Alex in Wonderland

Cinéma, musique, littérature, satyre, ironie cosmique, sushis, sens de la vie et surtout (auto) dérision !

30 juin 2008

Amour et religion

Je ne sais pas ce qui, entre la religion est l’amour, est la plus grosse fumisterie jamais inventée.

Au final, ça revient au même ; ça se base sur cette volonté si ferme de vouloir croire en quelque chose, au point de se faire passer soi même au second plan et de placer toute sa vie, toute sa personnalité, et toute son individualité entre les mains de quelqu’un ou de quelque chose.

Je ne sais pas ce qui est la plus débile des deux ; si c’est croire que quelqu’un qui existe pourra nous faire atteindre le transcendant, en refusant donc l’idée que ce quelqu’un puisse être humain, puisque l’humain est par nature faillible et qu’un tel être serait forcément infaillible ; ou alors si c’est de croire que quelque chose, qui n’est même pas représentable puisse élever notre âme au point de lui faire atteindre l’absolution.

            Non, sérieusement, c’est des conneries, l’amour comme la religion.

L’amour, qu’est-ce que c’est exactement ? Qu’est-ce qui le caractérise concrètement ? Ces petites choses qui nous gargouillent dans le bas ventre à la vue ou même parfois à la simple pensée de l’être « aimé » et qui nous font palpiter un peu le clitoris ? N’étant pas une fille, j’ignore si ça fait gonfler la bite de ces messieurs, mais je serais prête à parier que c’est le cas.

Bon, admettons, alors l’amour c’est ça.

Combien de temps est-ce que ça peut durer ?

Combien de temps est-ce qu’on a le clito qui palpite avant de se rendre compte qu’au final on a en face de nous une personne qui a un peu trop de ventre ou pas assez de muscles, qu’on n’aime pas trop cette manie de faire ci à la place de cela et que tel ou tel trait de caractère trop prononcé chez lui a cette fâcheuse tendance à nous foutre carrément en rogne ?

Au bout de combien de temps est-ce que le fait qu’il ne rabaisse pas la lunette des toilettes est considéré comme quelque chose d’insupportable alors que cela faisait partie de ces petits détails qui faisaient son charme au début ?

Lorsqu’on dé cristallise, on se heurte à une réalité brutale, qui nous fait prendre conscience que nous n’avons qu’un humain devant nous.

Avec ses failles, ses forces, ses faiblesses, ses qualités, ses défauts, et cette putain de lunette des chiottes jamais baissée.

Celles qui ont de la chance se retrouvent face à quelqu’un de sympathique, d’aimable, et qui, éventuellement, baisse la lunette des toilettes.

Un bon ami avec une grosse bite.

Un bon ami avec qui on n’a pas de scrupules à ne pas avoir envie de se faire retourner quelques nuits par semaine parce qu’on est fatigué.

Appelez ça l’amour si vous voulez, mais moi je me refuse à anoblir ce qui n’est jamais qu’un mélange d’amitié et d’affection, qu’on éprouve au final pour toutes nos bonnes vieilles connaissances, le sexe étant éventuellement mis à part.

            Il n’y a pas d’âme sœur.

Et puis ce concept d’amour incestueux avec ces tendances à la gémellité, là, moi ça m’a toujours laissée perplexe.

Ah ça, je les imagine bien, les conversations avec mon âme sœur :

_ «  Ca va ?

_     Non. C’est de la merde cette vie qui tourne toujours autour de la thune.

_   Ouais. C’est vrai, ça, tout tourne toujours autour de la thune. Plus aucun sentiment profond.

_     Tu m’étonnes. Le pire c’est que je le pense vraiment mais que j’en suis victime quand même. Je n’arrive à éprouver de sentiment profond pour personne au final. Tout ce que à quoi je peux aspirer c’est une existence d’une banalité affligeante.

_     Ouais. Comme tout le monde, quoi. Je vendrais mon âme pour avoir du talent et échapper au système.

_     Remarque même le talent je sais pas ce que j’en ferais.

_     Moi non plus tu me diras. De toute façon, tout ce qu’on peut faire c’est…

_     … Survivre.

_     … Survivre. »

Et après l’allumage de clope avec le café du matin, nous irions tous les deux aux goguenauds main dans la main ?

Faut quand même avoir un minimum de cohérence à défaut d’avoir de la conviction.

Etant donné que je sais que les sentiments ne sont jamais qu’un produit de l’imagination pour ne pas s’avouer à soi même qu’en fait on est seul et misérable par rapport à l’infini et à la vacuité de l’univers, je ne peux donc pas avoir d’âme sœur avec qui combler le vide qui est en moi. Cela supposerait qu’elle ressente la même chose que moi, et elle ne comprendrait donc pas non plus l’utilité d’être avec quelqu’un.

Quand un sociopathe rencontre un sociopathe, qu’est-ce qu’ils se racontent ?

Ben que dalle.

Ils se cassent, chacun d’un côté de la route, et à plus ma puce, à toute ma choute, et n’oublie pas de m’écrire.

            Je me souviens qu’à une époque, celle de mes quinze ans approximativement, j’envoyais des SMS aux garçons que je convoitais avec ces palpitations dans le ventre.

Maintenant que j’y repense, je me dis que je devais simplement avoir des problèmes gastriques.

Parce qu’au final, c’est ça l’amour : ça fait chier.

Bref, j’envoyais mon message, et j’avais envie d’éteindre mon téléphone après, pour maintenir le suspense le plus longtemps possible, pour attendre le moment où je découvrirais s’il m’avait ou non répondu.

Evidemment, je n’ai jamais eu le courage de le faire.

Dans le lot, beaucoup ont répondu, quelques uns ne l’ont pas fait.

Je me souviens de ces palpitations ventrales, encore plus frénétiques, quand j’entendais le « bip » annonciateur de la réception d’un message sur mon téléphone, me disant que, ça y était, il avait répondu.

J’attendais encore quelques savoureuses minutes, pour prolonger un peu l’excitation, avant de désenchanter en lisant un texto plein de fautes d’orthographes, ou, pire, un message de mon opérateur téléphonique m’annonçant que je n’avais plus de forfait.

Je n’ai jamais compris pourquoi, mais j’ai toujours eu l’impression que les opérateurs téléphoniques prenaient un malin plaisir à se manifester lors de l’attente d’un texto crucial dans la vie d’une personne.

Maintenant que je n’attends plus de textos cruciaux, je n’en ai plus rien à foutre des manifestations des opérateurs téléphoniques, et tout bien pesé, c’est déjà une bonne chose.

A présent, je me demande bien pourquoi je ressentais toutes ces choses dans mon bas ventre et surtout comment je faisais pour les ressentir ; après tout c’était amusant de s’endormir en imaginant moult scénarios avec Machin qui descendait limite du ciel pour me déclarer sa flamme.

Parfois, il m’arrive encore d’envoyer des messages, avec beaucoup moins d’hésitations qu’auparavant.

Auparavant, il me fallait déployer des trésors d’ingéniosité pour parvenir à trouver le parfait message ; ce qui se soldait souvent par des mots effacés, de nouvelles formulations, des clins d’œil explicites (en 160 caractères, faire passer un clin d’œil explicite et subtil de surcroît, c’est une véritable discipline mentale).

Maintenant, j’envoie des messages courts, précis, toujours pas en langage SMS, parce qu’il demeure certaines conventions qui resteront à jamais immuables, mais l’un dans l’autre, cela revient à : « Tu veux qu’on se voie jeudi soir ? », le tout ponctué d’un « Je t’embrasse ».

Parce que ça fait moins sec.

Puis je n’attends pas la réponse, prostrée dans le noir, le téléphone à côté de moi, à vérifier frénétiquement toutes les trente-cinq secondes que j’ai bien mes quatre barres de réseaux, que ma sonnerie est bien activée et que je ne suis pas en mode silencieux, et à maudire mon opérateur téléphonique, certaine qu’il empêche mes messages d’arriver à mes destinataires.

Généralement, une fois le message envoyé, je pars faire autre chose et quand le portable vibre, je pense vaguement qu’il peut s’agir d’une réponse à ma requête pour la simple et bonne raison que je me souviens avoir envoyé une requête peu de temps avant et que je ne vois pas pourquoi mon portable vibrerait sinon.

Je n’attends plus pour lire la réponse.

Je ne m’allume pas une cigarette en m’y prenant à trois fois parce que ma main tremble trop pour tenir le briquet, et si j’ai effectivement une cigarette au bec à ce moment là, c’est parce que je m’en étais allumée une par hasard quelque temps plus tôt.

            Je lis la réponse.

Parfois c’est une réponse positive, d’autres fois une réponse négative, pour des raisons plus ou moins valables.

Souvent, je me réjouis de la réponse négative, et je pense à cette soirée que je vais pouvoir passer à me vautrer sur mon lit, démaquiller et vêtue d’habits confortables, larges et difformes.

Parfois, je me réjouis aussi de la réponse positive, parce que ma libido prend le pas sur mon moi profond.

Mais c’est tout.

Plus de papillons dans le bas ventre, et je n’ai plus non plus le clito qui palpite parce que même si c’est un oui, on ne lui a pas encore passé un coup de langue dessus.

Je note au passage que je n’aurais probablement pas eu de considérations si terre-à-terre du temps où mon ventre papillonnait.

Parfois je fais un effort d’imagination.

Je me demande l’effet que ça me ferait si je n’avais pas de réponse.

Je pense alors que cela voudrait dire que la personne avait tout bonnement autre chose à foutre, et qu’en dépit de ce qu’affirme le sens commun, il faudrait plutôt avoir tendance à penser que qui ne dit rien ne consent pas.

Je me demande aussi l’effet que me ferait un silence trop prolongé ; disons un silence consécutif à trois ou quatre envois de messages – je fais partie de ces personnes absolument non motivées qui se découragent très facilement.

Est-ce que je serais déprimée de perdre une personne qui, au final, ne me connaît pas aussi bien que je me connais moi-même ?

Non.

Est-ce que je serais triste de perdre un contact pour qui j’aurais, au maximum, développé disons deux pour cent d’affection ?

Non.

Est-ce que ma vie s’en trouverait chamboulée ?

Non.

Est-ce que je serais encore moins heureuse que je ne le suis actuellement ?

Non.

Est-ce que je peux continuer ma vie sans cette personne ?

Et comment !

Est-ce qu’il s’agit là d’une perte telle que je me retrouverai dans un désarroi si total que je ne me retrouverai même plus moi-même ?

Non.

Est-ce qu’il existe des gens pour qui je puisse éprouver ce genre de sentiments post rupture ?

Oui. Ma famille. Quelques amis. Je suppose.

            Finalement, je me demande si les bonnes sœurs ont aussi des papillons dans le ventre et le clito qui palpite quand elles pensent à Dieu.

Si c’est le cas, je comprends leur ferveur ; elles maintiennent le suspense bien longtemps avant d’avoir une réponse de Sa part…

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21 novembre 2007

3ème Age

S'il y a bien un truc qui me les brise largement en cette saison, en dehors de mon ulcère qui se réveille, c'est le fait de devoir se creuser la cervelle pour trouver des cadeaux de Noël.

J'ai beau faire preuve d'une relative inventivité en ce qui concerne l'analyse de mes congénères ainsi que l'absurde de manière générale, voire même l'invention de théories inconnues lors de partiels de logistique, s'il y a bien un domaine qui fait exception à la règle, ce sont ces saloperies de cadeaux de Noël.

Même si je ne suis pas du genre à me laisser dicter des règles ou même des suggestions pour tous les domaines qui touchent à l'imagination, je dois bien avouer que je me suis laissée tenter par Amazon et sa proposition d'idées cadeaux. Piquée par un soudain élan de curiosité, je suis donc allée voir ce qu'ils proposaient niveaux DVD pour les grands parents, histoire que je puisse éventuellement m'inspirer de leurs suggestions.
Bilan : toujours pas d'idée, mais je ne regrette pas la démarche qui valait largement le coup d'oeil !
Allez, je vous balance même le lien, parce que c'est vous :

http://www.amazon.fr/gp/feature.html?ie=UTF8&plgroup=8&docId=1000119453

Les clichés ont la vie dure, et on prend bel et bien les gens pour des cons, certes.
Qu'avons nous donc en idées cadeaux pour les grands parents ?

Premier choix : coffret intégral La Bible, ancien testament nouveau testament !
Quand je vous disais que ça valait le coup d'oeil !
Je ne sais pas s'il est vraiment bon de faire des généralités, mais à en croire Amazon, on dirait donc que les vieux ne sont susceptibles d'êtres intéressés que par les frasques des héros d'Agatha Christie, la Bible (qui fait toujours partie des vieilles légendes, remarquez), ou encore Jean Gabin ou même la Grande Vadrouille.
Non, vraiment, ils ne comprendraient rien à la nouveauté, alors autant leur resservir des trucs qu'ils ont bien dû voir un bon milliard de fois parce qu'avec en moyenne 70 ans d'activité, autant dire qu'ils n'ont pas été en reste face aux reddifs de TF1 !

D'abord outrée ("Ben quand même, les pauvres vieux !!") par le fait qu'on interdise quasiment l'accès aux nouveaux talents cinématographiques à toute une catégorie de la population sous prétexte que cela ne l'intéresserait pas, j'ai fini par me demander quel genre de film je pourrais offrir à mes grands parents.
C'est vrai, ça fait toujours plaisir d'offrir un film, surtout quand le film nous a touché, c'est une sorte de partage d'émotions et je trouve ça chouette... Mais alors quoi ?
On fait l'impasse sur Lynch (trop... Lynch), sur Kubrick (trop bizarre), sur Tarantino (trop violent), on élargit ça à tous les films trop bizarres/violents/vulgaires, et il ne nous reste plus, en gros, que les comédies, les romances, ou les drames.

Le fait est qu'au fond, une génération qui a connu la guerre me semble étrangement bien moins apte à s'émouvoir devant un film qu'une génération comme la mienne, désabusée et en manque de repères dans le chaos du post modernisme.
Les vieux ils en avaient des repères, et ils les ont toujours parce qu'ils ne les ont jamais remis en doute, ce qui nous donne généralement des personnes beaucoup plus stables et beaucoup plus fortes que nous ne le sommes nous mêmes.
Alors d'accord on peut avoir l'impression qu'ils sont passés à côté de plein de choses, parce que beaucoup se sont mariés par commodités, quasiment tous n'ont jamais interrogé leur véritable individualité et se sont contentés d'être comme on leur demandait d'être, en gros, mais est-ce qu'ils ont l'air moins heureux pour autant ? Non, bien au contraire.

J'ai sûrement une vision des choses bien naïve, mais pour moi, le cinéma, tout comme la littérature, est avant tout un fantastique moyen de nous confronter à une histoire qui va faire ressurgir dans notre inconscient ou même dans notre conscient une multitude de questions à propos de nous mêmes, de nos relations avec les autres et du monde qui nous entoure.
Je ne remercierai jamais assez certains cinéastes de talent pour m'avoir permis de vivre ça, mais même en considérant les films qui m'ont le plus touchée, justement au vu de ma vision des choses, je suis bien forcée de me rendre compte que mes grands parents, même si ça me fait de la peine de cautionner plus ou moins Amazon en écrivant cela, ne pourraient pas comprendre.
Je sais très bien que si ma grand mère voyait 37°2 le Matin, sa première pensée serait "Oïwa, c'est cette Dalle, elle est toujours à poil, qu'est-ce qu'elle est vulgaire ! Qu'est-ce que c'est encore que ce film ? Je m'en vais lire le Télé 7 Jours !"

Finalement qu'est-ce qu'ils veulent les vieux ?
De "belles histoires", avec leur idéologie, ou alors de bonnes vieilles enquêtes policières, avec un début, un milieu, une fin, deux ou trois rebondissements mais surtout pas de violence excessive.
Finalement ils ne veulent pas autre chose que la retranscription du monde qui était le leur, et qu'ils regrettent quelque part, au milieu de la décadence actuelle qu'ils ne comprennent pas.
Est-ce qu'on peut légitimement leur en vouloir ?
Certes, l'ouverture d'esprit ne devrait rien avoir à faire avec le nombre d'années à notre actif, mais en toute objectivité, leur attitude est plus que compréhensible, et s'inscrit dans un habitus répété depuis un nombre d'années bien trop considérable pour qu'on puisse espérer un changement ou une remise en question.
Ce n'est certainement pas au seuil de notre vie qu'on peut changer de façon de voir les choses, c'est vrai, et il s'agit de personnes qui ont été beaucoup trop plongées dans l'action du temps de leur jeunesse pour avoir l'occasion de s'interroger sur le bien fondé de tout ce qui pouvait se passer alors.

Tout ça n'est jamais qu'un constat, même si je persiste à trouver tout ça un peu dommage, et face à l'impossibilité de faire évoluer les choses, je me contenterai d'acheter un nouveau Scrabble à mes grands parents, étant donné que le leur commence sérieusement à pâtir de sa longévité... Après tout c'est toujours plus stimulant pour l'esprit qu'Hercule Poirot ou Miss Marple...

Posté par Cryptorchid à 19:41 - Wondering - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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