Alex in Wonderland

Cinéma, musique, littérature, satyre, ironie cosmique, sushis, sens de la vie et surtout (auto) dérision !

31 janvier 2008

La méthode simple pour en finir avec la cigarette

S'il y a bien quelque chose que j'ai toujours détesté, ce sont les guides de vie.
Ces espèces de non livres qui donnent pourtant à beaucoup l'impression d'en être, ces manuels qui te disent comment maigrir, comment grossir, comment élever tes gosses, voire même comment t'en débarasser, comment ranger ton appartement, comment choper un mec, comment faire jouir le mec, comment garder le mec, comment annoncer au mec que t'es en cloque, comment larguer le mec... ARGH!!!
Non vraiment je ne m'y fais pas.
Versions écrites de "Super Nanny", de "M6-range-ton-appart-à-ta-place-feignasse", petites choses douloureuses qui vont à l'encontre même du principe de littérature mais que les ménagère s'empressent d'empiler dans leur caddie pour se donner bonne conscience, moi je dis non.
J'ai une conscience aiguë du monde maboule qui tourne autour de moi et de ses problèmes, mais là je rejette tout en bloc. Trop c'est trop. Touchez pas aux bouquins, merde !

Mais voilà que Manon m'a parlé de ça :

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Chose odieuse, qui, d'après ma comparse tout aussi dubitative que moi, s'était pourtant révélée efficace auprès de quelques unes de ses camarades de classe.
Après quelques recherches, nous eûmes l'occasion de lire des commentaires plutôt élogieux sur la dite méthode :

http://www.amazon.fr/M%C3%A9thode-simple-pour-finir-cigarette/dp/2266143042

Pleine de contradiction, et me disant non sans ironie que le prix de la propagande revenait à celui d'un paquet de cancérettes, je décidai donc d'investir.
Prise d'une soudaine sensation d'étouffement une fois arrivée dans le rayon "Guides de vie" du Virgin, je n'avais plus qu'une seule idée en tête : reposer l'horreur et sortir m'en griller une.
Prenant mes couilles à deux mains, je finis par investir dans d'autres (vrais) livres, histoire de planquer l'Horreur au milieu de joyeuses histoires et une fois rentrée chez moi, je rangeai le tout dans ma bibliothèque sans plus trop y penser.

Avant hier, ayant relu pour la énième fois "Ca" de Stephen King, et me sentant comme à chaque fois nostalgique au possible à l'idée de quitter l'enfance et de faire, chaque jour, un peu plus de pas hors de la candeur et de l'imaginaire, je décidai d'entamer la lecture de l'Horreur pour me remettre de mes émotions à tendances lacrymales.

Première impression :
"(...) le fumeur fumerait une vieille corde pourrie s'il n'avait plus que ça en sa possession", et là tu penses à toi, obligée de fumer des Camel que tu détestes parce qu'elles sont moins chères que ta marque adorée que tu ne peux plus te payer, et tu hoches la tête en riant et en te disant "han oui c'est vrai, quelle droguée, hinhinhin !".
Une dizaine de pages plus loin : "(...) le fumeur fumerait une vieille corde pourrie s'il n'avait plus que ça en sa possession", et là tu as une impression de déjà lu.
Quinze pages plus tard : "(...) le fumeur blabla corde pourrie blabla", et là tu roules des yeux en t'allumant une clope.

Bien vite, entre les redites, les passages écrits en gras pour bien que tu comprennes, et le ton moralisateur du brave Allan Carr, ton ennui se teinte d'une once d'énervement ("Il va la fermer sa gueule, et balancer la formule magique, oui ou merde ??").
Ceci dit, l'Allan, il a quand même un petit sens de l'auto dérision qui fait que tu en redemandes quand même : "(...) Le fumeur fume souvent lorsqu'il s'ennuie. Vous êtes sans doute en train de vous en allumer une (...)". Bon, un bien brave gars après tout. Et pas con. Le hic, c'est que toute toxo que je sois, je ne suis malheureusement pas conne non plus.

Ce que tente de faire Allan, à grands renforts de comparaisons et de métaphores souvent pertinentes, accordons le lui, ce n'est pas de faire du fait d'arrêter de fumer quelque chose d'insurmontable, comme des tas de gens ont tendance à le penser, mais plutôt de transformer la vision du fumeur pour qu'il y voie là une libération, et qu'il en vienne même à attendre avec impatience le jour qu'il s'est fixé pour arrêter.
Plutôt bien pensé, mais si l'on ajoute à ça les longs passages qui nous font comprendre avec justesse à quel point nous sommes sous l'emprise de la drogue, essentiellement psychologiquement, on ne peut pas s'empêcher d'y voir là une contradiction. ("Mec, tu viens de me faire écarquiller les yeux d'horreur en me racontant comment mon propre esprit était sous l'emprise de la nicotine, et maintenant tu me dis que c'est facile ??")
Et puis merde on s'en doutait.
Je ne suis pas stoïcienne au point d'arriver en un clin d'oeil à faire coïncider ma vision des choses avec la triste réalité. C'est comme pour les régimes, c'est facile de se dire que c'est plus sain et que tu ressembleras moins à un goret, n'empêche que t'as quand même envie d'aller de la taper, ta tarte aux myrtilles.

Ceci étant dit, depuis que j'ai commencé ce chef d'oeuvre de la littérature, mes nuits commencent à être peuplées de clopes. Je me demande même s'il n'y en a pas une géante qui me suit dans la rue, telle mon ombre, un rictus diabolique sur le visage.
Evidemment j'en allume une du coup.

Je n'ai plus qu'à espérer que les derniers chapitres d'Allan Carr agissent sur moi comme la Révélation Finale parce qu'en attendant, faute de thunes, je me verrai contrainte de ne plus acheter de paquet et donc de vivre sur mes réserves jusqu'à dimanche inclus.
Plus simplement : lundi j'arrête.
Dieu aie pitié de mon âme.

Posté par Cryptorchid à 18:22 - Livres - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

The Dude is back

Oh oui je sais.

Des lustres que je n'avais rien écrit ici, et sans doute que j'écris pour le vide cybernétique plutôt que pour quelques perdus, comme ça pouvait être le cas du temps de mon débit régulier de conneries.
Seulement, je ne sais pas, l'impossibilité d'écrire convenablement due aux réticences de mes touches E et H doit me convaincre, de manière tout à fait malsaine, que le temps est revenu.

Alors allons y.

Après avoir brillamment foiré mon grand écrit, au point que je ne peux plus passer devant une enseigne Starbucks sans marmonner "enculés" (étant donné que c'est leur stratégie que j'ai dû décortiquer), j'ai eu le temps de ruminer mes peines pendant un déménagement trop épique pour être narré en quelques mots, et me voici donc en région parisienne, banlieue sud est, plus exactement Maisons Alfort.

J'attends de commencer mon stage le 25 Février, et en attendant justement, je regarde parfois par la fenêtre pour profiter de la vue donnant droit chez mes voisins aux beaux appartements pour oublier que l'absence de thunes m'empêche d'aller me balader.

Aller se balader, pour quoi faire ?
Le plaisir de prendre le Grand Truc Moche (RER qu'ils disent) ou encore le Petit Truc Moche (le Métro qu'ils disent), tout ça pour finir par se perdre (visiter qu'ils disent) dans des rues Hausmaniennes dégoûtantes de boboserie ? Non, vraiment, autant mater Twin Peaks en bouffant des Chocobons (des presques tartes à la myrtille du RR quoi).

Oui je suis pas d'humeur.
Le genre de périodes où je n'ai qu'une seule envie ; me lover sous ma couette comme un gros serpent dégoûlinant de graisse et ingurgiter un maximum de saloperies avec plein de glucides et plein de lipides.
Et lire.
Et mater des séries débilisantes.
Pas envie de faire d'efforts, pas envie de me saper, pas envie de me maquiller, non tout ça c'est beaucoup trop fatiguant.

Au milieu de toutes ces petites non nouveautés, il y a bien quelque chose que je me devais d'annoncer, avec pertes, fracas, et résonnement du glas : je vais tenter d'arrêter de fumer.
Oui, vous avez bien lu.
Moi.

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(Moi, oui, oui, moi, tout pareil mais sans la clope)

Mais pour la suite des aventures, autant commencer directement avec un nouveau post !

Posté par Cryptorchid à 17:55 - Self centered - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 décembre 2007

It's time to move on

Comme à chaque fois que je rôdaille sur l'Internet ces temps ci, une vague de culpabilité tend à me submerger... Mais c'est en vain, parce que je suis bien trop fatiguée pour laisser la culpabilité m'assaillir.

Pour faire illustré, la culpabilité vient de ça :

9782100083145
Boooouuuhhh !!!

Et la fatigue vient de ça :

cartons
Booooouuuhhh aussi !

Je suis effectivement en train de séparer mon esprit et mon corps, le premier s'attelant à étudier des matrices BCG, analyses de Porter et autres chaînes de valeur (sans parler du ROE, ROA, ROS => RAF ! (Rien A Foutre pour les non initiés)), tandis que mon corps se courbe, se plie, mes reins se cambrent cassent et mes bras soulèvent, ad vitam eternam semble-t-il...

La fin est proche !
Dans 8 jours, je passe le dernier examen de ma vie, et pour marquer le coup, il me fait bien chier.
6 heures de stratégie d'entreprise, et si je n'assure pas le 8 minimal, je n'ai pas mon diplôme.
Parralèlement, j'empaquette, parce que l'ultime migration pour les fêtes de Noël est proche (direction FC évidemment), et l'ultime retour toulousain est proche aussi.
Le 28 Décembre, le Morue Gang va investir les vestiges de mon appartement, et le 2 Janvier, état des lieux de sortie et direction Paris. Le 3 Janvier, installation à Maison Alfort, si pas de crevaison de pneu, crash sur le périph' ou mort absurde entre temps. Rien n'est joué, mais je suis optimiste !

"Alors, ça te fait quoi de quitter Toulouse après 4 ans de vie ici ?"
=> Ca me fait plaisir !
Bon, OK, j'ai eu un moment un peu bizarre, pas vraiment de la nostalgie, mais un vague soupçon d'émotion pas très marrante, pendant une pause clope à ma fenêtre... Ca a duré une chanson et une demi clope et c'était fini.
Puis j'ai emballé mes livres, mes CD, mes DVD, mon micro ondes, ma playstation, mes jeux vidéos et mes fringues, sans la moindre douleur psychologique (mes reins ont pris le pas sur tout le reste faut dire).

J'ai pas le temps.
Mon exam me fait flipper, c'est le dernier et l'enjeu est important, alors j'ai pas le temps de m'attarder sur autre chose.
J'ai pas de regrets.
J'ai vécu tout ce que j'avais à vivre ici, et la majorité des happy few sont partis avant moi, j'ai eu des bons moments, mais tellement d'emmerdes ces derniers temps que j'ai du mal à me dire que je pourrai regretter quoi que ce soit.
J'ai pas de remords.
J'en ai déjà suffisamment chié pour compenser la maigre satisfaction que j'ai pu avoir en faisant les conneries que j'avais à faire ici, alors je pense que le départ qui s'amorce ne pourra être que bénéfique.
J'ai pas d'espoir.
Peu importe le lieu, j'emmène mes névroses avec moi, mes qualités, mes défauts, mes drôles de réactions et ma bipolarité, et je n'ai pas d'attentes. Où que je soie, ce sera toujours moi. Peut être que des choses vont changer, parce que je serai plus entourée et plus occupée à partir de Février, mais je ne m'y attache pas trop : "There is no place I can go, there is no way I can hide, it feels like it keeps coming from the inside". Et puis, aussi, je ne pourrai plus changer énormément. J'ai gommé un peu les points trop dérangeants pour moi même de ma personnalité, mais il y aura toujours des traces. Je m'y accomode.

Je suis désolée pour ceux qui n'ont pas pris la peine de voir qui j'étais.
Je suis désolée pour ceux qui m'ont fait souffrir.
Si vous aviez sû, et si vous saviez, vous auriez honte, vous auriez des regrets.
Tant pis pour vous.
Je ne suis pas sereine mais j'ai plus de raisons de l'être que vous.
Je suis désolée pour ceux que je n'ai pas pris la peine de connaître comme j'aurais pu/dû.
C'est juste que les temps derniers ont été rudes, et même si j'ai du mal à me supporter moi même et mes incessantes divagations, introspections, analyses et tutti quanti, j'étais la seule personne avec qui j'avais vraiment envie de me retrouver.
Je ne sais plus faire, en matière de social. Vraiment. Je me suis tellement carapatée que je suis devenue une ermite. Mais je ressens les choses, énormément, et plus sûrement que vous ne l'imaginez.
De toutes manières, il y aura toujours des actes manqués, avant, maintenant et après, alors tant pis.

En 4 ans j'ai été bête, je mets ça sous le compte du manque de maturité, j'ai vraiment tout fait pour me faire remarquer et pour qu'on parle de moi, j'ai même probablement tout fait pour qu'on me déteste tellement j'exècre l'intégration - j'ai réussi, mais c'était idiot.
J'ai fait des mauvais choix, encore, je me suis intéressée à des mauvaises personnes, tant et si bien qu'il m'a fallu du temps pour panser mes blessures, mais maintenant je n'ai plus mal nulle part (sauf aux reins, because les cartons).
J'ai fait preuve de beaucoup d'humanité aussi, et j'ai connu des moments géniaux avec des gens géniaux pour ma peine.
Finalement j'ai grandi, et j'ai compris la vanité d'énormément de choses, et même si je n'éprouve aucune honte au regard de mon parcours, je suis quand même extrêmement satisfaite d'avoir passé le cap de l'excentricité forcée.
Je ne sais pas ce qu'il va se passer maintenant, et je m'en fiche.
Je ne place mon évolution entre les mains de personne, et je sais que je peux me remettre de tout.
Alors j'ai pas peur.
Alors je souris.

"There is no you, there is only me".

Posté par Cryptorchid à 18:47 - Self centered - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 décembre 2007

Rocky Horror Picture Show, studio Galande.

Retour de Paris avec deux trois choses à dire notamment une informative concernant les représentations animées du Rocky Horror Picture Show au désormais célèbre Studio Galande.

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Après une attente relativement longue sous la pluie histoire de se préparer psychologiquement au jet des bouteilles d'eau qui s'affiche comme un rituel cérémonial lors des représentations, l'entrée dans les locaux put enfin se faire, et tout se passa rapidement avant la première intervention de l'équipe d'animation, déguisée en Village People pour l'occasion.
_ " Tu comprends le rapport entre le Rocky et les Village People ?"
_ " Ben... Vaguement les gays ?"

Admettons. Les Village, c'est kitsch, c'est marrant, et souvent ça passe bien.
Après la diffusion de deux ou trois clips poncutés par une reprise des chorégraphies devant l'écran par la bande de joyeux drilles, il était temps de passer aux choses sérieuses, avec pour préambule un petit brieffing de nos hôtes.
Pour l'occasion, l'un d'eux était grimmé en Paris Hilton tandis qu'une autre se pavanait en Nicole Richie. Malgré une certaine bonne volonté pour établir un lien entre les Village People et la suite des événements, là, je nageais en pleine perplexité.
C'est à la mode ? Admettons... Malheureusement une présentation normale aurait amplement suffit parce que niveau drôlerie et subtilité, ce n'était pas tout à fait au point...

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Entre deux effusions grivoises et tombant un peu à plat, l'équipe nous brieffa donc concernant la représentation à venir, définie d'emblée comme interactive. Au programme, lancer de riz lors des deux mariages, jet d'eau pendant l'orage, ponctuation des interventions de Brad par un joyeux "asshole" et de celles de Janet par un "Slut!" tonitruant (après tout ça ne fait pas de mal de traiter Janet de salope, il faut bien l'avouer), et, bien sûr, le fameux Time Warp.
Le Rocky Horror étant quand même une comédie musicale, on pouvait déjà déplorer la faible participation du public aux chansons, mais admettons encore, et place au show.

Costumes impeccables, gestuelle plutôt bien rôdée des animateurs, gestion des mimiques Frank'N'Further-iennes à la quasi perfection mais... Avalanche de blagues pendant la représentation, et malheureusement assez peu de rapports aux film au final.
Déjà, impossible de suivre vraiment ce qui se passait pour l'écran. Alors d'accord, le but n'était pas de remater le film pour la Xième fois, auquel cas nous l'avions à la maison, mais quand même...
Le principal problème restant une accumulation de vannes grivoises, vulgaires et lourdes au possible ponctuant quasiment tous les dialogues.

Morceau choisi :
(Animateur dans la salle)"Hey, narrateur, qu'est-ce qu'ils font sur tes couilles les morpions ?"
(Narrateur à l'écran) "They're... Crawling.."
Salle hilare.
Moi pas.

De la bite par là, des nichons par ici, des couilles et du cul, et on ponctue le tout d'un peu de partouze, d'un lancer d'une poupée glonflable dans le public et du jet d'une bite glonflable elle aussi, et tout le monde est content.
Haha, que c'était drôle ! Tu t'souviens du moment où il a dit couille ? Haha, ouais, trop mortel, et t'as vu quand ils ont parlé de sodomie ? Hahaha trop trop bon !!

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Bon, j'exagère peut être à peine, étant donné que l'expérience devait quand même être vécue au moins une fois et que, globalement, la soirée était plutôt bonne, mais quand même, compte tenu de la subtilité du film, qui, bien qu'outrageusement sexy et suggestif ne rentre jamais dans le vulgaire, il aurait sans doute été possible, voire même souhaitable, de mettre au point une répartie un peu plus évoluée et moins simpliste et grossière.
Alors d'accord, ça fait rire le Français moyen, mais est-ce que le Français moyen irait à une représentation animée du Rocky Horror ? J'aurais tendance à dire non, et compte tenu du potentiel de la cible, c'est un peu dommage de sombrer dans l'écueil du vulgaire facile.
Je ne pense pas que le Rocky Horror soit purement provocateur, car il comporte tout de même un message plutôt censé visant à critiquer le conformisme et à réaffirmer l'importance de ses propres instincts sans pour autant censurer d'emblée ceux ci comme le voudrait le sens commun.
Je doute que mettre en valeur tout cela à grand renfort de bites et de couilles soit vraiment une glorieuse idée.
Mais admettons.
Une fois de plus, scindons l'art et le divertissement, mais ne nous étonnons pas que la fusion entre les deux soit alors de plus en plus rare !

Pour ceux qui sont intéressés :

www.rhps.fr (pour en savoir plus, et sans mon ton acerbe !)

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23 novembre 2007

Mort aux cons !

Dans ma quête désespérée d'agréables surprises en terme de littérature française contemporaine, ou pour faire plus simple, alors que j'errais lamentablement dans le rayon "Livres" du Virgin Megastore, un titre, parmi tant d'autres, attira soudain mon attention : "Mort aux cons".

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Amusée par le 4ème de couveture, je décidai sans trop tarder d'investir, pour mon plus grand bonheur, car après moul recherches complètement infructueuses, je l'avais enfin entre les mains ma bonne surprise de la littérature française contemporaine !

Irrité par la canicule, accablé par une vague brûlante d'exaspération, tout commence pour le héros lorsque, pris d'un soudain élan irrépréssible d'impulsivité, il balance d'un geste radical le chat de l'une de ses voisines par la fenêtre.
Dans l'immeuble, c'est bientôt le branle bas de combat, la solidarité se crée autour de la veuve éplorée, et, l'ennemi commun étant bien entendu fédérateur, tout le voisinnage se rallie, animé par une juste et noble cause : la défense des animaux.
Fort de son succès, qui a tout de même contribué à un fort rapprochement de personnes qui se côtoyaient jadis sans pour autant se prêter une véritable attention, notre héros décide de ne pas s'arrêter là, et entreprend de zigouiller, un par un, tous les animaux du quartier.
En dépit d'une bonne volonté évidente et d'un entraînement sans relâche pour faire les choses vite et bien, la situation ne tarde pas à dégénérer lorsque des groupuscules associatifs défenseurs d'animaux commencent à se mêler à l'intrigue tout en se tirant dans les pattes.
Anéanti, notre protagoniste va bientôt donner à sa tâche une ampleur bien plus importante, pour notre plus grand plaisir : ne pas se contenter des animaux mais s'en prendre aussi à leurs maîtres !
Ainsi se lance-t-il à tâtons dans l'erradiquation des cons, chose dont il va progressivement prendre conscience lorsqu'il tentera mentalement de définir ce qu'avaient en commun toutes ses victimes.
Sa lutte est désormais explicite : les cons demeurant dans un état desespérément immuable, la seule solution pour en venir à bout consiste en leur disparition.
Ainsi assistons-nous au fil des pages, à la constitution d'un ouvrage simplement jouissif, à la fois jubilatoire (qui n'a jamais rêvé de tuer la connasse de l'administration qui vous fixe d'un oeil bovin sans rien comprendre à vos réclamations alors que vous poireautez depuis d'innombrables heures ?), cynique, cinglant, délicieusement comique et intelligent, avec à la clef une typologie du con finement élaborée et consistant en une véritable philosophie pour notre héros.

On part de ce qu'on pourrait considérer comme étant un simple pétage de plombs pour en aboutir à un réseau d'idées finement constitué et qui comporte malheureusement intrinsèquement son propre paradoxe.
En effet, comme le signalera l'un des personnages, à faire d'une idée - bien qu'intelligente - une véritable idéologie qui conditionne notre vision du monde, on se limite soi même ses propres perspectives, notre esprit devient pernicieusement plus étroit, et de là à la connerie il n'y a plus qu'un pas...

En tous cas nous avons là un serial killer dont nous comprenons aisément la cause, à défaut de la cautionner, et pour lequel nous nous sentons plein d'empathie !
Rares sont les livres qui m'arrachent un rire sonore, je suis donc amplement satisfaite de ma découverte !

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21 novembre 2007

3ème Age

S'il y a bien un truc qui me les brise largement en cette saison, en dehors de mon ulcère qui se réveille, c'est le fait de devoir se creuser la cervelle pour trouver des cadeaux de Noël.

J'ai beau faire preuve d'une relative inventivité en ce qui concerne l'analyse de mes congénères ainsi que l'absurde de manière générale, voire même l'invention de théories inconnues lors de partiels de logistique, s'il y a bien un domaine qui fait exception à la règle, ce sont ces saloperies de cadeaux de Noël.

Même si je ne suis pas du genre à me laisser dicter des règles ou même des suggestions pour tous les domaines qui touchent à l'imagination, je dois bien avouer que je me suis laissée tenter par Amazon et sa proposition d'idées cadeaux. Piquée par un soudain élan de curiosité, je suis donc allée voir ce qu'ils proposaient niveaux DVD pour les grands parents, histoire que je puisse éventuellement m'inspirer de leurs suggestions.
Bilan : toujours pas d'idée, mais je ne regrette pas la démarche qui valait largement le coup d'oeil !
Allez, je vous balance même le lien, parce que c'est vous :

http://www.amazon.fr/gp/feature.html?ie=UTF8&plgroup=8&docId=1000119453

Les clichés ont la vie dure, et on prend bel et bien les gens pour des cons, certes.
Qu'avons nous donc en idées cadeaux pour les grands parents ?

Premier choix : coffret intégral La Bible, ancien testament nouveau testament !
Quand je vous disais que ça valait le coup d'oeil !
Je ne sais pas s'il est vraiment bon de faire des généralités, mais à en croire Amazon, on dirait donc que les vieux ne sont susceptibles d'êtres intéressés que par les frasques des héros d'Agatha Christie, la Bible (qui fait toujours partie des vieilles légendes, remarquez), ou encore Jean Gabin ou même la Grande Vadrouille.
Non, vraiment, ils ne comprendraient rien à la nouveauté, alors autant leur resservir des trucs qu'ils ont bien dû voir un bon milliard de fois parce qu'avec en moyenne 70 ans d'activité, autant dire qu'ils n'ont pas été en reste face aux reddifs de TF1 !

D'abord outrée ("Ben quand même, les pauvres vieux !!") par le fait qu'on interdise quasiment l'accès aux nouveaux talents cinématographiques à toute une catégorie de la population sous prétexte que cela ne l'intéresserait pas, j'ai fini par me demander quel genre de film je pourrais offrir à mes grands parents.
C'est vrai, ça fait toujours plaisir d'offrir un film, surtout quand le film nous a touché, c'est une sorte de partage d'émotions et je trouve ça chouette... Mais alors quoi ?
On fait l'impasse sur Lynch (trop... Lynch), sur Kubrick (trop bizarre), sur Tarantino (trop violent), on élargit ça à tous les films trop bizarres/violents/vulgaires, et il ne nous reste plus, en gros, que les comédies, les romances, ou les drames.

Le fait est qu'au fond, une génération qui a connu la guerre me semble étrangement bien moins apte à s'émouvoir devant un film qu'une génération comme la mienne, désabusée et en manque de repères dans le chaos du post modernisme.
Les vieux ils en avaient des repères, et ils les ont toujours parce qu'ils ne les ont jamais remis en doute, ce qui nous donne généralement des personnes beaucoup plus stables et beaucoup plus fortes que nous ne le sommes nous mêmes.
Alors d'accord on peut avoir l'impression qu'ils sont passés à côté de plein de choses, parce que beaucoup se sont mariés par commodités, quasiment tous n'ont jamais interrogé leur véritable individualité et se sont contentés d'être comme on leur demandait d'être, en gros, mais est-ce qu'ils ont l'air moins heureux pour autant ? Non, bien au contraire.

J'ai sûrement une vision des choses bien naïve, mais pour moi, le cinéma, tout comme la littérature, est avant tout un fantastique moyen de nous confronter à une histoire qui va faire ressurgir dans notre inconscient ou même dans notre conscient une multitude de questions à propos de nous mêmes, de nos relations avec les autres et du monde qui nous entoure.
Je ne remercierai jamais assez certains cinéastes de talent pour m'avoir permis de vivre ça, mais même en considérant les films qui m'ont le plus touchée, justement au vu de ma vision des choses, je suis bien forcée de me rendre compte que mes grands parents, même si ça me fait de la peine de cautionner plus ou moins Amazon en écrivant cela, ne pourraient pas comprendre.
Je sais très bien que si ma grand mère voyait 37°2 le Matin, sa première pensée serait "Oïwa, c'est cette Dalle, elle est toujours à poil, qu'est-ce qu'elle est vulgaire ! Qu'est-ce que c'est encore que ce film ? Je m'en vais lire le Télé 7 Jours !"

Finalement qu'est-ce qu'ils veulent les vieux ?
De "belles histoires", avec leur idéologie, ou alors de bonnes vieilles enquêtes policières, avec un début, un milieu, une fin, deux ou trois rebondissements mais surtout pas de violence excessive.
Finalement ils ne veulent pas autre chose que la retranscription du monde qui était le leur, et qu'ils regrettent quelque part, au milieu de la décadence actuelle qu'ils ne comprennent pas.
Est-ce qu'on peut légitimement leur en vouloir ?
Certes, l'ouverture d'esprit ne devrait rien avoir à faire avec le nombre d'années à notre actif, mais en toute objectivité, leur attitude est plus que compréhensible, et s'inscrit dans un habitus répété depuis un nombre d'années bien trop considérable pour qu'on puisse espérer un changement ou une remise en question.
Ce n'est certainement pas au seuil de notre vie qu'on peut changer de façon de voir les choses, c'est vrai, et il s'agit de personnes qui ont été beaucoup trop plongées dans l'action du temps de leur jeunesse pour avoir l'occasion de s'interroger sur le bien fondé de tout ce qui pouvait se passer alors.

Tout ça n'est jamais qu'un constat, même si je persiste à trouver tout ça un peu dommage, et face à l'impossibilité de faire évoluer les choses, je me contenterai d'acheter un nouveau Scrabble à mes grands parents, étant donné que le leur commence sérieusement à pâtir de sa longévité... Après tout c'est toujours plus stimulant pour l'esprit qu'Hercule Poirot ou Miss Marple...

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11 novembre 2007

Tell me what you don't like about yourself

Après une saison 4 bien décevante à mon goût, le décor n'en était pas moins planté pour les deux chirurgiens esthétiques les plus populaires du petit écran : Christian Troy et Sean McNamara.
Après Miami et la gloire en Floride, c'était en effet à la côte Ouest des States que les deux tombeurs allaient s'en prendre, et on pouvait légitimement s'attendre à un retour fracassant bien dans l'esprit de la première saison ; du cynisme, du sexe, de la gloriole et du fric !

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Après deux épisodes, il semble que les choses soient un peu plus complexes, et que si le personnage de Sean s'affirme encore plus que dans les saisons précédentes, c'est maintenant au tour de Christian de subir les âfres de la crise de la quarantaine.
Je vois venir les plus allergiques au pathos : "oh non, pas encore une crise existentielle...", et c'est bien légitime étant donné que c'est précisément ce qui nuit à mon avis au bon déroulement de la série.
Pourtant, cette crise existentielle là semble un peu plus sympathique que les autres, même si elle s'accompagne forcément d'une certaine lassitude pour le phénomène Nip Tuck.

niptu

Hé oui, Carver, c'était mieux avant !

En deux épisodes, on nous sort le grand jeu !
Une mise en abîme inattendue avec nos deux héros qui servent de conseillers et de figurants dans une série volontairement tournée en dérision sur le monde de la chirurgie esthétique, et donc les premiers pas de Sean et Christian dans le monde magique d'Hollywood, qui, contre toute attente, tournent plutôt en faveur de Sean.
Christian va allègrement en profiter pour nous faire sa petite rébellion adolescente et adopter le sacro saint mantra, "A connard, connard et demi" en marchant sur les plates bandes de son pote et en allant jusqu'à poser à poil pour surpasser son copain niveau côte de popularité.
Parallèlement, Julia nous fait un come back fracassant en annonçant qu'elle a viré gougnotte et à la fin du second épisode, Christian s'envoie deux Marilyn Monroe en les priant de faire de lui une star... L'espace d'une nuit.

Rebondissements inattendus, bonne évolution des personnages... Mais, c'est dommage, la magie Nip Tuck n'opère plus.
Peut être m'en suis-je désintéressée toute seule à force de me gaver de soaps en tous genres pour faire taire l'ennui, peut être y a-t-il vraiment une baisse de régime dans le scénario, nul ne le sait, mais quand même, il manque ce petit je-ne-sais-quoi qui me rendait accro à cette série et qui en faisait quelque chose de subversif et éventuellement porteur de message au lieu d'être un simple divertissement pendant mes accès de boulimie dominicale.
Dommage !

Posté par Cryptorchid à 18:34 - Séries télé - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les Poupées Klaus Barbie, pensez-y !

Oui parce qu'avec toutes ces conneries, c'est bientôt Noël !
Quelle joie, quel bonheur, quelle délectation...
Après 4 ans d'enlise à Toulouse, ce sera le dernier Noël pré-déménagement pour Maisons Alfort (oui, ça y est le verdict est tombé, tel un couperet, je vais donc habiter là bas pour 8 mois minimun vu que les bails sont reconductibles à partir du 31 Août, mais comme je n'aurai pas d'emploi fixe avant début Octobre au bas mot car je termine mon stage fin Septembre, je sens que l'appartement étudiant me tend les bras pour encore bien trop de temps...) (trève de la parenthèse trop longue c'est promis).

Bref c'est bientôt Noël.
Pas vraiment bientôt, il reste encore un mois et demi, mais il y a déjà les chocolats Ferrerro Rocher qui me font de l'oeil au Champion, les calendriers de l'avant par ci par là, et d'ici à ce que les marchés de Noël ouvrent leurs portes, il n'y a plus que deux semaines.

indexComme d'habitude, moi, je tire la gueule.
Qu'est-ce qu'on m'emmerde avec ces ritournelles sucrées mi religieuses mi païennes et cette bonne humeur montée de toutes pièces alors que je vais encore devoir passer 5 jour de tristesse et d'ennui infinis en FC (Franche Comté, pour les novices), avant de passer Nouvel An la gueule dans les cartons ?
Hé non, c'est pas encore cette année que je vais me barrer aux Maldives pour passer le cap du premier Janvier dans un hamac avec un cocktail coloré.
Cette année je vais me contenter d'emmerder Manon avec mes soucis existentiels parce que c'est la seule bonne âme qui veuille bien me filer un coup de main pour mon déménagement (j'ai pas le permis et maman a la flemme), et avec un peu de chance l'EDF me coupera l'électricité avant les 12 coups de minuit, qu'on termine au moins l'année dans la quiétude - sachant que le 1er Janvier donne en général le ton au reste de l'année, c'est tout ce à quoi nous pouvons aspirer elle et moi !

Bref, avant ça, parce que je dérape une fois de plus, il y aura Noël.
Noël et son flot de "T'as réussi ton grand écrit ? T'as fait tes cartons ? Quand même t'exagères... T'as encore grossi, non ? Et les amours ? Oh non, ne nous en parle pas ça va encore être choquant. Quand même t'auras rien foutu pendant tout le temps que tu es restée à Toulouse... Tu re-veux de la bûche ? Tu vas encore grossir..."
Yep'.

hobloody_150Non mais c'est pas la peine de prendre les choses comme ça à l'avance, que je me dis.
J'essaie de retrouver un peu de joie enfantine, le même type d'extase que j'avais quand je recevais ce putain de catalogue de jouets et que je cochais les trucs que j'avais jamais de toutes façons, parce que j'en cochais trop, ou que c'était trop cher, merde je suis en train de me rendre compte que je ne peux même pas mentionner un seul cadeau de Noël offert par ma mère qui m'aie vraiment extasié quand j'étais gamine... Ha si, la cassette audio d'Hélène Rollès, mais y avait pas moyen de l'écouter dans la bagnole et je n'avais ni chaîne hifi ni baladeur. J'étais toute jeune, ce qui explique ces goûts musicaux douteux.

Alors, au lieu de recevoir du fric qui passera direct dans mon découvert pour alimenter l'écureuil, je voudrais...

  • La Saison 2 de Twin Peaks
  • Le coffret BD de La Tour Sombre aux éditions Marvel qui n'est sorti qu'en Anglais mais tant pis parce que je peux me toucher en attendant la version française
  • Une cartouche de clopes customisée avec "VARRIN TUE" au lieu de "Fumer Tue" sur chacun des paquets (oui, ce serait un kiff exceptionnel)
  • Une poupée Klaus Barbie, parce que c'est le moindre des hommages et qu'en plus c'est pas difficile à faire. Suffit de customiser une vieux bout de tissu pour en faire une veste nazie, de raser le crâne de la barbie et de graver une croix gammée dessus et le tour est joué !
  • Des livres. N'importe quoi de n'importe qui, mais par pitié, que ce soit bien. J'en ai marre de me lancer dans des découvertes expérimentales et de ne lire que des auteurs de merde. C'est Noël ? Alors je veux de l'épopée, de la magie, de la fiction, mais de la bonne fiction ! Ok, je vais relire La Tour ou Le Fléau... Quoique même la biographie qualifiée d'explosive de Gérard Depardieu ferait l'affaire, parce que ça me ferait rire.

Ca ne marche pas.

J'arrive quand même pas à faire preuve d'un tant soit peu d'enthousiasme à l'idée de l'approche des fêtes. Le simple fait de savoir que je vais passer 9 heures dans un train qui me conduira directement en FC me donne envie de retourner me coucher et d'hiberner jusqu'à ce que le moment soit venu.
Y a rien à faire, l'esprit de Noël, c'est vraiment pas pour moi.
Fuck you, Santa !

santa_claus

Posté par Cryptorchid à 16:17 - Self centered - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2007

Man World

Même si je peux sans honte me catégoriser comme étant une anti féministe, je n'en suis pas moins une gonzesse, et, qui plus est, une lectrice chevronnée (même si au final, plus ça va, plus je me rends compte qu'il reste une quantité infinie d'oeuvres sur lesquelles je n'ai pas encore eu l'occasion de jeter mon dévolu).
En réfléchissant un peu, lors d'une soirée d'ennui et de perdition intellectuelle, une évidence m'est soudain venue à l'esprit : les femmes ont une place plus que limitée dans la littérature.

Le constat m'est venu en réfléchissant aux diverses et variées oeuvres de Stephen King que j'ai déjà lues, et ce fut d'autant plus facile que j'en connais quand même un rayon au sujet de ce brave Stevvie.
Bien sûr, ça peut sans doute paraître ridicule d'avoir commencé par un auteur de best sellers, mais l'exemple n'en est pas moins représentatif étant donné qu'il s'agit d'un auteur de fiction, c'est à dire un auteur dont le parti pris devrait être purement symbolique.
Si les monstres et les formes qu'ils prennent peuvent coïncider avec des périodes clefs aussi bien au niveau du collectif (la montée en puissance des extra terrestres au moment de la guerre froide) qu'au niveau de l'individu (l'intrusion des serial killers représentative de la peur du viol de l'intimité), les femmes, elles, restent complètement dérisoires et n'ont bien souvent qu'un rôle d'accompagnement.

Finalement, on en revient quand même à la lecture féministe du conte de fées, avec la princesse qui se laisse pousser les cheveux dans son donjon tandis que le prince affronte les hydres et les dragons.
Qui se tape tout le boulot face aux forces surnaturelles - même si ça correspond plutôt à se laisser embrigader - tandis que Wendy astique l'hôtel Overlook ? C'est Jack Torrance !
Qui s'échine à vouloir aller contre le travail de deuil en affrontant le Wendigo ? C'est Louis Creed. Que fait Rachel pendant ce temps là ? Elle passe Thanksgiving chez ses vieux avec sa fille.

ShiningShelleyMes
Wendy Torrance (Shelley Duval)...

ShiningJohhny
... vs Jack Torrance (Jack Nicholoson), enthousiasmé par sa position de supériorité

En élargissant à d'autres auteurs ma petite théorie, je me suis rapidement rendue compte que les femmes n'étaient bien souvent des héroïnes de romans que dans deux cas :
La représentation littéraire du féminisme, avec des auteurs féminines et potentiellement engagées (Jane Austen par exemple)
Les romans à l'eau de rose, ou les romans de gare, avec soit des héroïnes complètement stéréotypées (Mary Higgins Clark, Bridget Jones...), soi des héroïnes un peu plus futées, mais alors, une fois de plus, cherchant à se faire respecter dans un monde à dominante masculine (Patricia Cornwell et sa Kay Scarpetta par exemple).

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Bridget Jones (Renee Zellweger), ou la vision moderne de la femme dans la littérature... Ahem...

Je me suis ensuite demandé quels étaient les livres où un personnage féminin m'avait paru vraiment charismatique, et force est de constater que le charisme est bien plus souvent masculin. Y a-t-il une version féminine de Patrick Bateman dans la littérature actuellement ? Non. Et pourtant notre époque est censée coïncider avec l'avènement du féminisme.

On pourra me contredire en évoquant les livres d'Amélie Nothomb, mais étant donné qu'elle se met elle même en scène dans tous ses ouvrages, je doute que l'exemple soit pertinent (sans parler du fait que pour moi ce n'est pas de la littérature mais de la merde, mais je m'efforce de rester objective).
Alors qui ? Quelles héroïnes féminines m'ont déjà fait rêver ? Y en a-t-il une qui puisse m'aider à citer un nom au lieu d'ouvrir des yeux endormis tout en tirant sur ma clope lorsque j'en arrive à la question "quelle est votre héroïne de fiction préférée" dans le questionnaire de Proust ?

Betty Blue, bien sûr, héroïne de 37°2 le matin, par Philippe Djian, avant d'avoir été interprétée par Béatrice Dalle à l'écran...
... Sauf que... C'est tout de même Zorg qui raconte l'histoire et qui la met en scène ; toutes les belles phrases et toutes les théories viennent de lui, et si elle le dépasse en charisme et en force de caractère c'est tout simplement parce qu'elle est folle.
Est-ce qu'on n'en revient pas une nouvelle fois au conte de fée ? La princesse est totalement dépourvue de charisme et n'a qu'un rôle d'accompagnement, mais celle qui fait le plus parler d'elle c'est finalement la sorcière, celle qui fait peur...

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Betty Blue (Béatrice Dalle), la princesse ou la sorcière ?

Et puis la princesse, finalement, pourquoi est-ce qu'on la remarque dans les contes de fées, pourquoi le prince se met à assassiner les streums de la forêt en son nom ? Parce qu'elle est bonne ! Mais évidemment, rien n'est dit à propos de son intelligence, de son sens de l'humour, ou de quoi que ce soit qui puisse lui donner une dimension humaine au lieu d'être cette icône figée et donc forcément stéréotypée.
Dans les grandes histoires d'amour de la littérature, finalement, c'est un peu la même chose, et pour m'attaquer directement au maître, même l'Ariane d'Albert Cohen est fondamentalement dépourvue d'intérêt face à Solal le grand, Solal le charismatique.
D'ailleurs, pour pousser un peu plus loin le raisonnement, le titre, "Belle du Seigneur", ne marque-t-il pas depuis le début la possessivité et l'appartenance de la femme à l'homme ?
Juliette, pourquoi n'as-tu pas le quart de la ferveur de Roméo ? Ophélie, pourquoi es-tu aussi pitoyable face à Hamlet, Iseult, pourquoi a-t-on l'impression que tu sers uniquement de vecteur aux problèmes de ce brave Tristan ?

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Pourquoi aucune grande épopée ne met en scène une héroïne digne de ce nom ?
Pourquoi les femmes dans la fiction sont elles la plupart du temps des écervelées mignonnes mais sans force de caractère qui passent les 3/4 des pages à se préoccuper de leurs nouveaux habits, des calories qu'elles ingurgitent et du % de chances qu'elles ont de se taper Machin ?
Pourquoi en écrivant ça, ai-je l'impression que la fiction est horriblement fidèle à la réalité ??!

Dolorès Claiborne est une héroïne.
Faux.
Dolorès Claiborne est un héros, car Dolorès Claiborne, finement incarnée par Kathy Bates à l'écran (pour vous donner une idée physique du personnage) ne tire jamais parti de sa féminité.
On dirait que la féminité est forcément synonyme de légèreté et de superficialité, et que seules celles qui sont taillées dans la masse avec un caractère bien trempé et une façon de penser finalement bien plus proche du cliché masculin sont aptes à devenir des héroïnes.

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Dolores Claiborne (Kathy Bates)

Finalement, ce n'est peut être pas non plus un hasard si les hommes ne sont pas vraiment convaincus par le concept de la femme jolie, drôle et intelligente, parce que ce n'est certainement pas la littérature qui leur a offert une chance.
Le cinéma, si. Mais le cinéma repose sur le visuel, qui donne donc déjà un pré-charisme à l'héroïne qui n'est pas à mettre en valeur en faisant appel aux mots. Ceci étant dit, les héroïnes valables ne sont pas non plus des plus nombreuses dans le monde magique du cinéma, surtout en comparaison aux hommes.

Susannah Holmes, héroïne secondaire de la Tour Sombre, personnage résultant de la fusion entre deux femmes est une sacrée héroïne. Une héroïne à la hauteur, à la fois pleine de bravoure et de charme.
Evidemment, elle est facilement éclipsée par l'aura sans pareil de Roland, mais ce que je note aussi, en souriant jaune, c'est qu'il a fallu deux femmes pour en créer une comme elle... Comme si tout était loin d'être inné.
Malgré ce point éventuellement contestable, car il m'est avis que l'intrigue était plus importante aux yeux de King que d'éventuels prises de parti féministe, c'est tout de même lui qui m'a offert le portrait féminin le plus appréciable à travers le personnage de Rose, dans son livre Rose Madder.
Une femme simple, bafouée par son présent mais en quête de changement et d'évolution, à la fois touchante et étrangement forte, pleine de failles et de timidité mais tout autant redoutable.
La fiction nous évite les dérives féministes, pour notre plus grand bonheur, et même s'il est difficile de s'identifier à Rose, je pense sincèrement que son personnage reste un symbole assez puissant.
C'est en tous cas en ce type de femme auquel je crois, une femme qui n'est pas obsédée par son tour de taille, une femme dont la joliesse ne passe pas par l'achat des dernières sapes à la mode, une femme aussi naturelle que grâcieuse et troublante, parce que c'est avant tout dans son caractère et dans sa personnalité qu'elle trouve ses principaux atouts.
Je regrette seulement que la littérature n'en ait pas d'autres comme elle à nous vendre, et surtout que les héroïnes actuelles aient bien plus en commun avec les Suicide Girls qu'avec des personnages comme celui-ci.

Je crois que la plupart des conclusions étant tirées, il ne me reste plus qu'à écrire moi même un livre avec une héroïne censée, honorable et en plus jolie !
Avec un peu de chance, ça se vendra bien dans la catégorie science fiction... ;-)

Posté par Cryptorchid à 20:27 - Livres - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 novembre 2007

Apt Pupil

"Ce qui distingue l'autodidacte de celui qui a fait des études, ce n'est pas l'ampleur des connaissances, mais des degrés différents de vitalité et de confiance en soi." (Milan Kundera)

Sans_titre

Parfait résumé de ce qu'on pourrait appeler la sacro sainte morale du Français moyen quand on en vient à s'interroger à propos de ceux qui étudient et qu'on appelle communément les érudits.
La scission entre les autodidactes (qui ont tout compris) et ceux qui ont fait des études (bouh les nuls) vient probablement d'une façon de pensée absurde mais pourtant bien encrée dans les moeurs : on devrait avoir honte de sa réussite, et la dissimuler le plus possible, sous prétexte d'une humilité tellement poussée à outrance qu'elle en devient carrément hors de propos.

Faire des études, être bon à l'école, mon Dieu mais quelle horreur !
De toutes façons c'est bien connu, ceux qui ont des bonnes notes en classe sont tous des geeks en puissance, boutonneux et à lunettes, et ils n'ont aucune vie sociale, ce qui fait qu'ils ne sauront jamais s'amuser.
En revanche, celui qui a appris des choses par lui même en envoyant chier le système est valorisé, surtout s'il a des penchants artistiques (c'est in d'être artiste de nos jours), et encore plus s'il n'est pas reconnu pour ses qualités.
C'est beau, ça donne une bonne raison de gueuler et de dénoncer l'injustice profonde de ce monde de merde dans lequel on vit : "Regarde, X a du talent et il n'est même pas reconnu pour ça, mais c'est un marginal, il vit en accord avec lui même, pas comme ces fils à papa qui font des études..."

Alors d'accord, l'éducation nationale en France, ce n'est sûrement pas ce qu'on fait de mieux.
Ok, c'est nase, ce système ultra théorique et formaté, où on apprend tout par coeur, et notamment des dates d'histoire dont on ne se souvient plus ne serait-ce que quelques semaines plus tard, et où on se retrouve avec la vague sensation d'avoir entendu parler de tel évènement sans plus savoir le situer chronologiquement des années après.
Je suis bien d'accord, c'est ridicule, ça n'éveille pas l'imagination, la curiosité ou la création, et je comprends que ça puisse même sembler carrément rébarbatif.

Je dois dire que pour moi la question ne s'est jamais posée ; j'aimais apprendre.
J'étais curieuse, tout m'intéressait, tout était bon à prendre, en dépit de la rigidité de la forme, j'ai quand même trouvé beaucoup de plaisir en découvrant le fond.
Question de personnalité, peut être, mais ensuite j'ai tendance à penser que ses accès de rébellion adolescente, faudrait quand même voir à se les foutre au cul pendant quelque temps histoire de réfléchir la tête froide.
Qu'est-ce qui est mieux ?
Rejeter en bloc un système sous prétexte que ses défauts semblent vraiment trop horribles pour pouvoir faire l'effort de s'y adapter, ou se plonger dedans quand même en sachant bien que c'est grâce à l'immersion dans la masse qu'on arrive à la dominer ?
Ca s'est fait de fil en aiguille, mais je n'ai pas assez d'illusions ni de naïveté pour croire que j'arriverai un jour à vivre grâce à mes piètres créations (j'ose même pas ajouter "littéraires" tellement je trouve ça minable), alors puisque je ne pouvais pas être d'un côté de la barrière, j'ai décidé d'être de l'autre, en faisant une école de commerce, spécialisation en management des entreprises culturelles.
Grâce à ça, j'aurai un travail dans le domaine qui m'intéresse le plus, ce qui ne m'empêche pas de continuer à écrire à côté si tel est mon bon plaisir.

intello

J'aimerais bien quand même que les gens cessent de trouver ça honteux d'avoir réussi sa scolarité et qu'on cesse aussi de brimer les bons élèves.
Depuis quand c'est un mal de travailler pour réussir à atteindre ses objectifs ?
Est-ce que c'est pas du bourrage de crâne, de faire croire aux gens que le simple fait d'avoir du talent va leur permettre de sortir du lot ?
Alors ok, ça arrive, mais une fois tous les tremblements de terre à peu près.

J'aimerais bien aussi qu'on arrête de stigmatiser les étudiants en écoles de commerce sous prétexte que ce sont tous des fils à papa bourrés de poignon qui achètent leur diplôme.
Il y en a, sans doute bien trop, je suis bien placée pour le savoir, mais même si je n'ai jamais eu l'esprit fraternel ESC, c'est quand même mon école, et je suis fière d'avoir fait ces études là.
Allez, hop, ça va me faire du bien : je suis fière d'avoir sauté une classe parce que je savais lire à 2 ans et demi, je suis fière d'avoir eu mon bac avec la mention très bien, je suis fière d'avoir été major de promo toutes les années en classe préparatoire, et finalement, je suis fière de bientôt sortir d'une des meilleures écoles de France avec un joli diplôme en poche qui devrait normalement me garantir une insertion dans le milieu professionnel plutôt sympathique.
J'en suis d'autant plus fière parce que mes parents ne sont ni cadres, ni profs, ni rien, parce que je viens de la campagne, et parce que mes diplômes je ne les devrai jamais qu'à moi.
C'est peut être seulement de l'apprentissage et pas du talent inné, mais cet apprentissage, moi, j'en suis très contente.
Je ne me permettrai jamais de dévaloriser quelqu'un qui est moins diplômé que moi, parce que je n'ai jamais été imbue de moi même et que je sais très bien que l'intelligence n'a rien à voir avec l'instruction.
Le problème, c'est que les gens ont tendance à penser que c'est soit l'un soit l'autre, et ça je m'y oppose complètement.
L'intelligence c'est aussi comprendre le système pour s'y intégrer et se donner ensuite la chance de tirer son épingle du jeu.
La rébellion, c'est attirant, c'est compréhensible, mais ça a rarement été un signe de maturité.

J'en ai juste ras le bol des catégorisations, une fois de plus.
D'accord les autodidactes sont généralement des gens très futés, mais bien souvent, ils ont quand même un certain complexe d'infériorité qui les pousse à se valoriser eux mêmes en se mettant d'emblée au dessus du panier, en enfonçant le plus possible ceux qui ont un parcours moins atypique.
Je trouve simplement que ce n'est pas juste, et que n'importe qui d'intelligent devrait pouvoir comprendre qu'il n'y a pas de généralisation à faire dans ce domaine ; c'est une question de personnalité, de maturité et de recul sur soi même. Socrate aurait compris !

Posté par Cryptorchid à 14:38 - Le monde est con - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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