Alex in Wonderland

Cinéma, musique, littérature, satyre, ironie cosmique, sushis, sens de la vie et surtout (auto) dérision !

03 août 2009

Dexter

Dexter Morgan est expert en analyse de prélèvements sanguins au sein du service médico légal de la police de Miami.
Et puis aussi, il est tueur en série.

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La sonnerie d'alerte a déjà commencé à sonner dans la tête des plus éveillés, et elle retentit plus fort dès les premières images du génériques. Ca s'inspirerait pas d'American Psycho, par hasard, cette histoire ? Si, et le clin d'oeil est reconnu et assumé. Parmi les noms d'emprunt du héros, dès la première saison, on relève ainsi Patrick Bateman (référence directe au protagoniste du roman phare de Bret Easton Ellis) et... Sean Ellis, savant mix entre Sean Bateman (petit frère de Patrick et héros des Lois de L'Attraction) et bien sûr B.E Ellis himself.
Comme Patrick Bateman, Dexter Morgan se présente en individu vide, dépourvu de toutes émotions, mais tous deux n'appréhendent pas l'intégration sociale de la même façon.
Là où c'était précisément l'impossibilité de s'intégrer qui provoquait chez Bateman des crises violentes et existentielles et qui révélait sa part sombre, il s'agit, pour Dexter, d'un domaine d'expertise.
Trouvé sur les lieux du meurtre de sa mère, Dexter a été recueilli par un père adoptif aux méthodes peu orthodoxes qui, conscient de sa nature de tueur, lui a inculqué un code, des principes pour canaliser ses pulsions. Il s'agit pour lui de traquer, de débusquer les tueurs qui passent à travers les mailles du filet de la police et de leur régler leur compte à sa façon.
Dans le genre politiquement correct, on aura connu mieux.
Ajoutons à cela les références explicites à Ellis et la série part déjà avec de gros avantages.

Malheureusement, et on s'en rend compte très vite, il est difficile de maintenir, à long ou même à moyen terme, une vraie ambiguïté morale chez un personnage principal tout en déclenchant, en même temps, l'empathie des téléspectateurs.
Dexter est un faux anti-héros, qui s'attire quasi instantanément notre sympathie et que nous catégorisons très vite dans le camp des gentils.
Ce ne sont pas les longs passages introspectifs du personnage, trop récurrents et parfois lassants, qui nous convaincront du contraire.
Dexter est un gentil parce que Dexter a des circonstances atténuantes.
Il existe une explication à ce qu'il est, et nous la découvrirons dès la première saison qui, d'enquête sur un tueur de sang froid pour le moins alléchante, a malheureusement tendance à tourner en analyses psychologisantes un peu emmerdantes.
Sans prétextes à son instinct de tueur, le personnage de Dexter restait en équilibre entre le légitime et le moralement condamnable. Le doter d'un passé pour le moins traumatique, c'est se présenter en avocat de la défense et faire une objection, c'est prendre parti et empêcher le téléspectateur de faire, lui-même, son choix.
Ca ne s'arrange pas dans la saison 2 avec la mort de l'inspecteur Doakes, la seule personne s'étant jamais méfiée de Dexter, et le seul à avoir fini par découvrir la vérité à son sujet.
Alors que Doakes est retenu captif par notre protagoniste, on le voit s'interroger en même temps que nous : Doakes ne correspond pas au code de Dexter, il n'est en rien coupable et ne mérite donc pas de mourir. Mais il détient un secret qu'il ne gardera pas.
La canalisation des pulsions de violence évoquée dans la première saison se mue ici en conscience.
Alors qu'il traverse parallèlement une crise identitaire plutôt chiante, le tueur en série se révèle incapable de prendre la décision.
Il lui faudra se replonger complètement dans le passé, examiner les failles de l'enseignement de son père adoptif, et comprendre qu'il est seul maître du navire.
En dépit de la parenthèse introspective plutôt pertinente, Dexter n'agit toujours pas.
C'est un personnage secondaire qui interviendra et supprimera Doakes à sa place.
Dexter s'est, en théorie, réaffirmé comme tueur de sang froid, mais sa conscience tout comme sa popularité vis à vis de l'audience sont sauves car il n'a pas tué Doakes.

Dexter n'est pas la série jusqu'au-boutiste que l'on aurait pu imaginer avec les éléments de l'intrigue.
On regrette quelques facilités dans la construction des personnages mais la trame est plutôt bien ficelée, avec ce qu'il faut de rebondissements et de révélations efficaces.
On aurait peut être préféré des épisodes un peu moins interdépendants les uns des autres, mais dans l'ensemble, ça reste un divertissement qui fait son petit effet, chronophage comme on aime bien, et avec des personnages auxquels on s'attache vite - notons que le tueur de la première saison ressemble étrangement à Marc Lavoine - ah si, je vous assure :

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Et puis en même temps.
Le type vraiment froid, impassible, sans aucune conscience, et pour lequel on n'éprouverait réellement aucune empathie ; est-ce qu'on prendrait autant de plaisir à suivre ses péripéties ?
Sans doute que non.

La raison pour laquelle j'ai toujours apprécié les séries télé, c'est que, contrairement aux livres ou aux films, elles s'affichent et s'assument comme des divertissements et n'ont pas forcément à être crédibles, sans pour autant que ça relève du foutage de gueule - la marge est parfois très fine, cf Lost.
Pour le coup, le mélange est plutôt bien réussi.
Et j'attends de voir la saison 3 !

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06 avril 2009

Kingdom Hospital, ou le royaume de l'indigence

En ce moment, je feuillette le guide "Ecrivains en série", paru ces jours-ci aux éditions Léo Scheer.
C'est intéressant, parce qu'outre le fait qu'il soit possible de découvrir certaines choses pertinentes, il n'y a pas de consensus au niveau de la forme ni du fond, et, du coup, on se retrouve assez loin des descriptions habituelles, tantôt axées sur la technique ou articulées autour de métaphores psychologisantes qui sont toujours assez pompeuses, rébarbatives, bref, chiantes.
Je constate tout de même avec amertume qu'il y manque quelque chose, que seules 2 ou 3 personnes en France - dont ALC et moi même - peuvent remarquer.
Nous avons bien une analyse de Bastien Gallet sur L'Hôpital et ses fantômes, série créé par Lars Von Trier, mais rien, absolument rien, sur ce merveilleux remake fait par... Stephen King... et baptisé Kingdom Hospital.


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Tous les adeptes de la série originale ont, à ma connaissance, poussé des cris d'horreurs et tremblé de tous leurs membres en jetant ne serait-ce qu'un coup d'oeil à cette "sombre merde de remake américain honteux, dégueulasse, une hérésie, c'est n'importe quoi, de la merde rha rhaaa arghhh".
Après quoi, bon nombre se sont roulés par terre, pris de spasmes et de convulsions, avant de se défenestrer.
La sortie du remake de L'Hôpital et ses fantômes a ainsi causé la mort cérébrale ou littérale de plusieurs centaines de personnes à travers le monde.
Elle n'a généralement suscité que l'indifférence la plus totale de la très grande majorité des téléspectateurs.
Seules 4 personnes ont été gagnées par l'hilarité et ont développé une haute addiction vis-à-vis de ce programme plus que douteux. Ces quatre personnes, ce sont moi, deux amies et ma maman.
C'est dire.


Le Kingdom Hospital, situé bien sûr dans le Maine (USA), est une sorte de lieu de travail de la dernière chance pour une fine équipe de branques qui ont visiblement obtenu leur diplôme suite à une mise gagnante sur le facteur chance, ou parce que les correcteurs étaient bourrés.

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Une belle bande de vainqueurs


Nous avons ainsi le Dr Hook, plutôt beau gosse, qui s'est aménagé une garçonnière dans la morgue ; le Dr Louis Traff, qui n'aura servi absolument à rien sinon à pistonner son bon à rien de fils, le Dr Elmer Traff, qui nourrit une passion à l'égard du Dr Lona Massingale ; une hypocondriaque mythomane nommée Sally Druse, qui communique aussi avec les morts ; le Dr Stegman, aussi surnommé Charlatan-le-Charcuteur, et, pour superviser cette fine équipe, le Dr Jesse James, dont l'opération "Matins qui chantent" est l'apogée de l'oeuvre de sa vie. Et c'est lui qui le dit.

N'oublions pas non plus le fil rouge de la série, en la personne de Johnny B. Goude, employé de la maintenance, qui n'est malheureusement jamais là, pour différentes raisons qui peuvent éventuellement vous servir d'excuses pour sécher le taff : "il est chez le dentiste", "sa femme est chez le dentiste", "il était là mais il n'y est plus", "il a dû s'absenter un moment", etc, etc.
Ce n'est que dans le dernier épisode que Johnny B. Goude fera une apparition, et que les 4 téléspectateurs fidèles, au comble de l'hilarité, pourront se rendre compte avec délectation qu'il s'agit de... Stephen King, himself.


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Une morte et un fourmilier, deux protagonistes de choix

Tout part à vau l'eau dès le premier épisode, où un artiste peintre dénommé Peter Rickman se fait renverser par une camionette alors qu'il faisait son jogging et se retrouve, plongé dans le coma, hospitalisé au Kingdom Hospital.
Les adeptes de SK ne manqueront sans doute pas d'être intrigués, étant donné que c'est précisément ce qui est arrivé au célèbre écrivain (la camionnette et l'accident grave, pas l'hospitalisation chez les barjots, entendons nous bien).
Il faut dire que les clins d'oeil ne manquent pas, dans Kingdom.
Etendu par terre, Peter Rickman sera en effet identifié par un routier, livreur de... Nozz'a'la, soit la boisson équivalente au Coca Cola dans un des mondes parallèles de La Tour Sombre.
Avant d'être secouru, Peter aura l'occasion d'apercevoir une étrange créature pixellisée, qui reviendra de manière récurrente au fil des 13 épisodes : le gardien du passage entre la vie et la mort, incarné dans un fourmilier, et surnommé... Antubis.

(Je vous avais pourtant prévenu que c'était indigent, il est encore temps d'arrêter de lire.)

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Une hypocondriaque mythomane nommée Druse

Alors que Peter Rickman communique avec le fourmilier, Eleanore Druse, medium de son état, communique quant à elle avec une fillette morte au sujet de laquelle elle est fermement décidée à tout savoir.
Elle feint ainsi les maladies pour prolonger ses hospitalisations, au grand damn du Dr Stegman, qui en a plus que marre de ces bouseux du Maine et de leurs lubies, d'autant qu'il ne bénéficie même pas d'une place spéciale pour pouvoir garer sa Merco.

La trame est esquissée et nous avons donc là deux fils conducteurs principaux : savoir ce qui est arrivé à Mary, et s'immerger parmi les doux dingues qui servent de protagonistes.
La seconde perspective étant des plus réjouissantes, la Druse et la gamine ne tardent pas à nous paraître gonflantes au possible alors que l'on s'extasie en découvrant les nouvelles péripéties de Stegman et de Jesse James, sans parler du renouvellement intarissable de prétextes aux congés de Johnny B. Goude.

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La cloche et la clochette

Cette série, c'est du n'importe quoi du début à la fin, et c'est pour ça que c'est bien.
En underground dans le Kingdom Hospital, officie une secte composée de docteurs aux rituel et signe de reconnaissance désopilants.
Le Kingdom Hospital, c'est l'hosto où les docteurs envisagent de faire des perfusions de caramel aux patients agonisants.
Le Kingdom Hospital, c'est l'hosto où un patient sort du coma pour entonner une reprise de Steam (Nananana nananana hey hey good bye !) en choeur avec le staff.
Le Kingdom Hospital, c'est l'hosto où un apprenti docteur découpe la tête d'un cadavre à la morgue sous prétexte d'une vague ressemblance avec la sienne, pour faire croire à l'objet de sa dévotion qu'il s'est suicidé par amour pour elle.
Le Kingdom Hospital, c'est l'hosto version alternée où ledit cadavre va déambuler, paniqué, à la recherche de sa tête, sur fond sonore de Basement Jaxx (Where's your head at ?) pendant tout un épisode.
Le Kingdom Hospital, c'est la cour des mircales, avec un prophète new age qui réalise une multiplication des sandwiches au thon, en guise de multiplication des pains et du poisson.


Ne regardez pas cette série si vous avez regardé, auparavant, celle de Lars Von Trier.
Ne regardez pas cette série si vous vous attendez à quelque chose d'effrayant.
Ne regardez pas cette série si vous n'avez pas un sens du second degré déclinable jusqu'au degré moins l'infini.
Ne regardez pas cette série si, déjà, vous ne me trouvez pas drôle.
Tout bien considéré : ne regardez pas cette série.


En guise de preuve dissuasive, ça devrait vous suffire, amplement :

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13 décembre 2008

Spaced

Les noms de Simon Pegg, d'Edgar Wright et de Nick Frost susciteront peut être la curiosité de ceux qui ont vu - et forcément aimé - ces deux chefs d'œuvre d'humour et de parodie que sont Shaun of The Dead et Hot Fuzz.
Ce que la plupart des amateurs ignorent, en revanche, et que j'ignorais également moi même jusqu'à l'hiver dernier, est qu'avant ces deux longs métrages, il existait une série télé typiquement british qui réunissait déjà Simon Pegg et Nick Frost au sein d'un cast pour le moins déjanté et efficace, savamment orchestré par la réalisation d'Edgar Wright.


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L'intrigue de Spaced est d'une simplicité déconcertante, et n'est pas sans rappeler Friends, série en fonction de laquelle Spaced se construit, en proposant une alternative plus vraie, plus efficace, et bien plus subtile : Tim Bisley (Simon Pegg), vient de se faire larguer par sa petite amie, qui, après 5 ans de bons et loyaux services, a fini par lui préférer l'un de ses proches amis.
Daisy Steiner (Jessica Stevenson), aspirante journaliste et écrivain, qui tombe droit dans les bras de Morphée à la simple vue de sa machine à écrire, décide parallèlement de quitter le squat dans lequel elle vivotte et de se trouver un appartement.
Les deux protagonistes se rencontrent, les liens qui se créent entre eux sont cimentés par leur recherche de logement, et ils finissent par répondre à une petite annonce qui propose la location d'un appartement... For professional couple only.
Ils décident donc de jouer le jeu et investissent les lieux.


Ce n'est donc pas la trame et les rebondissements à suspense qui confèrent à Spaced toute sa qualité, mais bien davantage la ribambelle de personnages aussi atypiques que fondamentalement attachants, un humour très britannique avec son lot de jeux de mots et de répliques croustillantes, et sa multitude de références à la pop culture et particulièrement au cinéma, déjà annonciatrices des parodies que sont Shaun of the Dead et Hot Fuzz.


On reprend l'image et on part d'en haut à gauche pour les présentations.
Marsha Klein (Julia Deakin), propriétaire de l'appartement dans lequel vivent Tim et Daisy.
Rares sont les scènes où elle n'apparaît pas, un verre à la main et une clope au bec.
D'apparence austère et tyrannique, notamment avec Brian, un autre locataire à qui elle n'a de cesse de faire des avances, elle se révèle finalement être très maternelle avec l'ensemble du groupe... Manquant peut être d'occasions pour l'être avec sa fille, Amber, dont on ne voit jamais que les collants colorés et la chevelure blonde flottant derrière elle lorsqu'elle s'enfuit en courant après un habituel claquement de porte.

Mike Watt (Nick Frost), qui, après avoir volé un tank et essayé d'envahir Paris alors qu'il était dans l'armée, n'a de cesse de vouloir y retourner.
Arborant fièrement des tenues de G.I et jouant le rôle d'un soldat à la guerre du Viêtnam pendant ses parties de paint ball, Mike est quelque peu perturbé... Mais totalement génial.

Brian Topp (Mark Heap), sans conteste mon préféré.
Artiste peintre expérimentant l'anxiété, la peur, la colère et l'agression, Brian a constamment l'air d'être à la dérive, un peu flippant sur les bords, toujours hilarant.
Complètement tyrannisé par Marsha, il retrouve les joies des relations amoureuses grâce à Twist, ce qui portera préjudice à sa créativité.
Le personnage de Brian et surtout ses créations artistiques critiquent avec beaucoup d'ironie et d'humour certains éceuils de l'art contemportain.

Twist Morgan (Katy Carmichael), est la meilleure amie de Daisy. Elle travaille dans la mode (dans un pressing plus exactement), et Tim la décrit comme étant "either sweet but stupid or an evil genius"... Ce qui nous donne un résumé sommaire mais néanmoins réaliste du personnage !

Enfin, Daisy (Jessica Stevenson), écrivain dans l'âme mais pas vraiment dans les faits, ayant une propension à éviter le travail comme personne, pleine d'enthousiasme et de bonne humeur en règle générale mais soudainement négative et irrascible lorsqu'il s'agit de bosser - le contraste étant d'ailleurs particulièrement hilarant.
Et puis Tim (Simon Pegg), dessinateur de bande dessinées sans succès, geek dans l'âme, entretenant la même relation passionnelle avec Lara Croft que tous les adeptes de cette saloperie de jeu vidéo (et je me jette la pierre au passage), ne s'étant jamais vraiment remis de la trahison de George Lucas avec sa Menace Fantôme, et dont le comportement général, grincheux et cynique, fait qu'en dépit de son exaspération feinte en présence de Daisy, il n'en est pas moins complémentaire.

Outre un contenu extrêmement riche aussi bien dans ses scènes que dans son scénario, l'un des principaux atouts de Spaced, c'est son "réalisme sociologique", cette peinture extrêmement vraie des jeunes d'à peu près 25 ans, qui oscillent entre l'âge adulte et l'enfance en quasi permanence, pendant un laps de temps qui leur semble illimité et qui tendent à reconstruire des repères "familiaux" grâce à leurs amis.
Si les personnages peuvent, à première vue, passer pour caricaturaux, ils n'en sont pas moins tous profonds et c'est ce qui les rend si attachants.
Contrairement aux séries à la mode, Spaced ne s'articule pas autour de rebondissements tirés par les cheveux ou simplement loufoques.
Chaque épisode est relativement indépendant des autres, mais il n'empêche qu'il faut les voir tous, parce que leur valeur qualitative est complètement égale.
La mise en scène découle souvent de la parodie de certains films cultes, adroitement intégrés dans le scénario. A titre d'exemples, on reconnaît ainsi Shining, Vol au dessus d'un nid de coucous, Fantasia, ou évidemment Star Wars.
Chacun des épisodes fait référence à de multiples films, identifiables grâce à l'Homage'O'Meter dans les bonus DVD.
Spaced, c'est aussi une écriture diablement efficace, avec des répliques hilarantes qui fusent en permanence, et qui obligent le spectateur à ne pas manquer une miette de chacun des épisodes.

Malheureusement, il n'existe pas de version française du DVD, qui est néanmoins trouvable sur Amazon UK, avec les sous titres anglais - parce que mine de rien, l'accent british, c'est pas toujours facile à suivre, et comme dans le cas présent, il ne faut surtout pas en louper un morceau, mieux vaut avoir un support.
Deux saisons seulement, de 7 épisodes chacune, avec donc un seul regret : qu'il n'y en ait pas davantage !

23 août 2008

Bulles de savon

Pour une absurde raison, alors que j'étais encore enveloppée dans la torpeur du sommeil, mon esprit, qui émergeait peu à peu, a focalisé sur les séries télé.
Peut être que cela vient simplement de l'accumulation de "Tu devrais voir Dexter !", "Tu devrais voir Dr House !", ou d'autres "Quoi ? Tu n'as jamais vu OZ ??!!" qui commence légèrement à me taper sur le système.
J'ai donc entrepris mentalement de dresser une genèse des séries télé telles que moi je les ai connues depuis mon plus jeune âge.

J'ai donc remarqué qu'avant les années 2000, il était plutôt simple de classifier les séries télévisées, tout simplement en fonction de la cible à laquelle elles s'adressaient :

Les séries pour les vieux :

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Derrick, Le Renard, ou autres séries généralement allemandes passant souvent après le JT de 13 heures sur ce qu'on appelait à l'époque Antenne 2.
Ayant été élevée par mes grands parents, je pense pouvoir affirmer sans exagérer que j'ai bouffé mon lot de séries pour les vieux encore davantage que celles qui étaient ciblées pour moi.
Vague intrigue soporifique, héros tout sauf charismatiques, à croire que pour les vieux, on mise sur le réalisme, on dénonce une vague couleur grise dans ce monde qui se déglingue (n'allons pas jusqu'à parler de noirceur, parce que comparé à l'article ci-dessous, les épisodes les plus choquants de Derrick passent pour une rediff de Cendrillon).
Du pur divertissement, suffisamment inabouti pour que les vieux eux mêmes ne se sentent pas vraiment impliqués (j'ai de vagues souvenirs de ma grand mère étendue sur son "relax" à ronfler allègrement tandis que mon grand père faisait une sieste plus silencieuse de son côté pendant la première moitié de l'épisode).
A se demander si les séries pour les vieux ne ciblaient pas en fait les petits enfants dont ils avaient la charge, pour les préparer à ce qui allait suivre...

Les séries pour les ados :

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Beverly Hills 90210 fut l'une des premières séries à révolutionner les séries pour ados.
Apparue en 1993 sur TF1, alors que j'avais... Argh seulement 8 ans, elle fut suivie de près par Hartley Coeurs à Vif, qui apparut 2 ans plus tard sur France 2, avec une intrigue sensiblement similaire : une bande de jeunes pleins d'illusions, de dynamisme et de joie de vivre au sein de laquelle naît peu à peu des rapprochements sensuels, puis sexuels, puis des coups bas, puis des inimitiés, de plus en plus à mesure que les comédiens d'origine s'en vont et sont remplacés par de nouveaux, qui donnent généralement des idées plus tordues que jamais aux scénaristes.
La dernière fois que je suis tombée sur une rediff de BH, on était en plein coeur d'un traffic de drogue, d'un enlèvement, et possiblement d'un viol sous GHB. Hallucinée, j'ai vite éteint la télé, me demandant ce qui était arrivé à cette bande de jeunes à l'origine bien proprette.
La différence majeure entre BH et Hartley était d'ailleurs le niveau de vie ; très aisé pour les premiers, beaucoup moins pour les seconds.

Deux ans avant BH, apparaissait en France Premiers Baisers, série dont le titre parle pour lui même, puis, sans doute sous l'influence des productions américaines et australiennes plus alléchantes, suivit son spin off, Hélène et les Garçons, et tout un dérivé de conneries du même acabit qui me mettaient en joie en rentrant de la petite école : Le Miel et les Abeilles, Les Filles d'à côté.

Evidemment, tout ça c'était du pipi de chat comparé à ce qui allait rendre accro une tribu de jeunes collégiens dans la fin de la première moitié des 90's : Friends.
Des personnages un peu plus vieux, d'apparence un peu moins niais et surtout beaucoup plus drôles, qui ont enchanté pendant près de 10 ans une génération d'ados grandissants et se retrouvant eux aussi confrontés à la vie en collocation et ses possibles joyeusetés.
Assez parlé des ados, cible première du marketing télévisuel, cela n'est plus à prouver, et concentrons nous sur deux autres vieilleries, différamment positionnées.

Les séries familiales :

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Hé oui c'est bien Notre Belle Famille, suivie par de multiples consoeurs et dérivable à souhait, avec Une Nounou d'Enfer, et d'autres tranches télévisées que l'on savourait sur M6, en même temps que le repas du soir si nous avions des parents compatissants ou aussi félés que nous l'étions nous mêmes.
Les séries familiales s'adressaient à tout le monde, essentiellement la ménagère et ses gosses.

Les séries pour la ménagère :

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Qui ne se souvient pas d'Eden Capwell et Cruz Castillo ??
Même moi j'en ai de vagues réminescences et le générique flotte encore jusqu'à mes oreilles, avec une sonorité quelque peu délavée avec le temps.
Santa Barbara, mais aussi Dallas évidemment, puis Amour Gloire et Beauté, et toute une déclinaison de merdasseries entre tragique, comique-parce-que-ridicule, amour, trahisons, amitié, beauté, et ben aussi gloire hein, au moins on ne nous mentait pas avec les titres !

Les séries, qui ont rapidement lassé leur public, à l'exception d'une tranche quand même non négligeable de fanatiques, se sont ensuite quelque peu renouvelées sous forme de divertissements sympathiques, que l'on pouvait regarder à la va vite pendant l'heure de midi, ou tard le soir en cas d'insomnies.
Merci donc à Malcolm in the Middle, ou encore à Scrubs, plus récemment, pour ces quelques bons moments.

C'est le début des années 2000 qui a véritablement marqué la montée en puissance de la série télé, avec des divertissements suscitant de plus en plus d'enthousiasme, comme Sex and the City, apparue fin 2000 sur M6, qui lança la voie d'une nouvelle vague :

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Ben oui quand même.
Entre boire un verre avec des amis et regarder l'épisode de l'une de ces séries, le choix se faisait de plus en plus difficile.
Surtout avec l'apparition, en 2005 de...

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Nip/Tuck a sû, dès sa première saison, trouver un pertinent équilibre entre la série à suspense et le divertissement. Liés d'affection aux personnages, les spectateurs ne voulaient pas perdre une miette de leurs péripéties.
Combien de fois ai-je moi même prétexté quelque mal de dos pour éviter une ou deux pendaisons de crémaillère à cause que Nip Tuck sur M6 ? (Hé oui à l'époque la coutume du téléchargement n'était pas ce qu'elle était).
Malheureusement, Nip/Tuck a perdu de son panache sur la fin, en se positionnant toujours à mi chemin entre les intrigues intra personnages et le suspense insufflé aux saisons par un ennemi extérieur.
La concurrence fut rude, et essentiellement basée sur de l'intrigue biscornue et un suspense haletant, si bien que nos deux chirurgiens perdirent, à la longue, un peu de leur panache.

Les séries hype :

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Apparue sur nos écrans à peine plus tard que Nip/Tuck, Lost ouvrit la voie aux séries à sensations.
Une multitude de personnages, choisie de manière si éclectique que le marketing n'en était même plus implicite, auxquels il était paradoxalement impossible de vraiment s'attacher compte tenu de l'ampleur de l'intrigue extérieure.
Intrigue extérieure, dont, à la fin de la saison 4, nous ignorons d'ailleurs toujours tout.
En ce sens, on peut compare Lost à son ancêtre de longue date, X-Files, qui s'est imposée comme la pièce maîtresse des séries à sensations dans les années 90, surplombant ses pâles rivales bien qu'amusantes, comme Au delà du réel.
J'en reviens donc à Lost, qui ouvrit les vannes d'où s'écoulèrent d'incessantes créations télévisuelles (Heroes, 24h Chrono, Prison Break, Oz, Dr House, Dexter, etc, etc), qui suscitèrent chez moi une question existentielle : Existe-t-il, quelque part, une poule pondeuse de séries et d'intrigues à la con qui s'essoufflent même avant la fin de la première saison ?

Remarquons que toutes ces nouvelles séries ne sont pas si différentes que ça des anciennes ; Desperate Housewives, mix parfois mal géré entre Sex and the City et Twin Peaks (pièce maîtresse sur laquelle je reviendrai dans quelques lignes), un univers médicalo-carcéral décidément très à la mode, sans doute du à des séquelles post Urgences et la pléthore de séries policières qui a toujours envahi notre petit écran (Oz, Prison Break, Dexter, Dr House), un univers pseudo fantastique tout droit inspiré d'X Files pour Lost, et une variante sur le thème des super héros avec Heroes.
Autrement dit... Rien ne se crée, mais tout se recycle !

J'en arrive à boucler la boucle en mentionnant brièvement Twin Peaks, série à laquelle j'ai déjà consacré un article plus fouillé si vous avez la patience d'aller jeter un oeil plus bas.

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Diffusée sur La Cinq en 1991, Twin Peaks avait déjà tout d'une grande, et même d'une magistrale, en conservant cela d'unique qu'elle ne s'est jamais cantonnée à un simple genre.
Au milieu d'intrigues en tiroirs, Twin Peaks était faite d'humour, d'absurde, d'horreur, et de paranormal.
On ne s'identifiait pas aux personnages, on se plongeait dans leur univers en s'y abandonnant avec délice ; et on acceptait l'innexplicable sans rechigner et sans vouloir coller sur les personnages les étiquettes manichéennes du bon et du méchant.
Ce sont probablement les raisons pour lesquelles Twin Peaks restera LA meilleure série télé de tous les temps, ayant donné naissance à beaucoup de pâles copies, mais jamais égalée d'un point de vue qualitatif... Ma foi tout le monde ne s'appelle pas David Lynch.

La simplification à outrance de personnages caricaturaux et la dichotomie entre le bien et le mal, toujours très marquée, est probablement l'origine de l'essoufflement de toutes les séries qui se réclament sensationnelles actuellement... Twin Peaks, en révélant l'absurde et l'impossibilité de tout comprendre et de tout maîtriser, en apparaissant presque Pascalienne maintenant que j'y pense, a brisé ces barrières que l'on veut actuellement reconstruire.
Pour conclure de manière très réductrice mais pourtant tellement vraie... C'était mieux avant !

Posté par Cryptorchid à 12:49 - Séries télé [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2008

Les hiboux ne sont pas ce que l'on croit.

En guise de préambule... Je n'ai pas arrêté de fumer, et, pire que ça, je n'ai jamais autant apprécié mes clopes que depuis que j'ai lu (n'ayons pas peur des mots), ce bouquin de merde.
Le préambule étant fini, passons aux choses sérieuses, avec Dale Cooper.

Aisément classable parmi les inconditionnelles de Lynch, non pas parce que je lui voue une admiration sans limites (il suffit de repenser à la tour de la méditation transcendentale pour m'en convaincre), mais parce que je considère qu'il n'y a vraiment pas grand chose à jeter dans son oeuvre, je dois tout de même avouer avoir vu Twin Peaks, le film, avant la série, faute de possibilité d'acquisition ou même de téléchargement.
TF1 Vidéo, puissent-ils être maudits (pour avoir coupé un bout d'épisode de la saison 2 et avoir vendu 1 coffret sur 10 défectueux en raison du packaging douteux, sans parler du prix exorbitant des 3 coffrets) ou bénis (puisque j'ai tout de même fini par voir l'intégralité de la série) m'a permi de remédier à cela.

Maintenant que j'ai terminé ce long périple dans cette bourgade pas si paisible, voici mes commentaires.

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Saison 1.
Le décor est très rapidement planté ; la reine du lycée et même de la petite ville, alias Laura Palmer, a été retrouvée morte, assassinée, et enveloppée dans du plastique.
Dale Cooper, agent du FBI quelque peu hors normes, débarque à Twin Peaks pour mener l'enquête en compagnie du shérif Truman, escorté du gauche adjoint Andy et du fort peu loquace mais néanmoins efficace Hawk.
Une ribambelle de personnages aussi pittoresques qu'absurdes apparaît alors progressivement, de la femme à la bûche aux allures mystiques à Ben Horne, crapule sans scrupules et passionné de nouvelles découvertes culinaires.
De Donuts alléchants en parts de tartes aux myrtilles, le spectateur a d'ailleurs vite fait de virer boulimique tant la bouffe est un élément omniprésent dans la série, équivalent même en importance au mystère qui plane autour de la mort de Laura.
De personnages inquiétants aux êtres les plus sympathiquement niais, de scènes hilarantes et absurdes aux moments les plus glauques, nous sommes tout simplement submergés par l'univers de la série que nous ne tardons pas à préférer à notre quotidien, si fade en comparaison.
Et peu importe le look ringard et la gomina abusive, Dale Cooper est tellement... Cooperesque que nous en tombons presque amoureuses. Enfin moi. Enfin il s'agit davantage d'une étrange fascination que de pulsions bestiales, mais tout de même !
La logique trouve tout de même sa place, malgré tout, et nous passons à la deuxième saison qui va encore plus nous bouleverser.

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Saison 2 - Partie 1.
TF1 vidéo, association de malfaiteurs, a eu tôt fait de comprendre qu'il était tout à fait possible de tirer un grand bénéfice de l'addiction des spectateurs aux péripéties de Dale Cooper. Au lieu de proposer un coffret réunissant l'intégralité de la série, qui ne dépasse pas les 25 épisodes, la choix a été de scinder tout cela en trois parties, à prix égaux, soit 39,90€ par coffret.
Quand Varrin aime, Varrin ne compte pas, surtout quand il s'agit de cadeaux de Noël qu'on lui fait, ainsi a-t-elle pu profiter pleinement de la sortie tant attendue de sa petite série fétiche.
Le mystère autour de la mort de Laura Palmer s'épaissit de plus en plus, et jamais l'on n'a vu une morte être aussi présente. De nouveaux personnages apparaissent, des sous intrigues se multiplient dans tous les coins, et on comprend alors véritablement que les habitants de Twin Peaks sont, pour la plupart, des gens fort peu scrupuleux qui n'hésitent pas à se poignarder dans le dos allègrement. Mais avec le sourire, et en mangeant de la tarte aux myrtilles !
Nous apprenons enfin qui a tué Laura Palmer, ou, plus exactement, quelle forme humaine se révélait être la demeure temporaire de l'horrible Bob, entité maléfique sévissant dans un monde intermédiaire dont le point d'accès se situerait dans la forêt.
La pseudo rationnalité laisse la place à la magie, et même si cela se révèle quelque peu déroutant, après tout, il s'agit tout de même d'une oeuvre Lynchienne, et nous n'y comprenions déjà pas grand chose au départ, donc pas trop de surprises.
Coffret tout aussi excellent que le précédent, avec une préférence personnelle pour l'épisode 14, grandiose, où le spectateur se retrouve totalement empathique et partage pleinement la tension des protagonistes.
Et même pour quelqu'un qui savait qui était vraiment Bob, la chute valait le détour.

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Saison 2, coffret 2.
Maintenant que nous savons qui a tué Laura Palmer, nous nous demandons légitimement si nous allons encore trouver un intérêt à la série.
Dès les premiers épisodes successifs à la révélation, la réponse paraît évidente : évidemment que oui.
La multitude d'intrigues secondaires qui avaient, pour certaines, déjà tendance à passer au premier plan, revêt une importance un peu plus capitale, et nous voilà replongés dans l'univers de Lynch, qui, au passage, s'octroie une petite visite en incarnant le chef de Dale Cooper : le sourdingue Gordon Cole.
Est-ce un mauvais choix de la part des scénaristes ou simplement une question d'affect, je l'ignore, mais il se trouve que l'affaire principale de la première moitié de ce coffret tourne autour de personnages qui ne m'inspirent que peu d'affection : Catherine Martel, son frère mort-ou-pas Andrew, et un dénommé Eckhardt, qui semble être le Diable personnifié.
Au niveau de la personnification du Diable, personnellement, j'avais une petite préférence pour Bob, qui, malheureusement, passe un peu à la trappe et revient de temps en temps enquiquiner le monde en faisant l'effet d'un cheveu sur une part de tarte aux myrtilles.

Dommage.

L'arrivée de nouveaux guests est parfois sympathique, avec l'excellente prestation de David Duchovny en travesti agent du FBI, mais tombe aussi parfois à plat, et malheureusement, ce sont les moins bons qui tirent la couverture à eux.
Une nouvelle intrigue se développe, concernant directement Dale Cooper.
Son ancien co-équipier Windom Earle, devenu apparemment givré, est sur ses traces, plus hargneux que jamais car il a longtemps ruminé le fait que Dale lui a piqué sa femme, qui est d'ailleurs morte.
Une partie d'échecs commence entre les deux protagonistes, mais de manière quelque peu sporadique.
Un coup par ci, et voilà une nouvelle intrigue à propos d'une-telle, un coup par là, et voilà Billy Zane qui débarque en guest pour le plaisir de nos yeux, encore un coup par ici, et c'est Heather Graham qui arrive, un p'tit coup par là, et Cooper tombe amoureux de la nouvelle venue, et... Ca commence à bien faire.
Nous comprenons bien rapidement qu'Earle est sur le point de choisir la reine de son jeu, ce qui coïncide avec l'arrivée d'Heather (Annie), dont Coop' tombe amoureux.
Le problème, c'est que Coop' ne doit pas tomber amoureux, parce que Coop' doit rester Coop', c'est à dire un être génial, absurde, mais asexué.
Et puis ce n'est pas juste qu'une nouvelle arrivée aie tout d'un coup tous les privilèges : l'amour de Coop', une place au RR, qui lui permet sans doute de s'empiffrer de tartes aux myrtilles en louce-dé, et, en plus de ça, l'élection au titre de Miss Twin Peaks.
Et brusquement, tout s'étiole, et on est moins dedans.
Pour le final, on n'y est carrément plus, et l'ultim queue de poisson nous laisse hésiter entre la consternation et l'hilarité ; parce que trop c'est trop.
Evidemment la multitude d'intrigues secondaires reste en plan ; avec certaines qui sont expédiées sans que l'on comprenne comment ni pourquoi et d'autres dont on ne nous parle tout simplement plus.

En résumé ; une série exceptionnelle, avec des acteurs impressionnants (mention spéciale à Kyle McLachlan, évidemment, mais aussi à Ray Wise, Miguel Ferrer... Tous, en fait), mais malheureusement un final bien décevant, qui tombe complètement à plat et qui contraste tristement avec les alléchants rebondissements auxquels nous étions habitués.
Je recommande quand même Twin Peaks, qui reste un grand classique et une source d'inspiration intarissable pour les séries actuelles, qui n'en égaleront toutefois jamais l'ambiance, mais je reste sur une petite pointe de déception que je vais m'efforcer de faire disparaître en regardant à nouveau le long métrage.
Et puisse le feu marcher avec moi !

Posté par Cryptorchid à 17:20 - Séries télé [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 novembre 2007

Tell me what you don't like about yourself

Après une saison 4 bien décevante à mon goût, le décor n'en était pas moins planté pour les deux chirurgiens esthétiques les plus populaires du petit écran : Christian Troy et Sean McNamara.
Après Miami et la gloire en Floride, c'était en effet à la côte Ouest des States que les deux tombeurs allaient s'en prendre, et on pouvait légitimement s'attendre à un retour fracassant bien dans l'esprit de la première saison ; du cynisme, du sexe, de la gloriole et du fric !

nip_tuck

Après deux épisodes, il semble que les choses soient un peu plus complexes, et que si le personnage de Sean s'affirme encore plus que dans les saisons précédentes, c'est maintenant au tour de Christian de subir les âfres de la crise de la quarantaine.
Je vois venir les plus allergiques au pathos : "oh non, pas encore une crise existentielle...", et c'est bien légitime étant donné que c'est précisément ce qui nuit à mon avis au bon déroulement de la série.
Pourtant, cette crise existentielle là semble un peu plus sympathique que les autres, même si elle s'accompagne forcément d'une certaine lassitude pour le phénomène Nip Tuck.

niptu

Hé oui, Carver, c'était mieux avant !

En deux épisodes, on nous sort le grand jeu !
Une mise en abîme inattendue avec nos deux héros qui servent de conseillers et de figurants dans une série volontairement tournée en dérision sur le monde de la chirurgie esthétique, et donc les premiers pas de Sean et Christian dans le monde magique d'Hollywood, qui, contre toute attente, tournent plutôt en faveur de Sean.
Christian va allègrement en profiter pour nous faire sa petite rébellion adolescente et adopter le sacro saint mantra, "A connard, connard et demi" en marchant sur les plates bandes de son pote et en allant jusqu'à poser à poil pour surpasser son copain niveau côte de popularité.
Parallèlement, Julia nous fait un come back fracassant en annonçant qu'elle a viré gougnotte et à la fin du second épisode, Christian s'envoie deux Marilyn Monroe en les priant de faire de lui une star... L'espace d'une nuit.

Rebondissements inattendus, bonne évolution des personnages... Mais, c'est dommage, la magie Nip Tuck n'opère plus.
Peut être m'en suis-je désintéressée toute seule à force de me gaver de soaps en tous genres pour faire taire l'ennui, peut être y a-t-il vraiment une baisse de régime dans le scénario, nul ne le sait, mais quand même, il manque ce petit je-ne-sais-quoi qui me rendait accro à cette série et qui en faisait quelque chose de subversif et éventuellement porteur de message au lieu d'être un simple divertissement pendant mes accès de boulimie dominicale.
Dommage !

Posté par Cryptorchid à 18:34 - Séries télé [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2007

Heroes

On s'fout d'not' gueule !!!

L'engouement général pour les séries télé m'avait laissée totalement indifférente voire même hautaine ("regarde moi tous ces cons qui matent leurs séries de cons comme des cons !") jusqu'à l'été dernier, où, face à un isolement des plus totals, je finis par me mettre moi aussi à la série-mania, bon gré mal gré, prête à tout pour obtenir un tant soit peu de divertissement.

Je reviendrai prochainement sur les séries que j'aime bien (oui, il y en a !), mais j'attaque d'emblée par celle dont l'on peut déjà regarder le début de la première saison en téléchargeant illégalement : Heroes.

Heroes___Cast_3

L'idée de base était simple, efficace, et bonne ! Des individus lambda, dispersés à travers le monde, qui finissent par découvrir qu'ils ont des super pouvoirs qui vont donc tout naturellement les rapprocher et les réunir afin qu'ils puissent sauver le monde. Quelques points communs avec Lost, donc, au niveau de la diversité des personnages, avec toutefois des personnalités moins définies et donc des rôles moins attachants (une petite nuance pour Hiro Nakamura, seul personnage vraiment digne d'intérêt à mes yeux - et encore, il est rigolo mais ça vaut pas son Christian Troy, loin de là !!). Bref, un début de saison accrocheur jusqu'au moment inévitable où tout part en vrille, moment que l'on retrouve à chaque fois dans toutes les séries basées sur une intrigue à suspense. Au bout d'un moment donc (généralement passée la première dizaine d'épisodes), c'est seulement que c'est trop. Trop compliqué, trop éparpillé, trop de sous intrigues en même temps, trop de nouveaux personnages, trop de nouveaux liens qui se tissent, et, inéluctablement, trop de perte d'intérêt de la part du spectateur. On ajoute à cela une fin de saison digne de la plus déplaisantes des confrontations à un boss de jeux vidéos : une fois que t'as bien trimé pour finir ton niveau, il suffit d'une accolade un peu trop forte pour que le boss tombe à terre et crève la gueule ouverte. Décevant, décevant !!

Pourquoi diable ai-je donc entrepris de regarder la saison suivante ? Sans doute une part de masochisme, sans doute une part de flemme automnale qui me pousse à regarder sciemment des choses superficielles, sans doute pour des raisons inexplicables. Toujours est-il que j'en suis à l'épisode 3 désormais et que le constat est simple : je-comprends-rien.

Les personnages m'avaient tellement marqué que je me rends compte que j'ai oublié quasiment tous les renseignements sur eux que les scénaristes avaient péniblement tenté de faire entrer dans la caboche des spectateurs pendant la première saison. Forcément, ça n'aide pas, surtout qu'il y en a qui changent de look, d'autres qui déménagent, d'autres qui sont devenus aussi amnésiques (ça aide pour l'empathie, il y a au moins aussi largué que moi !) et encore d'autres qui voyagent dans le temps, sans compter ceux qui changent d'apparence. Aaargh !!!

Alors qu'on assiste généralement à un retour à la normale et à l'insufflement subtil et stratégique d'une nouvelle trame en chaque début de saison, Heroes marque le coup depuis le début en offrant une trame plus que brouillon, encore plus dramatique (dans tous les sens du terme) et beaucoup moins accrocheuse que précédemment. Le pire dans tout ça c'est que j'ai tout de même récupéré l'épisode 4, et j'ai beau m'interroger sur les raisons pour lesquelles je m'inflige à moi même ce supplice télévisuel, je ne trouve aucune réponse... En tous cas la gent masculine sera sans doute contente, Claire Bennett est toujours aussi mignonne !

Posté par Cryptorchid à 21:18 - Séries télé [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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