Alex in Wonderland

Cinéma, musique, littérature, satyre, ironie cosmique, sushis, sens de la vie et surtout (auto) dérision !

25 avril 2008

Lettre de motivation

Monsieur X,

            Je prends la liberté de mettre un X après « Monsieur », parce que je n’ai pas eu envie de faire ce que tout chercher d’emploi est pourtant bien forcé de faire pour y mettre les formes ; c'est-à-dire éplucher le site Internet ou les éventuelles brochures de votre boîte pour trouver votre putain de nom.

Je me fous de savoir comment vous vous appelez, et d’ailleurs, vous êtes même peut être bien une dame et non un monsieur.

            Normalement, vous avez déjà parcouru d’un œil hagard mon CV en buvant votre premier café du matin. Personnellement, je le prends long, noir et sans sucre, et ça ne me réveille jamais. Vous savez donc, monsieur, madame, chose, que je suis presque diplômée d’une haute école de commerce. Presque parce qu’il me reste simplement à finir mon stage de fin d’études que j’effectue dans un magazine prescripteur en matière culturelle en France, ce qui me donne l’opportunité d’accroître parfois mon score au jeu de « Qui a la plus grosse cervelle ? » sur un site communautaire. Je tiens d’ailleurs à vous dire que je suis extrêmement agacée de me faire battre constamment par une grosse molasse qui tient le haut du podium et qui se trouve dans mes amis sur ce site parce que j’ai été assez charitable pour accepter sa requête. Ca m’apprendra à faire dans le social.

            Maintenant que j’ai fait un point rapide sur mon parcours scolaire, j’en arrive à évoquer mes motivations :

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………            

            Cher monsieur X, il faut encore que je vous dise que tout bien réfléchi, j’aurais encore mieux fait de m’inscrire en option audit et consulting plutôt qu’en management des entreprises culturelles. Quitte à sécher les cours, autant sécher ceux qui auraient pu m’offrir la possibilité d’amasser un paquet de poignon en sortant de cette école de merde où je n’ai rien appris excepté le fait que mon foie n’avait pas une résistance illimitée.

            Je n’ai plus envie de travailler dans le milieu culturel, car, comme tous les autres milieux, y compris le vôtre, le milieu culturel m’emmerde.

J’en ai marre de ce ramassis de bobos qui n’ont aucune organisation mais qui ont un ego démesuré. Je reste persuadée que j’en aurais tout autant ras le bol de travailler avec un ramassis de gens friqués qui ont un semblant d’organisation mais absolument aucune existence en dehors de celle qui leur est imposée par leur structure professionnelle.

            Dans l’idéal, je voudrais que vous ne m’engagiez pas mais que vous me versiez un salaire, disons de 3.000€ net par mois. Je ne vous demanderais même pas de tickets resto, ni même de carte orange. De toutes façons, le métro ça m’emmerde et je trouve les clochards dégueulasses.

Je n’ai pas envie de travailler. Je voudrais avoir une idée, une idée que personne n’a eu avant moi et qui me permettrait de me faire implanter des couilles en or. Je me suis jurée que si j’avais un jour assez de poignon pour le faire, je le ferais.

Je voudrais écrire une histoire à laquelle personne n’aurait jamais pensé, je voudrais avoir une voix superbe, rauque mais sensuelle, éraillée mais puissante, et pas ces relents d’accent franc-comtois entrecoupés de quintes de toux à cause de ces cigarettes trop nombreuses que je fume.

Je voudrais devenir rock star, et je voudrais devenir accro à la drogue.

Je voudrais être grisée tout le temps, avoir un maximum de sensations, et exploiter les réflexions qui en découleraient dans mon art.

Je voudrais passer des messages si puissants que les gens n’auraient pas d’autre choix que d’y réfléchir. Je voudrais être le coup de pied donné dans la fourmilière.

Je voudrais avoir le talent de Boris Vian, et surtout je voudrais que tout me tombe tout cuit dans le bec parce que je n’ai plus envie de travailler pour y arriver.

J’ai déjà fait 5 années d’études post bac pour n’arriver nulle part, alors je suis un peu dépitée maintenant.

Je voudrais des groupies, je voudrais me faire baiser, encore et encore, et par tous les trous, et que ça m’amène higher, je voudrais être plus forte que Dieu et plus mauvaise que le Diable, et par-dessous tout, je voudrais ne pas être moi.

Je veux arrêter de m’engoncer dans une carapace faite d’auto complaisance, je voudrais arrêter de regarder des séries télé minables en recouvrant mon âme d’une bonne dose de glucose, je voudrais soigner le trou que j’ai en plein milieu de l’esprit, mais je ne sais pas avec quoi le remplir pour enfin être heureuse.

            Vous ne m’aiderez pas, Monsieur X, mais je n’avais pas d’autre choix.

Je suis le personnage sur le tableau d’Edward Munch, je suis Le Cri.

Je suis figée et ma détresse déforme mes traits mais je n’arrive pas à déchirer la toile et à l’exprimer.

Je bouillonne mais mon front reste désespérément froid.

            Vous ne m’aiderez pas à aller mieux, vous ne me donnerez aucune raison de vivre, et non plus aucune raison de mourir.

En revanche, vous pouvez éventuellement me donner de l’argent.

            Pour ce qu’elles valent, vous avez mes salutations. Je n’aurai pas la prétention d’ajouter qu’elles sont distinguées.

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14 avril 2008

Action

Parfois, je pense que le monde se divise en deux camps ; ceux qui sont naturellement attirés par les conneries et ceux qui n’y sont pas.

 

Alors après, oui, bien sûr, il y a encore toute une myriade de subdivisions possibles, dans chacun des deux camps.
Prenons ceux qui sont attirés par les conneries : il y a ceux qui ont une bonne résistance à la connerie et ceux qui y succombent – si tu préfères, ceux qui sont curieux et qui font des conneries juste-pour-voir, et ceux qui ne réfléchissent pas et qui ne mesurent pas l’étendue de la connerie.
C’est après avoir décidé qu’une connerie était vraiment très très conne et qu’il ne fallait vraiment vraiment pas la faire qu’on atteint une satisfaction maximale lorsque l’on finit par y succomber.
Si on ne s’en rend pas compte, la connerie devient banale, et alors c’est l’escalade. La rareté de la chose n’existe plus, et on se laisse avoir par la connerie.

 

Ceux qui n’aiment pas les conneries, il y en a deux camps aussi ; les raisonnables par nature, et les froussards.
Les pires de tous, évidemment, ce sont les froussards.
Ils envient la connerie, la connerie les fascine, ils aimeraient bien, mais, non, ils ont vraiment trop la trouille. Alors ils sont aigris, et jalousent les téméraires tout en se faisant croire à eux-mêmes qu’ils les détestent.
Les raisonnables par nature sont les plus chanceux ; ce n’est pas difficile de résister à la tentation lorsque l’on n’est pas tenté.

 

Moi j’en ai marre de toutes ces théories de merde dans absolument tous les domaines, ces doctrines, ces idées, ces opinions, qu’est-ce que ça peut me fatiguer…

J’ai envie de bouger pour ne plus réfléchir, de faire des conneries, oui, tiens, sans arrêt même, et tant pis si ça veut dire que les rapports avec les gens sombrent dans la superficialité, de toutes façons tout le monde est superficiel, sauf quelques uns, et même ceux à qui on donne un laisser passer pour notre univers à nous, ils ne comprennent rien parce qu’ils restent cantonnés dans le leur.

 

J’ai plus envie d’écrire des histoires, j’ai envie de les vivre.

C’est malheureux quand même, l’inactivité.

Pas tout à fait, il y en a des pires que moi, il y en a qui sont passifs, passif c’est pire qu’être inactif, mais moi j’en ai marre de cet espèce de déchirement constant entre ce que j’ai envie de faire et ce que j’ai peur de faire.

J’ai peur des gens et de ce qu’ils vont dire et de ce qu’ils vont penser, et je ne comprends pas pourquoi je suis aussi timorée alors que dans ma tête il est évident que c’est la réaction la plus nulle au monde.

 
Je dois fumer au moins deux cigarettes avant d’appeler Machin, et une fois que j’ai raccroché, je me demande pourquoi j’ai pu avoir une quelconque appréhension, qu’est-ce que ça peut faire après tout c’est qu’un coup de fil, et, oh, je me suis faite avoir tellement de fois tout ça à cause de ça, parce que je ne suis pas sûre de moi, tellement et maintenant que j’ai compris, maintenant que j’ai tordu le cou au Fantôme de l’Amour d’Enfance, maintenant que j’ai fait le tour complet, que j’ai déchiré toutes les images et regardé la réalité en face, maintenant que je me suis rendue compte que la réalité était moche, moche et tellement creuse en comparaison de l’image que j’avais fabriqué… Maintenant je crois que ça va mieux, je crois que je vais enfin pouvoir agir, et être un peu plus sûre, et pouvoir faire juste ce que j’ai envie de faire, pas parce que je pense que c’est mieux que rester toute seule, mais parce que j’ai envie et c’est tout, sans explications.

J’ai tellement cherché à expliquer pourquoi que je dois me forcer pour agir de manière déraisonnée. J'ai fait tellement d'introspection que j'ai fini par inventer des histoires pour justifier la personnalité des autres, par redorer des blasons, par creuser, fouiller, lentement, minutieusement, pour en extraire quelque chose, pour trouver une raison de croire encore en la nature humaine.
Si j'avais ouvert les yeux et regardé au dehors au lieu de me cantonner à l'intérieur, j'aurais compris plus tôt qu'il n'y avait rien à sauver.

Puisqu'il n'y a rien à sauver, maintenant je suis apaisée.
L'heure est venue... De faire des conneries.

 

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08 avril 2008

Asleep

C’est l’hiver qui s’éternise, et l’apathie avec, et le manque de motivation avec, et tout, tout s’éternise et c’est juste chiant, c’est juste terriblement chiant, et j’ai pas envie de, et ça m’intéresse pas, et tout ce qui est nouveau et qui est fun et qui me donne encore le thrill ne me le donne pas suffisamment longtemps, pas assez pour que j’ai envie de. A nouveau.

Je m’ennuie.

J’essaie de me fixer des buts, je les atteins sans trop de mal alors ça ne m’intéresse guère.

J’ai un moteur surpuissant qui tourne en sous régime, et rester sur ses acquis, au bout d’un moment, ça fait juste chier.

Je rédige des lettres de motivation. Et j’ai la motivation d’un poulpe, d’un poulpe endormi en fait, le genre de poulpe qui bouge péniblement des tentacules, mais pas assez pour se déplacer suffisamment.

J’ai tout fait pour que le terrain soit neutre et que la vue soit grande, mais j’ai pas encore suffisamment d’impulsion pour aller de l’avant.

Peut être que ce n’est qu’une question de temps.

J’aimerais bien, parfois, que quelque chose puisse m’atteindre encore, mais je crois que là où j’en suis, je suis simplement condamnée à me foutre éternellement de tout.

Rien ne me touche, rien ne m’affecte.

Ah, si, j’ai 2 kilos à perdre.

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31 janvier 2008

The Dude is back

Oh oui je sais.

Des lustres que je n'avais rien écrit ici, et sans doute que j'écris pour le vide cybernétique plutôt que pour quelques perdus, comme ça pouvait être le cas du temps de mon débit régulier de conneries.
Seulement, je ne sais pas, l'impossibilité d'écrire convenablement due aux réticences de mes touches E et H doit me convaincre, de manière tout à fait malsaine, que le temps est revenu.

Alors allons y.

Après avoir brillamment foiré mon grand écrit, au point que je ne peux plus passer devant une enseigne Starbucks sans marmonner "enculés" (étant donné que c'est leur stratégie que j'ai dû décortiquer), j'ai eu le temps de ruminer mes peines pendant un déménagement trop épique pour être narré en quelques mots, et me voici donc en région parisienne, banlieue sud est, plus exactement Maisons Alfort.

J'attends de commencer mon stage le 25 Février, et en attendant justement, je regarde parfois par la fenêtre pour profiter de la vue donnant droit chez mes voisins aux beaux appartements pour oublier que l'absence de thunes m'empêche d'aller me balader.

Aller se balader, pour quoi faire ?
Le plaisir de prendre le Grand Truc Moche (RER qu'ils disent) ou encore le Petit Truc Moche (le Métro qu'ils disent), tout ça pour finir par se perdre (visiter qu'ils disent) dans des rues Hausmaniennes dégoûtantes de boboserie ? Non, vraiment, autant mater Twin Peaks en bouffant des Chocobons (des presques tartes à la myrtille du RR quoi).

Oui je suis pas d'humeur.
Le genre de périodes où je n'ai qu'une seule envie ; me lover sous ma couette comme un gros serpent dégoûlinant de graisse et ingurgiter un maximum de saloperies avec plein de glucides et plein de lipides.
Et lire.
Et mater des séries débilisantes.
Pas envie de faire d'efforts, pas envie de me saper, pas envie de me maquiller, non tout ça c'est beaucoup trop fatiguant.

Au milieu de toutes ces petites non nouveautés, il y a bien quelque chose que je me devais d'annoncer, avec pertes, fracas, et résonnement du glas : je vais tenter d'arrêter de fumer.
Oui, vous avez bien lu.
Moi.

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(Moi, oui, oui, moi, tout pareil mais sans la clope)

Mais pour la suite des aventures, autant commencer directement avec un nouveau post !

Posté par Cryptorchid à 17:55 - Self centered - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 décembre 2007

It's time to move on

Comme à chaque fois que je rôdaille sur l'Internet ces temps ci, une vague de culpabilité tend à me submerger... Mais c'est en vain, parce que je suis bien trop fatiguée pour laisser la culpabilité m'assaillir.

Pour faire illustré, la culpabilité vient de ça :

9782100083145
Boooouuuhhh !!!

Et la fatigue vient de ça :

cartons
Booooouuuhhh aussi !

Je suis effectivement en train de séparer mon esprit et mon corps, le premier s'attelant à étudier des matrices BCG, analyses de Porter et autres chaînes de valeur (sans parler du ROE, ROA, ROS => RAF ! (Rien A Foutre pour les non initiés)), tandis que mon corps se courbe, se plie, mes reins se cambrent cassent et mes bras soulèvent, ad vitam eternam semble-t-il...

La fin est proche !
Dans 8 jours, je passe le dernier examen de ma vie, et pour marquer le coup, il me fait bien chier.
6 heures de stratégie d'entreprise, et si je n'assure pas le 8 minimal, je n'ai pas mon diplôme.
Parralèlement, j'empaquette, parce que l'ultime migration pour les fêtes de Noël est proche (direction FC évidemment), et l'ultime retour toulousain est proche aussi.
Le 28 Décembre, le Morue Gang va investir les vestiges de mon appartement, et le 2 Janvier, état des lieux de sortie et direction Paris. Le 3 Janvier, installation à Maison Alfort, si pas de crevaison de pneu, crash sur le périph' ou mort absurde entre temps. Rien n'est joué, mais je suis optimiste !

"Alors, ça te fait quoi de quitter Toulouse après 4 ans de vie ici ?"
=> Ca me fait plaisir !
Bon, OK, j'ai eu un moment un peu bizarre, pas vraiment de la nostalgie, mais un vague soupçon d'émotion pas très marrante, pendant une pause clope à ma fenêtre... Ca a duré une chanson et une demi clope et c'était fini.
Puis j'ai emballé mes livres, mes CD, mes DVD, mon micro ondes, ma playstation, mes jeux vidéos et mes fringues, sans la moindre douleur psychologique (mes reins ont pris le pas sur tout le reste faut dire).

J'ai pas le temps.
Mon exam me fait flipper, c'est le dernier et l'enjeu est important, alors j'ai pas le temps de m'attarder sur autre chose.
J'ai pas de regrets.
J'ai vécu tout ce que j'avais à vivre ici, et la majorité des happy few sont partis avant moi, j'ai eu des bons moments, mais tellement d'emmerdes ces derniers temps que j'ai du mal à me dire que je pourrai regretter quoi que ce soit.
J'ai pas de remords.
J'en ai déjà suffisamment chié pour compenser la maigre satisfaction que j'ai pu avoir en faisant les conneries que j'avais à faire ici, alors je pense que le départ qui s'amorce ne pourra être que bénéfique.
J'ai pas d'espoir.
Peu importe le lieu, j'emmène mes névroses avec moi, mes qualités, mes défauts, mes drôles de réactions et ma bipolarité, et je n'ai pas d'attentes. Où que je soie, ce sera toujours moi. Peut être que des choses vont changer, parce que je serai plus entourée et plus occupée à partir de Février, mais je ne m'y attache pas trop : "There is no place I can go, there is no way I can hide, it feels like it keeps coming from the inside". Et puis, aussi, je ne pourrai plus changer énormément. J'ai gommé un peu les points trop dérangeants pour moi même de ma personnalité, mais il y aura toujours des traces. Je m'y accomode.

Je suis désolée pour ceux qui n'ont pas pris la peine de voir qui j'étais.
Je suis désolée pour ceux qui m'ont fait souffrir.
Si vous aviez sû, et si vous saviez, vous auriez honte, vous auriez des regrets.
Tant pis pour vous.
Je ne suis pas sereine mais j'ai plus de raisons de l'être que vous.
Je suis désolée pour ceux que je n'ai pas pris la peine de connaître comme j'aurais pu/dû.
C'est juste que les temps derniers ont été rudes, et même si j'ai du mal à me supporter moi même et mes incessantes divagations, introspections, analyses et tutti quanti, j'étais la seule personne avec qui j'avais vraiment envie de me retrouver.
Je ne sais plus faire, en matière de social. Vraiment. Je me suis tellement carapatée que je suis devenue une ermite. Mais je ressens les choses, énormément, et plus sûrement que vous ne l'imaginez.
De toutes manières, il y aura toujours des actes manqués, avant, maintenant et après, alors tant pis.

En 4 ans j'ai été bête, je mets ça sous le compte du manque de maturité, j'ai vraiment tout fait pour me faire remarquer et pour qu'on parle de moi, j'ai même probablement tout fait pour qu'on me déteste tellement j'exècre l'intégration - j'ai réussi, mais c'était idiot.
J'ai fait des mauvais choix, encore, je me suis intéressée à des mauvaises personnes, tant et si bien qu'il m'a fallu du temps pour panser mes blessures, mais maintenant je n'ai plus mal nulle part (sauf aux reins, because les cartons).
J'ai fait preuve de beaucoup d'humanité aussi, et j'ai connu des moments géniaux avec des gens géniaux pour ma peine.
Finalement j'ai grandi, et j'ai compris la vanité d'énormément de choses, et même si je n'éprouve aucune honte au regard de mon parcours, je suis quand même extrêmement satisfaite d'avoir passé le cap de l'excentricité forcée.
Je ne sais pas ce qu'il va se passer maintenant, et je m'en fiche.
Je ne place mon évolution entre les mains de personne, et je sais que je peux me remettre de tout.
Alors j'ai pas peur.
Alors je souris.

"There is no you, there is only me".

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11 novembre 2007

Les Poupées Klaus Barbie, pensez-y !

Oui parce qu'avec toutes ces conneries, c'est bientôt Noël !
Quelle joie, quel bonheur, quelle délectation...
Après 4 ans d'enlise à Toulouse, ce sera le dernier Noël pré-déménagement pour Maisons Alfort (oui, ça y est le verdict est tombé, tel un couperet, je vais donc habiter là bas pour 8 mois minimun vu que les bails sont reconductibles à partir du 31 Août, mais comme je n'aurai pas d'emploi fixe avant début Octobre au bas mot car je termine mon stage fin Septembre, je sens que l'appartement étudiant me tend les bras pour encore bien trop de temps...) (trève de la parenthèse trop longue c'est promis).

Bref c'est bientôt Noël.
Pas vraiment bientôt, il reste encore un mois et demi, mais il y a déjà les chocolats Ferrerro Rocher qui me font de l'oeil au Champion, les calendriers de l'avant par ci par là, et d'ici à ce que les marchés de Noël ouvrent leurs portes, il n'y a plus que deux semaines.

indexComme d'habitude, moi, je tire la gueule.
Qu'est-ce qu'on m'emmerde avec ces ritournelles sucrées mi religieuses mi païennes et cette bonne humeur montée de toutes pièces alors que je vais encore devoir passer 5 jour de tristesse et d'ennui infinis en FC (Franche Comté, pour les novices), avant de passer Nouvel An la gueule dans les cartons ?
Hé non, c'est pas encore cette année que je vais me barrer aux Maldives pour passer le cap du premier Janvier dans un hamac avec un cocktail coloré.
Cette année je vais me contenter d'emmerder Manon avec mes soucis existentiels parce que c'est la seule bonne âme qui veuille bien me filer un coup de main pour mon déménagement (j'ai pas le permis et maman a la flemme), et avec un peu de chance l'EDF me coupera l'électricité avant les 12 coups de minuit, qu'on termine au moins l'année dans la quiétude - sachant que le 1er Janvier donne en général le ton au reste de l'année, c'est tout ce à quoi nous pouvons aspirer elle et moi !

Bref, avant ça, parce que je dérape une fois de plus, il y aura Noël.
Noël et son flot de "T'as réussi ton grand écrit ? T'as fait tes cartons ? Quand même t'exagères... T'as encore grossi, non ? Et les amours ? Oh non, ne nous en parle pas ça va encore être choquant. Quand même t'auras rien foutu pendant tout le temps que tu es restée à Toulouse... Tu re-veux de la bûche ? Tu vas encore grossir..."
Yep'.

hobloody_150Non mais c'est pas la peine de prendre les choses comme ça à l'avance, que je me dis.
J'essaie de retrouver un peu de joie enfantine, le même type d'extase que j'avais quand je recevais ce putain de catalogue de jouets et que je cochais les trucs que j'avais jamais de toutes façons, parce que j'en cochais trop, ou que c'était trop cher, merde je suis en train de me rendre compte que je ne peux même pas mentionner un seul cadeau de Noël offert par ma mère qui m'aie vraiment extasié quand j'étais gamine... Ha si, la cassette audio d'Hélène Rollès, mais y avait pas moyen de l'écouter dans la bagnole et je n'avais ni chaîne hifi ni baladeur. J'étais toute jeune, ce qui explique ces goûts musicaux douteux.

Alors, au lieu de recevoir du fric qui passera direct dans mon découvert pour alimenter l'écureuil, je voudrais...

  • La Saison 2 de Twin Peaks
  • Le coffret BD de La Tour Sombre aux éditions Marvel qui n'est sorti qu'en Anglais mais tant pis parce que je peux me toucher en attendant la version française
  • Une cartouche de clopes customisée avec "VARRIN TUE" au lieu de "Fumer Tue" sur chacun des paquets (oui, ce serait un kiff exceptionnel)
  • Une poupée Klaus Barbie, parce que c'est le moindre des hommages et qu'en plus c'est pas difficile à faire. Suffit de customiser une vieux bout de tissu pour en faire une veste nazie, de raser le crâne de la barbie et de graver une croix gammée dessus et le tour est joué !
  • Des livres. N'importe quoi de n'importe qui, mais par pitié, que ce soit bien. J'en ai marre de me lancer dans des découvertes expérimentales et de ne lire que des auteurs de merde. C'est Noël ? Alors je veux de l'épopée, de la magie, de la fiction, mais de la bonne fiction ! Ok, je vais relire La Tour ou Le Fléau... Quoique même la biographie qualifiée d'explosive de Gérard Depardieu ferait l'affaire, parce que ça me ferait rire.

Ca ne marche pas.

J'arrive quand même pas à faire preuve d'un tant soit peu d'enthousiasme à l'idée de l'approche des fêtes. Le simple fait de savoir que je vais passer 9 heures dans un train qui me conduira directement en FC me donne envie de retourner me coucher et d'hiberner jusqu'à ce que le moment soit venu.
Y a rien à faire, l'esprit de Noël, c'est vraiment pas pour moi.
Fuck you, Santa !

santa_claus

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06 novembre 2007

Into the hollows

C'est parti pour le mode "dépression hivernale", ça change un peu de la dépression printanière, de la dépression estivale et de la dépression automnale parce que c'est un peu plus froid et un peu plus gris : autrement dit c'est la joie ! ... Ou pas.

Je me suis souvent dit que la vie serait bien plus belle si j'étais conne, et plus ça va, plus je me dis que la vie serait également bien plus belle si je ne m'étais pas attachée autant à ma volonté féroce d'indépendance et d'autonomie à tout prix.
"Quand on te voit, on voit une nana super sûre d'elle qui a besoin de personne pour se démerder, alors c'est sûr que ça donne pas envie de s'occuper de toi..."
Touché. Sauf qu'évidemment, je suis aussi sûre de moi qu'un poulpe a des plumes, et le fait de cacher ma fragilité derrière une apparence d'intouchable et d'infaillible ne m'a pas tant aidée que ça, je suis en train d'en payer le prix maintenant, maintenant qu'il me semble que c'est trop tard pour faire marche arrière.

C'est pas vraiment ma faute, mais j'ai toujours l'impression que les autres n'ont pas besoin de moi. Je suis incapable de prendre mon téléphone et de demander à n'importe qui de venir me voir quand j'ai envie de me pendre tellement je me sens seule, parce que je pense, vraiment, que la personne n'a pas besoin de moi, et je ne veux pas m'imposer - surtout pas ça.
Je suis incapable d'aller gueuler quand bien même je me serais faite entuber encore pire que chez Julien Courbet parce que je n'aime pas le scandale, je n'aime pas le conflit, je ne supporte pas les effusions.
Je suis incapable de choisir dans quel restaurant il faut aller manger quand je suis avec des gens, parce que le principal c'est que ça leur fasse plaisir à eux, moi je m'adapterai.
Alors à côté de ça, évidemment, je suis exubérante, grande gueule, excentrique, j'arrête pas de me donner en spectacle... Dès que je suis entourée de gens dont l'avis m'importe peu.
Non, j'ai pas confiance en moi, et je pense que le problème principal c'est que j'ai peur d'être dépendante des gens. Ca paraît con, ça semble être un problème dérisoire et facile à régler, mais je pense que tous les rebuts du collège me comprendront peut être ; c'est sans doute des anciennes effluves de timidité poussée à outrance qui ressurgissent parfois, quand il ne faudrait pas, mais c'est juste que j'ai la trouille.
C'est tellement plus facile de se protéger en se coupant du monde...

Mon problème principal actuellement, c'est qu'évidemment le schéma se répète avec les mecs.
Ah si les gens qui me taxent d'extravertie me voyaient, complètement tétanisée, à avoir une tendance tellement énervante à dire "oui" à tout du moment que ça lui fait plaisir à lui...
Je suis un tyran diabolique et je suis aussi mon martyre préféré.
J'ai refusé le droit à l'erreur alors j'évite de m'imposer, parce que choisir de ne pas choisir reste évidemment la meilleure façon d'éviter les mauvais choix.
C'est sûr, je ne suis pas comme la plupart des filles.
Je n'exigerai jamais rien de quelqu'un, et si on peut me parler de tout et que très vite j'en arrive à prendre le statut du pote dans une relation, finalement ça ne me dérange pas parce que j'aime bien cette distinction entre moi et les autres. Je ne veux pas demander à ce qu'on aie telle ou telle attention envers moi, parce que je sais qu'au fond, tout ça n'est jamais que pure gaminerie et que je me trouve au dessus de ça.
Sauf qu'évidemment, j'en souffre quand même.

Je hais toutes les ex, pour tout ce qu'elles ont réussi à obtenir à force de naturel et de connerie et que moi je n'aurai jamais parce que c'est moi qui me le refuse.
Je hais cette volonté que j'ai de ne jamais vouloir déranger, de ne jamais vouloir m'imposer, d'être conciliante au possible. Si j'essayais autre chose je ne serais pas plus naturelle, je suis juste comme ça.
J'ai sûrement peur de me laisser aller, peur d'être dépendante, peur de trop en dévoiler, de montrer que non, finalement, je ne suis pas infaillible et que moi aussi je suis comme les autres.
Je ne veux pas être comme les autres, alors je cache ce que je suis, parce que j'ai peur qu'on découvre que finalement, j'étais pas si grandiose.
Je déteste cette façon que j'ai de me dévaloriser toute seule, d'éviter de raconter telles ou telles choses parce que finalement, c'est sûrement pas si intéressant que ça.
J'ai juste peur que ça ne colle plus, et même si je sais bien, quelque part, que tout ça est ridicule et que je ne devrais rien avoir à prouver, j'ai peur.
Les coups d'un soir ne m'ont pas aidée, les coups foireux non plus, endosser le rôle de la maîtresse qui n'a rien d'autre à faire qu'être conciliante et jouer la carte "bien sous tous rapports" ne m'a pas aidée non plus.
Maintenant je sais pas comment faire autrement, je suis une handicapée des relations affectives, et j'ai beau essayer de prendre sur moi ; concrètement, je suis toujours dans l'impasse.

Qu'on ne me demande pas ce que je veux parce que je ne saurais pas quoi répondre.
Je n'ai aucune idée de ce que je peux demander et de ce à quoi je peux m'attendre ; c'est sûr que ne rien faire c'est encore le mieux dans un cas comme ça.
Je suis paumée.
J'aimerais bien combler le gouffre affectif, donner de l'affection et en recevoir, mais je me l'interdis à moi même et je n'ai encore pas réussi à trouver le mécanisme qui pourrait me permettre de débloquer ça.
Je fais vraiment de mon mieux et même si je ressens les choses à fond, j'ai encore énormément de mal à réussir à les vivre.

Alors évidemment la route est longue, encore, et peut être qu'on peut réussir à repartir droit même si on a pas commencé comme il aurait fallu... Ma tyrannie m'exaspère, l'hiver n'arrange rien !

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25 octobre 2007

Introspection énigmatique

Peut être que j'attends trop des gens.

J'ai été élevée à mauvaise école, celle où on croit, sans doute à tort, que c'est possible d'échanger nos points de vue sur le sens de la vie, celle où on croit que c'est possible d'avoir des discussions sérieuses et profondes où on peut se livrer, raconter les choses qui nous tiennent à coeur, même si elles sont moches, simplement parce que le fait d'avoir verbalisé tout ça permet de se sentir à la fois mieux et plus proche de la personne à qui on parle. Peut être qu'en fait il faudrait juste se contenter de prendre les gens seulement pour le positif qu'ils ont à nous offrir, et de rester à notre place en n'essayant pas de régler les problèmes manifestes qu'ils ont pourtant. Peut être que je me suis trop mêlée de ce qui ne me regardait pas et que, du coup, je me suis usée toute seule à un jeu qui n'avait pourtant pas lieu d'exister. Je crois que je perds encore quelqu'un, et ça m'a mise en colère, parce que je pensais qu'en quelques années, j'avais pris une importance que je n'ai manifestement pas.

Maintenant que j'y pense, et que je continue à me dire que c'est quand même un peu injuste que les choses n'aient bien souvent été que dans un sens, je me dis aussi que c'est moi qui en ai décidé ainsi. On m'a pas demandé de m'investir, et on n'a pas écouté les conseils qu'on ne m'avait pas non plus demandé de donner. J'aurais mieux fait de me taire et de me cantonner au superficiel. C'est dommage que j'aie tellement de mal à raisonner comme ça au fond, ça m'épargnerait bien des interrogations superflues.

C'est vrai qu'on ne peut pas aider les gens malgré eux. C'est déjà difficile quand ils nous le demandent alors quand en plus il n'y a pas de leitmotiv derrière tout ça, on fonce carrément dans le mur. Dommage. Mais je ne sais pas pour qui.

La raison pour laquelle je n'arriverai jamais à m'y faire, à ces remises en question sur la profondeur des sentiments qu'on peut raisonnablement éprouver pour notre prochain, c'est que moi je sais que ça existe, au moins en amitié, et je ne vois pas pourquoi, à partir de là, ce ne serait pas transposable dans d'autres sphères. Peut être que ce qui est vraiment malsain dans les relations fusionnelles avec quelqu'un, c'est qu'elles sont si rares que toutes les autres paraissent fades en comparaison, et qu'on a bien du mal à se résigner que c'est comme ça la plupart du temps. Tout le monde recherche le fusionnel et une fois qu'on l'a trouvé on ne peut pas se contenter de quelque chose de moins intense.

Reste un problème crucial, à savoir le fait que je n'arrive quand même pas à liquider le "moins intense" sous prétexte que ce n'est pas aussi prenant que ce que j'ai déjà connu. Peut être que je devrais simplement arrêter de voir le potentiel des relations que j'ai ; au fond on a toujours tendance à répéter le schéma qu'on connaît déjà et dans lequel on se sent à l'aise, et peut être que l'erreur que je fais c'est de vouloir toujours plus et toujours mieux sans arriver à me satisfaire de quelque chose de banal. Peut être que la plupart des gens acceptent plutôt bien la banalité, et que ça les dérange plus qu'autre chose au fond, les grands sentiments.

En attendant que les esprits s'ajustent ou qu'ils ne s'ajustent pas, je lève ma cannette de coca light aux amitiés absentes et à ce qui s'est brisé. Après tout c'est pas comme si c'était la première fois, et c'est même un peu moins douloureux à chaque fois. J'attends le moment où je deviendrai le monstre insensible et égocentré que j'idolâtrais il y a quelque temps, quand j'étais trop jeune pour comprendre l'amertume et la peine qui étaient inhérentes à un tel personnage. J'attends, parce que maintenant j'ai comme dans l'idée que les choses finiront comme ça, mais ça ne me révolte plus et ça ne me fait plus guère de peine non plus. Les gens m'ont usée et je n'ai simplement plus assez de foi pour me donner d'autres illusions. Ou alors moins intenses et moins transcendantes. Mais peu importe, j'ai déjà mon âme soeur, et l'amour n'a rien à voir dans tout ça - ou alors pas celui auquel on pense...

Posté par Cryptorchid à 15:30 - Self centered - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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