13 février 2008
Les hiboux ne sont pas ce que l'on croit.
En guise de préambule... Je n'ai pas arrêté de fumer, et, pire que ça, je n'ai jamais autant apprécié mes clopes que depuis que j'ai lu (n'ayons pas peur des mots), ce bouquin de merde.
Le préambule étant fini, passons aux choses sérieuses, avec Dale Cooper.
Aisément classable parmi les inconditionnelles de Lynch, non pas parce que je lui voue une admiration sans limites (il suffit de repenser à la tour de la méditation transcendentale pour m'en convaincre), mais parce que je considère qu'il n'y a vraiment pas grand chose à jeter dans son oeuvre, je dois tout de même avouer avoir vu Twin Peaks, le film, avant la série, faute de possibilité d'acquisition ou même de téléchargement.
TF1 Vidéo, puissent-ils être maudits (pour avoir coupé un bout d'épisode de la saison 2 et avoir vendu 1 coffret sur 10 défectueux en raison du packaging douteux, sans parler du prix exorbitant des 3 coffrets) ou bénis (puisque j'ai tout de même fini par voir l'intégralité de la série) m'a permi de remédier à cela.
Maintenant que j'ai terminé ce long périple dans cette bourgade pas si paisible, voici mes commentaires.
Saison 1.
Le décor est très rapidement planté ; la reine du lycée et même de la petite ville, alias Laura Palmer, a été retrouvée morte, assassinée, et enveloppée dans du plastique.
Dale Cooper, agent du FBI quelque peu hors normes, débarque à Twin Peaks pour mener l'enquête en compagnie du shérif Truman, escorté du gauche adjoint Andy et du fort peu loquace mais néanmoins efficace Hawk.
Une ribambelle de personnages aussi pittoresques qu'absurdes apparaît alors progressivement, de la femme à la bûche aux allures mystiques à Ben Horne, crapule sans scrupules et passionné de nouvelles découvertes culinaires.
De Donuts alléchants en parts de tartes aux myrtilles, le spectateur a d'ailleurs vite fait de virer boulimique tant la bouffe est un élément omniprésent dans la série, équivalent même en importance au mystère qui plane autour de la mort de Laura.
De personnages inquiétants aux êtres les plus sympathiquement niais, de scènes hilarantes et absurdes aux moments les plus glauques, nous sommes tout simplement submergés par l'univers de la série que nous ne tardons pas à préférer à notre quotidien, si fade en comparaison.
Et peu importe le look ringard et la gomina abusive, Dale Cooper est tellement... Cooperesque que nous en tombons presque amoureuses. Enfin moi. Enfin il s'agit davantage d'une étrange fascination que de pulsions bestiales, mais tout de même !
La logique trouve tout de même sa place, malgré tout, et nous passons à la deuxième saison qui va encore plus nous bouleverser.
Saison 2 - Partie 1.
TF1 vidéo, association de malfaiteurs, a eu tôt fait de comprendre qu'il était tout à fait possible de tirer un grand bénéfice de l'addiction des spectateurs aux péripéties de Dale Cooper. Au lieu de proposer un coffret réunissant l'intégralité de la série, qui ne dépasse pas les 25 épisodes, la choix a été de scinder tout cela en trois parties, à prix égaux, soit 39,90€ par coffret.
Quand Varrin aime, Varrin ne compte pas, surtout quand il s'agit de cadeaux de Noël qu'on lui fait, ainsi a-t-elle pu profiter pleinement de la sortie tant attendue de sa petite série fétiche.
Le mystère autour de la mort de Laura Palmer s'épaissit de plus en plus, et jamais l'on n'a vu une morte être aussi présente. De nouveaux personnages apparaissent, des sous intrigues se multiplient dans tous les coins, et on comprend alors véritablement que les habitants de Twin Peaks sont, pour la plupart, des gens fort peu scrupuleux qui n'hésitent pas à se poignarder dans le dos allègrement. Mais avec le sourire, et en mangeant de la tarte aux myrtilles !
Nous apprenons enfin qui a tué Laura Palmer, ou, plus exactement, quelle forme humaine se révélait être la demeure temporaire de l'horrible Bob, entité maléfique sévissant dans un monde intermédiaire dont le point d'accès se situerait dans la forêt.
La pseudo rationnalité laisse la place à la magie, et même si cela se révèle quelque peu déroutant, après tout, il s'agit tout de même d'une oeuvre Lynchienne, et nous n'y comprenions déjà pas grand chose au départ, donc pas trop de surprises.
Coffret tout aussi excellent que le précédent, avec une préférence personnelle pour l'épisode 14, grandiose, où le spectateur se retrouve totalement empathique et partage pleinement la tension des protagonistes.
Et même pour quelqu'un qui savait qui était vraiment Bob, la chute valait le détour.
Saison 2, coffret 2.
Maintenant que nous savons qui a tué Laura Palmer, nous nous demandons légitimement si nous allons encore trouver un intérêt à la série.
Dès les premiers épisodes successifs à la révélation, la réponse paraît évidente : évidemment que oui.
La multitude d'intrigues secondaires qui avaient, pour certaines, déjà tendance à passer au premier plan, revêt une importance un peu plus capitale, et nous voilà replongés dans l'univers de Lynch, qui, au passage, s'octroie une petite visite en incarnant le chef de Dale Cooper : le sourdingue Gordon Cole.
Est-ce un mauvais choix de la part des scénaristes ou simplement une question d'affect, je l'ignore, mais il se trouve que l'affaire principale de la première moitié de ce coffret tourne autour de personnages qui ne m'inspirent que peu d'affection : Catherine Martel, son frère mort-ou-pas Andrew, et un dénommé Eckhardt, qui semble être le Diable personnifié.
Au niveau de la personnification du Diable, personnellement, j'avais une petite préférence pour Bob, qui, malheureusement, passe un peu à la trappe et revient de temps en temps enquiquiner le monde en faisant l'effet d'un cheveu sur une part de tarte aux myrtilles.
Dommage.
L'arrivée de nouveaux guests est parfois sympathique, avec l'excellente prestation de David Duchovny en travesti agent du FBI, mais tombe aussi parfois à plat, et malheureusement, ce sont les moins bons qui tirent la couverture à eux.
Une nouvelle intrigue se développe, concernant directement Dale Cooper.
Son ancien co-équipier Windom Earle, devenu apparemment givré, est sur ses traces, plus hargneux que jamais car il a longtemps ruminé le fait que Dale lui a piqué sa femme, qui est d'ailleurs morte.
Une partie d'échecs commence entre les deux protagonistes, mais de manière quelque peu sporadique.
Un coup par ci, et voilà une nouvelle intrigue à propos d'une-telle, un coup par là, et voilà Billy Zane qui débarque en guest pour le plaisir de nos yeux, encore un coup par ici, et c'est Heather Graham qui arrive, un p'tit coup par là, et Cooper tombe amoureux de la nouvelle venue, et... Ca commence à bien faire.
Nous comprenons bien rapidement qu'Earle est sur le point de choisir la reine de son jeu, ce qui coïncide avec l'arrivée d'Heather (Annie), dont Coop' tombe amoureux.
Le problème, c'est que Coop' ne doit pas tomber amoureux, parce que Coop' doit rester Coop', c'est à dire un être génial, absurde, mais asexué.
Et puis ce n'est pas juste qu'une nouvelle arrivée aie tout d'un coup tous les privilèges : l'amour de Coop', une place au RR, qui lui permet sans doute de s'empiffrer de tartes aux myrtilles en louce-dé, et, en plus de ça, l'élection au titre de Miss Twin Peaks.
Et brusquement, tout s'étiole, et on est moins dedans.
Pour le final, on n'y est carrément plus, et l'ultim queue de poisson nous laisse hésiter entre la consternation et l'hilarité ; parce que trop c'est trop.
Evidemment la multitude d'intrigues secondaires reste en plan ; avec certaines qui sont expédiées sans que l'on comprenne comment ni pourquoi et d'autres dont on ne nous parle tout simplement plus.
En résumé ; une série exceptionnelle, avec des acteurs impressionnants (mention spéciale à Kyle McLachlan, évidemment, mais aussi à Ray Wise, Miguel Ferrer... Tous, en fait), mais malheureusement un final bien décevant, qui tombe complètement à plat et qui contraste tristement avec les alléchants rebondissements auxquels nous étions habitués.
Je recommande quand même Twin Peaks, qui reste un grand classique et une source d'inspiration intarissable pour les séries actuelles, qui n'en égaleront toutefois jamais l'ambiance, mais je reste sur une petite pointe de déception que je vais m'efforcer de faire disparaître en regardant à nouveau le long métrage.
Et puisse le feu marcher avec moi !
11 novembre 2007
Tell me what you don't like about yourself
Après une saison 4 bien décevante à mon goût, le décor n'en était pas moins planté pour les deux chirurgiens esthétiques les plus populaires du petit écran : Christian Troy et Sean McNamara.
Après Miami et la gloire en Floride, c'était en effet à la côte Ouest des States que les deux tombeurs allaient s'en prendre, et on pouvait légitimement s'attendre à un retour fracassant bien dans l'esprit de la première saison ; du cynisme, du sexe, de la gloriole et du fric !
Après deux épisodes, il semble que les choses soient un peu plus complexes, et que si le personnage de Sean s'affirme encore plus que dans les saisons précédentes, c'est maintenant au tour de Christian de subir les âfres de la crise de la quarantaine.
Je vois venir les plus allergiques au pathos : "oh non, pas encore une crise existentielle...", et c'est bien légitime étant donné que c'est précisément ce qui nuit à mon avis au bon déroulement de la série.
Pourtant, cette crise existentielle là semble un peu plus sympathique que les autres, même si elle s'accompagne forcément d'une certaine lassitude pour le phénomène Nip Tuck.
Hé oui, Carver, c'était mieux avant !
En deux épisodes, on nous sort le grand jeu !
Une mise en abîme inattendue avec nos deux héros qui servent de conseillers et de figurants dans une série volontairement tournée en dérision sur le monde de la chirurgie esthétique, et donc les premiers pas de Sean et Christian dans le monde magique d'Hollywood, qui, contre toute attente, tournent plutôt en faveur de Sean.
Christian va allègrement en profiter pour nous faire sa petite rébellion adolescente et adopter le sacro saint mantra, "A connard, connard et demi" en marchant sur les plates bandes de son pote et en allant jusqu'à poser à poil pour surpasser son copain niveau côte de popularité.
Parallèlement, Julia nous fait un come back fracassant en annonçant qu'elle a viré gougnotte et à la fin du second épisode, Christian s'envoie deux Marilyn Monroe en les priant de faire de lui une star... L'espace d'une nuit.
Rebondissements inattendus, bonne évolution des personnages... Mais, c'est dommage, la magie Nip Tuck n'opère plus.
Peut être m'en suis-je désintéressée toute seule à force de me gaver de soaps en tous genres pour faire taire l'ennui, peut être y a-t-il vraiment une baisse de régime dans le scénario, nul ne le sait, mais quand même, il manque ce petit je-ne-sais-quoi qui me rendait accro à cette série et qui en faisait quelque chose de subversif et éventuellement porteur de message au lieu d'être un simple divertissement pendant mes accès de boulimie dominicale.
Dommage !
20 octobre 2007
Heroes
On s'fout d'not' gueule !!!
L'engouement général pour les séries télé m'avait laissée totalement indifférente voire même hautaine ("regarde moi tous ces cons qui matent leurs séries de cons comme des cons !") jusqu'à l'été dernier, où, face à un isolement des plus totals, je finis par me mettre moi aussi à la série-mania, bon gré mal gré, prête à tout pour obtenir un tant soit peu de divertissement.
Je reviendrai prochainement sur les séries que j'aime bien (oui, il y en a !), mais j'attaque d'emblée par celle dont l'on peut déjà regarder le début de la première saison en téléchargeant illégalement : Heroes.
L'idée de base était simple, efficace, et bonne ! Des individus lambda, dispersés à travers le monde, qui finissent par découvrir qu'ils ont des super pouvoirs qui vont donc tout naturellement les rapprocher et les réunir afin qu'ils puissent sauver le monde. Quelques points communs avec Lost, donc, au niveau de la diversité des personnages, avec toutefois des personnalités moins définies et donc des rôles moins attachants (une petite nuance pour Hiro Nakamura, seul personnage vraiment digne d'intérêt à mes yeux - et encore, il est rigolo mais ça vaut pas son Christian Troy, loin de là !!). Bref, un début de saison accrocheur jusqu'au moment inévitable où tout part en vrille, moment que l'on retrouve à chaque fois dans toutes les séries basées sur une intrigue à suspense. Au bout d'un moment donc (généralement passée la première dizaine d'épisodes), c'est seulement que c'est trop. Trop compliqué, trop éparpillé, trop de sous intrigues en même temps, trop de nouveaux personnages, trop de nouveaux liens qui se tissent, et, inéluctablement, trop de perte d'intérêt de la part du spectateur. On ajoute à cela une fin de saison digne de la plus déplaisantes des confrontations à un boss de jeux vidéos : une fois que t'as bien trimé pour finir ton niveau, il suffit d'une accolade un peu trop forte pour que le boss tombe à terre et crève la gueule ouverte. Décevant, décevant !!
Pourquoi diable ai-je donc entrepris de regarder la saison suivante ? Sans doute une part de masochisme, sans doute une part de flemme automnale qui me pousse à regarder sciemment des choses superficielles, sans doute pour des raisons inexplicables. Toujours est-il que j'en suis à l'épisode 3 désormais et que le constat est simple : je-comprends-rien.
Les personnages m'avaient tellement marqué que je me rends compte que j'ai oublié quasiment tous les renseignements sur eux que les scénaristes avaient péniblement tenté de faire entrer dans la caboche des spectateurs pendant la première saison. Forcément, ça n'aide pas, surtout qu'il y en a qui changent de look, d'autres qui déménagent, d'autres qui sont devenus aussi amnésiques (ça aide pour l'empathie, il y a au moins aussi largué que moi !) et encore d'autres qui voyagent dans le temps, sans compter ceux qui changent d'apparence. Aaargh !!!
Alors qu'on assiste généralement à un retour à la normale et à l'insufflement subtil et stratégique d'une nouvelle trame en chaque début de saison, Heroes marque le coup depuis le début en offrant une trame plus que brouillon, encore plus dramatique (dans tous les sens du terme) et beaucoup moins accrocheuse que précédemment. Le pire dans tout ça c'est que j'ai tout de même récupéré l'épisode 4, et j'ai beau m'interroger sur les raisons pour lesquelles je m'inflige à moi même ce supplice télévisuel, je ne trouve aucune réponse... En tous cas la gent masculine sera sans doute contente, Claire Bennett est toujours aussi mignonne !






