Alex in Wonderland

Cinéma, musique, littérature, satyre, ironie cosmique, sushis, sens de la vie et surtout (auto) dérision !

10 octobre 2009

Ka

Y a un truc qui m'a toujours mise de bonne humeur, c'est l'illumination liée à la Grande Découverte.
L'ampoule qui s'allume soudain dans votre caboche, vous savez, et pour la peine vous irradiez d'un grand sourire reconnaissable entre tous : le sourire du frappé par l'Idée.
Ces choses là sont suffisamment rares pour en être d'autant plus appréciables, et j'ai malheureusement l'impression que l'âge n'aide pas, dans l'histoire.
Ce qui est un peu moins rare, en revanche, c'est d'être frappé par l'Evidence - ça n'est pas aussi bien que l'Idée, parce que ça n'est pas un cheminement intellectuel personnel, mais le processus de réflexion n'est pas très différent.

Vous acceptez, comme tout le monde, des vérités communément acquises sans trop y réfléchir
On fait tous ça, parce qu'on peut pas non plus passer son temps à tout remettre en question : moi le jour où j'en arrive à examiner un Raffaelo et à me demander si j'aime vraiment ça au lieu de simplement en avaler douze, là je jugerai bon d'aller voir un psy.
Mais nous en sommes là : nous acceptons les choses comme étant vraies, sans trop y penser, sans trop savoir non plus s'il s'agit de lieux communs ou de vraies vérités et puis d'un coup, hop, Evidence : nous faisons la différence entre les deux. Nous mettons du sens, brutalement, derrière le lieu commun - ou appelez ça comme vous voulez, du moment qu'on est d'accord sur le fait que ce soit quelque chose auquel vous n'avez jamais vraiment pensé plus que ça - et bref, le lieu commun se transforme en vraie vérité.
Ca ne change pas fondamentalement votre vie, c'est clair, mais vous avez débloqué une nouvelle pièce dans le gigantesque puzzle de l'esprit humain.
Alors vous êtes content.



00000000IDEE



Et ma vraie vérité de la journée, mes amis, c'est que si les gens sont malheureux, c'est parce qu'ils n'ont pas de ka-tet.

Dans La Tour Sombre, est désigné comme le Ka ce qui pourrait, dans notre bas langage, s'apparenter à l'idée de destinée - mais c'est encore réducteur.
La destinée plus quelque chose, une sorte d'entité supérieure, aussi avide qu'illogique et contre laquelle vous ne pouvez pas lutter - il ne s'agit pas d'une divinité dans le sens où le Ka n'a pas de fidèles, mais j'ai l'impression que ça pourrait être aussi bien la religion des fatalistes que celle des stoïciens, tout dépend de la manière de se plier aux exigences du Ka.
Du concept du Ka découle l'existence de Ka-Tet.
Le Ka-Tet représentant, en gros, un ensemble de personnes réunies par le Ka, pour ou sans raisons, et qui sont reliées entre elles par des liens bien plus forts encore que les sentiments sur lesquels nous, pauvres michrones, collons l'étiquette d'amour, amitié ou bien encore haine.
Dans La Tour, les personnages qui appartiennent au Ka-Tet de Roland - le protagoniste - se rendent compte assez rapidement qu'il leur est possible de lire dans les pensées les uns des autres tant le lien qui les unit est fort.

Non, je ne pars pas dans un délire mystique et je n'irai pas jusqu'à dire que la télépathie est réellement possible entre les êtres humains (on a tout foutu en l'air depuis bien trop longtemps pour remettre en route cette partie là de nos cerveaux si vous voulez mon avis), mais il n'en existe pas moins quelque chose, qui s'appelle l'empathie et qui nous submerge à des degrés plus ou moins élevés en fonction des personnes qui nous entourent et vers qui elle se porte.
L'empathie et puis l'intuition : les éléments-clefs de ce qui peut, dans notre et dans notre quand, constituer un ka-tet - des éléments qui sont la plupart du temps balayés en moins de deux par les voix de la bienséance, de la logique, de l'étroitesse d'esprit et de la résignation - ce genre de choses qui se confondent et que vous appelez raison en les faisant toutes fusionner, vous savez.

L'intuition.
Concrètement, vous croisez parfois, au hasard de votre route, des personnes qui vous interpellent.
Vous savez, intuitivement, que vous pouvez bien, très bien vous entendre avec ces personnes là.
Ensuite il y a le contexte, qui fait que vous êtes ou non amenés à croiser de nouveaux ces gens, et de celà dépend la relation que vous allez entretenir avec eux.
Mais en dépit du contexte, l'intuition est parfois suffisamment forte pour qu'un lien persiste.
J'écris ça en pensant à Emma - je ne pense pas qu'elle lise ces conneries - que j'ai rencontrée en 2007 à Paris, dans la file d'attente d'un concert de Nine Inch Nails.
La fin de mes études et divers déménagements ont fait que c'est quelqu'un que je n'ai pas dû voir plus de cinq fois dans ma vie, et avec qui je n'entretiens une correspondance virtuelle que sporadique.
Mais l'intuition persiste quand même et même si votre raison voudrait que je ne puisse pas la considérer comme quelqu'un de réellement proche, elle l'est quand même.
Il y a un lien sur lequel je ne me risquerais pas à mettre de mots, mais ce lien existe, qu'il nous amène ou non à partager davantage dans un futur proche ou lointain.
Ka.

L'empathie.
Un seul individu est membre de plusieurs Ka-Tets, pour la simple et bonne raison que nous ne partageons pas, avec nos ennemis, les mêmes choses que celles que nous partageons avec nos amis.
Je dis ça pour que vous compreniez, mais j'ajoute quand même que je ne vois aucun antagoniste avec qui je puisse faire partie d'un Ka-Tet - les vrais ennemis sont précieux, je n'en ai malheureusement pas - juste des boulets désespérants de conneries qui ont du mal à se décoller de mes baskes.
Je fais partie d'un Ka-Tet avec ALC, et je fais partie aussi d'un Ka-Tet avec Cramer Mc Barrett (qui ne lit certainement pas ces conneries non plus, d'où quelque réticence à citer son prénom véritable - mais si elle lit elle saura). Nous ne partageons pas exactement les mêmes choses quand bien même chacune des relations qui nous unit est proche - proche dans le sens où il s'agit de ce que vous appelez amitié (sauf que c'est davantage, évidemment).
Avec Cramer Mc Barrett, nous avons voulu rompre le Ka-Tet - sauf que, je vous le disais plus haut, le Ka fait ce qu'il veut et se fout bien des petites décisions qu'il nous arrive parfois d'essayer de prendre.
Rien ne peut rompre un Ka-Tet sauf la mort.
Malgré les épreuves - mais ce sont aussi elles, avec le temps, qui cimentent le Ka-Tet - il suffit que vous nous mettiez toutes les deux dans une pièce pleine de monde, encore et toujours à l'heure actuelle, pour que la pièce en question disparaisse et avec elle le monde dedans et autour. Il n'y a plus que nous à l'intérieur d'une bulle - ce qui énerve copieusement pas mal de gens qui se sentent vraiment au dehors - et nous avons atteint un tel niveau de compréhension mutuelle que ça ne nous viendrait pas à l'idée, ne serait-ce qu'une seule seconde, de nous demander si oui ou non nous sommes bien sur la même longueur d'ondes.
Il y a la même chose avec Miss Initiales.
Il y a quelque chose au delà de l'amitié, du partage de plaisantes soirées, de la complicité et même du respect mutuel.
Il y a que la personne en face de vous sait et que vous savez aussi et qu'elle sait que vous savez et que vous savez qu'elle sait.
Et bien loin d'être un sentiment effrayant, il se révèle que c'est là la seule chose qui puisse vous remettre sur les rails.
Ka.

Je me rends compte, aujourd'hui, à quel point il y a peu de personnes qui font partie d'un Ka-Tet.
A quel point vous refusez obstinément de vous ouvrir aux autres.
C'est l'apanage de l'imbécile autant que celui de l'orgueilleux : dans un cas comme dans l'autre, vous en arrivez exactement au même point ; vous êtes seuls.
C'est aussi quelque chose que j'aime me faire croire quand je spleene, mais ça n'est pas la vérité.
La vérité c'est qu'il y a des personnes, rares et d'autant plus vertueuses, qui savent ce que je suis comme moi je sais ce qu'elles sont et à qui je peux, sans ciller ni réfléchir, faire part de mes doutes et de mes incertitudes parce que c'est quelque chose de naturel que la palabre entre membres d'un même Ka-Tet.
Vous avez déshonoré l'esprit du Ka-Tet, vous-presque-tous.
Vous mettez entre vous les barrières de la superficialité, de l'esbroufe, des conflits d'intérêt, vous ne savez faire preuve ni de suffisamment d'humilité ni de suffisamment d'assurance pour accepter qu'un autre vous voie réellement.
Sans doute que vous avez peur d'être compris pour ce que vous êtes : ni moins bien ni mieux que n'importe qui d'autre, et la solitude dont vous écopez en guise de châtiment est une punition bien méritée pour la prétention et/ou la désinvolture dont vous faites preuve.
Pour ne pas savoir reconnaître l'intuition et refuser de vous ouvrir à l'empathie, vous vous condamnez vous mêmes à une vie d'errance et de damnation.
J'ai compris ça aujourd'hui et j'ai aussi compris que ça n'était pas mon cas.
Et ce que j'en ai pensé, mes amis, c'est qu'en définitive, c'est bien fait pour vos gueules.

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25 septembre 2009

L'enchanteur

Mercredi soir, j'ai commencé de relire La Tour.
Je sais, monomaniaque, merci, j'ai déjà eu l'occasion de m'en rendre compte - mais c'est dans mes gènes : le Comtois est opiniâtre.
Hier soir, j'ai terminé le premier tome, ce qui m'a rendue euphorique au possible, et puis je me suis souvenue que King l'avait écrit à 22 ans, et là j'ai ressenti un mélange d'admiration, d'envie, d'adoration, de "merde-c'est-déjà-trop-tard", mais globalement, j'ai quand même été bien contente.
Surtout en (re)lisant les quelques pages destinées au lecteur, dans lesquelles un Stephen King bien plus jeune que maintenant avoue qu'en dépit de sa fascination pour l'univers de Roland et les personnages qui s'esquissent, il n'a pas vraiment d'idée précise quant à ce qu'ils sont, ce qu'ils ont, ce qu'ils ont fait et ce qu'ils feront.
Ce premier tome, Le Pistolero, a été publié pour la première fois au tout début des années 80, sous forme de cinq petites nouvelles. En 1987, Les Trois Cartes (le deuxième tome) étaient publiées à leur tour, puis suivirent Terres Perdues en 1991, Magie et Cristal en 1997, Les Loups de la Calla en 2003, Le Chant de Susannah en 2004 et, enfin, La Tour Sombre en 2005.
Je ne veux pas parler de l'histoire, des personnages, ni de l'univers du livre - autant rassurer tout le monde tout de suite.
Il m'arrive d'en avoir envie, mais je sais que j'aboutirais probablement à une thèse si jamais je commençais vraiment, et quand bien même, je doute de réussir un jour à écrire quelque chose de vraiment satisfaisant à propos de La Tour - et sûrement rien de suffisamment complet. 
J'ai juste envie d'écrire quelques lignes à propos des pages de King à la fin de son premier tome, des aveux d'un jeune écrivain, qui n'est absolument pas sûr de pouvoir mener un jour à bien son projet dont l'ambition a dû lui sembler plus d'une fois démesurée, d'un type qui n'hésite pas à dire, en faisant référence à des personnages qu'il mentionne simplement dans le premier opus de sa saga : "Qui c'est ? Chais pas !".
Les confessions d'un mec qui n'a pas de plan, pas de plan, PAS DE PLAN !
Qu'est-ce que ça fait du bien de lire ça, vous n'avez pas idée.
Et c'est la vérité.
Au moment où il écrivait ces pages, dans une ultime pulsion auto-destructrice visant probablement à dissuader le lecteur de trop s'attacher à un personnage dont il ne connaîtrait peut-être jamais le destin final, King avait déjà entraperçu quelques événements et personnages qui interviendraient dans son prochain tome, voire peut-être aussi dans son troisième, mais, globalement, il ne savait pas réellement ce qu'il adviendrait de Roland, de sa Tour, quel était au juste le rôle de l'Homme en Noir, la vraie relation entre Walter, Marten et Maerlyn, il ne savait pas non plus comment le monde avait changé ni qui était Susan, la jolie demoiselle à sa fenêtre.
Il ne savait pas, sauf qu'il savait quand même.
Le personnage d'Eddie Dean, qui intervient dans le tome 2 et qui fait preuve d'étonnantes capacités à tailler le bois ou la pierre semble représentatif, de par ce hobby, de cet état de fait.
Il y a un matériau brut, et l'oeil de l'artiste (ou appelez ça comme vous voudrez) devine une forme qui y est cachée. C'est là que réside la magie. Le travail consiste à oeuvrer dans la matière pour révéler la forme, la rendre visible aux yeux du monde là où seul l'oeil de l'artiste pouvait l'envisager.
Cette magie là, moi j'y crois.
Je ne crois pas aux plans.
Je ne crois pas aux structures narratives.
Je ne crois pas aux dissertations.
Après la publication de la Tour Sombre, ultime tome de la saga, Stephen King a dû réécrire quelques passages des premiers livres, notamment pour remédier à quelques incohérences (la majeure concernant Walter/Marten/Maerlyn/L'Homme en Noir) qu'il n'avait pas pu anticiper avant - n'étant pas en parfaite connaissance du plan.
Je n'ai toujours pas racheté les nouvelles versions de ces livres ; je crois que c'est en partie parce que je suis immensément attachée aux objets papiers que j'ai lus tellement de fois, mais peut-être aussi parce qu'ils me semblent plus magiques que ne le seraient les nouveaux. 
Quand j'avais une dizaine d'années en moins, j'étais complètement fascinée par ce pouvoir, par cet oeil magique qui voyait les choses et qui, magnanime avec ça, prenait plaisir à les décrire aux autres au lieu de les garder jalousement pour lui.
Beaucoup de gens ont essayé, depuis, de me faire croire que ça n'existait pas, que tout n'était que calcul, et travail et planification.
Tous ces gens ont menti : le travail est nécessaire, d'accord, mais il n'empêche que la magie existe.
Et alors vous n'avez pas idée du nombre de choses qui sont possibles. 

 

"La fiction n'est que la vérité que cache le mensonge, et la vérité cachée dans ce récit est suffisamment simple : la magie existe" (Stephen King - "It') 

Posté par Cryptorchid à 10:01 - Wondering [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 septembre 2009

La question du jour

Je ne comprends pas comment il est possible, non seulement d'écouter, mais en plus d'aimer des merdes pareilles.
Sérieusement, ça m'inquiète beaucoup.
Sans parler du fait que je ne comprends que la moitié des paroles - en un sens j'ai envie de dire que ça me suffit, mais je m'interroge quand même.

Découvrez la playlist D'la merde avec Sébastien Tellier



Récapitulons :

Je rêve de Biarritz (Clarisse ?) en été
Pourtant le sol brille sur ma peau (????)
Je rêve de Biarritz (Clarisse ?) en été
Je vois les filles changent de couleur de peau
Je vois le ciel bleu t'épouser
(non mais sérieusement, what the hell...?!)
Et moi d'un seul coup t'aimer
Je rêve de toi, moi, main dans la main
Amoureuse de Sébastien
Le soleil brille brûle mon nom sur ta peau

Et c'est là que ça se complique et que j'ai besoin de votre aide.
La question du jour - et si vous trouvez la réponse, vous gagnez la surprise - est : Quelle est la réplique suivante ?
Personnellement j'hésite entre deux possibilités aussi convaincantes l'une que l'autre :

1. Amoureuse du facho
2. Amoureuse du vin chaud

I need your help.
Et paroles.net, c'est pas du jeu !

Posté par Cryptorchid à 12:13 - Wondering [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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17 septembre 2009

Stephen King & I

Ce matin, dans le métro, j'écoutais George Michaël.
Oui, je sais, mais à sa décharge lui n'est pas encore mort, et je peux pas m'empêcher de ricaner intérieurement et d'afficher un air de satisfaction lorsque je l'entends me sussurer "Cause you're beautiful... Like no other... Flawless, absolutely flawless" - là, souvent, je pense "Hinhin hé ouais !", et, quelquefois, il me prend l'envie de shaker du booty dans le wagon surchargé de braves travailleurs.
Donc ce matin, j'écoutais Georgie, et je me disais, une fois de plus, que c'était tout de même hallucinant qu'il ait fallu attendre qu'il sorte "Outside" et fasse un vrai coming out en public suite à une mésaventure dans des toilettes à LA pour que tout le monde se rende bien compte qu'il était gay.
Entre ses "sometimes the clothes do not make the man" et toutes les ritournelles larmoyantes où le "him" remplace allègrement le "her" (sans parler des clips où c'est limite s'il arborait pas fièrement une pancarte "I'm gay, will you understand, God damnit ??!!"), moi, très franchement, ça me la coupe.
Il faut dire qu'en ce qui me concerne, je suis particulièrement attachée à l'hypothétique existences de "signes", d'"indices", qui ne me trompent jamais et qui m'apparaissent d'emblée comme des évidences.
C'est ainsi que j'ai récemment conclu que j'étais la fille spirituelle de Stephen King.
Oui, moi.
Et si cette introduction vous paraît quelque peu déplacée, rappelez-vous donc du prénom du petit frère de Bill Denbrough, l'un des protagonistes du roman "Ca", du maître de l'horreur.
Oui, oui, le petit frère, celui là même grâce à qui le livre commence, celui là même qui se tortille dans un caniveau, à l'agonie, tandis que le Clown lui arrache le bras comme on arrache une aile à une mouche. Celui-là même. George Denbrough. Georgie.

1. Je suis née le 19 mai 1985.
Le nombre 19 est un nombre clef dans "La Tour Sombre", considéré par Stephen King comme la Jupiter du système solaire de son imagination.

2. Ma mère est née le 16 mai 1958, et (rappel, n'oubliez pas mon anniversaire), je suis née le 19 mai 1985. Les cycles d'apparition de la dévoreuse des mondes, dans "Ca", se répètent tous les 27 ans. Ceux sur lesquels s'articulent le roman sont précisément ceux de 1958 et de 1985. Les événements les plus sanglants ont lieu à chaque fois au mois de mai.

3. Gamine (j'avais 4 ans), il m'arrivait fréquemment d'entendre des sons étranges qui troublaient tant et si bien mon sommeil qu'ils me réveillaient. J'entendais nettement la voisine du haut jouer du piano (nous habitions au dernier étage) et, un matin, j'ai très distinctement entendu un cri en provenance de la chambre de ma mère. C'était un cri étrange puisque le son émis ressemblait, grossomodo à "Taaaak !". J'ai donc été réveiller ma mère et il est possible que je me soie pris une bonne mornifle. Ce que je sais, en tous cas, c'est qu'elle me rappelle régulièrement l'anecdote pour se foutre de ma gueule.
Une dizaine d'années plus tard, je lisais Désolation, de Stephen King, et j'apprenais avec stupéfaction que le nom de l'entité cachée dans le Puits Chinois n'était autre que... Tak.

4. Roland, le Pistolero, anti-héros de "La Tour Sombre" a une description physique qui fait immédiatement surgir l'image de Clint Eastwood dans n'importe quel esprit tourmenté ou non. Mon grand-père (qui est lui-même un pistolero, à n'en pas douter), ressemble étrangement à Clint Eastwood.

5. Dans "Insomnie", Ralph Roberts, le héros, est... insomniaque, et il ne tarde pas à voir des choses insensées lors de ses heures de veilles. Comme par exemple des auras et des panaches autour des gens, et des petits docteurs chauves, dont deux semblent animés de bonnes intentions (en dépit du fait qu'ils sont munis de scalpels) et un beaucoup plus flippant, armé d'un scalpel... rouillé.
Par une grise matinée de merde, j'ouvrais les volets de ma chambre, et j'ai frôlé la syncope en voyant, sur le balcon d'en face, deux petits mecs chauves portant un large t-shirt blanc s'apparentant fortement à une blouse. Les deux hommes étaient munis de couteaux à découper la viande (en fait ils faisaient un barbecue, mais et alors ?). J'ai même un témoin de cette scène que je taggerai sur cette note si des fois elle veut lire et approuver.

6. Les couloirs de ma résidence ressemblent à s'y méprendre à ceux du Kingdom Hospital - série crée par Lars Von Trier puis réadaptée à la sauce nawak par Stephen King. Comme dans la version la plus récente, mon ascenseur est toujours bloqué, et l'homme de la maintenance n'est jamais là (tout comme dans la série, et je ne manque pas de souligner que ledit homme de la maintenance, un certain Johnny B. Goude est incarné à l'écran par... Stephen King himself)

7. Un samedi après-midi, je descendais mes poubelles avant de migrer vers la ville (ma vie est passionnante) et en arrivant dans la cave lugubre, j'ai vu une silhouette se découper dans l'obscurité et j'ai entendu une voix, au fort accent maghrébin, me dire, très clairement : "Tu veux pas manger du poulet avec moi ?". J'ai bien sûr tremblé d'effroi et reconnu immédiatement l'absurde citation, extraite du "Fléau" : Stuart Redman s'échappe d'un centre épidémiologique grouillant de cadavres, et alors qu'il arrive jusqu'à la porte de sortie après une frénétique course pleine de suspense, une main surgit de l'obscurité et une voix ricanante lui lance : "Viens manger du poulet avec moi ma beauté, il fait si noiiiiir !".

8. Mon âme soeur (il ne le sait pas encore mais je le sais pour deux) s'appelle Robin Finck.
Dans de nombreux livres de SK, apparaît le personnage de l'Homme en Noir, un magicien charismatique au possible qui, lorsqu'il prend forme humaine, choisit immanquablement un prénom et nom dont les initiales demeurent toujours les mêmes : RF.
Cale peut paraître un peu tiré par les cheveux, certes, donc j'ajouterai qu'en ouverture du dernier tome de "La Tour Sombre", on peut lire les paroles de "Hurt", chanson de Nine Inch Nails, groupe dont le guitariste n'est autre que... Robin Finck.

9. Christine est une Plymouth Fury datant de 1958. Soit l'année de naissance de ma maman.

10. L'une des preuves les plus flagrantes que je suis la fille spirituelle de Stephen King, c'est que je reconnais l'écriture de Stephen King y compris quand ce n'est pas lui qui écrit (ou pas). Je m'explique. J'ai récemment lu un thriller d'un certain Shane Stevens (inconnu à tous les bataillons, mais étrangement ensencé par Stephen King). Il faut savoir que SK a jadis utilisé le pseudonyme de Richard Bachman pour écrire des romans plus proches du thriller que de l'épouvante et du fantastique et plus engagés politiquement. Après qu'on aie découvert la vraie identité de Richard Bachman, King a écrit un livre intitulé "La Part des Ténèbres", dédié à Bachman, et dans lequel un écrivain, Thad Beaumont, se sert d'un pseudonyme, George Stark, pour écrire des thrillers horrifiques.
Le personnage principal des thrillers de Stark est un dénommé Alexis Machine.
En me renseignant un peu sur l'oeuvre de "Shane Stevens", je me suis rendue compte que le protagoniste de l'un de ses livres, "Dead City", s'appelait... Alexis Machine.
(Parenthèse : Si quelqu'un pouvait me donner l'adresse de Stephen King, je serais ravie de lui raconter tout ça histoire de voir si y a pas moyen d'en tirer de la thune)

Bien sûr, j'aurais pu continuer, en faisant preuve d'un tantinet de mauvaise foi, et faire 8 autres démonstrations d'évidences en concluant par une 19ème, qui m'aurait permis de vous montrer que la boucle était bouclée car nous en revenions au nombre 19.
Mais je préfère vous laissez méditer sur ces curieuses coïncidences, et je termine en vous disant, pour l'anecdote, que quand j'étais petite, ma peluche préférée était une tortue.
Il se trouve que la Tortue est l'un des 12 gardiens de La Tour Sombre, et que c'est un gardien particulièrement important puisqu'on le (la, en fait) retrouve en tant qu'antagoniste de la Dévoreuse des Mondes dans "Ca".

Alexandra Varrin - qui s'autopompe allègrement, comme auront pu remarquer tous ceux qui ont l'accès à son Facebook.

Posté par Cryptorchid à 10:11 - Wondering [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 septembre 2009

Introspection à deux francs, six sous.

J'aime bien la sensation de la pseudo gueule de bois.
Pas la vraie parce qu'avoir mal au crâne et les yeux tellement en dehors des orbites qu'ils en dégoulinent jusqu'au menton, ça, ça n'est pas très drôle.
Ca arrivait parfois, pourtant, même souvent, à Toulouse - la période où qu'on essayait lamentablement de se rappeler, le lendemain, combien de fois on avait gerbé la veille.
Ca n'est pas très drôle non plus, quelques années plus tard.
Mais la fausse gueule de bois, j'aime bien.
J'aime bien parce que ça me fait m'éparpiller, parce que je peux pas me concentrer vraiment sur quelque chose et que tous les trucs auxquels je voudrais penser, je peux seulement les effleurer. Après, hop, j'ai l'esprit qui fout le camp autre part et c'est très bien.

J'ai pas grand chose d'intéressant à dire.

Sean et Christian me demandent ce qui ne va pas chez moi et je sais pas trop par quel bout commencer.
De toute façon il n'y a pas vraiment d'opération possible quand ça cloche à l'intérieur du crâne.
J'suis paumée, mais t'imagines même pas.
On devrait m'accrocher une pancarte autour du cou : "Run away, fast".
J'essaie de reprendre depuis les fondements, de comprendre à partir de quoi j'ai essayé de construire ce que je suis et je crois que, globalement, je me raconte rien que des conneries.
Autonomie mon cul, indépendance mon cul, pragmatisme mon cul et la logique tout pareil.
Je crois que le seul pilier qui tienne vraiment la route, c'est la trouille, et c'est ça qui est à l'origine de la contradiction.
J'ai peur de la dépendance, du lien, du partage, j'ai peur de pas être seule aux commandes, j'ai peur de la confiance parce que je sais que c'est rien que des conneries.
Quand j'ai construit ma personnalité, j'ai dû commencer par la carapace.
Inconsciemment, ou peut être pas tant que ça, j'ai choisi des schémas qui me confortaient toujours dans ma vision très négative de l'espèce humaine : le problème de la paranoïa, c'est qu'elle a vite tendance à devenir réelle.
Je veux pas qu'on m'approche.
Forcément, ça se voit.
Alors les gens le sentent, je sais pas, et puis ils s'en vont, alors moi je me dis que j'ai rudement bien fait de me méfier, évidemment, mais je sais très bien aussi que si je me méfiais pas, les gens s'en iraient pas.
Je comprends aussi que, parallèlement à la trouille, il y a un autre pilier : un mélange d'espérance bidon et une propension au romantisme poussée à ses limites.
C'est à dire que je crois qu'il y a autre chose, ou simplement quelqu'un, qui va bien finir par tout comprendre comment je fonctionne au premier coup d'oeil et qui va frapper à ma porte un jour (si possible un jour où je serais pas démaquillée et en train de jouer à la xbox en calbut) et qui va me dire : "Bon tu viens, on plaque tout et on fout le camp ?".
J'y crois pour de vrai.
Je sais très bien que c'est que des conneries.
Je suis lucide, ça change rien.
Parce que je vois pas pourquoi quelqu'un de cynique et/ou réaliste pourrait pas avoir aussi sa part du gâteau.
Ce que je veux dire c'est que quand je prends en compte la quantité d'emmerdements que j'ai eu à / que je dois / que je devrai gérer quotidiennement, hé ben je vois pas pourquoi, en échange, il m'arriverait pas un truc énormissime à moi aussi.
C'est pas possible qu'il y ait pas quelqu'un d'autre qui raisonne pareil que moi et donc, forcément, différamment de vous.
Ca doit être une sorte de théorie de l'âme soeur, ces conneries que j'écris - je ferais mieux de tout effacer et d'aller me coucher.
Toi et moi contre le reste du monde, c'est vraiment des idées à la con, je sais.
Mais n'empêche que.
Je vois pas pourquoi ça pourrait pas exister.
Et je me dis que moi, si j'étais quelqu'un d'autre et que je me rendais compte que moi j'existe, même en n'ayant pas grand chose à offrir ou à promettre, sinon la personne que je suis, hé ben je... hé ben j'aurais la trouille et la boucle est bouclée.

Oh pis merde, tout m'fait chier, tiens.

Posté par Cryptorchid à 19:34 - Wondering [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 août 2009

Les fous, les ciseaux, et les structures en zigzag

Y a pas très longtemps, j'ai lu "Courir avec des ciseaux", d'Augusten Burroughs.
C'est pas le bouquin du siècle, mais c'est pas mal, et puis je lis pas mal de livres qui traitent de familles déglinguées ces temps-ci.
C'est un livre autobiographique qui raconte l'enfance et l'adolescence du narrateur, dont la garde est confiées au Dr Finch, le psychiatre de sa mère, suite au divorce de ses parents.
La famille Finch, c'est un peu Notre Belle Famille version white trash, voire pire.
Une abondante marmaille dont chaque élément est davantage relié aux autres par une folie contagieuse que par les liens du sang.
Des tordus. Ca va de l'épouse Finch qui grignote des croquettes pour chiens en regardant la téloche à l'une des filles qui se sert de la Bible comme d'une Magic Ball, en passant par Finch lui-même, médecin peu scrupuleux qui gobe et fait gober les médicaments comme des bombecks.
Politiquement, c'est pas correct du tout. Surtout si on tient compte de l'arrière goût de pédophilie.
La tonalité générale tire toutefois davantage sur le comique que sur le tragique et c'est précisément ce qui m'intéresse.
Ca, et le fait que dans les remerciements, à la fin de l'ouvrage, l'auteur mentionne que les Finch version réelle sont des gens bien.
De quoi pousser le quidam moyen à s'arracher les cheveux.

Ce livre, je voudrais le conseiller à ce genre de personnes qui trouvent ça révoltant qu'un gamin capricieux se mange une mandale.
Aux adeptes de la Bonne Education.
A tous les gens qui le refermeraient en roulant des yeux et en pensant que c'est pas crédible.
Des gens qui comprendraient pas et qui se retrouveraient avec une impression agaçante ; ce genre d'impression que vous avez quand vous sentez que vous êtes passé à côté de quelque chose, tout en sachant aussi qu'en dépit de tous vos efforts et de toute votre bonne volonté, vous resterez toujours à côté, peut-être pas très loin, peut-être la parallèle juste au-dessus ou juste en dessous, mais sur une parallèle quand même.
Des gens qui finiraient par conclure, avec une moue dédaigneuse : "Humpf, des conneries, tout ça !".

C'est pas le bouquin du siècle, c'est sûr, mais c'est juste histoire que vous compreniez, mon bon monsieur et ma bonne dame, que oui, effectivement, y a pas mal de gens qui sont cinglés à un point qui se situe au delà de la compréhension, et que, sans faire de ça quelque chose d'universel ou même de généralisé, ça ne veut pas forcément dire non plus que ce soit dramatique.

C'est quelque chose qui me paraît important, vraiment important.
La façon dont on raconte les choses, elle est liée à la façon dont on les perçoit.
Pour les enfants, par exemple, c'est pas seulement se dire qu'ils ne se rendent pas compte des horreurs qui ont lieu dans leur cercle familial tant qu'ils n'ont pas pu établir de comparaison avec ce qu'il se passe dans une famille normale.
C'est aussi admettre qu'ils puissent s'en foutre, de ce qu'il se passe dans une famille normale.
Admettre que les barjots, quoi qu'on en pense, ils sont plus attirants que les gens normaux.
Vous voyez, c'est exactement comme les enfants, ceux que vous voyez jouer dans les squares, par exemple. Vous les voyez piailler, crier, hurler, et vous pensez que c'est intolérable, mais quand vous rentrez à la maison et que c'est la même scène, vous vous dites que ce sont les vôtres et vous souriez.

C'est pareil pour nos fous.
Ils ont beau nous épuiser nerveusement, et on a beau se dire, parfois, souvent, qu'on aspirerait bien volontiers à un peu plus de sérénité, il n'empêche que non seulement on les aime mais qu'en plus, ce sont eux qui ont fait de nous ce que nous sommes.
Des gens éclairés, mais seulement au fin fond de la nuit.
Des gens qui sont structurés en zigzag.
Des gens qui ont tellement développé leur vision dans l'obscurité qu'ils ne veulent plus de vos lumières.
Des gens qui n'ont pas vraiment leur place, qui ne seront jamais vraiment sereins, ni comme eux, ni heureux, ni comme vous.
Des gens qui peuvent pas rentrer dans les cases, parce qu'elles sont soient trop petites, soient trop vastes, et tellement vastes qu'elles font trop peur.
Des gens qui s'en sortiront sûrement pas.
Mais souvent, quand même, des gens bien.

Posté par Cryptorchid à 17:53 - Wondering [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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14 juillet 2009

Ambiguité

J'ai des corrections de texte qui attendent d'être rentrées dans mon ordinateur, des traductions abandonnées et un coup de balais qui désespère d'être passé.
Toutes les conditions sont donc réunies pour évoquer le grand sujet sexo de l'été : la bisexualité.

Si tu es à la mode, bien dans ta tête et bien dans ton corps, cher lecteur, tu t'affiches probablement toi même comme un bisexuel fier de l'être, bien ancré dans le mouvement hype de libération et d'accomplissement de soi qui n'en finira, semble-t-il, jamais.
Je me souviens d'un temps pas si lointain où la sodomie était un tabou, et je me marre en tirant sur ma cigarette.
C'est même plus vraiment in, d'être bi, ou gay, dans le sens où ça ne choque plus personne, exception faite de mes grands parents qui coulent de longues journées paisibles en Franche Comté.
Il y a quelques années de cela, cette tendance était hype, parce qu'elle était mise sur le devant de la scène, tant dans les films que dans les livres ; maintenant le battage médiatique a été tel que, bah, on s'en fout, c'est plus tellement surprenant.
C'est bien plus choquant d'être hétéro, ou, plus exactement, de n'avoir jamais eu une expérience sexuelle avec quelqu'un du même sexe. Pas vraiment choquant, mais au moins étonnant.
Je sais que moi, j'entends souvent des "ah tiens, t'as jamais... J'aurais cru que..." ; à comprendre par là que, non, je n'ai jamais eu d'expérience sexuelle avec une fille, et pas tant par principe que par désintérêt total pour la question.
Encore que, pas tant que ça, puisque c'est précisément là dessus que je m'interroge.

Concernant les bisexuels, j'ai deux raisonnements complètement contradictoires.
Les personnes que j'ai rencontrées et qui se proclament comme telles n'ont pas grand chose à voir les unes avec les autres. Il y a une poignée de convaincus, quelques unes qui ont dû coucher une ou deux fois avec une fille probablement dans le but d'améliorer leur score au test de pureté, et quelques uns qui se tapent une nana tous les 36 du mois sûrement pour se prouver que non, même pas vrai, ils sont pas pédés.
Les convaincus me poussent à m'interroger, et alors, je me parle à moi même en m'appelant Janet, et je me dis que ces gens ont mis en pratique la philosophie du "don't dream it, be it", et qu'ils sont probablement extrêmement avancés intellectuellement.
En considérant les choses objectivement ; les relations sexuelles, au final, c'est une grande part de conditionnement social et surtout physiologique dans le but de perpétuer l'espèce.
A partir du moment où on décide de laisser la notion de reproduction de côté ; il n'y a aucune obligation à se cantonner aux garçons si vous êtes une fille ou aux filles si vous êtes un garçon.
Le but étant, après tout, de se faire plaisir, pourquoi se restreindre ?
Et puis, au delà de ça, aimer quelqu'un, ça suppose aimer une personnalité avant une enveloppe physique, alors pourquoi est-ce que toute une catégorie de personnes devrait être moins aimable que l'autre ?
Au final, on est probablement des enfoirés discriminatoires, nous les hétéros. Ne vous gaussez pas, les gays, ça marche pour vous aussi.

Oui, mais.

Au collège/lycée, ça m'arrive encore parfois maintenant, je me souviens avoir passé plus d'une soirée à me dire que j'étais très probablement lesbienne.
C'est de moins en moins le cas, et je pense que c'est parce que je prends conscience du fait que le physique, on s'en fout un peu, mais en marchant dans les rues, j'ai davantage tendance à regarder les filles que les garçons. D'une certaine manière, j'ai ressenti pour certaines filles des émotions bien plus viscérales que pour des types, mais ça n'avait rien de physique dans le sens où m'imaginer les tripoter ne m'a jamais fait grand chose. C'était surtout vers 13, 14 ans, et c'était un mélange d'admiration et surtout d'envie, d'envie parce que ces filles là, j'aurais voulu être elles, elles plutôt que moi, parce qu'elles me semblaient être tout ce que j'aurais voulu être et avoir tout ce que j'aurais voulu avoir. Je devais prendre un plaisir assez malsain à penser à elle, à les visualiser pleines de grâce et de charisme dans des situations de la vie quotidienne où moi j'ai inévitablement l'air d'une tarte et à entretenir, quelque part, la flamme dévorante de la jalousie.
Je n'en suis plus là. Mais foutez moi sur une plage, et je vous parie que je vais faire le tour d'horizon de toutes les bonnasses en bikini tout en susurrant "salope" entre mes dents avant même d'avoir remarqué un seul mec.
Peut-être que c'est quelque chose de typiquement féminin, peut-être que ça n'est pas bien normal.
Je sais seulement que ce genre de choses m'arrivait fréquemment à l'adolescence et que, maintenant, je suis plus du genre à me dire "oh, tiens, une bonnasse" et à bifurquer assez rapidement sur autre chose.
C'est ce qui me fait dire que ce n'est pas tant révélateur de mon rapport à la sexualité que de mon rapport à moi même : si j'étais un peu plus sûre de moi, je m'en foutrais probablement complètement.
A côté de ça, le fait est que les petites filles jouent avec des poupées barbie et les petits garçons avec des voitures (je caricature un peu, j'ai dû jouer deux mois avec des barbie avant de leur couper les cheveux et de leur scarifier la gueule, au grand damn de maman) - je pense que l'identification est quelque chose de relativement courant dans l'esprit féminin, l'idée de compétition aussi. Les mecs y échappent davantage, c'est probablement mieux.
J'essaie de revenir au sujet post digression : en dépit du fait que je trouve souvent plus joli esthétiquement la photo d'une fille en sous vêtements plutôt que celle d'un mec, qui a presque invariablement l'air con, je n'ai jamais ressenti d'attirance sexuelle vis à vis d'une fille.
Et puis quand j'essaie d'imaginer pour voir, ça me dégoûte plutôt qu'autre chose, à vrai dire.

J'passe à l'étape "l'amour n'a pas de sexe".
Et là, forcément, je me demande si je peux sincèrement dire que j'ai déjà aimé quelqu'un.
En toute franchise, je ne crois pas.
Les toquades sauce pré-pubère avec un aspect vaguement fantasmatique, oui, plein. J'idolâtre, moi, je n'aime pas. Et une fois que je suis confrontée à la réalité, je n'idolâtre même plus. Raison pour laquelle ça ne peut marcher qu'avec Robin Finck.
Plus sérieusement, je pense que la personne que j'ai le plus aimée était... une fille.
Elle a été ma meilleure amie pendant des années, mais c'était bien plus que de l'amitié.
Disons que si aimer quelqu'un revient à répondre par l'affirmative à la question "Pensez-vous que vous pourriez vieillir aux côtés de cette personne ?", alors oui, elle, je l'ai aimée, et même encore plus.
Huit ans d'amitié fusionnelle, on a dormi probablement plus d'un million de nuits ensemble dans un lit une place et, pour autant, il ne s'est jamais rien passé de sexuel. Ni elle ni moi n'en ressentions l'envie, et j'irais même jusqu'à dire que ramener la relation que nous avions à un niveau primitif aurait été une erreur fatale.
Ca m'amène à un nouveau constat, qui tient plus de ma conception viciée de la réalité que d'une vérité générale : l'amour est au delà du sexe.
Je ne couche pas avec les gens que j'aime, les gens pour qui j'ai de l'affection, les gens à qui je tiens.
J'ai dû me faire tringler par trop de cons, je sais pas trop, le fait est qu'il suffit de se pointer trois minutes dans un bar pour lever un type, et qu'il faut souvent des années pour installer une relation de confiance et de complicité entre deux personnes. Et la confiance, c'est quelque chose de fragile, vous voyez. Que je place forcément au dessus d'une partie de baise.
Les personnes avec qui je couche, moins je les connais, mieux je me porte, d'ailleurs si j'avais pu mettre des points d'interrogation à la place de tous les prénoms, j'aurais été bien contente. Je suis tellement pas du genre à me réserver pour le Grand Amour que, du coup, je sombre dans l'excès inverse et les personnes qui ont eu mon cul, ça m'embêterait vraiment beaucoup qu'elles aient mon esprit. Réciproquement, j'ai tellement d'estime pour les gens avec qui je partage des vraies choses que ça m'embêterait vraiment beaucoup d'en revenir à des considérations basiques.
Je ne demande pas à qui que ce soit de comprendre, moi j'arrive à m'y résoudre, de toute façon, je suis en pleine transformation Morrisseysque et je tiens le coup.

Au final, à force de m'éloigner du sujet, je finis quand même par en arriver à une conclusion qui ne s'applique qu'à mon cas particulier.
Je n'arrive toujours pas à trancher en ce qui concerne la bisexualité et à décider si c'est de la pure connerie qui aide surtout à se cantonner au registre de l'homosexualité ou si c'est quelque chose de plutôt sensé.
Je crois, en revanche, que je suis quelqu'un de fondamentalement incompatible avec ce genre de notion.
On en reparlera sûrement d'ici quelques années, quand je vous dirai que les hétéros sont des cons de conservateurs ; je suis jamais à une contradiction près.

Posté par Cryptorchid à 12:59 - Wondering [37] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juin 2009

La question du jour

Ce post est dédié à la personne qui a tapé "Que faire d'un psychopathe maniaque ?" dans son moteur de recherche pour arriver jusqu'ici.


maniac_haut23


C'est une rudement bonne question, qui me fait penser qu'il faudrait que je crée une rubrique spéciale pour pouvoir apporter ma pierre à l'édifice de l'interrogation existentielle en général.
Ca pourrait être amusant.
Bien sûr, pour éclairer au mieux notre ami internaute, il me faudrait quelques précisions supplémentaires quant à la pathologie dudit psychopathe maniaque.
Ne sachant pas si le visiteur en question reviendra par ici, je vais donc faire de mon mieux compte tenu du contexte.


Je suis tentée de me servir d'un argument d'autorité, à savoir celui du présentateur du JT dans l'excellent Shaun of the Dead, et de répondre : "il faut bien leur démolir le cerveau".
Il s'agit toutefois d'un conseil qui prévaut surtout pour les zombies, même s'il est clair qu'il s'agit là d'un moyen somme toute radical pour se débarasser de n'importe quel spécimen faisant partie de la large catégorie des "vivants".
Restons toutefois sur cette idée de cerveau, et partons du principe qu'en bon psychopathe maniaque, celui qui nous occupe est probablement caractérisé par un fonctionnement aléatoire de la matière grise.
Il convient d'exacerber cette propension à agir en dépit du bon sens et de provoquer un bug chez l'adversaire.
Prenons un exemple concret, celui d'un violeur traqueur qui poursuit sa victime jusque chez elle.
Imaginons la scène.
Il fait nuit, probablement froid, une jeune fille court vêtue se déhanche sur ses talons aiguilles, exhalant des volutes de fumées, les yeux agrandis par la crainte.
Derrière elle, une silhouette se découpe dans l'obscurité et avance, furtivement et rapidement.
Un ricanement lugubre s'échappe de ses lèvres, il s'approche.
La jeune fille, consciente du danger, voudrait bien avancer plus vite mais ses talons aiguilles ne le lui permettent pas.
Le stalker (faites moi pas chier, j'employais ce terme bien avant tout le reste) est de plus en plus proche, "hinhinhin", fait-il, les mains tendues droit devant lui, prêtes à agripper les frêles épaules de sa proie...
C'est alors que la jeune fille se retourne, vivement, l'oeil brillant à présent d'une lueur concupiscente :
_ " Haaaannnn oui mon gros cochon, tu m'excites, j'vais t'baiseeeeerrrrr !!!
_ " Hinhin... Hein ?!
_ " Oh oui mon gros dégueulasse, vas-y mets la moi toute, prends moi comme une chienne au milieu de la rue, baise moi, baise moi, baise mooooooooiiiiiiiiiiiiiii !!!"
Profitant de l'état de choc du stalker, la jeune fille se met alors à se déhancher de manière obsène tout en ponctuant chacune de ses ondulations du bassin d'un bon gros juron, répété de telle façon qu'elle passerait, aux yeux d'un badaud, pour quelqu'un souffrant du doux syndrome de la Tourette.
Un lexique bien crû me paraît fort approprié dans le cas précis : "bite", "poil" et "cul" sont d'indétrônables classiques, au même titre que "couilles", mais il s'agit de surenchérir dans la vulgarité et même dans l'inventivité. Ainsi, un "Haaannn oui, ton gros chibre dans mon fion plein de pus" me paraît de bon ton.
Bien plus efficace, nous en conviendrons, qu'un banal "Mais que me voulez-vous donc monsieur ?".
Parce que les psychopathes maniaques, voyez-vous, c'est un peu comme les rock stars.
Tout le monde leur dit constamment la même chose à ces pauvres êtres, rendons leur donc hommage et innovons un peu.
Si vous suivez mes conseils, vous ne tarderez pas à assister à une scène haute en couleur, où notre ami le traqueur se tournera rapidement de l'autre côté avant de détaler à toutes jambes, suivi, pendant quelques mètres, par la jeune fille qui ne manquera pas de lui hurler de nouvelles insanités.
Vous pourrez rentrer chez vous le coeur léger, avec, en plus, une anecdote à raconter à vos amis.


En espérant avoir répondu efficacement à votre question.
Et en attendant de prochaines requêtes du même genre avec grande impatience !

Posté par Cryptorchid à 13:29 - Wondering [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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05 juin 2009

What the fuck is happening ?

Ce soir, je voudrais être au Nürburgring.
Cette idée là me tient éveillée, c'est un peu bête, parce que ça doit faire quelque chose comme quarante heures que j'ai pas dormi, mais impossible de me l'enlever de la tête.
Les quelques vidéos qui ont été mises en ligne suite au premier concert de la nouvelle tournée de Marilyn Manson me font extrêmement peur.
Et aussi beaucoup de peine.
Parce que pour le coup, le Trent n'avait pas tort, ce n'est plus qu'une caricature de ce qu'il a été, physiquement difforme, manifestement alcoolique tendance camé, beuglant des conneries archétypiques entre deux morceaux dont il peine à chanter le refrain correctement...
Il est bien, pourtant, le nouvel album, vraiment bien.
Mais là, au delà du foutage de gueule indéniable dont tout le monde parle, y a comme une impression de tristesse qui se dégage de tout ça.

Have a look :

nkmmsovietbloc

Manson_BRNO

Je mets pas de vidéos en ligne pour accentuer la comparaison parce que j'ai vraiment pas envie de me retaper deux visionnages.
L'hypothèse de la dégringolade n'en est plus vraiment une et ça fait un drôle de choc, mine de rien.
Y a plus qu'à se dire que c'était jamais que le premier concert, que la tournée actuelle n'en est même pas vraiment une étant donné qu'elle n'a pas de nom, que c'est juste un passage promo un peu à l'arrache, et que les choses sérieuses démarreront probablement en fin d'année.

Sauf que pour un groupe qui a 20 ans de carrière dans les pattes, c'est quand même...

Chut.
Je décale mes pensées vers la droite de la scène.
Ca devrait aller mieux.
Et puis d'ailleurs, je vais regarder la fin de Lost.

Posté par Cryptorchid à 22:58 - Wondering [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 avril 2009

Challenge

C'est quand même nettement plus facile d'écrire à propos des choses qu'on n'aime pas ou dont on se moque qu'à propos de celles qui nous motivent vraiment, dans le bon sens du terme, les choses qui nous font avancer, qui nous mettent en route, les choses qu'on admire, les univers qu'on comprend, ce qu'on maîtrise ou ce qu'on croit maîtriser.
Ca peut sembler contradictoire, dit comme ça, et je me dis que ça tient peut être plus, finalement, à la personnalité des gens plutôt qu'à une réelle tendance.
Je crois que je suis meilleure pour railler que pour me lancer dans des éloges.
Je suis pas douée, niveau compliments, mais alors pas du tout.
En vrai, c'est pire.
Ca me ferait mal, de dire à quelqu'un tout le bien que j'en pense, vous n'avez même pas idée.
Plusieurs fois, déjà, on m'a fait la remarque.
Je suis le genre de personne à penser : "Tiens, X est bien habillé aujourd'hui" et à garder ça dans un coin de mon crâne sans même penser à l'exprimer verbalement.
J'aime pas complimenter, aussi, je suis mal à l'aise quand on me complimente - heureusement, ça n'arrive pas tellement souvent.
A l'écrit, ça se ressent dans le sens où je suis meilleure, je pense, pour critiquer les choses, ironiser et lancer des sarcasmes, que pour commenter une oeuvre que j'ai vraiment appréciée.
D'ailleurs, là où mes railleries fusent sur le clavier à la vitesse de l'éclair, pour les éloges, je me creuse la tête, intimidée.
Parce que c'est difficile, de donner un bon aperçu de quelque chose qui nous a touché, c'est pas évident, on aimerait bien être à la hauteur, retranscrire correctement, donner envie de, rester fidèle à, faut s'oublier soi même et, en même temps, rester quand même présent, et l'équilibre n'est pas si évident que ça.

Va falloir y arriver.
Va falloir y arriver parce que j'ai bien agité, la boîte à idées, et j'en ai trouvé une à laquelle je compte bien m'accrocher, telle la syphilis sur les rock stars.
La plupart du temps, je pense que je suis jeune, que j'ai bien le temps, pour écrire sérieusement, écrire gravement, que la légèreté, c'est une bonne chose pour moi et qu'il y a certains sujets sur lesquels je ne peux simplement pas me pencher pour le moment.
L'été dernier, je pensais qu'il fallait que j'écrive quelque chose pour canaliser, sur mes relations avec ma mère, exutoire familiale, essayer de boucler la boucle, de mettre de l'ordre sur un document word pour, peut être, réussir à en mettre dans ma tête aussi.
Pas possible. Trop tôt, trop jeune, trop à l'intérieur de choses, pas assez de recul.
Exit maman, on reviendra plus tard, dans quelques années, dans quelques dizaines d'années peut être.
La boîte à idées m'a donné un sujet qui m'a interpellée. Ca m'a semblé tellement logique, sur le coup, que je me suis demandé pourquoi je n'y avais jamais pensé plus tôt.
Je n'ai pas envie de trop en dire ici, parce que j'ai peur, sinon, de ne pas m'y plonger, justement.
Je deviens superstitieuse, je remarque que plus je parle de quelque chose, moins je m'y mets, c'est l'effet régime, le syndrome résolutions, je sais pas trop pourquoi ça se passe comme ça, mais ça n'a jamais loupé, et là, je ne veux pas que l'idée m'échappe.

Il va falloir que je raconte une histoire et que je ne me contente pas d'observer.
Ca me fiche la trouille, d'autant plus que le sujet m'intimide terriblement.
Pourtant, je le connais le sujet. C'est sûrement pour ça que ça m'impressionne autant.
Un hommage, faut qu'il soit beau, c'est dans sa nature. Un hommage moche, franchement, c'est la dernière des conneries.
Mon envie de me lancer est proportionnelle à la pression que je me fais subir, et c'est pas une bonne chose non plus.
Faut que je prenne le temps de, que je pose mes idées, que je laisse les choses mûrir, que je réfléchisse, que j'articule, que je me renseigne, que je prenne exemple, que je débroussaille le terrain avant de foncer comme une brute.
J'écris comme je joue à la xbox.
Terrain miné, ennemis planqués un peu partout, moi je fonce, la mitraillette en mains, sans même me préoccuper de savoir si j'ai suffisamment de munitions dans le chargeur.
On m'a déjà dit que c'était bête, qu'il fallait être prudente, et que dans la vraie vie, j'agirais pas aussi bêtement.
Moi j'ai trouvé ça con, voilà, encore plus con que mon attitude de bourrin.
La vraie vie.
C'est pour lui échapper qu'on trouve des exutoires, et c'est aussi valable pour les jeux vidéos que pour l'écriture - bouh le honteux parallèle, allez-y, tapez moi dessus.

Quand bien même.
Il va falloir que je réfléchisse.
Ca va encore pas être une mince affaire.

Posté par Cryptorchid à 12:17 - Wondering [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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