à dire de faire en sorte qu'une personne morfle suffisamment pour accéder à la transcendance divine. Une fois que ledit martyr aura eu la Vision, il reviendra donc la communiquer à la secte, qui saura ainsi s'il y a une vie après la mort, si c'est cool, si Saint Pierre organise éventuellement des chouilles avec OB à la clef, ce genre de choses.
Maintenant qu'adieu Lucie, et adieu Créature, voyons voir ce que la petite Anna a dans le ventre et si elle ne ferait pas un bon martyr.

Pèle mêle : on en rajoute à foison histoire de multiplier les effets gore alors qu'un soupçon de pudeur serait bien plus efficace.
Le film s'essouffle, les possibilités de développement se multiplient, toutes les pistes sont esquissées, le réalisateur se perd, le spectateur s'ennuie, et la seule chose qui soit vraiment cohérente est l'arrivée des membres de la secte, à bord de voitures immatriculées 25. Des Comtois !! Mais c'est bien sûr !
Pour le reste, avec ou sans ironie, ça ne fonctionne simplement pas.
Séquestration, soif de vengeance, schizophrénie, amitié fusionelle, éléments fantastiques, fanatisme religieux, torrents d'hémoglobine. Admettons. Mais faudrait que ce soit à la carte et pas le menu intégral.
Un film dont on se passe largement, mais qui, une fois de plus, souligne le fossé phénoménal entre les prédilections de Mad Movies et les miennes. Ce qui me rassure. Grave.
Note pour moi même : penser à conchier Mad Movies dans une prochaine note !


Posté par Cryptorchid à 12:48 - Ciné [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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13 mars 2009

Die Welle

Comme pas mal de lycéens en classe de première ou de terminale, j'ai eu droit, moi aussi, à mon pamphlet sur les régimes totalitaires et sur l'holocauste.
La question que je me suis toujours posée et à laquelle je n'ai jamais vraiment trouvé de réponse convaincante ne tournait pas tant autour des obsessions hiltériennes que de sa faculté à embrigader autant de personnes et à les faire lutter au nom de ses propres névroses.
Comment quiconque animé de deux sous de jugeotte et d'intelligence morale a pu en arriver à considérer toute une population comme étant ennemie et même, pour certains, à carrément en arriver à la torture physique sous sa forme la plus atroce ?
C'est dans une certaine mesure à cette question que se propose de répondre Die Welle (La Vague), long métrage de Dennis Gansel actuellement dans les salles.


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Reiner Wenger est professeur de lycée, ce genre de prof aussi cool que visiblement à l'arrache qu'on a tous idolâtré dans notre jeunesse, parce que, t'as vu, le prof il a un t-shirt des Ramones, et c'est la méga classe.
Dans le cadre d'une semaine à thème visant à démontrer aux élèves le bien fondé d'un régime politique démocratique, Wenger se coltine le thème de l'autocratie dont il doit donc mettre en valeur les méfaits.
Passablement agacé parce que sa prédilection naturelle s'était portée sur les régimes anarchiques, Wegner décide donc d'animer le cours à sa façon, en le rendant vivant et interactif.


"Les régimes totalitaires ? Ca peut plus exister maintenant, on nous a trop mis en garde !"



Vraiment ?
Tentons une petite expérience visant à tester les limites d'un tel raisonnement.
Se prenant au jeu de rôle, Wenger contraint ses élèves à lui donner du Herr Wenger au lieu du familier Reiner auquel ils étaient habitués jusque là.
Dorénavant, ils devront également se lever pour prendre la parole, le vouvoyer, lui montrer publiquement force de marques de respect.
Il faut dire que Wenger, en l'espace d'une première journée de cours, s'est imposé comme le leader du simili parti dont les lycéens seront les acteurs.
Ce sont eux mêmes qui l'ont désigné comme tel.
Rapidement, les choses s'organisent, en adéquation totale avec les caractéristiques connues des régimes totalitaires.
Il s'agit de trouver une idéologie fédératrice, un uniforme qui distingue les membres (un simple jeans assorti d'une chemise blanche), un nom de groupe (La Vague), un symbole, et un ennemi commun. Quoi de mieux pour ça que la classe du professeur le plus barbant du lycée, qui tient son office dans la salle située un étage en dessous et dont la thématique s'articule précisément autour des régimes anarchistes ?


Les choses s'organisent et les choses prennent forme, rapidement.
Une élève qui n'aborera pas la chemise blanche et qui arrivera en cours vêtue de rouge se verra dédaignée par l'ensemble de la classe et y compris par le professeur.
Impatients de voir la vague déferler sur l'ensemble de la ville, les lycéens prennent les choses en main, taguant les façades des immeubles, prenant un malin plaisir à recouvrir les symboles anarchistes déjà présents çà et là...
C'est qu'ils y tiennent, à leur Vague, nos post-adolescents.
Ils y tiennent parce que c'est une communauté, parce que, subitement, mis au service d'une cause, ils ont dépassé les clans qui les scindaient jusque là.
Ils sont un groupe, un groupe plus vaste, plus soudé, plus uni, plus fort, ils s'entraident, se soutiennent, créent de nouveaux liens, développent des affinités... Là où l'affirmation de leur personnalité et de leur vision du monde les éloigne de la cellule familiale, ils se sentent proches, plus que jamais, les uns des autres, et apportent chacun leur pierre à l'édifice que constitue ces nouvelles valeurs collectives.


"La Vague... C'était ma raison de vivre, à moi !"



Qui n'a pas eu un weirdo dans sa classe au lycée ?
Le genre de mec dont tout le monde se moque, qui paraît innoffensif puisqu'isolé du reste du groupe, et qui n'a pas seulement le mauvais goût de ne pas être à la page, mais qui semble en plus souffrir de troubles bien plus profonds et pathologiques ?
Allez, souvenez vous !
Vous ne l'avez pas eue, vous aussi, votre Carrie White de la cour de récré ?
Il y en a un aussi, parmi les membres de la Vague.
Un weirdo qui prend tout ça très à coeur, qui va même jusqu'à s'armer d'un pistolet parce que, soudain, il lui vient à l'esprit qu'il se doit de protéger le leader, parce que le leader... C'est un peu comme son père, vous comprenez ? La figure paternelle qu'il n'a jamais vraiment connue... Et puis La Vague... Ben, c'est sa famille, sa nouvelle famille, des gens qui, soudain, le défendent alors qu'il le méprisaient jusque là.
Décidément, cette nouvelle mouvance, ça fait un bien fou.
Le weirdo, c'est l'étincelle qui mettra le feu à une poudrière qui avait déjà eu le temps de prendre forme.
Malgré une tentative malheureusement tardive de Wenger pour rétablir l'ordre dans les esprits à la dérive des lycéens, le drame aura lieu.
Wenger ? Le Wenger du début, avec son t-shirt des Ramones ? Il a vraiment pû devenir extrémiste en se prenant au jeu ? Pas possible ! Les régimes totalitaires, ça n'existera plus, on nous a suffisamment mis en garde !
Et pourtant.
L'Histoire a beau avoir marqué les esprits, la nature humaine reste inchangée, l'ivresse du pouvoir et l'attrait que représente le sentiment d'appartenance à un groupe sont toujours les mêmes vieilles ficelles sur lesquelles il suffit de savoir tirer un peu adroitement pour que les choses dérapent.


Il est drôlement bien ficelé, ce long métrage de Dennis Gansel.
Certes, la classe est un cas isolé, et c'est justement ce qui favorise le dérapage.
A plus long terme, même au sein du microcosme, un écho aurait fini par naître et des mesures auraient été prises.
Un parent, plus perspicace que les autres, aurait mêlé son grain de sel, un autre professeur serait intervenu, le proviseur aurait fini par comprendre que quelque chose clochait derrière l'engouement des jeunes.
Engouement toutefois pas unanime, mais les dubitatifs s'étant naturellement mis à l'écart d'eux mêmes, personne, au sein du microcosme, ne se trouvait en mesure de constester ce qu'il s'y passait, tout le monde était bien trop occupé à y jouer un rôle.
Alors, oui, bien sûr, une semaine, c'est quantitativement trop peu pour qu'une telle émulation collective se crée véritablement, mais on pardonnera sans peine cette petite incohérence à Dennis Gansel, qui la justifie précisément par le fait qu'une semaine, c'est aussi trop peu pour attirer l'attention des autres sur le mouvement en train de prendre forme.


Spectateur du drame, confortablement installé dans la salle obscure, on en sort dérangé, perturbé.
Qu'aurait-on fait à la place d'un de ces jeunes ?
Qu'aurait-on fait à la place du professeur ?
En étant tout à fait honnête avec soi même, il est bien difficile de répondre que l'on aurait réagi différemment, avec davantage de lucidité, ou sans se laisser gagner par l'euphorie du pouvoir, tant on s'est reconnu, à la place de l'un ou l'autre des protagonistes, et tant on a reconnu sa propre classe de première ou de terminale, avec exactement les mêmes personnalités, les mêmes clans, les mêmes joies et les mêmes préoccupations adolescentes.


Ca n'arrivera plus jamais, un régime totalitaire, on nous a trop prévenu.
Oh, peut être, oui, qu'il faudrait du temps, un contexte conjoncturel de nouveau favorable...
Mais il est extrèmement dérangeant, et angoissant, de se rendre compte qu'en dépit des avertissements de l'Histoire, qu'en dépit de tout ce que nous savons ou croyons savoir, nous avons en nous les mêmes instincts que ceux qui animaient les acteurs de tragédies que nous voulons croire révolues.


Un très bon film.

Posté par Cryptorchid à 22:21 - Ciné [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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07 mars 2009

Not another gay movie

Plus mélodramatique que Brokeback Mountain, plus sex que le Rocky Horror, voilà un des meilleurs films de tarlouze jamais réalisés :


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Raconter Hitcher comme on raconterait un thriller ne présente en soi pas grand intérêt.
Même si le film est plutôt bien foutu, avec un scénario pas mal ficelé, et surtout un Rutger Hauer au presque-sommet de sa forme (l'apogée ayant été et à jamais sacralisée par Blade Runner), Hitcher a pris un coup de vieux.
L'intrigue a été pompée, repompée, surpompée, et le récent remake en guise de cerise sur le gâteau n'arrange rien et enlève au contraire tout le sel qui pimentait le film d'origine.
Parce qu'Hitcher, à la base, c'est plutôt simple.
Deux protagonistes : un jeune bien sous tous rapports et un cinglé.
Le jeune est en voiture, le cinglé fait du stop, la traque commence, la confusion s'en mêle lorsque la flicaille se lance aux trousses du gentil, on frôle plus d'une fois la surenchère même si la boucle se boucle plutôt pas mal, et qu'on en tire une satisfaction cathartique sans être non plus jubilatoire.
Nuance dans le remake : le jeune n'est plus seul, mais accompagné par sa petite amie, et c'est précisément là que ça coince.
Parce que Hitcher, en plus d'être un thriller, c'est aussi une grosse imagerie bien gay qui explique cela.


Je radote mais il n'empêche que je tiens beaucoup à ma fine théorie de la proportionnalité inversée entre la terreur qu'inspire le tueur et ce qu'on sait de ses motifs, c'est à dire que plus le personnage est énigmatique, et plus ses raisons sont incertaines, plus il est inquiétant.
Hitcher prend un positionnement à cheval entre la certitude et l'inconnu ; les raisons sont esquissées, mais entre les deux ou trois pistes de réflexion que l'on nous propose, il est difficile de vraiment trancher.


Notre jeune, plus malin qu'il n'en a l'air, réussit dans un premier temps à se débarasser du Hitcher, répondant ainsi à la supplique de son agresseur : "Empêche moi de te tuer".
Le jeu peut alors commencer, et on est tenté de croire, dans un premier temps, que c'est précisément la résistance opposée par la victime qui pousse l'auto stoppeur à enchaîner les méfaits.
Seulement...
La voiture, en elle-même, c'est déjà un peu connoté, non ?
La voiture, celle qu'on traite bien volontiers de salope quand elle ne démarre pas, celle sur laquelle on mise tout lors des années lycée pour choper la pom pom girl, celle dont le moteur, rugissant, nous obéit au doigt et à l'oeil... Bon, d'accord, un peu tiré par les cheveux, j'admets, mais ça ne s'arrête pas là.
Dès sa deuxième intervention, le Hitcher, passé à son tour derrière le volant, poursuit sa victime et sourit de satisfaction à chacun de ses coups de butoir dans l'arrière train de sa caisse.
Diable ricanant aux yeux de bombardier, Hitchy sait aussi se montrer d'une douceur suspecte, notamment lors d'une scène où, face à sa proie, il se contentera de lui effleurer délicatement le visage avant de lui donner les balles nécessaires pour charger son revolver.
Face à la soudaine alliance de sa victime avec une personne de la gent féminine, Hitchy perd les pédales, confectionne un piège aussi barbare que machiavélique, et les débarasse tous les deux de l'intruse.
Finalement, lorsque la situation s'inverse, et que le jeune innocent crache littéralement son mépris à la figure de l'ennemi, ce dernier étale sur ses doigts l'épaix et visqueux liquide avant de s'en recouvrir à nouveau le visage, pensif, songeur, rêveur, presque.
Bien sûr, la théorie du "Tu-m'as-défié-on-va-jouer" reste valable, mais il n'empêche que la symbolique est bel et bien présente, et récurrente.


Ce que je me demande, du coup, c'est pourquoi réadapter un film comme celui ci en faisant totalement abstraction de cette dimension là, et en aboutissant à un navet quelconque et sans aucun intérêt.
Si l'idée de l'auto-stoppeur opressant et animé d'intentions pour le moins mauvaises tombe dans le vu et revu, c'était justement cet acharnement ambigu sur une seule personne qui ajoutait un aspect intéressant au film.
La marge de liberté dans l'adaptation, d'accord, mais enfin si c'est pour supprimer tous les points positifs de l'oeuvre d'origine et ne garder que le mauvais, non seulement le résultat est médiocre, mais en plus, ça fait de la mauvaise pub au premier opus.
Et puis ça m'énerve.
D'autant plus que les rôles où Rutger Hauer est à la hauteur de son talent sont bien trop rares dans sa carrière ; s'il faut y ajouter a posteriori des éléments dissuasifs, on va pas s'en sortir.
A la limite, qu'on s'offusque qu'un personnage joué par Rutger Hauer puisse passer pour gay, je comprends, mais alors qu'on aie au moins la décence de le reprendre lui en tant qu'acteur pour donner davantage de poids au démenti.

La présence de Rutger elle seule suffisait à servir de justification à la témérité de n'importe quel conducteur en plus.
Qui refuserait de prendre quelqu'un comme lui en stop ?


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Posté par Cryptorchid à 00:51 - Ciné [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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