04 décembre 2007
Rocky Horror Picture Show, studio Galande.
Retour de Paris avec deux trois choses à dire notamment une informative concernant les représentations animées du Rocky Horror Picture Show au désormais célèbre Studio Galande.
Après une attente relativement longue sous la pluie histoire de se préparer psychologiquement au jet des bouteilles d'eau qui s'affiche comme un rituel cérémonial lors des représentations, l'entrée dans les locaux put enfin se faire, et tout se passa rapidement avant la première intervention de l'équipe d'animation, déguisée en Village People pour l'occasion.
_ " Tu comprends le rapport entre le Rocky et les Village People ?"
_ " Ben... Vaguement les gays ?"
Admettons. Les Village, c'est kitsch, c'est marrant, et souvent ça passe bien.
Après la diffusion de deux ou trois clips poncutés par une reprise des chorégraphies devant l'écran par la bande de joyeux drilles, il était temps de passer aux choses sérieuses, avec pour préambule un petit brieffing de nos hôtes.
Pour l'occasion, l'un d'eux était grimmé en Paris Hilton tandis qu'une autre se pavanait en Nicole Richie. Malgré une certaine bonne volonté pour établir un lien entre les Village People et la suite des événements, là, je nageais en pleine perplexité.
C'est à la mode ? Admettons... Malheureusement une présentation normale aurait amplement suffit parce que niveau drôlerie et subtilité, ce n'était pas tout à fait au point...
Entre deux effusions grivoises et tombant un peu à plat, l'équipe nous brieffa donc concernant la représentation à venir, définie d'emblée comme interactive. Au programme, lancer de riz lors des deux mariages, jet d'eau pendant l'orage, ponctuation des interventions de Brad par un joyeux "asshole" et de celles de Janet par un "Slut!" tonitruant (après tout ça ne fait pas de mal de traiter Janet de salope, il faut bien l'avouer), et, bien sûr, le fameux Time Warp.
Le Rocky Horror étant quand même une comédie musicale, on pouvait déjà déplorer la faible participation du public aux chansons, mais admettons encore, et place au show.
Costumes impeccables, gestuelle plutôt bien rôdée des animateurs, gestion des mimiques Frank'N'Further-iennes à la quasi perfection mais... Avalanche de blagues pendant la représentation, et malheureusement assez peu de rapports aux film au final.
Déjà, impossible de suivre vraiment ce qui se passait pour l'écran. Alors d'accord, le but n'était pas de remater le film pour la Xième fois, auquel cas nous l'avions à la maison, mais quand même...
Le principal problème restant une accumulation de vannes grivoises, vulgaires et lourdes au possible ponctuant quasiment tous les dialogues.
Morceau choisi :
(Animateur dans la salle)"Hey, narrateur, qu'est-ce qu'ils font sur tes couilles les morpions ?"
(Narrateur à l'écran) "They're... Crawling.."
Salle hilare.
Moi pas.
De la bite par là, des nichons par ici, des couilles et du cul, et on ponctue le tout d'un peu de partouze, d'un lancer d'une poupée glonflable dans le public et du jet d'une bite glonflable elle aussi, et tout le monde est content.
Haha, que c'était drôle ! Tu t'souviens du moment où il a dit couille ? Haha, ouais, trop mortel, et t'as vu quand ils ont parlé de sodomie ? Hahaha trop trop bon !!
Bon, j'exagère peut être à peine, étant donné que l'expérience devait quand même être vécue au moins une fois et que, globalement, la soirée était plutôt bonne, mais quand même, compte tenu de la subtilité du film, qui, bien qu'outrageusement sexy et suggestif ne rentre jamais dans le vulgaire, il aurait sans doute été possible, voire même souhaitable, de mettre au point une répartie un peu plus évoluée et moins simpliste et grossière.
Alors d'accord, ça fait rire le Français moyen, mais est-ce que le Français moyen irait à une représentation animée du Rocky Horror ? J'aurais tendance à dire non, et compte tenu du potentiel de la cible, c'est un peu dommage de sombrer dans l'écueil du vulgaire facile.
Je ne pense pas que le Rocky Horror soit purement provocateur, car il comporte tout de même un message plutôt censé visant à critiquer le conformisme et à réaffirmer l'importance de ses propres instincts sans pour autant censurer d'emblée ceux ci comme le voudrait le sens commun.
Je doute que mettre en valeur tout cela à grand renfort de bites et de couilles soit vraiment une glorieuse idée.
Mais admettons.
Une fois de plus, scindons l'art et le divertissement, mais ne nous étonnons pas que la fusion entre les deux soit alors de plus en plus rare !
Pour ceux qui sont intéressés :
www.rhps.fr (pour en savoir plus, et sans mon ton acerbe !)
25 octobre 2007
Paranoid Park
Puisque le monde est moche, bête, gris et très froid aujourd'hui, autant aller explorer la sphère cinématographique histoire de voir s'il n'y a pas mieux ailleurs !
Dernier long métrage récent vu : Paranoid Park, c'est à dire la dernière création de Gus Van Sant.
Malheureusement, les films de Gus ne sont pas précisément ceux qui vous remettent du beaume au coeur lors de vos longues soirées d'hiver et qui vous laissent avec la certitude apaisante et réconfortante qu'au fond la vie est belle. Loin de là.
Après Last Days, film hypnotique et complètement inqualifiable où on assite à la décomposition physique et mentale d'un héros Cobainesque avec une empathie telle qu'on en deviendrait presque nous mêmes catatoniques, Gus ne nous surprend guère avec son Paranoid Park.
L'histoire est somme toute minimaliste, et de toutes façons ce n'est pas ça qui nous interpelle chez Gus, il faut bien se faire une raison. Nous avons donc un jeune skater, Alex, qui tue accidentellement un contrôleur de trains un soir d'innocente vadrouille. La police enquête, Alex s'angoisse et revit les événements qui ont eu lieu ce soir là à mesure qu'il les écrit à sa meilleure amie afin de se libérer du poids qui lui pèse sur le coeur par une verbalisation scripturale. Il finira par brûler les écrits, et personne n'en saura rien, mais de toutes façons on s'en contrefous parce qu'on n'est pas là pour voir une fin mais pour entrer en transe.
Je parlais d'empathie en évoquant Last Days, et j'ai l'impression que c'est le mot d'ordre de l'ami Gus, qui nous en insuffle une sacrée dose à chaque fois. Je ne suis pas experte en la matière, et il y a certaines de ses oeuvres sur lesquelles j'ai fait l'impasse - apparemment je n'ai pas eu tort à en croire certaines personnes fiables de mon entourage - mais il n'empêche que je me retrouve face à un étrange constat à chaque fois que j'ai fini de voir un film de Van Sant : même si l'oeuvre a typiquement les caractéristiques précises du genre de film qui devrait non seulement m'emmerder copieusement mais en plus me pousser à me révolter contre la masturbation intellectuelle à outrance, ce n'est pas le cas.
Je ne peux pas non plus dire que j'adhère totalement, que j'adore, que je suis transcendée, que c'était une sorte de révélation pour moi, parce que je ne suis pas sensible à l'utilisation de la musique, aux différentes techniques de montage ou de tournage, à l'utilisation risquée mais pourtant brillante des plans fixes, parce que ce n'est pas comme ça que je fonctionne. J'attends d'un film, ou de n'importe quelle oeuvre d'art, qu'il ou elle parle à ma sensibilité artistique et éveille quelque chose en moi. Je ne veux pas savoir comment, parce que je ne veux pas croire qu'il y ait un quelconque aspect scientifique et calculé derrière tout ça. Je sais bien que la technique est quelque chose de nécessaire mais ce n'est pas non plus suffisant à mes yeux. Alors, non, je ne peux pas m'émerveiller devant un film de Gus Van Sant.
Je peux seulement dire que j'en sors perplexe, j'ai du mal à trouver un meilleur terme, et que quelque chose s'est passé, à un certain niveau, sans que je puisse vraiment dire quoi. C'est purement subjectif, et je conçois aussi bien le fait qu'on puisse détester tout comme le fait qu'on puisse adorer. Je suis seulement quelque part entre les deux, dans un état plus hypnotique que rationnel. Et parfois, ce n'est pas si mal !
21 octobre 2007
Mick Garris
L'horreur a un visage :
Je vous présente Mick Garris.
Si vous vous renseignez de manière un peu plus traditionnelle, vous découvrirez que Mick Garris est (soi disant), un réalisateur, scénariste, producteur et acteur né en Californie par un froid mois de Décembre au tout début des années 50.
De ces quelques lignes je ne tire qu'une seule conclusion ; au lieu de faire tout et n'importe quoi, ce vieux con aurait mieux fait de se concentrer sur une seule chose et d'essayer de la faire bien, même si je doute que cela lui soit possible !
Mick Garris, si vous voulez la vraie définition, c'est un destructeur. Un destructeur d'imaginaire, un réducteur de sens, il saccage les histoires, tranche les répliques, édulcore les personnages, rend ridicule les situations et le pire c'est qu'il a l'air content... J'ai toujours pensé, au fond de moi, que ça devait être un vieux copain d'école de Stephen King et que tous les deux allaient à la pêche au homard dans le Maine lors de leurs mercredi aprèm' de libres, hé bien compte tenu de sa photo avec la veste à carreaux et tout et tout, je suis pas loin d'être persuadée que j'avais raison.
Mick Garris, mon ami Micky, est quand même un de ceux qui ont le mieux réussi à saccager les romans que je dévorais avidemment quand j'étais ado (bon oui, encore maintenant).
A son actif, il faut quand même citer 3 performances particulièrement édifiantes :
- Le Fléau ; ou comment faire d'une épopée assez transcendante quelque chose de tout juste bon (à jeter aux chiens /) à interpeller la ménagère le dimanche aprèm' pendant qu'elle met M6 en fond sonore en faisant son repassage. Ok, le pire c'est que ce téléfilm de merde qui dure 5h48 je l'ai en DVD, et je m'auto flagelle pour ça, mais Mick Garris même s'il fait de la merde, c'est le genre de merde que tu peux pas t'empêcher de mater quand même, juste par masochisme, juste pour voir que Parker Lewis en Harold Lauder il est pas crédible, que Randall Flagg manque cruellement de charisme (même si l'acteur s'en sort encore pas trop mal), et que, ouais ok, mère Abigaël est aussi vieille et chiante que dans le bouquin... Enfin tu parles d'une réussite...
- Shining : oh oui, celle là c'est une des meilleures !!! Comme l'ami Stephen n'était pas content de la version de Kubrick qui déformait son histoire en mettant un Jack Nicholson magistral au centre de l'intrigue, qu'est-ce-qu'il a décidé de faire pour se venger ?! D'appeler l'ami Micky à la rescousse pour nous produire un "truc" dans la lignée habituelle : un bon vieux fiasco des familles ! Les trois mots qui résument le mieux la chose sont presque des synonymes : long, interminable, et chiant. Evidemment ça fait pas peur, et non seulement on s'emmerde mais en plus on pense aux anciens tours de force de Jacky Boy, et tout ce que réussit à faire cette version c'est nous donner envie de remater l'autre... Enfin au moins n'avons nous pas seulement eu envie de dormir comme d'habitude, et c'est déjà beaucoup !
- Desperation : le roman de Stephen King qui m'a le plus traumatisée quand j'étais gamine. Merde, Collie Entragian quoi ! Un monstre d'impassibilité, une horreur à l'état pur, à la fois malsain, dégueulasse anti charismatique et pourtant complètement hypnotique. Quand j'ai lu que Mick Garris avait fini par réaliser l'adaptation pour la téloche, j'ai immédiatemment voulu regarder la chose, toujours poussée par un masochisme complètement inexplicable. A la place d'un enfer oppressant et claustrophobique doublé en plus d'une lecture moderne du livre de Job, qu'est-ce qu'on a...? Une petite comédie dramatique ! Avec seulement deux trois effets sonores pour distiller du suspense, le tout ayant été bien vite expédié par mon voisin qui décida à ce moment précis de balancer la sauce reggae à donf' ; au final, Mick Garris sur fond sonore de "A Baïla", ça a un petit côté charmant ! Je me suis endormie...
Ce qu'il y a de bien avec Mick Garris, c'est qu'il n'est pas seul.
Stephen King et lui n'allaient pas que tous les deux à la pêche au homard, et il leur arrivait parfois d'emmener leurs petits potes, tout aussi espiègles, qui ont eux aussi participé activement à la grande opération que j'appelle bien volontiers le saccage SK.
Tom Holland, réalisateur des "Langoliers", nouvelle de Minuit 2 ou Minuit 4, j'en sais plus rien, avec un événement crucial dans la retranscription télévisuelle : La Faille. Tous les losers qui, comme moi, se sont tapé moult fois les rediffs de M6 savent de quoi je parle : ce moment unique en plein coeur du film, interminable, où on voit cette faille spatio temporelle et où on ne voit d'ailleurs que ça, pendant un laps de temps in(dé)fini que vous pouvez mettre à profit pour balayer votre appartement, faire votre lessive, vous cuisiner des lasagnes, ou encore faire une tapisserie, avant que le film ne reprenne vraiment.
(t'as vu on voit même LA FAILLE sur l'image !!!)
Finalement, la palme d'or revient encore à Craig R. Baxley, talentueux casseur de suspense grâce à "La Tempête du siècle", dans laquelle un homme, André Linoge, intervient dans une petite bourgade du Maine (ben voyons...) et n'a de cesse de tuer des gens tout en scandant "donnez moi ce que je veux et je m'en irai" alors qu'au dehors la tempête fait rage. Malgré une obstination sans pareil, je n'ai jamais réussi à rester éveillée suffisamment longtemps pour savoir ce que voulait Linoge, et au jour d'aujourd'hui, personne n'a jamais pu me le dire. Mieux que le valium, c'est "La Tempête du siècle", pour tous les insomniaques en perdition, rediffusé à l'envi sur M6 !
Je pense donc, vraiment, qu'au lieu de confier La Tour Sombre à JJ Abrams comme c'est apparemment le cas au vu des rumeurs, SK devrait simplement faire un collectif de losers, avec Micky, Tommy et Craiggy, afin de nous produire enfin cette oeuvre grandiloquente à laquelle ils aspirent tous : de la merde, de la vraie, mais encore pire que tout ce que nous avons vu jusque là, avec si possible en B.O les petits chanteurs à l'épuisette pleine de homards, en direct live du Maine. Et puis pour satisfaire enfin son ego, je propose que Stephen King tienne le rôle de Roland, voire même celui de tous les personnages (on peut éventuellement lui mettre des perruques pour les rôles féminins), dans un souci de fidélité à l'oeuvre d'origine ! Vivement !!











