Alex in Wonderland

Cinéma, musique, littérature, satyre, ironie cosmique, sushis, sens de la vie et surtout (auto) dérision !

28 octobre 2009

So let us entertain you

Le snobisme intellectuel me gonfle.
Ca ne date pas d’hier, mais plus le temps passe et moins ça s’arrange

 

seillier

 

Intuitivement, j’ai comme l’impression que c’est une attitude typiquement française.
On m’objectera que j’ai pas assez voyagé, et que je ne suis certainement pas restée suffisamment longtemps dans d’autres pays pour me permettre de tirer de pareilles conclusions, mais… Exception culturelle. Rien qu’avec ça, on a compris la moitié du problème.

Faut rester dans les schémas classiques, vous comprenez.
Tout ce qui dépasse, on coupe.

Et si on a le malheur de faire preuve d’un tant soit peu d’originalité, on rejoint les rangs des hérétiques, balancés dans la fosse aux critiques, stigmates et pouces vers le bas.

Les critiques, d’ailleurs, ils ont bien compris l’importance de valoriser la langue de la Patrie. Ca fait belle lurette qu’ils n’écrivent plus pour faire découvrir, pour donner envie, pour partager ; ils écrivent pour écrire.
Avec au moins un mot compliqué par phrase, sans quoi ça n’a pas l’air très sérieux.

Pire, et là je crois qu’on touche le fond du problème – ça risquerait d’avoir l’air accessible.
Et ça, c’est hors de question.

Pensez donc ; quand on s’est tapé l’intégrale de Spinoza, à en avoir des insomnies et à en frôler la catatonie, on a rudement mal au cul quand on voit un jour dans les rayons d’une Fnac (ou pire, d’un centre culturel Leclerc), un bouquin illustré et intitulé « Spinoza en s’amusant ».

En s’amusant, putain.
Les salauds.

Quand on s’amuse, on est un con et puis c’est tout.
C’est ça, le snobisme intellectuel.
Si ça n’est pas austère, si ça n’est pas difficile, ça n’est pas sérieux.

Faut en chier pour se rentrer les concepts dans le crâne, sinon hé ben c’est qu’on les a pas tout bien compris.

Ca fait bien trop peur de penser qu’en s’amusant, le Français moyen pourrait bien réussir à en savoir autant que nous, l’Elite, nous en savons.

 

C’est quand même pas autre chose que de la merde, un raisonnement pareil.

On sort ses mots du dimanche et on se gonfle l’ego à coups de phrases de douze lignes.

C’est chiant ? Parfait – c’est bien la preuve que c’est intelligent.

 

Je regrette pas de m’être farcie tous les classiques que j’ai pu pendant mes années d’étudiante, parce que, contrairement à ceux qui vilipendent gratuitement la culture populaire, et souvent sans la connaître, j’ai l’esprit suffisamment ouvert pour préférer enrichir ma culture générale plutôt que me cantonner à mes petites opinions.

Dans le lot, il y avait un bon paquet de perles d’ailleurs, mais aussi des choses chiantes, chiantes comme la pluie, que j’ai peut-être découvertes trop tôt pour pouvoir les apprécier ou qui ne me plairont peut être jamais.

Pour qu’un livre soit valable, selon l’Elite, il doit être compliqué.
Il ne faut pas donner toutes les clefs au lecteur, vous voyez, sinon il risquerait de comprendre du premier coup et – blasphème – de se divertir.

Je comprends le côté challenge intellectuel, le petit effort cérébral qu’on fait avec plaisir pour rentrer, littéralement, dans un texte, et je trouve ça intéressant moi aussi… Du moment qu’on est pas obligé de se farcir huit fois de suite un putain de passage pour comprendre qui parle, et à qui, et ce que ça veut dire exactement que ce terme, et sur quoi porte l’opposition, parce qu’il y a un « mais » dans la phrase, donc sûrement une opposition, le problème c’est qu’on comprend pas tellement… On a dû rater quelque chose… Faudrait relire la page d’avant, en fait, pour être bien sûr… Et ainsi de suite.

Sincèrement, je suis perplexe.
Qu’on se tape un orgasme après avoir diagonalisé une matrice 9*9 et avoir gribouillé 4 pages d’équations, vous voyez, je comprends déjà mieux.

Parce que c’est quelque chose de plus terre-à-terre, et qu’au bout du compte vous avez une solution et une seule, qui n’est absolument la vôtre.

Socrate, au lieu d’emmerder le monde avec ses interrogations à la mords moi le nœud et la vérité et la beauté avec, il aurait mieux fait de faire des maths – niveau vérité générale, c’est encore ce qu’on fait de mieux.

Mais dans la littérature, il n’y a pas de solution.
Il y a une interprétation et, dans le meilleur des cas, une réappropriation d’un raisonnement qu’on a compris et qu’on incorpore à sa propre manière de penser.

Il n’y a pas de dogme, de mode de réflexion imposé, on n’a pas à jouer aux ascètes en tournant les pages si on n’en a pas envie.

Et moi j’ai pas envie.

Moi je lis un peu comme je fais mes courses, vous voyez – je veux des trucs colorés et ludiques. J’aime pas tellement la soupe, mais si y a des pâtes en formes de lettres de l’alphabet dedans, ça passera mieux.

Et si, à la lecture de la phrase qui précède, vous êtes tentés de me donner des coups de fouet dans le champ des commentaires, dites-vous bien que ça fait précisément partie de mon jeu.

 

Un Vrai Ecrivain qui fait de la Vraie Littérature, pour moi, c’est un type qui sait créer un univers, y entraîner avec lui un lectorat le plus large possible – parce que, oui, ce qui fonctionne pour un gamin d’une dizaine d’années peut aussi fonctionner pour un érudit de soixante-dix balais – et qui, derrière une prose divertissante et accessible, dissimule des vérités suffisamment percutantes pour nous pousser à la réflexion et jusque dans nos retranchements.

Et aussi, le Vrai Ecrivain, je crois qu’il en est un que parce qu’il n’en a pas conscience.

Non content de ne rien avoir ni vouloir vous prouver, le Vrai Ecrivain, il se permet d’articuler son processus de création autour d’une notion qui vous la coupe.

Le divertissement.

Parce que créer une réalité parallèle sous l’impulsion de son imagination, pour moi c’est simplement la meilleure définition du divertissement.

Gardez votre Art, il est beaucoup trop prétentieux.

 

 

Posté par Cryptorchid à 12:28 - Le monde est con [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


20 octobre 2009

Foutez moi le camp.

Posté par Cryptorchid à 17:26 - Le monde est con [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

12 octobre 2009

Cher Diogène,

Réjouis-toi, mon vieux con !
Et prend donc un carré de chocolat Milka pour faire honneur à ta neutre patrie.
A partir de demain matin à une heure indécente tellement c'est tôt, et ce jusqu'à samedi en fin de soirée, non seulement je ne serai pas là, mais en plus je vais enchaîner des journées qui commenceront à 6h du matin pour se terminer à 2h le matin suivant.
Autant te dire que je n'aurai absolument pas le temps de faire le ménage dans les commentaires, et donc le moment est venu pour toi de te faire plaisir !
Tu as devant toi cinq journées entières, et cinq nuits, pour nous parler de ton ban du blog des Editions Léo Scheer (qu'on n'en a rien à foutre), du blog de Wrath (qu'on n'en a rien à foutre), du déclin de notre société post-moderne (qu'on n'en a rien à foutre), de Sollers (qu'on n'en a rien à foutre), et tu peux même, si le coeur t'en dit, nous gratifier de tes prophéties (qu'on n'en a rien à foutre), nous jeter des sorts (qu'on n'en a rien à foutre) et aller jusqu'à nous maudire pour 92 générations (dont on n'a rien à foutre).
Je me ferai évidemment un plaisir de cocher toutes tes conneries sans même les lire pour les supprimer aussi sec une fois que je serai rentrée, mais en attendant c'est carte blanche !
Fais nous rêver, Diogène !

Et puis sinon à dimanche, si tant est que mon dos, mes neurones et mon mental survivent au marathon qui commence demain. Argh.

Posté par Cryptorchid à 21:02 - Le monde est con [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 août 2009

Isn't any wonder I reject you first ?



 

Ils sont partout.
Ils n’arrêtent jamais.
Ils couinent, ils geignent, ils se lamentent, ils se tortillent, englués dans la frustration, dans l’aigreur, ils espèrent que, ils aspirent à, au bout du compte ils maudissent, ils conchient, ils méprisent, mais toujours, ils s’accrochent.


Et rien ne leur suffit. Jamais.


Il en faut toujours plus.
Avoir des problèmes existentiels, c’est bien beau quand on n’en a pas d’autres – des vrais.
Maslow l’a dit avant moi, et je suis certaine que lui, personne n’osera le contredire.
Prenez n’importe quel SDF, donnez lui un toit, une petite pension mensuelle pour qu’il puisse subvenir à ses besoins primaires en nourriture et en vêtements, et vous verrez que la reconnaissance ne tardera pas à faire place à l’apparition d’un nouveau besoin, probablement en termes de relations sociales.


Une fois que vous lui aurez fait rencontrer des gens, il se plaindra probablement de ne pas avoir rencontré l’amour, le vrai.
Quand il aura épousé une greluche, il souffrira probablement d’un manque cruel de reconnaissance par rapport à ses pairs, ne se souviendra pas que vous l’avez sorti du ruisseau mais se remémorera seulement le ruisseau.
Les gens veulent toujours plus ; c’est sûrement le meilleur moyen qu’ils ont trouvé pour éviter de se demander ce qu’ils veulent vraiment.

Y a rien de plus pathétique qu’un aspirant écrivaillon en quête de notoriété.


Rien.


J’ai eu l’occasion d’en observer, aussi bien sur BER que sur Facebook, où certains m’ont ajoutée à leurs contacts – et à chaque fois que je lis une ombre d’esquisse de leurs interventions, ça me donne envie de remplir mes grilles de mots croisés en écrivant « meat » et « bone » dedans.


Y a vraiment pas grand-chose qui m’horripile plus que ça ces temps-ci.


Prenons Roseanne.
Roseanne a probablement une trentaine d’années, est évasive quant à ses études (probablement des études de lettres stoppées à la licence, comme tout le monde), prend des airs volontairement mystérieux à cause de l’association d’idées artiste = maudit = malédiction = satan = soufre. Roseanne est sulflureuse, donc. A comprendre par là qu’elle est probablement lesbienne, ou bisexuelle, voire zooph… Non, Roseanne veut être prise au sérieux. Parce qu’avant le soufre et la malédiction, Roseanne est une artiste. Qui écrit sur les tourments et les déchirements de l’âme. Elle utilise sa plume pour écrire ses maux – oui, Roseanne n’a pas honte du jeu de mot ridicule, et si elle n’en a pas honte, c’est précisément parce qu’elle ne se rend pas compte que c’est ridicule. Roseanne se trouve très recherchée, très raffinée. Et, forcément, à force de se prendre au sérieux et de s’auto-promouvoir en allant piocher sur Evene des citations qui lui feront office de statuts Facebook, Roseanne réussit à attirer, sur ses traces, un petit groupe de suiveurs qui chanteront ses louanges en trouvant par la même occasion une nouvelle cause à rallier : la nécessité de la publication de Roseanne.


En voilà une grande cause, noble, pure et héroïque.
Et Facebook étant précisément le lieu le plus propice à une telle prolifération de quêtes existentielles, Roseanne – ou l’un de ses sous-fifres – ne tarde donc pas à créer un groupe, militant pour sa publication.


Roseanne commence à y croire, alors elle informe ses amis de l’évolution de son art. Elle update ses statuts tout en ouvrant son document word, et ça devient prodigieusement intéressant.


20h11 : Roseanne a ouvert son document word


20h13 : Roseanne a envie d’écrire (approbation générale des suiveurs)


20h17 : Roseanne a écrit sa première phrase, qu’elle vous copie/collera dans un prochain statut (cris d’impatience des suiveurs)


20h23 : - Probablement victime du syndrome de la page blanche, Roseanne se contentera de nous copier coller l’URL de son blog.


Parce que Roseanne a un blog. Évidemment. Où elle recense sa prose, sa très grande prose, sa divine prose.
Son blog, c’est sa carte de visite, voyez.
Nuance coquille d’œuf, parce qu’elle vise le Dorsia.
Alors elle la balance, sa carte, absolument partout, mais surtout sur les sites des éditeurs – des fois que.

Roseanne, j’ai envie de la voir habillée en jupe en jeans, en chemise à carreaux jaune et rouge, une casquette Quick sur la tête et un balai à chiottes à la main.
Je vous assure, y a rien de tel pour vous remettre sur les rails si vous vous sentez déconner.

On va me dire que c’est pareil pour tout le monde, qu’elle a bien le droit d’essayer, Roseanne, de se promouvoir, de se faire valoir comme elle peut, de se faire un nom, de faire parler d’elle, quoi.
On va même me dire : « Qu’est-ce que tu crois que tu as fait, toi ? ».
Et je pourrai répondre que rien, justement.


J’ai déjà pas suffisamment d’aplomb pour appeler la CAF et leur gueuler dessus quand ils se plantent en me versant mes APL, c’est pas pour aller faire ma propre promotion.


Le problème de ces gens, c’est qu’ils transforment leur ennui en snobisme intellectuel et qu’ils vernissent le tout d’une couche d’auto suffisance que je trouve aussi irritante que choquante. Je m’ennuie, je veux, je mérite.


Il ne s’agit pas d’art, il ne s’agit pas de vocation, il ne s’agit pas de spleen, il ne s’agit pas de détresse.
Il s’agit d’un besoin désespéré de reconnaissance vu comme un Saint Graal, à une époque où l’Internet s’impose comme un palliatif bancal à une existence jugée insatisfaisante.


Le plus triste, c’est qu’absolument toutes les personnes qui se prêtent à ce petit jeu ont conscience de la véracité de mes propos. C’est précisément leur volonté de dissimuler cette inclinaison qui exacerbe la frustration et l’aigreur qu’ils ressentaient déjà au préalable.
Et c’est parti pour le cercle vicieux.


Je vais faire du ménage dans mes contacts Facebook.

Plus les années passent et moins je supporte les gens qui se prennent au sérieux.


Posté par Cryptorchid à 16:21 - Le monde est con [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juillet 2009

Finding Wonderland

Rien de tel qu'un petit tour rapide dans les stats pour se mettre de bonne humeur le dimanche avant de partir bruncher.
Au programme : du cul, des jeux vidéos et des questions existentielles.
Je pense que la démonstration est faite : non, ce blog n'est pas un blog littéraire.
Voici donc les mots clefs les plus récents que les gens ont tapé pour atterrir ici :


"juan asensio" : Merci, je suis toujours ravie de constater que mes avis concernant cet individu figurent en bonne place dans les recherches google. Malheureusement je ne suis pas certaine que ce ne soit pas lui qui se google pour arriver jusqu'ici. Je pourrais faire une recherche dans les adresses IP, mais comme ça ne m'intéresse guère...

"bonnasse sur facebook" : Je doute que mes sarcasmes vous aient aidé à pécho, mais essayez encore.

"Stéphane Normand" : Paul, sache qu'un fan club te concernant est d'ores et déjà en train de se constituer. Rassure toi, si on me propose le poste de présidente, je refuserai.

"avait déjà payé pour coucher" : Qui donc ? Stéphane Normand ?

"castration sm" : Je sais, ça vous la coupe à chaque fois que vous me lisez, mais de là à penser que vous et moi entretenons une relation sado-masochiste, c'est quand même un peu exagérer.

"à toute ma choute" : à plus, ma puce ! Blaine est peine, et c'est la vérité.

"Silent Hill V pourquoi Alex pas mort ?" : Si c'est d'Alex/Moi dont il s'agit, c'est une question à laquelle je n'ai toujours pas trouvé de réponse moi même, sachant à quel point je suis pas douée quand je suis aux commandes de la X-Box. S'il s'agit du personnage, vous pouvez très facilement le tuer en le faisant se pointer face à une infirmière, à Cisaille, à Boom-Boom, ou encore à l'Eplucheur, en prenant soin de ne le munir d'absolument aucune arme. Mais pour prendre les commandes de personnages que vous pourrez vous-mêmes rendre suicidaires, je vous conseille les Sims.

"dépressif laisser seul" : Vous tenez le bon bout. Faites aussi en sorte que leur ligne de téléphone soit coupée, voire même leur eau et leur électricité. Ils ne devraient pas tarder à vous lâcher la grappe définitivement.


J'aime mon lectorat, il me passionne.
D'ailleurs, au nom de l'humour, il y a une petite anecdote que je ne peux décemment pas passer sous silence.
Il y a quelques jours, j'ai donc reçu un message via ce blog, d'une personne que nous surnommerons Dick, et qui s'est présentée à moi en usant d'une édifiante métaphore.
En bon "footballeur professionnel", Dick a donc manifesté son envie "d'aller droit au but" en me proposant une "relation non exclusive", parce que, voyez-vous, les relations sérieuses sa n'est pas sa tasse de thé, à Dick.
Dick, qui me propose donc que l'on définisse ensemble deux ou trois règles concernant cette relation et qui, selon ses dires, bénéficie d'un avantage concurrentiel de taille (le jeu de mots précédent est de moi, Dick n'ayant visiblement pas une maîtrise de la prose aussi intéressante que l'hypothétique maîtrise de sa teub - j'insiste sur hypothétique.)
Je suis déçue car malgré ma requête, Dick ne m'a pas envoyé sa photo.
Je reste persuadée que, dans le cas contraire, j'aurais probablement encore plus ri.

Définitivement, le monde est con.

Posté par Cryptorchid à 12:57 - Le monde est con [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juillet 2009

Nip / Fuck - Make me pitifull

Saison 666, épisode 74.273.985

Ladies and gents, let me introduce you Kit McGraw.

Certains d'entre vous le savent peut-être déjà, Kit n'est autre que la complice du désormais célèbre Carver. Il s'agit également de sa soeur et de sa comparse de rapports incestueux.
Dans ce nouvel épisode, c'est à Kit que le Carver cède son scalpel pour mieux disséquer la nouvelle pierre angulaire de l'indigence contemporaine, j'ai nommé : mon livre. (D'ailleurs si vous ne l'avez pas encore acheté, dépêchez vous de le faire ; je vais voir Nine Inch Nails à Nîmes fin juillet, ce que je n'avais pas prévu dans mon budget estival).

Revenons-en à nos moutons : précédemment, dans Nip / Fuck.
Tout est ici, à une petite nuance près ; notre aimé Philippe Seintis se fait désormais appeler Pierre Seintisse.
Je vous tiendrai, bien sûr, au courant des différentes évolutions pseudonymiques de notre personnage favori pour que vous n'en perdiez pas une miette vous non plus.
Pour le résumé, on est bon.
Pour la suite, tenons nous en à l'analyse méticuleuse de la dextérité de Kitty, et poussons même jusqu'à une petite comparaison qualitative avec les précédents méfaits de frérot.
Ainsi sommes nous ravis de savoir qu'il s'agit de Kit et non pas de Carver, comme nous aurions pu croire, sans quoi nous serions-nous fort inquiétés quant à l'état de santé de notre ami : de félin en rut et fanfaronnant, Carvy serait donc passé à l'état apathique de gros matou castré ?
Que nenni, puisque c'est de Kit dont il s'agit ; une Kit bien moins vindicative et plus soporifique encore que son imbécile de frère. C'est dire.
Tout comme frérot, Kit n'a pas d'organe, donc pas de testostérone non plus, donc pas de hargne, donc pas de vigueur, et pas non plus de réelle méchanceté.
Kit et son scalpel, c'est un peu comme un manchot qui ferait de la poterie : c'est un peu gênant pour lui/elle, et on est presque tenté d'éprouver de la compassion avant que notre naturel railleur ne reprenne le dessus et que nous en venions à nous étrangler de rire entre deux poignées de popcorn tout en ne perdant pas une miette du pathétique spectacle.

Je pourrais continuer relativement longtemps, illustrer mon propos par des exemples concrets, mais je ne voudrais pas vous provoquer une surdose d'apathie ; si vous avez lu, au préalable, le décryptage de Kitty, il est d'ailleurs probable qu'à l'instar de la belle au bois dormant, vous ayez d'ores et déjà plongé dans un profond sommeil.

Je me contenterai donc de rendre hommage au sens de la déduction de Kit, dans un souci de terminer ce billet par une note positive réaffirmant toute l'affection que je porte à l'adversaire.

Kitty-Kit.
Le fait que je ne mentionne pas l'intégralité de mes références musicales n'implique pas que lesdites références se limitent à quelques (bons) groupes contemporains.
C'est juste, dear, que je n'éprouve pas le besoin de tartiner chacune de mes phrases d'une myriade de références faites de tout, de n'importe quoi, et surtout de moi - laissons donc ce péché mignon à ton frérot qui est, sans nul doute, un expert en la matière.
Kitty, je voulais également te féliciter par rapport à ta clairvoyance, et au fait que tu aies vu juste : je suis effectivement une petite bourgeoise capricieuse, mais il ne faut pas m'en vouloir, parce que, je t'assure, ça me pèse énormément sur la conscience.
Je suis née comme ça, tu vois, et le pire c'est que je persiste dans cette voie.
Pour tout te dire, je suis actuellement mère de deux enfants, en couple, et je ne fais absolument rien de mes journées ; je me contente de me tripoter un peu derrière mon écran pendant que mon homme part au travail et ramène de quoi nourrir et loger toute la maisonnée. Nous sommes d'ailleurs relativement bien logés, puisque nous habitons dans le seizième.
D'ailleurs, si je peux te payer le café un de ces jours, n'hésite pas.
You're w'hell-come. ;)
Sincèrement, ça me fera de la compagnie, et puis ça m'évitera de succomber à mon second vice après la paresse ; j'ai nommé la luxure. Tous ces minets sur le net, t'imagines même pas à quel point ça me titille les hormones.

Qu'on ne vienne pas me dire, après, que je n'ai pas fait des efforts pour être conciliante !

Posté par Cryptorchid à 21:35 - Le monde est con [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juin 2009

Inspecteur(s) Gadget

Je commence vraiment à regretter la parution d'Unplugged.
Le timing était mauvais.
Au train où vont les commentaires, retours, ragots, et autres enquêtes menées sur ma personne, si j'avais attendu un peu avant de terminer le livre, j'en serais probablement à la rédaction de la page 800 en ce moment même.
J'ai loupé l'occasion d'écrire une nouvelle Bible et j'ai peur que même la confession ne me soit guère utile.

La cerise sur le fameux gâteau fait d'aigreur, de connerie et d'amertume, on vient de la trouver et la voici :

http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Discussion_utilisateur:Krrt&oldid=42192890#bah_bah_bah

Je ne sais pas comment s'affichera le lien, mais pour ceux qu'une fastidieuse lecture s'avère d'emblée décourageante, n'ayez crainte : il vous suffit de vous concentrer sur le petit passage délicieusement nommé "bah bah bah" pour avoir votre barre de rire quotidienne.

Un fin limier plus connu sous le fier sobriquet de Castor, Pollux, réciproquement et on s'en branle, vient donc de révéler aux yeux du monde ma véritable identité.
Il paraîtrait donc que je soie... KRRT !!
Oui, je sais, ça fait peur.
Krrt, de ce que j'en lis sur le lien copié/collé un peu plus haut, c'est le pseudonyme d'une personne qui intervient régulièrement sur Wikipédia et qui a notamment participé à l'élaboration de la page d'Alain Finkielkraut. Je t'entends, ALC, arrête de rire aussi fort !
Quelque part, je pense que je devrais me sentir flattée qu'on me surestime au point de croire que je m'intéresserais à un sujet aussi barbant, mais, non, définitivement, tout ce que j'arrive à faire, c'est rire grassement. Je sais, je sais, je présente toutes mes excuses à M. Finkielkraut ainsi qu'à ses adeptes, mais je n'en ai jamais lu une ligne, et le simple sommaire de sa page, en cette heure tardive, suffit à faire s'échapper d'entre mes lèvres un "ouais-d'accord-je-vois-le-genre-ça-me-fait-chier".

En revanche, je suis beaucoup moins flattée qu'on puisse penser que je consacre ne serait-ce que deux minutes de mes journées à Wikipédia.
L'encyclopédie qui provoque les fausses joies et dit que les gens sont morts alors qu'ils ne le sont même pas encore, elle m'a toujours laissée perplexe.
Je me souviens, par contre, d'une Désencyclopédie à laquelle j'avais un peu participé pendant de longues journées de stage à Toulouse et qui m'avait beaucoup amusée.

Enfin bref.
Essaie encore Kojak, tu viens une fois de plus de te heurter à un mur.
Je ne suis rien d'autre que moi-même, ici et ailleurs, et c'est déjà bien assez pesant comme ça.

Au nom de cette lamentable buse qui a gagné un tour de plus sur le manège désenchanté, je présente donc mes plus plates excuses au (à la) vrai(e) Krrt, qui sera probablement consterné(e) de constater que ma très grande indigence a été confondue avec sa maîtrise apparente de sujets pour le moins sérieux.

Je me demande quand même ce qu'on va pouvoir encore inventer pour surenchérir.
Disons que du moment qu'on ne raconte pas que je me suis fait retirer des côtes pour pouvoir me sucer toute seule, l'honneur est sauf ! ;)

Posté par Cryptorchid à 02:08 - Le monde est con [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juin 2009

Y a GOURANCE GRAVE !!!

Parce que le choc des photos est parfois plus lourd que le poids des mots....


stalkette


1814426616


Et après c'est moi la gamine.
Humpf.


Posté par Cryptorchid à 23:03 - Le monde est con [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

12 juin 2009

Twit me, I'm famous !

C'est presque dommage que mon livre soit sorti, parce que j'aurais eu matière à ajouter du chapitre.
La faute à Twitter.
Twitter, c'est ce machin dont absolument tout le monde parle, et qui doit bien servir à créer du buzz d'une manière ou d'une autre, sauf que je comprends pas très bien comment.
Pour tester la bestiole, j'ai été me créer un compte - après tout, on ne critique bien que ce qu'on connaît un minimum.

Je n'aime pas Facebook, parce que c'est chronophage, que ça m'exacerbe la paranoïa, et que ça me fait augmenter la jauge de cynisme en deux clics, trois ctrl. Mais Facebook, c'est ludique, et à partir du moment où on considère ce site seulement pour ce que c'est - un bac à sable - tout se passe plutôt bien.
De toute façon, faut pas se leurrer.
Pour passer ses journées et soirées avec un onglet Facebook ouvert dans un coin de l'écran et à le consulter régulièrement en appuyant nerveusement sur F5, il faut quand même être un peu frappé à la base (ou alors avoir été amenée à converser avec Jeordie White et espérer de toutes ses forces que ça recommence, mais c'est quelque chose qui ne m'arriverait pas à moi).
Non, tout n'est pas la faute du grand méchant site ; c'est juste que le grand méchant site n'arrange rien à l'affaire, on l'aura compris.

Ce n'est pas que je n'aime pas Myspace, c'est que je m'en fous.
Quand on est musicien, qu'on ait un compte Myspace, je comprends tout à fait, le contraire serait même plutôt étonnant, mais sinon ? Y a même pas de jeux, moi forcément, ça me parle pas.

Twitter, pour le coup, ça me laisse carrément perplexe.
Ca consiste à mettre en ligne un statut, qui peut correspondre à absolument tout et n'importe quoi, en fonction de tout et n'importe quoi.
Aujourd'hui, si j'avais twitté, vous auriez pu consulter ma page et lire ce genre de choses :
Alex pense que la journée va être longue, faudrait qu'elle arrête de dormir que 4h par nuit.
Alex travaille.
Alex part en pause déjeuner.
Alex n'a pas envie de rappeler le client X qu'elle trouve particulièrement chiant.
Alex n'a pas envie DU TOUT de partir en déplacement la semaine prochaine.
Alex est en weekend, youpi.
Alex va faire ses courses, et ça lui rappelle à chaque fois à quel point elle déteste faire la file à la caisse.
Alex a oublié d'acheter du baume à lèvres, va falloir qu'elle ressorte pour en acheter un à la pharmacie du coin, parce que se taper deux fois la file à la caisse, c'est juste hors de question.
Alex s'emmerde un peu maintenant, elle commence à avoir la dalle aussi.
C'est super intéressant, non ?

Je comprends pas.
Même pour un personnage public, je comprends pas.
Le seul moment où j'ai compris, et où ça m'a semblé assez bien vu, c'est quand le meilleur rédac' chef du monde a twitté ce qu'il se passait en direct live durant le Rock'Am'Ring.
Avoir la setlist de Manson, même par procuration, c'était chouette ; surtout quand vous en êtes au point d'attendre fébrilement les reviews du lendemain en priant vous ne savez pas trop qui pour que les performances s'améliorent en attendant votre grand soir (soit dit en passant, ça s'améliore grandement, et l'impatience pointe à nouveau).
Sinon, ça-sert-à-quoi-ce-truc?
Encore une plate forme de plus pour pouvoir espionner ses congénères ?
Je crois qu'elle est bel et bien finie, la belle époque de la délation.
Avec Internet, les gens se font un plaisir de se dénoncer eux-mêmes en toute insouciance, dans la joie et la bonne humeur.
Abrutis.

Posté par Cryptorchid à 21:09 - Le monde est con [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2009

Le monde merveilleux des bibliothécaires en rut

Je ne sais pas au juste qui sont les gens qui lisent ce que j'écris ici, mais pour ceux qui sont suffisamment sains d'esprit, j'aimerais leur dire que surfer sur la vague cybernétiquo-littéraire est quelque chose que je déconseille.
C'est bien connu : un microcosme est, par nature, le lieu où toutes les passions s'exacerbent.
Y a qu'à voir Loft Story pour s'en faire une vague idée ou penser avec nostalgie à la cour de récré du lycée.
Le monde est une gigantesque juxtaposition de clans, en règle générale, sans rien de manichéen, et sans jamais rien de bien construit non plus. Le microcosme n'existe que par les clans et les relations entre eux.
Une chose est fondamentalement à bannir : l'électron libre.
Il faut se positionner, si tu n'as pas ton clan, tu es foutu.


Fin 2008, une amie, qui savait que j'écrivais régulièrement et que j'avais déjà terminé quelques manuscrits, m'a conseillé d'en mettre un en ligne sur le site des Editions Léo Scheer.
L'expérience me semblait intéressante parce que j'y voyais l'opportunité d'avoir un retour objectif et direct. Je n'ai jamais couru après la publication, mais au bout d'un moment, on est quand même curieux de confronter sa petite production aux avis du chaland.
Si on m'avait dit, à ce moment là, que je m'apprêtais à mettre les pieds dans une cour des miracles plus ahurissante et grotesque que celle que j'avais eu l'occasion d'observer quelques années plus tôt en école de commerce (microcosme par excellence), je n'y aurais pas cru. Naïvement, je m'imaginais la courbe de connerie générale de l'individu comme étant décroissante avec le temps.
Je sais, maintenant, que le temps n'arrange pas du tout les choses.
Ils m'ont tellement inspirée, les bibliothécaires en rut, trop grotesques et caricaturaux pour être vrais, que j'ai pensé qu'ils feraient d'excellents personnages de fiction.
Que le lecteur impartial se rassure, mon livre ne traite pas d'eux, d'eux et rien que d'eux.
C'est l'internet, en général. Et puis l'addiction. Comment ce qu'on envisage comme un remède accélère les symptômes pathologiques, et dans tous les domaines. Faux semblants, narcissisme et paranoïa : ingrédients essentiels au cocktail explosif. Je suis sûre que pas mal de gens devraient s'y reconnaître, se rendre compte, mortifiés, qu'il y a quelques cruelles vérités, peut-être même vaguement penser qu'on ne les y reprendra plus, et puis recommencer. Parce que c'est ce qu'on fait toujours.
Je pense que vous allez bien aimer.


Les bibliothécaires en rut, non loin de là, commencent à s'agiter.
Rendez-vous compte.
J'ai 24 ans, je fais des vidéos parodiques sur fond sonore de Katy Perry avec mon meilleur ami, j'emploie bien plus volontiers le mot "couille" que le mot "exégèse", et pour couronner le tout, je suis une fille, yeux bleus, cheveux blonds, big boobs.
Ca la leur coupe, mais d'un coup sec.
Comme ça croupit dans l'aigreur, ce genre de bestiole, ça intervient d'un ton vindicatif en remettant en cause tout le système, ça sait pas tellement quoi dire, parce que ça n'a pas lu mon texte, alors ça m'attaque sur tout sauf sur le livre.
Et la cerise sur le gâteau, c'est que ça se permet de s'offusquer que je ne réponde pas, ou alors volontairement à côté.
Pour bien faire, en l'état actuel des choses, il faudrait que j'étale mon background, que je fasse étalage de toutes mes références, surtout les plus classiques, pour leur apporter la preuve que j'ai quelque chose dans la tête.
Si j'écrivais des trucs chiants, avec davantage d'exégèse que de couilles, mes nichons à couper qu'ils me trouveraient pompeuse et prétentieuse.
Parce que la chose qui, fondamentalement, leur reste en travers de la gorge, qu'ils n'avalent pas et qu'ils n'avaleront probablement jamais, c'est que mon livre est dans les librairies aujourd'hui et qu'eux ne peuvent pas en dire autant.
Il n'y a rien d'autre que ça.
Ce que j'écris, la façon dont je le fais, les Bibliothécaires en rut s'en contrefoutent, étant donné qu'ils moulinent dans le vide sans avoir lu un traître mot de ma prose.
C'est tout de même un comble pour des spécimen à qui je fais l'honneur d'une sublimation en personnages de fiction.
Ces gens sont ahurissants, vous n'avez même pas idée ; c'est un peu la raison pour laquelle je vous invite à vous en faire une par vous mêmes au plus vite.
En ce qui me concerne, je n'ai absolument rien à leur démontrer, rien à leur prouver, ni rien à leur dire.
L'effet de surprise a fait que leurs interventions m'ont perturbée, dérangée, voire même affectée il y a quelques mois, je ne peux pas le nier.
Maintenant que je les vois s'agiter, ces lamentables petites blattes de foire, à part leur faire une réponse à la Bernie Noël, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais faire pour eux.


Les wiredos sont disséminés un peu partout, sur le net.
Leur taux de concentration est seulement un peu plus important en fonction des microcosmes.
Keep away from them.
Il fallait bien que quelqu'un le dise.

Posté par Cryptorchid à 10:31 - Le monde est con [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »